Le territoire agricole de la Californie

Description de la région

La Californie est l’état situé au sud de la côte ouest des États-Unis. Elle est bordée par l’océan Pacifique à sa frontière ouest et par l’Arizona et le Nevada du côté est. Au sud, la frontière est partagée avec le Mexique. La Californie, avec plus de 37 millions d’habitants, est l’état le plus peuplé des États-Unis.

 
L'État de la Californie (cliquer pour agrandir)
 
Le territoire est composé de paysages divers et contrastés : montagnes élevées, côtes océaniques, vallées fertiles et déserts brûlants. Les déserts californiens sont d’ailleurs les plus secs de l’ensemble du territoire américain. Ces paysages variés s’accompagnent des climats tout aussi variés : le climat du nord est plutôt rigoureux, les déserts sont chauds et arides, les vallées sont chaudes et humides et les montagnes sont très arrosées. Le climat général des côtes californiennes est généralement tempéré en raison de la présence d’un courant marin froid.
 
La position de la Californie sur les plaques tectoniques fait en sorte que de nombreux risques naturels menacent constamment cet État. San Francisco, comme d’autres grandes villes, est fréquemment la cible de séismes parfois violents.


Les failles dans les plaques tectoniques de la Californie, en rouge sur la carte (cliquer pour agrandir)

L’histoire de la Californie a été grandement marquée par la ruée vers l’or. Dès que des mines d’or furent découvertes en 1849, plusieurs américains et immigrants ont mis le cap vers la Californie. L’économie s’y est alors développée très rapidement. Un peu plus tard, la construction du chemin de fer vers l’ouest ouvre la voie à plusieurs milliers d’individus qui se dirigent vers le Golden State (surnom donné à la Californie) pour y devenir agriculteur ou encore travailler dans les nouvelles industries. La Californie a alors connu de nombreuses périodes où l’immigration était très affluente : des Américains, des Hispaniques, des Asiatiques et des Mexicains s'y installent. Après la Deuxième Guerre mondiale, c’est la jeunesse américaine qui a afflué vers la Californie, c’est l’époque du rêve californien, influencé par des groupes musicaux comme les Beach Boys ou par des mouvements artistiques comme le beatnix (mouvement précurseur du mouvement hippie).

Sur le plan économique, la Californie accapare à elle seule 14% du produit national brut américain. La Californie a une économie basée sur l’agriculture (intensive et capitaliste), l’exploitation des ressources naturelles, l’industrie informatique (Sillicon Valley), l’industrie cinématographique (Hollywoood) et la production de vin.

La vallée centrale (Central Valley)

La vallée centrale de la Californie est une vaste plaine dont le sol est couvert de sédiments. En fait, la plaine était originalement située près de l’océan, mais le mouvement des plaques tectoniques a créé les chaînes côtières, déplaçant ainsi la vallée vers l’intérieur des terres. Les sédiments rendent les sols extrêmement fertiles et certains forment une couche de 20 kilomètres sous le sol. Outre les pratiques agricoles, on trouve aussi des puits de pétrole qui sont exploités dans la vallée centrale.

 
Situation de la vallée centrale en vert, combinant les vallées de Sacramento et de San Joaquin

L’étendue de la vallée centrale est totalement plate, l’altitude maximale s’élèvant à 15 mètres au-dessus du niveau de la mer. La plaine ne recevant que très peu de précipitations, l’irrigation provient des montagnes qui l’entourent : la Sierra Nevada. En effet, tous les cours d’eau descendent de la Sierra Nevada pour sillonner la vallée avant de se diriger vers le Pacifique. Les fleuves principaux sont le Sacramento (au nord) et le San Joaquin (au sud). Ces deux fleuves se rejoignent dans la baie de San Francisco. La vallée centrale est marquée par des températures froides en hiver, une chaleur torride et chargée d’humidité en été et des inondations (causées par la crue des rivières) au printemps. La plaine a été longtemps inoccupée, bien qu’elle recouvre 20% de la superficie de la Californie.
 
Aujourd’hui, les trois quarts des terres cultivées en Californie se situent à l’intérieur de la vallée centrale, bien que certaines terres arables soient aujourd’hui menacées par l’étalement urbain : lotissements et condos prennent alors la place des infrastructures agricoles. Cet étalement urbain peut éventuellement causer un problème à la rentabilité des productions agricoles puisque les terres agricoles ne sont pas protégées comme elles le sont au Québec. La quantité de fermes a diminué, mais les dimensions des terres sont demeurées les mêmes. De plus, la présence d’habitations à proximité des fermes exige des adaptations de la part des fermiers et des familles pour éviter la contamination, en particulier lors de l’épandage du fumier ou des pesticides.

La vallée de Sacramento

Située au nord de la vallée centrale, la vallée de Sacramento est irriguée par le fleuve du même nom. La ville de Sacramento s’y trouve également. Cette ville est la capitale de la Californie et a été la plus grande agglomération à proximité des mines d’or. On y dénombre aujourd’hui plus d’un million d’habitants.

 
La rivière Sacramento qui s’écoule entre les champs
 
La vallée de Sacramento est l’une des régions agricoles de l’État. C’est en partie pour cette raison que le Shasta Dam a été construit entre 1938 et 1944. Cet énorme barrage se situe directement sur le fleuve Sacramento, à l’endroit où d’autres affluents le rejoignent. Le Shasta Dam est le plus grand réservoir construit par l’homme de la Californie et le deuxième plus grand barrage des États-Unis. Ce barrage a plusieurs utilités : conserver les réserves d’eau pour approvisionner la vallée, irriguer les terres agricoles, contrôler le débit et la force des crues (éviter les sécheresses et les inondations), approvisionner les villes et les villages en eau potable, utiliser la force de l’eau dans une énorme centrale hydroélectrique, etc.

 
Le réservoir et le barrage du Shasta Dam (cliquer pour agrandir)

De plus, le réservoir, le Shasta Lake sert aussi au loisir et à la navigation. Le barrage est tellement haut qu’il représente trois fois la hauteur des chutes du Niagara.

La vallée de San Joaquin

La section la plus au sud de la vallée centrale est irriguée par le fleuve San Joaquin. Malheureusement, cette section était moins propice à l’agriculture puisque ce fleuve se transformait, vers l’ouest de son parcours, en un immense marécage dont plusieurs étangs s’asséchaient durant l’été. C’est pourquoi cette région a été inoccupée plus longtemps. Encore aujourd’hui, la vallée de San Joaquin ne comprend que quelques petites agglomérations.

 
Un champ de la vallée de San Joaquin, avec les montagnes du Sierra Nevada en arrière-plan (cliquer pour agrandir)

Afin de rendre le sol rentable pour les productions agricoles, un vaste chantier a été mis en place à la fin du 19e siècle. Les travaux, qui se sont échelonnés jusqu’au début du 20e siècle, visaient à mettre en place un système de canaux. Ces canaux allaient assurer l’irrigation constante des terres cultivées. Depuis la fin des travaux, la vallée de San Joaquin fait désormais partie des régions agricoles les plus fertiles. Les terres cultivées occupent toutes de très grandes surfaces.

Les vallées de Napa et de Sonoma

La vallée de Napa se situe un peu à l’ouest de Sacramento et est un peu plus petite que les autres vallées. Le climat y est beaucoup plus doux et ressemble beaucoup au climat méditerranéen : ensoleillement et chaleur.

 
Situation géographique de la vallée de Napa (cliquer pour agrandir)
 
La vallée de Sonoma se trouve un peu plus à l’ouest de la vallée de Napa, beaucoup plus près des montagnes. Tout comme la vallée de Napa, le climat y est beaucoup plus doux et a permis de cultiver des produits différents.

 
Situation géographique de la vallée de Sonoma (cliquer pour agrandir)

La Sierra Nevada

La Sierra Nevada est une grosse chaîne de massifs granitiques qui borde tout l’est de la Californie. Elle s’étend sur 650 kilomètres de long et occupe entre 80 et 150 kilomètres de large.

 
Carte de la Sierra Nevada (cliquer pour agrandir)
 
Elle est apparue aux pionniers venus de l’est comme un obstacle infranchissable puisque son versant est très abrupt.

 
Les montagnes de la Sierra Nevada (cliquer pour agrandir)

La Sierra Nevada est le réservoir d’eau de la Californie. En effet, tous les nuages en provenance de l’océan Atlantique se dirigent vers les massifs de la Sierra Nevada et se déversent sur ses flans ouest. Ce sont ces précipitations qui alimentent les fleuves Sacramento, San Joaquin et Colorado qui se déversent à leur tour dans les vallées californiennes. La Sierra Nevada reçoit annuellement des chutes abondantes de neige. Chaque précipitation peut représenter une quinzaine de mètres de neige, pouvant même atteindre jusqu’à 23 mètres.


Vue sur le sommet du Mont Whitney (cliquer pour agrandir)
 
Le point culminant de la Sierra Nevada est le mont Whitney qui culmine à 4 421 mètres d’altitude. Plusieurs parcs nationaux californiens se trouvent dans ces montagnes.

Les chaînes côtières (Coast Ranges)

En plus de la Sierra Nevada, plusieurs autres chaînes de montagnes marquent le paysage californien. Ces chaînes sont parallèles à l’océan Pacifique et se situent près des côtes. Constituées de montagnes de 1 000 mètres d’altitude en moyenne, les chaînes côtières sont en fait une suite de 3 ou 4 chaînes, chacune séparée de vallées. Les montagnes côtières constituent un mur de protection contre les intempéries de l’océan.
 
Toutes ces montagnes créent effectivement une barrière naturelle contre le vent et les intempéries. Les vallées à l’intérieur du continent sont donc protégées par ces chaînes côtières. Les fleuves et les rivières coulent aussi parallèlement aux montagnes et à l’océan. Sans la présence de ces montagnes, le climat et les sols californiens ne seraient pas aussi propices à l’agriculture. Ces montagnes assez récentes se sont formées par le mouvement des plaques tectoniques. L’activité géologique intense de l’endroit permet l’exploitation de l’énergie géothermique. Dans cette région, il y a effectivement une vingtaine de centrales géothermiques qui utilisent la chaleur du magma pour produire de l’électricité.

La production agricole

Avec toutes les modifications apportées au territoire pour rentabiliser la production agricole, la Californie a pu s’imposer comme vaste territoire agricole. Avantagée par son climat et ses imposantes vallées, la production est effectivement devenue très rentable, grâce aux exploitations intensives capitalistes.

 
Diagramme de la production et des profits de l’agriculture californienne (cliquer pour agrandir)

La variété des régions et des climats a surtout permis à la Californie de cultiver un grand éventaire de produits agricoles. 50% de la production horticole (fruits, légumes, noix) américaine vient de la Californie. Ces produits se destinent non seulement à l’alimentation de la population californienne, mais aussi à l’alimentation des autres états américains et des pays importateurs, s’assurant ainsi des revenus annuels de 32 milliards de dollars. Avec 77 000 fermes et ranchs répartis dans l’État, c’est près du tiers de la Californie qui fait partie des territoires agricoles.

La production californienne de fraises représente à elle seule 88% de l’ensemble de la production américaine et rapporte environ 1,2 milliards de dollars.
En fait, les fermes californiennes ne représentent que 4% des fermes américaines, mais produisent toutefois plus de la moitié des fruits, des légumes et des noix.

La production de la vallée centrale

La majeure partie de la production agricole californienne provient de la vallée centrale. Les agriculteurs assurent l’exploitation de plus de 250 produits différents : noix, amandes, olives, pistaches, fruits (agrumes, tomates, kiwis, prunes, pêches, raisins), légumes (asperges, laitues) et céréales (sorgho, avoine, blé, orge, maïs). La vallée centrale produit également le quart de la production de riz américaine et a développé la culture d’autres produits tels que la betterave à sucre, le tournesol, le foin, la luzerne, le houblon, le coton et le lin.
 
Bien que l’horticulture occupe une place importante dans la production agricole, on trouve également des éleveurs de porcs, de bœufs, de volaille, d’œufs et des producteurs de lait, en plus d’une industrie de transformation alimentaire tout aussi florissante.

La production des vallées de Napa et de Sonoma

Ces deux vallées sont surtout reconnues pour leur production de vin. En effet, la vallée de Napa est le troisième endroit le plus fréquenté par les touristes aux États-Unis. Les trois millions de visiteurs qui se rendent à Napa vont visiter les installations vinicoles, les vignes et vont évidemment déguster les produits.
 
La vallée de Napa est bordée de montagnes volcaniques et a été colonisée en partie par des immigrants italiens à la fin du 19e siècle. C’est la principale région viticole des États-Unis et ses vins sont réputés partout à travers le monde. C’est également la région oeno-touristique (tourisme autour du vin) la plus visitée dans le monde. La vallée de Napa est occupée par plus de 900 domaines. Le climat y est propice pour développer des cépages différents. L’influence italienne combinée au climat très doux font en sorte que le mode de vie plus détendu s’apparente beaucoup plus à la culture méditerranéenne qu’américaine. Bien que les vins de Napa ne constituent que 4% de la production américaine, ils s’accaparent toutefois 17% du chiffre d’affaires.

 
Un champ de vignes de la vallée de Napa

La vallée de Sonoma est considérée comme le berceau de la viticulture moderne aux États-Unis. La vallée est plus large et plus plate que la vallée de Napa, les cultures peuvant alors être plus étendues. Les amateurs de vin peuvent y apprécier plusieurs cépages de vin différents.

L’agriculture et ses impacts sociaux et environnementaux

Les impacts sociaux

Pour optimiser les productions agricoles, les fermiers n’ont pas seulement recours aux moyens techniques et aux produits chimiques. En effet, beaucoup de travailleurs sur les fermes californiennes sont en fait des immigrants illégaux venus du Mexique et d’autres pays d’Amérique du Sud. Ces travailleurs illégaux constituent ainsi une main-d’œuvre qui ne coûte pratiquement rien aux producteurs. La rentabilité des entreprises agricoles dépend actuellement de ces travailleurs, s’appuyant ainsi sur l’exploitation d’employés.

Les impacts écologiques

Les grandes cultures intensives qui sont pratiquées actuellement ont aussi des impacts écologiques, ne serait-ce d’abord que la quantité colossale d’eau utilisée pour irriguer les terres. L’utilisation massive de l’eau pourrait éventuellement nuire à l’approvisionnement en eau des villes ou à la qualité des sols et des nappes phréatiques. Les nappes phréatiques peuvent aussi être contaminées par tous les produits chimiques, les engrais et les pesticides qui sont utilisés pour enrichir les terres. Il y a actuellement certaines régions où le taux d’azote contenu dans les sols est beaucoup trop élevé et pourrait représenter un danger pour la biodiversité et l’approvisionnement en eau potable.
 
Les installations agricoles, les détournements des cours d’eau et toutes les modifications apportées au terrain naturel peuvent causer une diminution de la biodiversité. Certaines espèces de grenouille sont disparues à cause de ces bouleversements et des déversements de déchets agricoles. Plusieurs changements climatiques ont également été causés par le drainage et l’irrigation des sols. Il ne faut pas non plus oublier que la plupart des produits agricoles de la Californie sont destinés à l’exportation. Plusieurs produits traversent tout le continent avant d’entrer dans les marchés d’alimentation.

Les laitues qui poussent au sud de la Californie sont expédiées dès la récolte. Le transport s’effectue en camion réfrigéré et ces camions roulent à partir des champs californiens pour se rendre jusqu’au nord-est du continent, au Québec par exemple. La consommation d’énergie fossile impliquée dans le transport des marchandises doit aussi être prise en compte.

Des solutions

Les fermiers californiens vont devoir trouver des méthodes pour diminuer leur empreinte écologique. Plusieurs d’entre eux se sont déjà tournés vers l’agriculture biologique. Celle-ci est idéale pour diminuer l’impact environnemental sur le terrain, mais le problème du transport non écologique sur de grandes distances demeure. De manière générale, les modifications apportées aux pratiques agricoles (utilisation de l’eau, des pesticides, de l’épandage) se font en réaction aux critiques venues de l’opinion publique. Les fermiers s’y accommodent généralement bien, mais le déséquilibre entre la propreté de la production et la pollution émise par le transport semble rester.
 
D’autres producteurs, sans se tourner vers les cultures biologiques se tournent vers des cultures maraîchères qui exigent moins de pesticides et de produits chimiques. Bref, l’agriculture californienne, tout comme l’agriculture du reste du monde, est sur le point de changer radicalement.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse