L'agriculture dans les Prairies canadiennes

Situation géographique

Les Prairies canadiennes sont les plaines intérieures du Canada, entre les montagnes Rocheuses et le Bouclier canadien. Ces terres se caractérisent surtout par la quantité de ressources naturelles qu’on y trouve.


Les Prairies canadiennes (cliquer pour agrandir)

Les Prairies canadiennes font partie de la même région géographique que les grandes plaines de l’Amérique du Nord. Leur relief est caractérisé par des terrains plats, un relief peu accentué et des vallées basses. De manière générale, les plaines sont inclinées vers l’est. Ces vastes prairies commencent dès la fin des Rocheuses en Alberta et s’étirent jusqu’à la rivière Rouge au Manitoba. Les Prairies canadiennes ont été modelées par la glaciation. En effet, le sol est couvert de dépôts glacières qui rendent la terre très fertile.
 
Le climat y est tout de même assez rigoureux. Les précipitations ne sont pas très élevées, bien qu’elles soient généralement suffisantes pour les exploitations agricoles. Le climat hivernal est très froid, alors qu’en été, les journées sont longues. Les terres profitent alors d’un bon nombre d’heures d’ensoleillement. Toutefois, plusieurs orages violents se forment dans les prairies. Cette région est également celle qui risque le plus d’être frappée par des tornades, 60% des tornades observées au Canada se forment dans les Prairies canadiennes. De plus, plusieurs tempêtes de grêle s’abattent annuellement sur la région, détruisant en moyenne 3% des récoltes chaque année.

Gabrielle Roy

L’une des écrivaines francophones les plus reconnues au Canada, Gabrielle Roy, est née dans les Prairies canadiennes en 1909. Au commencement de sa carrière, elle occupera un emploi d’institutrice auprès des communautés immigrantes. Elle quittera ensuite sa région natale au Manitoba pour effectuer un séjour en Europe où elle commencera à écrire avant de s’installer à Montréal. C’est à Montréal qu’elle a écrit son premier roman, Bonheur d’occasion, qui a remporté plusieurs prix et lui a permis d’affirmer ses talents d’écrivaine de trempe internationale. Bien que ce premier roman se déroule à Montréal, plusieurs autres œuvres écrites par la suite s’inspirent de ses années de jeunesse dans la prairie canadienne. L’un de ses recueils de nouvelles, Un jardin au bout du monde, présente diverses histoires d’immigrants venus peupler cette région.


Gabrielle Roy (cliquer pour agrandir)
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Les badlands

Bien que le territoire des prairies soit majoritairement constitué de plaines fertiles, un autre type de terrain se trouve également dans le secteur. Les badlands sont des régions plus inhospitalières marquées par un relief plus complexe : ravins, collines, sol dénudé. Le climat y est semi-aride et donc il n’y a que très peu de végétation. Le relief y est escarpé et l’érosion des sols est inégale selon ses composantes.


Les badlands de l’Alberta (cliquer pour agrandir)
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Les badlands sont une région où il n’est pas possible de pratiquer l’agriculture. On y fait toutefois des découvertes intéressantes, puisque dans les badlands de Saskatchewan, on a déjà retrouvé le squelette entier d’un tyrannosaure. On trouve aussi des badlands dans le sud de l’Alberta.


Géologie des badlands

L’agriculture

La région des Prairies canadiennes est celle qui a été le plus modifiée par les activités humaines. Les activités agricoles y sont les plus importantes. Il y a effectivement 94% du territoire qui est utilisé comme terres agricoles. Cette région fournit d’ailleurs la plus grande part de la nourriture canadienne et aussi une grande part des exportations. L’agriculture est alors la principale source de changements dans le territoire naturel des prairies.
 
Avant la colonisation, les prairies étaient surtout occupées par des troupeaux de bisons. Ceux-ci étaient exploités pour leur fourrure. Cette exploitation intense a d’ailleurs pratiquement causé l’extinction de l’espèce. Les activités agricoles ont principalement commencé lors du développement du chemin de fer en 1885. Les colons s’installent alors dans les prairies à proximité des gares, de manière à ce que le train puisse assurer le transport pour l’exportation de céréales et de bétail. Dès 1916, le Canada est le premier pays exportateur de blé au monde.
 

L'agriculture au Canada (cliquer pour agrandir)
 
Aujourd’hui, plus de 60% des emplois sont reliés à l’agriculture et à la transformation alimentaire. Ces activités produisent ainsi 15% du PIB canadien. 82% de la production agricole des Prairies se compose de viandes rouges, de céréales et de produits oléagineux. La région a dû diversifier sa production pour assurer la rentabilité. C’est pourquoi la production de céréales est passée de 42,6% en 1986 à 25,6% en 2000 alors que la production de viandes rouges a grimpé, tout comme la production de cultures spéciales et variées.


La production agricole par régions au Canada, en 2000


Évolution de la production agricole des praires canadiennes (cliquer pour agrandir)

Il y a environ 125 000 exploitations agricoles dans les Prairies, ce qui représente presque la moitié des fermes canadiennes. La province de l’Alberta est au premier rang avec une production de bétail qui assure 40% de la production canadienne (incluant les bœufs de boucherie et les vaches laitières). La Saskatchewan produit pour sa part 60% du blé canadien. Le Canada est aujourd’hui le septième plus grand producteur de blé au monde.


Un exemple des vastes champs agricoles qui recouvrent les prairies (cliquer pour agrandir)

Comme la production agricole sert autant à la consommation canadienne qu’à l’exportation, l’agriculture pratiquée est commerciale et les terres agricoles ont une grande superficie. Les producteurs doivent s’assurer d’avoir une production élevée.

Les sécheresses

Au cours des 200 dernières années, les Prairies canadiennes ont connu une quarantaine de sécheresses. Lorsqu’une sécheresse survient, les producteurs voient leur récolte menacée : ils ne peuvent arroser leurs champs puisque les réserves d’eau sont à sec et ils ne peuvent plus nourrir leurs animaux. Lors de la sécheresse de 2002, entre 70 et 75% des récoltes de l’Alberta ont été touchées.

 
Les champs de la Saskatchewan lors de la sécheresse de 2002

En plus d’occasionner une baisse drastique de la production, la sécheresse cause aussi une augmentation très importante du nombre de sauterelles qui assaillent les champs. De plus, les sols vont s’éroder beaucoup plus facilement puisque le sol est sec et poussiéreux. Les terres sont donc très sensibles aux vents, qui peuvent souffler violemment.

La dégradation des sols

Le sol des prairies est composé essentiellement de sédiments, ce qui le rend très friable et sensible à l’érosion due au vent et à l’écoulement des eaux. Depuis quelques années, les agriculteurs constatent que leurs terres agricoles se sont passablement détériorées. Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation, mais les principaux facteurs de la dégradation des sols découlent des mauvaises pratiques agricoles.
 
La végétation naturelle des prairies se composait essentiellement de plaines couvertes d’herbes hautes et d’herbes basses. Aujourd’hui, moins de 1% de la haute prairie subsiste encore. Pourtant, cette végétation était essentielle pour assurer la durabilité des sols. Les herbes hautes servaient alors de filtre naturel contre les sédiments et les polluants et elles contribuaient à l’infiltration de l’eau dans les terres (assurant ainsi de bonnes réserves d’eau dans les nappes phréatiques). Les racines protégeaient aussi le sol contre l’érosion. Outre ces utilités, les herbes hautes favorisaient la pollinisation des plantes cultivées et la lutte contre les parasites. Comme il ne reste plus suffisamment de cette végétation naturelle bienfaisante qui procurait un habitat pour plusieurs espèces d’animaux et de plantes, les sols s’érodent plus facilement. On associe d’ailleurs à la destruction de cet environnement des baisses de profits de l’ordre de 6 millions de dollars pour les producteurs.
 
L’agriculture commerciale intensive a d’ailleurs causé une diminution radicale de la matière organique et des éléments nutritifs des sols. Cette diminution pourrait représenter 40 à 50% de la quantité initiale et nécessaire à la fertilité des sols. Les terres de la prairie sont fragiles et s’érodent facilement. Les principales causes associées à la dégradation des sols sont : le vent, le ruissellement, la salinisation, l’acidité, le compactage des terres et la baisse de la matière organique. Pour pallier à la baisse de productivité causée par cette dégradation, les agriculteurs augmentent les quantités d’engrais utilisées. Pourtant le rendement économique des fermes dépend de la productivité des sols, donc de la fin de la dégradation.
 
La solution n’est pourtant pas si facile puisque plusieurs pratiques causant la dégradation sont fort utiles à la production. Par exemple, pour pallier au manque de précipitations, les agriculteurs vont irriguer leurs terres. C’est cette irrigation intense qui augmente le taux de sel dans les sols. Pour véritablement freiner la dégradation, les agriculteurs doivent remettre en question l’ensemble de leurs pratiques. Au début du 20e siècle, les pratiques agricoles mises en place avaient augmenté la productivité et la fertilité des sols. Maintenant, les herbes naturelles ont été détruites, les terres ont été labourées maintes et maintes fois et la pratique de la monoculture (des cultures qui appauvrissent les sols : maïs, soja) a grandement favorisé la dégradation. Jusqu'à tout récemment, les producteurs palliaient à la dégradation des sols en augmentant les engrais et les pesticides qu’ils utilisaient. Même lorsque les agriculteurs laissaient leur terre en jachère, l’érosion par le vent augmentait.

Des solutions

Pour diminuer radicalement la dégradation des sols, plusieurs initiatives ont été prises, dont par le gouvernement fédéral. Ces initiatives impliquent d’utiliser aussi des cultures qui enrichissent les sols (légumineuses), d’assurer un minimum de cultures pour maintenir la végétation sur les terres en jachère, de diminuer le travail sur le sol, de diminuer les semis et d’effectuer de plus nombreuses rotations dans les cultures. Des chercheurs tentent également de trouver des variétés de semis qui résistent mieux aux conditions difficiles et qui exigent moins de labours.
 
Outre la modification des pratiques agricoles, certaines solutions impliquent également la mise en place de moyens de protection naturels contre les vents et les intempéries : des plantations pare-vent, des voies d’eau gazonnées (pour diminuer le ruissellement), des barrières de graminées. Les agriculteurs n’ont pas le choix de prendre un virage vers une agriculture plus durable s’ils veulent que leurs terres demeurent fertiles.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse