Le golfe Persique : territoire énergétique

Le golfe Persique est une mer intérieure au sud de l’Iran. Plusieurs pays, dont l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït et l’Irak se trouvent sur les rives du golfe Persique. Le golfe Persique communique par un détroit avec le golfe d’Oman. C’est ce golfe qui s’ouvre sur la mer d’Arabie. L’eau du golfe Persique est salée et peu profonde. D’une profondeur moyenne de 50 mètres, la profondeur maximale est de 100 mètres.


Carte de la région du golfe Persique (cliquer pour agrandir)
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Le golfe Persique, par sa situation géographique, a longtemps été un lieu privilégié pour les liens commerciaux entre les continents européens et asiatiques. D’ailleurs, c’est par le golfe Persique que Marco Polo est passé, reliant ainsi la région à la Chine. Au 16e siècle, cette mer intérieure était contrôlée par le Portugal. Les Anglais ont aussi pris le pouvoir sur le golfe Persique au 19e siècle pour faire la guerre aux pirates. L’indépendance de plusieurs pays (dont le Koweït et les Émirats arabes unis) a été acquise seulement après la Deuxième Guerre mondiale.

L’exploitation pétrolière dans le golfe Persique

L’économie du golfe Persique a longtemps été fondée sur les échanges commerciaux. Auparavant, c’était le commerce des perles qui alimentait l’économie de la région. En effet, les perles du golfe Persique sont reconnues depuis plus de 2 700 ans. Plusieurs secteurs du golfe abritent des huîtres perlières de qualité. Aujourd’hui, ce n’est plus le commerce des huîtres qui rend la région convoitée, mais bien l’industrie pétrolière.
 
D’énormes réserves de pétrole se situent dans les pays voisins au golfe Persique, c’est pourquoi de nombreux conflits armés ont eu lieu dans la région. Les grandes puissances mondiales ont souvent tenté de prendre le contrôle des puits de pétrole (Grande-Bretagne, États-Unis).
 
La région du golfe Persique contient à elle seule 60% des réserves mondiales de pétrole et 40% des réserves de gaz naturel. Les pays qui exploitent ces réserves assurent leur autonomie énergétique. Ce sont les autres pays qui dépendent grandement des produits pétroliers du golfe Persique. D’ailleurs, depuis 1980, les pays producteurs de pétrole ne dévoilent que très peu d’informations sur leurs ressources et leur industrie. De manière générale, les seules données qu’ils fournissent concernent la quantité de pétrole produit et une estimation des réserves restantes.
 
Depuis les années 1970, cette exploitation pétrolière représente la principale source de développement économique, démographique et politique de ces pays. L’exploitation pétrolière est gérée par des compagnies qui ont le monopole du marché. Ces compagnies exploitent et transforment la ressource avant de l’exporter. De manière générale, ces compagnies sont des compagnies locales qui ne font affaire qu’en de rares occasions avec les grosses compagnies multinationales. Elles doivent par contre faire appel à ces compagnies lorsqu’elles veulent augmenter la production des puits qui sont exploités depuis longtemps et qu’elles ont besoin des ressources et des techniques des multinationales.
 
Comme les compagnies ont le monopole du marché et que la ressource est très en demande, partout dans le monde, les pays du golfe Persique ont un pouvoir économique sur le reste de la planète. C’est pourquoi de nombreux conflits ont eu lieu dans les années 1980 et 1990. Les conflits n’ont jamais vraiment cessé, mais ont repris de l’ampleur lors de l’invasion américaine en 2003.

L’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite, une monarchie islamique, est située entre la mer Rouge et le golfe Persique. Son territoire est vaste et représente 45% de la péninsule arabe. Sa superficie de 2 240 000 kilomètres carrés contient plus de 26 millions d’habitants. L’Arabie Saoudite ne contient que peu de plans d’eau, puisque la majorité du territoire se situe sur une vaste plateforme désertique. Près des rives de la mer Rouge, le territoire est montagneux et il devient de plus en plus plat vers le golfe Persique.

L’Arabie Saoudite a une importance stratégique pour tout le monde musulman puisque c’est là que se trouve La Mecque, vaste endroit saint de pèlerinage où chaque musulman doit se rendre au moins une fois dans sa vie. L’importance stratégique de l’Arabie Saoudite ne s’arrête pas là puisque 26% des réserves mondiales de pétrole s’y trouvent. L’industrie pétrolière représente d’ailleurs la plus grande richesse économique du pays : 75% des revenus d’exportation du pays reposent sur les produits pétroliers.

Le golfe d’Aden

C’est d’ailleurs près des rives de l’Arabie Saoudite que se trouve la plus grande voie maritime de l’exportation pétrolière. En effet, entre l’océan Indien et la mer Rouge, le golfe d’Aden sert au passage des cargos de livraison. Grâce au golfe d’Aden, les produits pétroliers peuvent voyager facilement du golfe Persique jusqu’à la mer Méditerranée, ce qui facilite grandement les échanges commerciaux entre l’Europe et les pays exportateurs de pétrole.

L’Irak

Bien qu’une toute petite partie du territoire de l’Irak touche le golfe Persique, le commerce de ce pays tire profit de cette voie maritime. D’ailleurs, le territoire irakien est parcouru de deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, qui se rejoignent avant de plonger dans les eaux du golfe Persique.
 
Malgré un territoire plus restreint que l’Arabie Saoudite, on y compte sensiblement un plus grand nombre d’habitants, soit un peu plus de 31 millions. Le paysage est aussi très différent. En fait, trois zones caractérisent le territoire de l’Irak : un massif montagneux, un plateau désertique et un couloir fertile entre les deux fleuves. Il y a parfois des inondations désastreuses dans ce couloir lorsque les deux fleuves sont en crue. L’économie et le développement sont tout autant basés sur l’exploitation pétrolière. En effet, l’Irak contient d’importantes ressources de pétrole et de gaz naturel.

Le Koweït

Le Koweït est un tout petit pays situé tout au fond du golfe Persique, juste à côté de l’Irak. D’une superficie de 17 818 kilomètres carrés, le Koweït contient près de 2,6 millions d’habitants, répartis sur le pays plat et désertique où on ne trouve aucun cours d’eau. La population dépend alors des quelque 115 millimètres de pluie qui tombent chaque année. Malgré la taille restreinte du territoire, les réserves pétrolières du Koweït représentent 10% des réserves mondiales.
 
Avec une production annuelle de 94 millions de barils de pétrole, le Koweït est l’un des plus grands producteurs de pétrole. On trouve également une bonne réserve de gaz naturel. En fait, selon les estimations, le Koweït a suffisamment de gaz naturel pour continuer à l’extraire durant encore 150 ans. Les exploitations des produits pétroliers incluant le gaz naturel représentent 95% des revenus d’exploitation de l’ensemble du pays.

Les Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis sont la seule fédération du monde arabe. Ce pays est en fait constitué de 7 émirats. Chaque émirat est géré par un émir, dont le pouvoir est héréditaire et absolu. Ces 7 émirs forment ensemble le Conseil supérieur des Émirats arabes unis. Cette fédération se situe à l’entrée du golfe Persique, le long de l’ancienne côte des pirates.

Le territoire y est désertique, mais il reçoit tout de même des précipitations importantes grâce à la proximité d’une chaîne de montagnes. La superficie des Émirats arabes unis est de 77 700 kilomètres carrés et la population est d’un peu plus de 4 millions d’habitants. Les réserves pétrolières représentent 10% des réserves mondiales et la production, proportionnellement au nombre d’habitants, est la plus élevée au monde. Les Émirats arabes unis se trouvent aussi au troisième rang mondial au niveau des réserves de gaz naturel. 60% des revenus d’exportations sont attribuables aux produits reliés aux combustibles fossiles.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)

En 1990, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a été créée en Irak. Les pays qui produisent le plus de pétrole font partie de cette organisation : l’Algérie, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigéria, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. La majorité de ces pays se situe à proximité du golfe Persique.


Les pays membres de l’OPEP (cliquer pour agrandir)
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Les buts de l’OPEP sont de coordonner les politiques des compagnies pétrolières de ces pays afin d’éviter de trop grandes fluctuations dans la production et dans les prix. L’OPEP adhère à la Charte des Nations Unies. Le comité de l’OPEP s’assure que tous les pays membres ajustent la production, la vente et l’exploitation en fonction de la situation politique et économique.

Et le développement durable?

Le développement économique de la région du golfe Persique ne dépend presque uniquement de l’industrie pétrolière. Malheureusement, cette ressource fait partie des ressources non renouvelables. De plus, la combustion des énergies fossiles contribue grandement à l’effet de serre et aux changements climatiques. En ce qui concerne l’état écologique de la région, le bilan est plus difficile à faire puisque peu de données sont disponibles. Trois catégories de problèmes environnementaux et écologiques ont cependant été relevées : les accidents pétroliers, la raréfaction de l’eau potable et la disparition de la faune et de la flore.

Les accidents pétroliers

Les accidents pétroliers englobent tant les fuites possibles dans les oléoducs et les gazoducs que les fuites survenant sur les cargos de transport. Le pétrole et les produits pétroliers sont néfastes pour les humains, les animaux et la végétation. Les pertes causées par ce type d’accident se retrouvent dans l’environnement. 25% des accidents pétroliers surviennent dans le golfe Persique ou dans les régions limitrophes. Par chance, la chaleur intense de la région favorise l’évaporation rapide des produits pétroliers perdus, ce qui en diminue l’impact écologique. Les compagnies qui exploitent les puits de pétrole ne diffusent par contre pas les données sur la fréquence et la gravité de ces accidents.

Un oléoduc est un pipeline utilisé pour le transport du pétrole.

Un gazoduc est une canalisation qui transporte le gaz naturel sur de grandes distances.

La raréfaction de l’eau potable

Les pays exportateurs de pétrole du golfe Persique sont déjà dans des zones désertiques. L’approvisionnement en eau potable n’est donc pas un problème nouveau. Cette rareté a par contre tendance à s’intensifier depuis que les villes ont connu des développements rapides dus à l’industrie pétrolière. Les villes, plus peuplées et plus grandes, doivent s’alimenter avec les mêmes sources d’eau qu’avant. Ces sources ont de plus tendance à diminuer : la fréquence et la quantité des précipitations sont en baisse depuis quelques années.

La disparition de la faune et de la flore

La hausse de population a entraîné des modifications notables dans les pratiques de chasse. La chasse s’effectue maintenant à bord d’un véhicule utilitaire et les chasseurs prennent plus d’animaux au cours d’une même période de temps. De plus, l’industrie pétrolière rentable nécessite de plus en plus d’employés. Cette hausse de population exige aussi une plus grande production de viande d’élevage. Ces élevages se font sur les rares endroits où il y a de la végétation. On note alors une diminution de la végétation, accrue par l’érosion et la sécheresse.

Solutions possibles

Les pays membres de l’OPEP n’ont pas une économie variée et celle-ci est strictement appuyée sur des ressources non renouvelables. Le respect du protocole de Kyoto entraînerait d’ailleurs des baisses de profits de 25% pour ces pays. C’est alors l’ensemble de l’économie qui écoperait de la situation. Les enjeux environnementaux de la production énergétique doivent aussi être pris en considération. Il devient alors essentiel pour les pays du golfe Persique de diversifier leur économie puisque les énergies utilisant des ressources renouvelables vont se développer de plus en plus.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse