Les revendications autochtones

 

Un autochtone est un descendant des premiers habitants d’une région ou d’un territoire, donc un descendant des populations qui occupaient les terres avant l’arrivée des colons étrangers. (Définition telle qu’énoncée par l’ONU)

Au Canada, les autochtones sont les Amérindiens, aussi appelés Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Une nation autochtone

On entend souvent parler de nations lorsqu’il est question des autochtones. Bien qu’ils occupent un vaste territoire, les groupes autochtones ne sont pas tous de la même nation. On distingue alors ces nations selon la langue, les valeurs, les traditions, la culture et le mode de vie de chacun de ces groupes.  En général, ces caractéristiques sont influencées par le territoire qu’ils occuppent : la géographie, le relief, le climat, les ressources naturelles, etc.

Les territoires autochtones

L’une des principales revendications des nations autochtones concerne le territoire. En effet, partout à travers le monde, ces nations exigent du gouvernement des droits sur les territoires qu’ils occupent depuis longtemps. Ce sont en partie ces droits, qui reconnaissent que les autochtones occupaient des territoires bien avant l’arrivée des colons, que l’on appelle les droits ancestraux.
 
Pour respecter ces revendications, plusieurs gouvernements ont créé des territoires autochtones. Sur ces territoires, majoritairement occupés par des autochtones, ce sont les communautés qui gèrent l'administration, la police, l'économie et la culture. Donc, les nations autochtones vivant sur ces territoires sont autonomes par rapport au gouvernement du pays, ce que l’on appelle justement l’autonomie gouvernementale. Parmi ces droits ancestraux, les habitants des territoires autochtones sont exemptés de taxes et d’impôts. Comme les territoires autochtones sont gérés par les communautés, les individus ont alors la possibilité de conserver leur culture et leurs savoirs (langue, tradition, pratiques agricoles, culture).
 
Plusieurs nations autochtones du Canada et dans le monde (comme en Russie) vivent dans des territoires nordiques pratiquement inhabités. Dans ces territoires, le taux de population appartenant aux nations autochtones frôle les 90%.  D’ailleurs, leur culture et leur mode de vie particulier leur permettent de vivre dans des conditions si rigoureuses. C’est pourquoi on associe la notion de nordicité à plusieurs communautés autochtones. La nordicité implique tous les faits (géographiques, naturels et humains) qui concernent les régions situées en haute latitude et le rapport au froid.

Les revendications des autochtones

Les revendications territoriales

Malgré le fait que les territoires autochtones soient gérés par les communautés, plusieurs d’entre eux sont ou ont été convoités pour leurs ressources naturelles (forêts, mines, rivières, pétrole). Les autochtones revendiquent alors des droits pour contrôler l’exploitation des territoires ancestraux. Dans certains cas, des affrontements surviennent entre les autorités gouvernementales et les nations autochtones pour avoir les droits d’exploitation des ressources naturelles sur le territoire. Dans d’autres situations, ce sont les autochtones qui exigent d’avoir la permission de pratiquer la chasse et la pêche dans des milieux où ces activités sont limitées.
 
Les enjeux territoriaux incluent alors deux facettes : la préservation du territoire et des activités traditionnelles des autochtones et la bonne entente entre les intérêts de la population en général et ceux de la population autochtone. Plusieurs revendications se règlent généralement par des conventions, des traités et des accords qui régissent les conditions dans lesquelles ces revendications sont acceptées.

Les enjeux mondiaux

Outre la préservation de l’environnement et du territoire, les communautés autochtones doivent gérer des enjeux importants. Ces populations sont parmi les plus pauvres et les plus marginalisées de la planète. L’espérance de vie moyenne des peuples autochtones est d’ailleurs plus basse que la moyenne mondiale. Dans plusieurs pays, les droits fondamentaux des autochtones ne sont pas ou n’ont pas été respectés.
 
Dans certaines régions du monde, des communautés autochtones n’ont aucun contact avec le reste du monde. On estime d’ailleurs le nombre de ces communautés à 70. Les individus de ces groupes sont fragiles puisque s’ils rencontrent des étrangers, ils peuvent contracter des virus et des maladies qui pourraient, ce qui pourrait leur être fatal. La santé des peuples autochtones fait donc partie des revendications importantes pour éviter la disparition de communautés uniques et pour favoriser les communautés les plus défavorisées à obtenir des soins de santé comme la présence de médecins et l'obtention de vaccins.

La Décennie internationale des populations autochtones (1995-2004)

Cet évènement, organisé par l’ONU et les communautés autochtones a abouti à la création de l’Instance permanente sur les questions autochtones en 2003. L’objectif de ce regroupement est de rehausser les partenariats et la coopération internationale entre les communautés autochtones. Ces partenariats devraient idéalement arriver à trouver des solutions par rapport au respect des droits de l’homme dans toutes les nations, à l’amélioration de la santé, de l’éducation et de l’environnement de ces communautés.
 
Cette instance marque alors la première participation permanente dans l’Organisation des Nations Unies et elle est composée de 16 experts indépendants, dont 8 sont nommés par les gouvernements et 8 par les organisations autochtones. Leur mandat dure 3 ans. Cette initiative est directement reliée au projet de rédaction d’une déclaration des droits des populations autochtones. Ce projet visait, dès 2002, à préserver le caractère culturel, social et identitaire des nations autochtones, à les protéger contre les risques de génocide et d’ethnocide, à élaborer des systèmes de droits fonciers, à maintenir des structures économiques traditionnelles, à protéger l’environnement et à favoriser l’autodétermination.
 
Parmi les droits précisément revendiqués lors de l’évènement, on retrouve :

  • La liberté d’organiser la vie économique, politique, sociale, religieuse, culturelle à leur guise et la liberté de structurer leurs établissements et leurs institutions;
  • Le respect des coutumes des autochtones par le gouvernement de leur pays;
  • Le droit de participer à la vie politique du pays;
  • Le droit de gérer les terres et leurs ressources (incluant les rives, les eaux, le sol et le sous-sol);
  • Le droit d’avoir leurs propres institutions d’enseignement et d’y enseigner leur langue et leur culture;
  • Le contrôle du commerce des plantes médicinales;
  • La récupération de tous les objets culturels qui se trouvaient dans les musées.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse