Manille et les risques naturels

Manille est la capitale des Philippines, pays situé dans l’océan Pacifique, plus précisément entre la mer de Chine, la mer des Philippines, Taiwan et l’Indonésie. Ce pays est constitué de près de 7100 îles, la capitale est sur l’île Luzon.
 

Les Philippines (cliquer pour agrandir)
 
La région métropolitaine de Manille s’étend sur un peu plus de 630 kilomètres carrés et est habitée par plus de 11 millions d’habitants. La ville n’a pas vraiment d’urbanisme comme certaines villes occidentales. Il n’y a pas de réel centre-ville, c’est plutôt la cohue qui règne dans l’organisation urbaine. Bien que cette métropole soit située sur un archipel, la plage la plus près se situe à environ 130 kilomètres. Le cœur touristique de Manille se situe le long de la baie de Manille et comprend le centre des affaires et les centres commerciaux.  Dans la même section de la ville, on peut retrouver les vieilles maisons issues de la colonisation, l’université et les musées.

L'urbanisme est l'étude de l'organisation de la ville et de ses territoires.
 

Une partie de Manille vue du ciel (cliquer pour agrandir)

Malheureusement, l’écart entre les riches et les pauvres est énorme et se reflète dans la répartition des espaces urbains. En effet, près de 3 millions de personnes vivent dans des bidonvilles, dont la superficie fait à peine 5% du territoire total de la ville. Ces habitants vivent dans des conditions insalubres. 


Bidonville en banlieue de Manille (cliquer pour agrandir)
 
Certains vont même travailler sur les montagnes de déchets nauséabonds afin d’y trier les matières recyclables.


Enfant dans un dépotoir (cliquer pour agrandir)

L’administration de la ville désire redorer l’image de Manille en éliminant les quartiers pauvres. Elle rase donc fréquemment certains bidonvilles afin d’y construire des habitations plus luxueuses. Malheureusement, elle n’offre aucun programme de soutien aux familles ainsi dérangées. Les habitants les mieux nantis ont la chance d’habiter dans ces constructions luxueuses en banlieue.
 
Bien que la ville soit aux prises avec des problèmes de pollution considérables, peu d’infrastructures sont mises en place afin d’améliorer la situation. De plus, les embouteillages monstres qui constituent une des causes de la piètre qualité de l’air, sont difficiles à limiter en raison du manque d’espace pour construire de nouvelles routes. 

Histoire de Manille

La création de Manille date de la fin du 16e siècle. Les Espagnols y avaient en effet créé des ports marchands dès 1571.  Les colons avaient également construit une ville fortifiée qu’ils avaient baptisée Intramuros (qui signifie « à l’intérieur des murs »). 


Un exemple d’une construction dans la ville Intramuros

La position de Manille est avantageuse puisqu’elle se situe sur les rives de la mer de Chine, à l’embouchure de la Pisag River, là où les terres sont extrêmement fertiles. Le port permettait donc d’établir des liens commerciaux avec toutes les îles de cette région du Pacifique. Aujourd’hui, la Pisag River est considérée comme inactive parce qu’elle est trop polluée.


La Pisag River (cliquer pour agrandir)
 
La ville fortifiée constitue les vieux quartiers de Manille, où il est encore possible d’y contempler des édifices datant de la colonisation espagnole ou de visiter des endroits comme le parc Rizal, qui servait jadis de lieu d’exécution pour les dirigeants espagnols.
 
La ville a longtemps appartenu aux Espagnols, bien qu’il y ait eu plusieurs guerres et d’autres occupants à certains moments. La ville est tout de même passée officiellement aux mains des Américains en 1898, et ce, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, période durant laquelle les Japonais ont pris possession de la ville. Un lieutenant américain est revenu défendre son territoire par la suite. Certains endroits de Manille portent encore des traces de ces batailles, dont l’île de Corregidor et les tunnels de Malinta. L’île de Corregidor avait été abandonnée après la guerre parce que l’on considérait qu’il n’y avait strictement plus rien de vivant sur l’île tellement les combats y avaient été meurtriers. Les tunnels de Malinta avaient été élaborés par le lieutenant en prévision de défendre la ville et de protéger ses habitants.


Les tunnels de Malinta (cliquer pour agrandir) 
 
Avec sa longue histoire de colonisation et d’emprise occidentale, les habitants de Manille arborent deux cultures : la culture asiatique et la culture occidentale.  Le dépaysement n’est donc pas trop marqué pour les voyageurs.

Le Pinatubo (dangers et prévention)

À près de 100 kilomètres de la ville de Manille, sur la même île, se situe l’un des dix volcans les plus surveillés de la planète. Le Pinatubo est un énorme volcan dont le diamètre de la base fait environ 40 kilomètres. Aujourd’hui, son sommet s’élève à 1600 mètres d’altitude. Le Pinatubo fait partie de la Ceinture de feu du Pacifique, il fait donc partie d’une zone où le nombre de volcans est plus élevé qu’ailleurs.

Le volcan n’a jamais représenté un risque très élevé pour Manille puisqu’il était considéré comme éteint, après près de 600 ans d’inactivité. Par contre, tout a changé lorsque des spécialistes ont reconnu certains signes d’activité volcanique et sismique un peu avant 1991. Dès qu’ils ont remarqué ces quelques signes d’activité, les volcanologues ont surveillé de très près l’évolution de la situation. Avec raison d’ailleurs, puisqu’en juin 1991, en l’espace de quelques jours, le Pinatubo entrait précipitamment en éruption.


Le Pinatubo en juin 1991 (cliquer pour agrandir)

Dès le 7 juin, du magma apparaît en surface, créant ainsi un dôme de lave sur la montagne. Des nuages de cendres et des coulées de lave commencent d’ailleurs à entrer en action. Dès cet instant, plusieurs villes et villages sont évacués, dans un rayon de 20 kilomètres autour du volcan. Un peu plus tard, les explosions, les nuages de cendres et les coulées de lave se poursuivent.


Activité volcanique explosive (cliquer pour agrandir)

La colonne de cendres et de feu s’élève maintenant à 40 kilomètres de haut. Le 15 juin, l’éruption devient encore plus violente. Le somment de la montagne, qui s’élevait alors à 1745 mètres d’altitude, a littéralement été pulvérisé par une explosion créant ainsi un immense cratère, aujourd’hui rempli d’eau.  L’ensemble du territoire urbain de Manille a été recouvert d’une épaisse couche de cendres qui pouvait atteindre 200 mètres de hauteur par endroits, et ce, à plus de 40 kilomètres à la ronde.


Une image du cratère du Pinatubo après l’éruption de 1991 (cliquer pour agrandir)

Mais ce n’est pas tout. Le Pinatubo est situé dans une région du monde où les saisons sèches alternent avec une saison des pluies très intense (la Mousson). Les sédiments créés par les diverses éruptions du volcan sont très mous et, lorsqu’ils sont trop humides, ils peuvent s’écrouler, créant de grosses coulées de boues destructrices. C’est ce qui s’est passé après les éruptions de 1991. Un cyclone a apporté des précipitations intenses à peine quelques jours après les évènements.

De grosses coulées de boue, mélange de sédiments et d’eau de pluie, ont alors glissé tout autour du volcan détruisant des villages sur son chemin. Certains secteurs sont ensevelis par ces sédiments, ce qui a fait qu’ils sont restés inhabitables pendant un bon moment. Aujourd’hui encore, les risques d’éboulement et de coulées de boue sont encore possibles. À chaque mousson ou lors d’un cyclone, certains endroits du volcan sont particulièrement observés pour tenter de prévenir les dégâts que ces coulées peuvent créer.
 
Considérant l’ampleur de l’éruption, le nombre de victimes est assez limité. Ce fait s’explique par les réactions rapides des volcanologues et des autorités qui ont efficacement évacué les zones à risques. En fait, la majorité des décès reliés à cet évènement ont plutôt été causés par des épidémies et des maladies infectieuses contractées dans les camps d’évacuation. Outre les risques d’éruption volcanique, Manille et les îles environnantes risquent également les inondations dues à la mousson ou aux cyclones.


Dégâts causés par le passage d'un cyclone (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse