L'agriculture au Sahel

Situation géographique

Le Sahel est la région qui borde toute l’extrémité sud du désert du Sahara. C’est le territoire qui permet la transition entre le désert aride et la forêt tropicale au sud. Cette bande de terre part de la rive ouest du continent africain et s’étale jusqu’à la moitié du continent.

 
Le Sahel et ses différentes zones de végétation et de climat (cliquer pour agrandir)

D’une superficie de 5,4 millions de kilomètres carrés, le Sahel inclut les pays suivants : le Tchad, le Niger, le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et le Cap-Vert. On surnomme également ces pays les pays subsahariens, puisqu’ils se situent au sud du Sahara. Le Sahara est le plus grand désert du monde. La végétation du Sahel se compose essentiellement de buissons, d’herbes et de petits arbustes. Ces plantes sont adaptées afin résister aux sécheresses.
 
La densité de la végétation augmente continuellement du nord au sud. Malgré l’aridité de la région, le Sahel est toutefois traversé par deux fleuves : le Niger et le Sénégal. Plus à l’ouest, c’est le bassin du lac Tchad qui assure l’irrigation de la région. Le climat alterne constamment entre des sécheresses intenses et des périodes de précipitations. Les précipitations surviennent majoritairement au cours de la saison des pluies et varient entre 100 et 800 millimètres (entre le nord et le sud du Sahel). La saison des pluies s’étend de juin à septembre. Les sols secs et pauvres ne retiennent que très peu d’eau.

La population

Avec une population de 50 millions d’habitants, le Sahel regroupe la moitié des habitants de l’ensemble des pays faisant partie du Sahel. La population est composée de près de 90% d’agriculteurs.

Les Peuls

Les Peuls constituent le peuple le plus nombreux du Sahel. Installés depuis la fin du 13e siècle près des rives du lac Tchad, les Peuls ont une origine qui n’a pas encore été identifiée clairement, bien que des hypothèses aient été émises. L’une d’elles effectuait un rapprochement plausible entre les Peuls du Sahel et les Massaïs des Grands Lacs africains.


Les Peuls dans leurs vêtements traditionnels (cliquer pour agrandir)

Ce peuple serait à l’origine de l’islamisation du continent africain. Cette conversion religieuse aurait été accomplie par les armes et se serait répandue dans tous les pays adjacents. Les Peuls ont ensuite créé un grand état islamiste, abandonnant ainsi la vie nomade. De ce peuple se dégagea une culture valorisant l’instruction et basée sur la religion et la politique. Les échanges et les débats d’idées étaient courants. La langue était le Poular, une langue complexe et suffisamment riche pour permettre les abstractions et les métaphores. Aujourd’hui, la culture des Peuls est un mélange de traditions et de commerce moderne rentable. La principale activité économique est l’élevage de volaille et de bétail. L’élevage se destine à l’alimentation et au commerce. La viande ne prend qu’une place de second ordre dans l’alimentation. Traditionnellement, les Peuls considéraient la chasse et la pêche comme des activités réservées aux esclaves.

Les Touaregs

Les Touaregs constituent une autre partie de la population. Ce peuple d’origine nomade peuplait traditionnellement les montagnes du désert. Ce sont en effet les Touaregs qui assuraient le commerce dans le Sahara. Le contrôle des routes commerciales leur permettait d’exercer une autorité dans la région et de faire des profits considérables. Traditionnellement, les Touaregs se couvrent entièrement la tête et le visage, ne laissant que les yeux découverts.

 
Le peuple touareg a longtemps contrôlé les allées et les venues dans le Sahara (cliquer pour agrandir)

Cette pratique leur permettait de se protéger des rayons puissants du soleil, mais les hommes demeuraient couverts, même pour les repas et les rencontres. En plus de ce voile, les Touaregs portent aussi un sabre muni d’une lame d’un mètre de long et un grand vêtement ample bleu indigo. Ce vêtement se décolorait sur la peau des hommes que l’on a longtemps surnommés les hommes bleus. Après la colonisation, les Touaregs se sont spécialisés dans l’agriculture et l’élevage. Encore aujourd’hui, l’élevage constitue la première activité des Touaregs. Les conditions difficiles dans lesquelles vivent les Touaregs (manque d’eau, voyages) font en sorte que l’hygiène n’est pas très développée et ceci cause de nombreuses maladies de la peau et des yeux.

L’agriculture et ses défis

En raison du climat variable et de l’aridité des sols, l’agriculture au Sahel est relativement intense. Malgré tout, la croissance démographique exige une production agricole minimale. C’est pourquoi les producteurs profitent des cours d’eau pour irriguer leurs champs. La production agricole comprend également des élevages. Toutefois, les éleveurs doivent nécessairement se diriger, avec leur troupeau, vers le sud lors de la saison sèche.

 
Paysage du Sahel pendant la saison sèche

La production agricole du Sahel dépend donc énormément des précipitations. Les types de cultures pratiquées varient également en fonction de la moyenne annuelle de précipitations. Dans les régions plus arides, au nord, l’élevage et l’agriculture céréalière sont les plus pratiqués. Dans les régions les plus humides, où les précipitations sont les plus abondantes, on pratique alors la culture du coton et on profite d’une saison de 120 jours. Dans les zones mitoyennes, représentant 60% des terres cultivables du Sahel, on peut profiter d’une saison de 90 jours.
 
De manière générale, les cultures sont destinées à l’alimentation de la population locale et proviennent de petites productions traditionnelles et familiales, sauf pour la culture du coton qui est issue de plus grandes cultures.


Le premier défi de l’agriculture sahélienne est de pouvoir subvenir aux besoins alimentaires de la population. Ce défi est tout de même considérable : le climat est aride, les terres sont pauvres et la population augmente rapidement. On a d’ailleurs noté que le taux de la croissance démographique du Sahel était l’un des plus élevés au monde. Les activités humaines augmentent et l’agriculture doit occuper plus d’espace et être plus rentable. L’intensification de l’agriculture dans les régions les plus peuplées peut causer une désertification. Celle-ci entraîne une baisse de production des terres et peut causer des famines dans les familles de producteurs dont la survie dépend de l’agriculture de subsistance. La désertification se produit lorsqu’il n’y a pas de barrière entre le sable du désert et les terres agricoles. Le sable se répand alors sur les terres fertiles, le désert est plus grand.


Évolution de la désertification du Sahel (cliquer pour agrandir)

En plus de la désertification qui menace les terres les plus fertiles, l’appauvrissement des sols les menace tout autant. Pour répondre à la demande, les agriculteurs sahéliens augmentent leur production en diminuant les jachères. Comme les agriculteurs n’ont pas accès aux outils et aux engrais modernes, les sols perdent leurs éléments nutritifs. À ces problèmes vient s’ajouter celui causé par l’élevage. Les éleveurs peuls et touaregs ont fait tripler le nombre de bêtes en 40 ans. Malheureusement, ces bêtes piétinent des sols fertiles, les fragilisent et favorisent ainsi l’érosion et la désertification.
 
La gestion de l’eau est aussi préoccupante. Tout d’abord, l’irrigation à partir du lac Tchad a causé l’assèchement d’une bonne partie de cette étendue d’eau. Il en va de même pour les fleuves Sénégal et Niger qui ont été aménagés (avec des barrages) pour irriguer les terres. Toutefois, les terres voisines se dégradent, les terres agricoles se sont développées au point d’augmenter la désertification, tout comme les élevages qui ont augmenté tout autant.
 
Plusieurs actions sont mises en œuvre pour diminuer l’impact de l’agriculture sur l’environnement, tout en améliorant la sécurité alimentaire des agriculteurs du Sahel. Tout d’abord, tous les pays du Sahel participent au Comité permanent Inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) qui vise à augmenter la sécurité alimentaire en maîtrisant mieux l’eau disponible. De plus, ce comité vise également à stimuler la variété de la production et assurer un meilleur commerce pour mieux distribuer les surplus. D’autres actions visent plutôt à restaurer les sols dégradés et à mieux gérer les productions agricoles, pour qu’elles deviennent durables.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse