Le territoire agricole du Japon

Situation géographique

Le Japon est un pays dont le territoire est un archipel constitué de près de 7 000 îles. Celui-ci se situe à l’extrémité du continent asiatique, dans l’océan Pacifique. Les îles s’étendent sur près de 3 000 kilomètres de long. Le climat du pays varie donc énormément du nord au sud.
 

Le Japon (cliquer pour agrandir)
 
Ces îles sont le résultat de montagnes qui ont émergé de l’océan. En effet, un peu à l’est du Japon se trouve une chaîne de montagnes. Par conséquent, le paysage de l’archipel est marqué par les montagnes et le relief accidenté. Le territoire japonais est couvert de forêts dans une proportion de 68%.


Le mont Fuji : plus haut sommet du Japon
 
En fait, les îles japonaises sont essentiellement constituées de quatre éléments : des montagnes, des plaines, des fosses et des forêts. Seulement 30% de la superficie totale du pays est habitable. Les villes et les villages ont été bâtis dans les plaines et les vallées. Traditionnellement, les Japonais ne s’installaient pas dans les montagnes. Selon leurs croyances, la forêt était le lieu d’habitation des dieux et des esprits.
 
Le pays comprend essentiellement quatre îles principales qui réunissent la population, les ressources naturelles et les activités économiques. La population représente environ 128 millions d’individus, dont 80% vivent dans les villes. Les trois villes principales regroupent à elles seules 45% de la population : Tokyo (24%), Osaka (13,2%) et Nagoya (7%).

 
Vue sur la ville de Tokyo (cliquer pour agrandir)

Le Japon est le pays où la densité de population est la plus élevée : 337 habitants au kilomètre carré en moyenne. D’ailleurs 11 villes sont peuplées de plus de 1 million d’habitants. La scolarité est très élevée, 34 % des Japonais font des études supérieures et la qualité de la formation surpasse celle de la plupart des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Tout comme c’est le cas pour plusieurs homologues occidentaux, la population est vieillissante : 17% de la population a plus de 65 ans. L’espérance de vie au Japon est la plus élevée de la planète, les gens vivent en moyenne jusqu’à 81 ans.

L’Île Honshu

L’île Honshu est la plus grande île de l’archipel et elle représente un peu plus de la moitié du territoire. Située au centre du pays, cette île regroupe 75% de la population japonaise. Les métropoles de Kyoto, Tokyo et d’Osaka sont situées sur Honshu. Le relief de l’île est tout de même accidenté et couvert de forêt au centre. Les côtes sont parsemées de vastes plaines où les villes, parmi les plus grandes du monde, se sont développées. Beaucoup de multinationales se sont implantées dans les villes de Tokyo et d’Osaka. L’île d’Honshu est la plus visitée par les touristes.

 
L’île d’Honshu

La plaine de Kanto

La plaine de Kanto est la plus vaste plaine du pays. Située sur l’île d’Honshu, la plaine de Kanto est bordée par des forêts d’un côté et par l’océan de l’autre. C’est sur cette vaste étendue que la ville de Tokyo s’est développée. La région contient de nombreuses industries, des productions maraîchères et des rizières. Les collines accidentées servent à la sériciculture, l’élevage du ver à soie.

 
La plaine de Kanto (cliquer pour agrandir)

Tout le territoire de la région du Kanto est exploité pour subvenir aux besoins de Tokyo : exploitation forestière dans les montagnes, centrales hydrauliques, terres agricoles, etc. De plus, un imposant système de transport a été développé pour desservir la région de Tokyo : des réseaux routiers et ferroviaires traversent la plaine de Kanto.

Les risques naturels

Le Japon se caractérise par une culture riche et établie depuis longtemps. Tout en conservant les éléments de continuité, la civilisation a réussi à effectuer la transition vers un monde plus moderne depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Toutefois, le territoire est victime de plusieurs catastrophes naturelles qui peuvent ravager les récoltes, détruire les bâtiments et faire de nombreuses victimes.
 
L’archipel est formé de plusieurs îles volcaniques. On dénombre plus de 150 volcans assez importants au Japon, dont plus de 60 sont encore actifs. Bien que les manifestations volcaniques soient prévisibles grâce aux appareils spécialisés, les volcans peuvent causer beaucoup de dommages dans les zones agricoles. Les endroits où les irruptions sont les plus violentes se trouvent dans les plaines de Tokyo et d’Osaka.

 
Les volcans au Japon (cliquer pour agrandir)

Le Japon se situe près de la jonction de deux plaques tectoniques . En fait, le pays se situe au cœur de la Ceinture de Feu du Pacifique. C’est pourquoi, en plus des activités volcaniques nombreuses, les activités sismiques le sont tout autant. Plus de 1 500 tremblements de terre frappent l’archipel chaque année. Bien que les bâtiments soient maintenant construits pour résister aux secousses, ces séismes peuvent causer des incendies dans les villages et détruire une partie des récoltes. Les terres ne sont pas les cibles exclusives des séismes. En effet, il peut se produire des séismes sous-marins qui, potentiellement, se transformeront en raz-de-marée ou encore en tsunamis sur les côtes du Pacifique, comme ce fut le cas au Japon le 11 mars 2011 alors qu'un tsunami a frappé après un séisme d'une magnitude de 8,9 sur l'échelle de Richter. Ces raz-de-marée se traduisent par des vagues immenses qui déferlent violemment sur les terres, emportant tout sur leur passage.

Le terme tsunami est un mot japonais qui signifie «vague portuaire» ou «vague de port». Les pêcheurs l'ont nommée ainsi, car vu la façon dont évolue ce phénomène, ils ne remarquaient rien d'anormal au large, mais ils retrouvaient leur ville portuaire ravagée à leur retour.


La Grande Vague de Kanagawa
, gravure de 1831 (cliquer pour agrandir)
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Certaines régions du Japon, en particulier les grandes villes, peuvent être victimes de glissement de terrain. Ces derniers sont surtout causés par un pompage excessif de l’eau qui sert à l’approvisionnement des villes. Ces glissements de terrain peuvent parfois être de l’ordre de deux à trois centimètres par année. Le mouvement infligé à la terre peut alors abîmer les bâtiments et les rizières. Outre les ravages déjà mentionnés, l’archipel peut souvent être victime de très mauvaises conditions climatiques : neige abondante, brouillard épais, sécheresse, gels qui ne surviennent pas au moment prévu (trop tôt ou trop tard). Ces conditions ne favorisent pas toujours la rentabilité des territoires agricoles. De plus, l’archipel risque aussi d’être frappé par des ouragans, des typhons et des cyclones, occasionnant ainsi d’autres dommages aux villes et aux récoltes.


Les termes ouragan, cyclone et typhon désignent tous le même phénomène. Le terme utilisé varie tout simplement selon les régions du globe. Ainsi, dans l'Atlantique Nord et une partie de l'océan Pacifique, on utilise le terme ouragan alors qu'on utilise cyclone dans le Pacifique Sud et l'océan Indien. Le terme typhon est quant à lui utilisé dans le Pacifique Nord.


Les régions utilisant les trois termes : En jaune où l'on parle d'ouragans, en rouge où l'on utilise le terme typhon et en vert où le terme cyclone est utilisé
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L’agriculture au Japon

Production agricole et habitudes alimentaires des Japonais

L’agriculture japonaise serait en mesure de subvenir aux besoins alimentaires de la population. Par contre, ce n’est actuellement pas le cas. En effet, l’autosuffisance alimentaire du Japon ne dépasse guère les 40%. Les habitants doivent alors se fier aux importations pour pouvoir s’alimenter. Les terres cultivées au Japon ne représentent que 15% à 16% de la superficie totale du pays, ce qui est relativement peu.
 
Le riz représente la production agricole la plus abondante du Japon. En dépit de sa petite superficie, ce pays du Soleil Levant occupe le huitième rang de la production de riz au monde. Environ 50% des terres cultivées servent à la riziculture (et cette culture représente aussi la moitié des revenus agricoles). En plus d’être une culture adaptée au climat japonais, le riz représente une partie du patrimoine culturel. Les Japonais cultivent le riz depuis tellement longtemps que celui-ci n’est plus seulement associé à l’alimentation, mais aussi à la tradition. D’ailleurs, la plupart des rizicultures utilisent des pratiques traditionnelles. Le riz malgré les écarts de climat et de température est cultivé presque partout sur le territoire.
 
En plus des cultures de riz, on trouve, en quantité beaucoup moins significative, des cultures de blé, de thé et de tabac. L’agriculture est en ce moment en mutation au Japon. En effet, les habitudes alimentaires des Japonais tendent à se modifier radicalement sous l’influence des cultures occidentales. C’est pourquoi la production de blé est en hausse et que de plus en plus de producteurs se tournent vers des productions maraîchères, dont celle de la pomme de terre.
 
Le menu traditionnel du peuple japonais incluait du riz, du poisson, des patates douces et des légumes secs. Peu à peu, les Japonais remplacent ces aliments par du lait, de la viande, des fruits, des légumes et du pain. D’ailleurs, la production de viande a radicalement augmenté au Japon : la production représente annuellement 4,68 millions de bœufs, 11 millions de porcs et 355 millions de poulets. Alors que ces élevages étaient beaucoup moins importants il y a quelques années.

