Les registres et les niveaux de langue

Il existe quatre registres ou niveaux de langue. Ces registres se distinguent par la qualité de l’expression, la richesse du vocabulaire et la complexité de la syntaxe. Chaque contexte de communication est associé à un niveau de langue qui lui est approprié. Les niveaux de langue participent à l'amélioration de la qualité d'un texte et contribuent à le rendre plus crédible, adéquat.

1. La langue populaire
2. La langue familière
3. La langue correcte
4. La langue soutenue ou littéraire

 

Langue populaire

La langue populaire s’éloigne des règles de la langue et accepte à peu près tout : anglicismes, termes impropres, termes péjoratifs, termes vulgaires, verbes mal conjugués, mauvais emplois du genre et du nombre, contractions de prépositions et d'articles, sons remplacés par d'autres, etc. Les mots et les expressions issus de ce registre sont associés à certains groupes sociaux (les adolescents, les étudiants, etc.) ou à certains milieux socialement dévalués. Ce registre n'est pas conseillé à l'intérieur d'une situation formelle de communication.

 

On reconnaît la langue populaire...

1. dans plusieurs anglicismes intégrés dans le parler québécois.
« chater » au lieu de « clavarder »
« checker » au lieu de « vérifier »
« chum » au lieu de « petit ami »

2. dans plusieurs expressions issues de la communauté linguistique adolescente.
« lol » au lieu de « mourir de rire »
« c'est foul cool » au lieu de « C'est vraiment agréable »
« il s'est fait abuser » au lieu de « il s'est fait avoir, arnaquer, piéger »

 

Langue familière

La langue familière est généralement employée à l’oral. Elle respecte, la plupart du temps, les règles de base de la grammaire, mais permet des écarts qui simplifient la façon de s’exprimer. Ce registre familier n’est pas totalement correct, mais il demeure admis sous certaines conditions. Il correspond au langage courant, mais agrémenté d'un grand nombre de libertés. Comme son nom l’indique, ce registre est surtout employé entre proches, entre personnes appartenant à une même communauté sociale (membres de la famille, amis, camarades de classe, collègues de travail, etc.), ce qui présuppose une absence de hiérarchie entre les interlocuteurs qui se connaissent bien mutuellement.

 

On reconnaît la langue familière...

1. dans une syntaxe simplifiée et souvent approximative.
« Au bureau, un de mes collègues, sa femme, elle a eu un bébé. » au lieu de « La femme d’un collègue du bureau a eu un bébé. »

2. dans de nombreuses abréviations non encore lexicalisées.
« T’es là ? »  « phone »  « p’tit dèje » au lieu de « Tu es là ? » « téléphone »  « petit déjeuner »

3. dans certaines formes interrogatives directes.
« Tu m'appelles d'où ? » au lieu de « D'où est-ce que tu m'appelles ? »

4. dans le vocabulaire familier.
« pantoute »  « pacsac »  « placoter » au lieu de « pantoute » « sac à dos »  « bavarder »

5. dans la suppression du ne dans la négation.
« J'ai pas bien dormi cette nuit. » au lieu de « Je n'ai pas bien dormi cette nuit. »

 

Langue correcte

La langue correcte est celle qu’on devrait normalement employer à l’écrit pour les documents formels auxquels on attache une certaine importance comme les lettres et les travaux scolaires. Elle est, entre autres, couramment utilisée à la radio et à la télévision pour les reportages, les documentaires, les nouvelles et, en classe, pour les exposés oraux. Elle porte aussi le nom de français international en raison de son potentiel d’être comprise par tous les francophones. Tous les textes formels s'adressant à un public large sont écrits dans une langue correcte, car ceux-ci sont exempts d'emplois propres à la langue populaire ou familière sans non plus contenir des mots trop savants.

 

Langue soutenue ou littéraire

La langue soutenue ou littéraire est un raffinement de la langue correcte. On la reconnaît dans l'utilisation d'un vocabulaire plus riche, des structures de phrases plus complexes, des figures de style plus élaborées et l’utilisation de modes et de temps de verbes qui sont normalement peu employés. Le langage soutenu est peu utilisé à l’oral, mais fortement employé dans les romans.

 

On reconnaît la langue soutenue...

1. dans plusieurs mots plus rares.
« rarissime »  « mythique »  « insolite »  « isthme »

2. dans l'utilisation des verbes plutôt rares comme le passé simple.
« passâmes »  « fîmes »

3. dans les phrases dont la syntaxe atteint un bon niveau de complexité.
« En ce jour de l’an de grâce 1651, nous passâmes pour la première fois au large de l’isthme de St-Allegro, la terre mythique que nous cherchions depuis le moment où, par un heureux et rarissime hasard, nous fîmes la rencontre de cet insolite, mais aimable humain qu’était Diego de la Marta. »

Les exercices

QUESTION 1

Encore en rapport avec mon analyse de Chercher le vent; il demande quel est le registre de langue.
J'ai immédiatement pensé que c'était familier, à cause des dialogues, mais comme je ne sais pas si les dialogues sont un bon exemple est-ce que ça ne serait pas plutôt standard?

Langue familière:
niveau de langue qui comporte des termes appartenant à la conversation quotidienne et à la correspondance personnelle: par exemple, absence du «ne» dans la négation, escamotage des certaines syllabes, abréviations de mots courants, etc.

Langue standard:
niveau de langue qui évite les termes imprécis et les constructions propres aux niveaux de langue populaire et de langue familière.

Marie-Maude

RÉPONSE 1

Bonjour Marie-Maude,

Dans une même journée, nous adaptons notre niveau de langue selon les contextes et les personnes auxquelles nous nous adressons. Il en va de même dans un roman; plusieurs registres seront employés.

Dans les dialogues, le registre prédominant serait surtout le registre familier. Mais là encore, Jack s'adressera différemment à l'avocat de New-York (Joel Stein je crois) que s'il parle à Tristan.

Et pour ce qui est des séquences narratives, je pense que le registre oscille entre standard et littéraire. Il me faudrait avoir le roman sous les yeux, mais lorsqu'on parle de neurasthénie par exemple, plutôt que de déprime, on se rapproche du niveau littéraire.

Je te conseille donc d'appuyer tes réponses par des exemples.

À la prochaine,

Annick , Allô prof


Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse