Le Nunavut

Description du territoire

Le Nunavut est un vaste territoire autochtone situé au nord de la baie d’Hudson, au nord du 60e parallèle. Les glaces et les banquises recouvrent le territoire pendant presque huit mois au cours de l’année.

 
Le territoire du Nunavut (cliquer pour agrandir)

Avec sa superficie de deux millions de kilomètres carrés, le Nunavut représente le cinquième de la superficie du territoire canadien, plus que les territoires de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Québec réunis. Cette région nordique est couverte par les glaces et la toundra. Le sol y est gelé une bonne partie de l’année. Lorsque le sol est gelé en permanence, dans certaines régions du Nunavut, on l’appelle alors le pergélisol. Lorsque le sol n’est pas gelé, il est marécageux et couvert de mousse et d’herbes.
 
Le paysage est également marqué par quelques collines de glace. Il y a en effet des blocs de glace emprisonnés dans le sol qui ont remonté à la surface, créant ainsi ces collines de glace. Une bonne partie du territoire se situe dans l’Arctique, c’est-à-dire au nord du cercle polaire. Le cercle polaire est défini selon une latitude précise : 66°33’. Au nord du cercle polaire, le soleil reste toujours à l’horizon pendant l’été alors qu’il ne le dépasse pratiquement pas pendant l’hiver. Plus on se situe au nord, près du pôle, plus ce phénomène est marqué. Près du pôle, ces périodes d’ensoleillement et de noirceur continues vont durer 6 mois chacune.


La délimitation de l’Arctique et du cercle arctique (cliquer pour agrandir)

La proximité du pôle par rapport au territoire du Nunavut permet d’observer fréquemment les aurores boréales dont les nuances, à ces latitudes, vont aller du vert au lilas. Les aurores boréales sont des phénomènes lumineux causés par des collisions entre les particules de la lumière du soleil et les particules de l’atmosphère. Le résultat donne des rideaux de lumière qui ondulent à l’horizon dans un chatoiement de couleurs.

 
Une image d’une aurore boréale (cliquer pour agrandir)

Le territoire est composé de plusieurs îles situées dans la baie d’Hudson et dans l’océan Arctique. La plus grande de ces îles est l’île de Baffin, qui fait plus de 500 000 kilomètres carrés et qui est située au nord-est du territoire. Elle est ainsi la plus grande île de tout le territoire canadien et la cinquième plus grande île au monde. L’île de Baffin est couverte de vastes surfaces de glace pendant toute l’année. Toutefois, de nombreux lacs et rivières d’eau douce parsèment le territoire. Ces cours d’eau ne dégèlent par contre que pendant une courte période de l’été.


Un paysage de l’île de Baffin (cliquer pour agrandir)
 
L’île de Baffin a longtemps servi de port pour les chasseurs de baleine. La faune y est d’ailleurs riche et particulière : bélugas, morses, baleines, phoques, oiseaux. Des milliers d’oiseaux migrateurs s’y installent pour l’été.

Histoire du territoire

Les communautés inuites sont installées dans ces territoires arides depuis des milliers d’années. Leur rythme de vie et leur culture étaient totalement adaptés aux conditions climatiques et aux ressources de la région. Le contact avec les explorateurs et les chasseurs de baleine a été passablement difficile. En effet, il y a eu de la mortalité causée par les maladies auxquelles les Inuits n’étaient pas immunisés et l'appropriation de leur territoire.
 
Après la Deuxième Guerre mondiale, le changement de mode de vie a été radical pour les communautés inuites. En effet, le gouvernement, qui désirait mieux gérer ce territoire, a pratiquement forcé la communauté autochtone à quitter la vie nomade pour s’installer dans les villages nouvellement créés par le gouvernement. Celui-ci instaurait des villages, construisait des maisons et mettait en place des installations et des services gouvernementaux.
 
Dans les années 1960, presque tous les Inuits du Canada habitaient maintenant dans ces nouvelles habitations. Comme ils ne vivaient plus au rythme de la nature et que les emplois étaient très rares, la majorité de la population dépendait désormais de l’aide sociale et de la société extérieure à leur territoire. Dès les années 1970, les représentants de la communauté inuite se sont mis à revendiquer leur territoire, leur gouvernement et leur autonomie. Ces revendications prenaient racine dans le constat sur les changements radicaux de leur mode de vie mettant leurs traditions en péril ainsi que par les craintes de voir leur territoire exploité et pillé de ses ressources naturelles.
 
C’est ainsi qu’au bout de plusieurs négociations, ententes et initiatives gouvernementales, le territoire du Nunavut a été officiellement formé le 1er avril 1999. Cette modification au territoire canadien était la première grande modification depuis 1949, lors de l’arrivée de Terre-Neuve dans la constitution. Ce nouveau territoire est formé du centre et de l’est des Territoires du Nord-Ouest, maintenant divisés de moitié. Pour la communauté inuite, le nom Nunavut a toujours évoqué leur territoire puisque ce mot signifie "notre terre".
 
Les habitants du Nunavut peuvent alors mettre sur pied un gouvernement à l’image des Inuits, tant dans la culture, dans la tradition que dans les aspirations. Les membres sont élus par tous les résidents, peu importe leur origine. D’ailleurs, toute la population a le droit de voter et même de se présenter comme candidat. Les postes de gestion sont aussi ouverts à tous. Le gouvernement du Nunavut offre ses services en français, en anglais et en inuktitut. Le but de ce gouvernement est alors d’intégrer les meilleurs éléments des deux cultures : le mode de gouvernance traditionnel des Inuits et le mode de gouvernance contemporain du Canada.

Organisation économique et sociale

Maintenant que le Nunavut peut gérer son développement économique et social grâce à son nouveau gouvernement, les Inuits doivent toutefois relever de gros défis pour rendre ce développement rentable. Le principal défi du Nunavut sera d’assurer son autosuffisance économique. Pour y arriver, ce territoire pourra compter sur une volonté très forte de la part de la population quant au développement de l’économie et sur l’abondance des ressources naturelles. Les installations gouvernementales et les droits territoriaux ne peuvent que faciliter l’accès à cette autonomie.
 
Plusieurs sociétés autochtones se sont organisées autour de l’industrie de la pêche, des transports et du tourisme. De plus, les sites miniers sont développés (diamant, or, métaux lourds), les investissements financiers visent la planification à long terme et de nouveaux programmes sociaux sont implantés dans chacune des régions. Des organismes assurent aussi la formation et le perfectionnement de la bureaucratie professionnelle. Le territoire est également protégé grâce à la présence de trois parcs nationaux.
 
Malgré la forte motivation de la population et des actions sociales et gouvernementales, l’atteinte de l’autonomie économique se heurtera à de nombreux défis. Le premier défi consistera à assurer la création d’emplois pour inciter la jeunesse à demeurer dans leur région. En effet, comme plus de la moitié de la population est âgée de moins de 25 ans, le but du nouveau gouvernement du Nunavut est de s’assurer que cette population jeune prenne la relève. Pour y parvenir, il doit alors trouver des moyens de rehausser le niveau de scolarité, les moyens d’instruction et les revenus moyens. Dans une région du Canada où le coût de la vie est deux à trois fois plus élevé que dans le reste du pays, cela représente un défi.
 
De plus, de nombreux postes de cadres et de gestionnaires doivent être occupés pour parvenir plus facilement au bon développement économique et social. Malheureusement, il manque actuellement de gens qualifiés possédant les compétences requises pour effectuer ces tâches. Certains membres de la communauté espèrent d’ailleurs créer un lieu d’enseignement postsecondaire au Nunavut pour former les jeunes étudiants près de chez eux et assurer ainsi un meilleur niveau de scolarité. Les Inuits du Nunavut doivent aussi assurer une cohésion dans la population alors que celle-ci est dispersée dans plusieurs villages dans tout le territoire. La capitale du territoire est d’ailleurs la seule ville. Iqaluit, sur l’île de Baffin, regroupe les institutions gouvernementales et les services publics, ce qui en fait le noyau des activités politiques. Environ 8 000 personnes y habitent en 2009.


Une vue sur la ville d’Iqaluit (cliquer pour agrandir)

Le nom Iqaluit signifie « beaucoup de poissons ». C’est d’ailleurs à l’emplacement actuel d’Iqaluit que le tout premier comptoir de traite de fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson avait été installé pour l’ensemble de cette région. Le développement économique commence à prendre de l’ampleur grâce à l’émergence du secteur privé. Outre Iqaluit, l’île de Baffin abrite une autre agglomération importante. D’une population de près de 1 300 habitants, le village de Pangnirtung se situe au milieu d’une vaste plaine de toundra. Son nom signifie « lieu du caribou mâle ».


Le village de Pangnirtung, entouré de montagnes

Traditionnellement, ce village a servi longtemps de poste de traite et de lieu privilégié pour la chasse à la baleine. Aujourd’hui, la communauté est réputée pour ses objets d’art et ses tapisseries. Les autres villages sont dispersés dans le vaste territoire. Il n’y a qu’une seule route qui relie deux des communautés. Toutefois, tous les villages sont accessibles par air et par mer puisque chacun d’eux a son port et son aéroport.

La population du Nunavut

Des quelque 31 000 personnes qui habitent au Nunavut, 83% sont des Inuits. Cette population est dispersée en 28 communautés et villages. Les facultés d’adaptation du peuple inuit sont assez élevées considérant qu’ils vivent depuis des milliers d’années sur ces terres au climat parmi les plus rudes au monde. C’est d’ailleurs cette capacité d’adaptation qui permet à la communauté d’allier les traditions aux technologies modernes. Les Inuits font partie des groupes autochtones les plus présents sur Internet.

 
La répartition des communautés inuites sur le territoire du Nunavut (cliquer pour agrandir)
 
Les langues officielles sont l’inuktitut, la langue traditionnelle des Inuits, l’anglais et le français. Toutefois, 80% de la population parle l’inuktitut contre 10% seulement qui est francophone.
 
Les coutumes des Inuits incluaient la chasse au phoque sur les banquises, le transport par traîneaux à chiens, les igloos comme lieu d’habitation et la fabrication artisanale de tous les vêtements et outils. Aujourd’hui, la majorité des Inuits habitent dans des maisons et utilisent des vêtements fabriqués en manufacture. Certes, il y a encore quelques individus qui suivent encore certaines coutumes. Parmi les coutumes qui sont encore les plus en usage, on retrouve certains manteaux fabriqués de manière artisanale et des couteaux conçus spécialement pour couper la viande des phoques.


Une enfant vêtue du parka traditionnel (cliquer pour agrandir)

C’est pour préserver leurs coutumes que les écoles se donnent pour mission non pas seulement d’enseigner l’inuktitut, mais aussi de transmettre les coutumes d’autrefois et les habitudes de vie (chasse, dépeçage, cuisine) aux enfants. C’est d’ailleurs le principal défi des adultes envers leurs enfants : préserver leur culture tout en assurant un niveau de vie décent.


Cette construction, un inuksuk servait à indiquer au voyageur qu’un groupe d’humains vivaient à proximité (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références

Les collectivités du Nunavut
Le cercle arctique

L’île de Baffin

Les jeunes Inuits du Nunavut face aux changements climatiques et sociaux

Iqaluit, la capitale du Nunavut

Les aurores boréales


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