Les rizières

La production du riz est une sphère hautement subventionnée par le gouvernement. Les productions s’effectuent sur des terres de très petites dimensions. La riziculture japonaise est alors moins compétitive et moins rentable qu’ailleurs. Les Japonais payent leur riz local plus cher que le riz importé des pays voisins. La culture traditionnelle du riz implique généralement la riziculture aquatique. Les rizières peuvent alors fournir jusqu’à trois récoltes par année. Dans certaines régions, la rentabilité est plus élevée qu’ailleurs, mais il arrive souvent que les cultures de riz alternent avec d’autres cultures comme le blé, l'orge ou les légumineuses.
 
Pour la riziculture aquatique, les rizières sont irriguées à un certain moment de la croissance. Les agriculteurs doivent alors s’assurer que leurs terres sont constamment recouvertes d’une couche d’eau de 10 centimètres. Après quelques jours, cette couche d’eau diminue de quelques centimètres. La durée de l’irrigation et la quantité d’eau drainée vont varier d’une culture à l’autre et d’une région à l’autre.


Une rizière lorsqu’elle est irriguée (cliquer pour agrandir)
 
Les rizières vont être aménagées de manière à maximiser le potentiel du territoire et ainsi optimiser la production. C’est pourquoi les terres ne sont pas toutes rectilignes. Les rizières peuvent aussi être installées en escalier, de manière à utiliser les flancs des collines et à mieux protéger les cultures des intempéries.

Problématiques récentes

Le changement radical des habitudes alimentaires a causé un déséquilibre dans l’agriculture japonaise. Les producteurs de riz ont maintenant des surplus : la consommation de riz a diminué. La consommation des aliments importés (céréales, légumes, aliments préparés) a par contre augmenté de façon importante. Certains agriculteurs tentent de se tourner vers la production des nouveaux produits en demande, mais la transition s’effectue de manière chaotique.
 
En plus de ces problèmes de production, le Japon connaît également des problèmes de relève de producteurs agricoles. Les agriculteurs vieillissent rapidement, près de la moitié ont plus de 65 ans, et les successeurs se font de plus en plus rares. Ce vieillissement s’explique par l’exode des plus jeunes générations vers les métropoles. D’ailleurs, plusieurs terres cultivées sont abandonnées et laissées en friche, faute de relève. Certains problèmes sont apparus plus récemment : la sécurité alimentaire est parfois mise en péril par l’arrivée d’infections comme celle de la grippe aviaire. Ces infections mettent en péril la production et la santé des individus.

L’impact de la riziculture sur l’environnement

Afin de maintenir la rentabilité des terres cultivées, les agriculteurs doivent utiliser des engrais naturels et chimiques. Ces engrais, comme le fumier ou les engrais minéraux, contiennent beaucoup d’azote et de phosphore. Ces deux éléments sont essentiels à la riziculture. Autrement, les terres ne seraient plus aussi productives. Toutefois, ces éléments peuvent se retrouver dans l’environnement. L’azote a été clairement identifié comme élément participant aux changements climatiques et à la pollution des cours d’eau. Le phosphore en quantité abondante peut contaminer les eaux et causer une contamination aux algues bleues (cyanobactéries).

Solutions envisagées

Le gouvernement a mis en place plusieurs structures pour faciliter la tâche des agriculteurs et favoriser une agriculture plus rentable. Ces structures impliquent des subventions nombreuses pour aider les régions défavorisées et stimuler la relève en agriculture. De plus, le gouvernement incite les Japonais à consommer des produits locaux, même si leur prix est plus élevé. Le but de ces programmes est d’arriver à hausser la part d’autosuffisance alimentaire du pays. En plus des initiatives gouvernementales, plusieurs organismes et coopératives ont vu le jour, poursuivant globalement les mêmes objectifs. Les coopératives visent aussi à promouvoir une agriculture locale plus respectueuse de l’environnement.
 
Afin de diversifier la production agricole du pays, le ministère veut, en plus des subventions versées aux producteurs de riz, offrir une aide financière aux autres types d’exploitations. Les nouveaux programmes incluent également le développement des technologies pour accroître la rentabilité des terres cultivées, assurer une meilleure sécurité alimentaire et utiliser les ressources génétiques. Toutefois, ce dernier aspect se heurte aux contestations de nombreux groupes qui dénoncent l’utilisation des OGM (organismes génétiquement modifiés).

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse