L'exploitation forestière au Québec

Le climat et la végétation du Québec

Les zones forestières du Québec se divisent en deux sections délimitées par des climats différents.  Chaque climat apporte un type de végétation différent.
 

Les zones forestières du Québec (cliquer pour agrandir)

Le climat continental humide et la forêt mixte

Dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, le climat continental humide amène des étés chauds et des hivers rigoureux. Les températures moyennes sont de 22°C en été et de -9°C en hiver. Le climat se caractérise également par ses quatre saisons très distinctes les unes des autres. Les précipitations sont généralement abondantes et régulières : entre 1 000 et 1 200 millimètres de pluie tombent chaque année.
 
Dans cette région climatique, la forêt est composée d’autant de feuillus que de conifères. C’est la forêt mixte qui fait la transition entre la forêt boréale au nord et la forêt de feuillus au sud. Les principales espèces de feuillus sont l’hêtre, le peuplier, le bouleau, le frêne, l’érable et le chêne alors que les principales espèces de conifères sont le pin, le mélèze, le cèdre, la pruche, l’épinette et le sapin.

Le climat subarctique et la forêt boréale

Au nord du Saint-Laurent, dans le Bouclier canadien, le climat change et devient plus frais. Le climat subarctique fait la transition entre le climat arctique et le climat tempéré. Les étés sont alors plus frais et les hivers sont très froids. Cette zone est semi-désertique puisque les précipitations sont d’environ 400 millimètres de pluie par année. 
 
Les feuillus ne peuvent survivre dans de telles conditions, c’est pourquoi la forêt boréale n’est composée que de conifères. Ceux-ci ont une sève très gluante qui fait en sorte que les aiguilles des arbres ne gèlent pas. Les principales sortes de conifères qui poussent dans la forêt boréale sont le pin, le sapin baumier, le mélèze, l’épinette blanche et l’épinette noire. La forêt boréale occupe le tiers de la superficie de la province. C’est à la forêt boréale que les compagnies forestières s’intéressent particulièrement.

Histoire de l'exploitation forestière au Québec

Avant l’arrivée des colons européens, les Amérindiens faisaient une gestion douce de la forêt, en récoltant seulement les arbres dont ils avaient besoin, sans endommager le sol et le reste de la forêt.  Cette situation s’est mise à changer lors de la colonisation. Au 17e siècle, plus d’arbres étaient coupés pour la construction des maisons des colons et pour faire des champs pour l’agriculture de subsistance.
 
L’exploitation forestière massive a plutôt commencé au 18e siècle, alors que plusieurs arbres, dont les pins et les chênes, étaient exportés en Angleterre pour la construction des bateaux. La demande était toujours croissante et les coupes tentaient de toujours répondre à la demande, sans se préoccuper de cultiver les forêts et sans préserver les ressources.
 
Le commerce forestier s’est poursuivi de manière plus intense encore au 19e siècle. Des entreprises privées se voyaient offrir des concessions forestières qui pouvaient alors durer jusqu’à cent ans. Sur ces territoires concédés, les entreprises avaient tous les droits en ce qui concerne le bois et les coupes qu’elles effectuaient. Elles n’avaient de compte à rendre à personne et devaient assurer la coupe, la gestion et l’administration des territoires. Il n’y avait alors aucune promotion sur la pérennité de la ressource. L’exploitation et le nombre de territoires concédés n’ont fait qu’augmenter jusqu’en 1971, alors que la superficie de toutes les concessions forestières réunies équivalait à 500 le territoire de l’île de Montréal. 

La déforestation

Le développement de la technologie a permis des coupes encore plus efficaces et a ainsi contribué à accélérer davantage cette exploitation déjà abusive. Dans les années 1950, c’est l’arrivée de la scie mécanique qui révolutionne le travail du bûcheron. Le travail est simplifié, mais demeure tout de même très physique. Dès les années 1970, la pratique forestière change radicalement : c’est l’arrivée des camions et machines spécialement conçus pour abattre le plus d’arbres possible.


Exemple de machinerie utilisée pour l'exploitation forestière (cliquer pour agrandir)
 
Cette machinerie rase alors tout ce qu’il y a au sol : arbres matures, jeunes arbres, pousses, herbes, etc. Il ne reste plus rien au sol et la terre est labourée, plus rien ne pousse pendant plusieurs années. C’est l’ère de la coupe à blanc. 
 

Les impacts de la coupe à blanc sur le paysage de l’Abitibi (cliquer pour agrandir)

Pendant ce temps, les compagnies continuent d’avoir le champ libre et d’établir ses propres règles de coupe. Des dizaines de milliers d’arbres sont coupés chaque jour.

La sylviculture et le développement forestier durable

Ce n’est qu’en 1983 que le gouvernement réagit en implantant un vaste programme de reboisement.  Pourtant la déforestation se poursuit au même rythme jusqu’en 1986 où ce sont les compagnies forestières qui sont responsables du reboisement. Par contre, on ne modifie encore rien aux pratiques de coupe. Ce n’est qu’avec les pressions de certains groupes environnementaux ou de certaines personnalités connues que le gouvernement québécois décide d’agir pour contrôler l’exploitation forestière. C’est notamment le documentaire réalisé par le chanteur Richard Desjardins qui a sensibilisé la population et les gouvernements. 
 
D’ailleurs, un programme de coupe avec protection de la régénération a été implanté auprès des compagnies forestières. Cette coupe permet de récolter les arbres matures en respectant les jeunes pousses. Pour les compagnies, cette nouvelle méthode permet de protéger minimalement la ressource sans trop sacrifier le rendement. De plus, comme le sol est déjà parsemé de jeunes pousses, les compagnies n’ont pas à financer le reboisement des sites de coupe.
 
Un programme de sylviculture des forêts naturelles a également été mis sur pied par le gouvernement.  De nombreuses recherches sont effectuées pour déterminer le type d’aménagement et de gestion qui serait le plus écologique et le plus durable possible tout en étant rentable. C’est ainsi que la sylviculture s’intéresse non seulement à la culture d’arbres pour la production de bois d’œuvre ou de pâtes et papier, mais aussi à l’aménagement des érablières pour augmenter la production annuelle de sirop d’érable. De plus, ces aménagements favoriseraient une meilleure biodiversité pour assurer l’équilibre écologique de la forêt. Toutes ces idées ne sont encore qu’au stade de projet. La sensibilisation et les actions du gouvernement commencent à faire véritablement changer les habitudes de coupe des compagnies forestières. Celles-ci réalisent aussi que si elles n’adaptent pas la gestion de leur forêt, elles ne seront plus compétitives et n’auront bientôt plus de ressources.

Le développement de certaines régions grâce à l’industrie forestière

Les forêts sont définitivement l’une des principales ressources du territoire québécois. C’est pourquoi l’industrie forestière a longtemps été le moteur économique de la province. Certaines régions doivent leur développement à cette industrie. La Mauricie en est un bel exemple: la rivière Saint-Maurice traverse la région et ses rives étaient entièrement couvertes d’arbres, dont des pins et des épinettes géants. Bien qu’au début les coupes se faisaient avec des outils manuels, haches et scies, le rythme était suffisamment efficace pour répondre à la demande. À l’époque, on utilisait les cours d’eau pour assurer le transport des troncs coupés. C’est ce que l’on a appelé la drave. Tous les arbres flottaient sur l’eau et dérivaient au rythme du courant pour arriver à destination : Trois-Rivières. Les draveurs étaient chargés de suivre les billots  tout au long du chemin. Par contre, cette pratique fut interdite en 1995 à cause de la pollution que tous les billots de bois causaient dans le Saint-Maurice. 

 
Les draveurs au travail sur le Saint-Maurice (cliquer pour agrandir)
 
Partout au Québec, pendant les hivers longs et froids, il n’était pas possible de continuer le travail sur les terres agricoles. Comme le Québec couvre un immense territoire, plusieurs secteurs sont longtemps restés inhabités. Certaines de ces régions se sont développées grâce aux chantiers. Ces chantiers, aménagés pour héberger tout un groupe pendant la saison froide, servaient aux bûcherons qui coupaient les arbres du secteur. Ces coupes favorisaient à la fois le développement économique et la colonisation de ces régions. La vie en chantier était alors difficile : bûcher toute la journée et rentrer dans un campement rudimentaire, sans sa famille, le soir.
 

Des bûcherons au chantier en 1870 (cliquer pour agrandir)
 
En Abitibi, le développement fut plus tardif. Au début du 20e siècle, de nombreuses terres furent concédées à des colons, à la condition qu’ils développent l’agriculture sur leur lopin de terre et qu’ils s’y installent. Le sol de l’Abitibi est entièrement couvert de forêts (mixte et boréale), il fallait donc bûcher tout le terrain donné pour pratiquer l’agriculture. Aujourd’hui, l’Abitibi est la région où l’exploitation forestière est la plus productrice.
 
Dans certaines villes du Québec, la majorité des emplois est reliée à la coupe et à la transformation du bois et c’est pourquoi l’économie de ces régions dépend principalement de l’exploitation forestière. Certains moulins à bois, construits au cœur des régions forestières (Abitibi, Saguenay, Bas-Saint-Laurent) risquent de fermer si l’accès à la ressource est limité. Une fermeture définitive de ces infrastructures résulterait en un dépérissement significatif des villes qui devraient alors se tourner vers d’autres moyens pour stimuler leur économie afin d’assurer leur survie. 

L’industrie des pâtes et papiers

Les types de bois du Québec ne sont pas tous qualifiés pour le secteur de la construction, mais conviennent parfaitement aux industries des pâtes et papiers. D’ailleurs, 3% des pâtes et papiers fabriqués dans le monde proviennent des industries québécoises. Il y a environ 50 industries réparties sur le territoire de la province. Le bois qui arrive dans ces industries est déchiqueté en copeaux qui sont ensuite écrasés en pâte. Comme cette pâte contient beaucoup d’eau, on la laisse sécher pour l’enrouler par la suite et c’est avec cette pâte que l’on fait du papier de toutes sortes. À titre d’exemple, le Québec produit 40% du papier journal dans l’ensemble du Canada.

Les activités récréatives en milieu forestier

Les milieux forestiers sont propices à plusieurs activités de plein air. Étant donné le potentiel économique que représente cette vocation de la forêt, plusieurs espaces naturels sont protégés et dédiés aux activités récréatives. Parmi ces espaces naturels protégés, il y a les parcs nationaux et les parcs de la SÉPAQ, pour lesquels l’accès est contrôlé. De plus, le respect de règles très strictes est exigé des visiteurs dans le but de préserver le milieu naturel. La randonnée pédestre, le camping et d’autres activités de plein air sont généralement offerts dans les parcs nationaux. 
 
En plus de ces espaces, le gouvernement a aménagé des réserves fauniques et des zones d’exploitation contrôlée (ZEC). Ces deux types de protection sont gérés par des organismes à but non lucratif. Les zecs en particulier doivent planifier et gérer l’exploitation des ressources, tout en étant responsables d’assurer leur durabilité. Les pourvoiries, lieux strictement réservés à la chasse et à la pêche, se situent généralement à l’intérieur des zecs. Les pourvoiries doivent alors s’assurer que les chasseurs et les pêcheurs respectent l’environnement et les populations d’animaux. 
 
Certaines forêts sont strictement aménagées pour les activités de plein air, telles que la randonnée pédestre, le ski de fond et la raquette. L’aménagement inclut donc les sentiers, les balises indiquant le chemin, les refuges et les points de vue.
 
La forêt Ouareau dans Lanaudière, ou encore la montagne du Diable à Ferme-Neuve, sont justement des forêts aménagées strictement pour ces activités. Les amateurs de plein air sont ainsi assurés de trouver un endroit où la végétation n’a pas été abîmée.
 
La forêt récréative de la montagne du Diable, vue de l’un des sommets (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse