Le conditionnel présent de l'indicatif

Le conditionnel présent est une forme verbale simple qui fait partie du mode indicatif et qui exprime l'inaccompli.

 

Plusieurs grammairiens traitent le conditionnel comme étant un temps de l'indicatif. Ce classement s'explique en raison de la ressemblance de la forme du conditionnel avec le futur et l'imparfait. Pour former le conditionnel, on ajoute au r, qui est la marque distinctive du futur, les finales de l'imparfait.

Le conditionnel a également une valeur modale; le fait qu'il amène est souvent hypothétique, incertain. Pour cette raison d'ailleurs, on pourrait voir le conditionnel comme étant un futur hypothétique.

 

Pour conjuguer un verbe au conditionnel présent, on emploie les terminaisons -rais, -rais, -rait, -rions, -riez, -raient.

 

1. Certains verbes du premier groupe comme crier, jouer, saluer, etc. contiennent un e muet dans leur conjugaison au conditionnel.
- je crierais, tu jouerais, il saluerait, etc.

2. Les verbes courir, mourir, voir, pouvoir et envoyer voient leur r doubler.
- je courrais, tu mourrais, il verrait, nous pourrions, vous enverriez, etc.

 

La formation du conditionnel présent

Pour former le conditionnel présent, on conserve la partie du verbe conjugué au futur jusqu'à la lettre r inclusivement et l'on complète par la terminaison de l'imparfait associée à la personne requise (je, tu, il, etc.).

1. je jouerai (futur) - je jouerais (conditionnel)
2. tu oublieras (futur) - tu oublierais (conditionnel)
3. ils profiteront (futur) - ils profiteraient (conditionnel)
4. elle recevra (futur) - elle recevrait (conditionnel)

 

L'emploi du conditionnel présent

1. Le conditionnel présent est employé comme formule de politesse.

1. J'aimerais que vous me fassiez cette faveur.
2. Vous me feriez tout un honneur en me laissant vous rencontrer lors de ce festival.


2. Le conditionnel présent est employé pour formuler un désir, un souhait.

1. J'aimerais bien faire un voyage cet été.
2. Je souhaiterais le voir avant son départ.


3. Le conditionnel présent peut aussi être le futur du passé.

1. Il m'affirme qu'il viendra demain.
- Il m'a affirmé qu'il viendrait demain.

2. Il me dit qu'il ira faire la commission demandée par notre patron avant d'arriver au bureau.
- Il m'a dit qu'il irait faire la commission demandée par notre patron avant d'arriver au bureau.


4. Souvent, le conditionnel présent est précédé ou suivi d'une subordonnée complément de phrase qui exprime une condition qui rendrait réalisable le fait présenté en phrase principale.

1. S'il pleuvait demain, on pourrait repeindre la cuisine.
2. Si je passais l'examen aujourd'hui, je suis certaine que je le réussirais.

 

Il faut éviter de faire suivre un verbe au conditionnel à la suite d'un si. Il serait erroné d'écrire s'il pleuvrait demain ou si je passerais l'examen aujourd'hui.

L'emploi du conditionnel à la suite d'un si est toutefois correct dans la formulation d'une interrogation indirecte.
- Je ne savais pas s'il serait présent à la réunion.
- Robert se demande si elle aimerait l'accompagner à la soirée.


5. Dans un récit écrit au passé, le conditionnel est également employé pour formuler un fait incertain, une hypothèse (exemple 1), mais il peut aussi être employé comme étant le futur du passé (exemples 2 et 3).

1. Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à la Vaubyessard.
- Madame Bovary, Gustave Flaubert 

2. Le monstre, dans sa terreur, avait vidé les lieux pour toujours ! Je ne le verrais donc plus jamais !
Le chat noir, Edgar Allan Poe

3. Et je sentais bien que je n'aurais plus jamais la force de remonter... et que j'allais mourir là... moi aussi, de faim - de fatigue - et de froid.
- La nuit, Guy de Maupassant

 

Les formes irrégulières du conditionnel

1. Les verbes avoir, être, savoir et d'autres verbes du troisième groupe voient leur radical changer dans leur conjugaison au conditionnel.
- j'aurais (avoir), je serais (être), je ferais (faire), je saurais (savoir), je viendrais (venir), etc.

2. Pour les verbes en -eler, -eter et -eser du premier groupe, on doit, soit ajouter une consonne, soit ajouter un accent grave sur le e. On effectue l'une de ces deux modifications avant le e muet placé à l'intérieur du verbe.
- il appellerait (appeler), elles jetteraient (jeter), etc.
- il achèterait (acheter), elles gèleraient (geler), nous pèserions (peser), etc.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse