L'exploitation forestière en Amazonie (Brésil)

Situation géographique

Le Brésil représente la moitié de la surface de l’Amérique du Sud, le reste du continent est occupé par 11 autres pays. Le pays est protégé par les vents d’ouest grâce à la cordillère des Andes, chaîne de montagnes bordant les rives ouest du continent. Plus de 7 000 kilomètres des limites du pays se trouvent sur les rives de l’océan Atlantique. 
 

Carte du Brésil (cliquer pour agrandir)
 
La principale région du Brésil est l’Amazonie, qui recouvre 42% du territoire brésilien. L’Amazonie est caractérisée par son immense forêt tropicale qui s’étale sur 6 millions de kilomètres carrés, dont les 3/5 sont à l’intérieur des frontières brésiliennes. Le pays se trouve sur un immense plateau qui s’affaisse au nord et au sud. Le relief de la région est plutôt plat, puisque l’altitude moyenne varie entre 100 et 200 mètres et l’altitude maximale n’est que de 400 mètres.

L’Amazone

L’Amazonie est traversée par le fleuve le plus puissant de la planète : l’Amazone. Ce fleuve coule sur une distance totale de 6 270 kilomètres, avec une largeur moyenne de 10 kilomètres.
 

L'Amazone (cliquer pour agrandir)
 
Il s’élargit considérablement à son embouchure pour atteindre 100 kilomètres de large. À lui seul, ce fleuve impressionnant représente 81% de toute l’eau douce brésilienne et le cinquième du réservoir d’eau douce mondial. L’Amazone traverse six pays, mais se situe principalement au Brésil. Le territoire de l’Amazonie représente 2% de toute la surface du globe avec ses 7,9 millions de kilomètres carrés.

Le climat

Deux climats caractérisent la région. En Amazonie, c’est un climat équatorial qui règne. Celui-ci apporte une température moyenne de 30°C, pouvant parfois grimper jusqu’à 46°C. Le taux d’humidité dans l’air y est très élevé puisque la région reçoit constamment des précipitations abondantes. Mensuellement, la région reçoit en moyenne 175 millimètres de pluie. Les précipitations annuelles sont alors de l’ordre de plus de 2 500 millimètres de pluie.
 
Au nord-est et au sud-est de la région amazonienne, c’est une zone touchée par le climat tropical central, caractérisé par des températures de 25°C en moyenne. Deux saisons chaudes marquent annuellement la région : une saison sèche et une saison des pluies. Lors de la saison des pluies, la région reçoit en peu de temps entre 1 000 et 1 500 millimètres de pluie.

La végétation


Les diverses formes de végétation au Brésil (cliquer pour agrandir)

La forêt amazonienne est la plus grande forêt des tropiques du monde. Cette forêt, toujours verte, dégage de grandes quantités de vapeur d’eau et de chaleur. Cette humidité et cette chaleur causent des pluies quotidiennes en fin de journée. C’est une forêt très dense, remplie de grands arbres, malgré la pauvreté et la faible capacité de stockage des éléments nutritifs du sol. 

 
Délimitation de la forêt amazonienne (cliquer pour agrandir)

La forêt amazonienne est conçue en strates. Le sous-bois, premier niveau, est très pauvre. Les arbres ne reçoivent pas beaucoup de lumière, à cause de l’ombre des grands arbres et les plantes basses vont absorber toute la lumière qui s’y rend. Les deux ou trois niveaux qui suivent sont remplis des futurs grands arbres et des arbres de taille moyenne. La strate supérieure est composée des plus grandes espèces pouvant toutes atteindre 40 mètres de haut. Cette strate est également remplie de lianes, de plantes et de fleurs qui laissent pendre leurs feuilles, leurs branches et leurs racines des arbres sur lesquels elles s’agrippent. 


Structure de la forêt amazonienne (cliquer pour agrandir)

Sur les rives du fleuve et près de l’embouchure, la végétation change pour donner respectivement des prairies flottantes et des arbres aux racines aériennes en milieu saumâtre. 


La densité de la végétation sur les rives du fleuve (cliquer pour agrandir)

La forêt amazonienne, avec sa végétation toujours luxuriante, est fréquemment surnommée les poumons de la planète, puisqu’elle assure la régulation des précipitations de la région ainsi que du climat du globe.

La faune

L’Amazonie est une réserve impressionnante de biodiversité. On y dénombre, entre autres, quelque 1 000 espèces d’oiseaux, ce qui représente le quart des espèces d’oiseaux vivant sur la planète.
 

L'Ara rouge, l'une des mille espèces d’oiseaux présentes en Amazonie (cliquer pour agrandir)
 
On y trouve aussi dix fois plus d’espèces de poissons que dans les fleuves européens, de nombreuses espèces de singes, des écureuils volants, des reptiles et même trois espèces de dauphins d’eau douce. Les insectes y prolifèrent tout autant. D’ailleurs, bien que la superficie ne soit que 2% de la terre, la région abrite 80% des espèces animales mondiales et 70% des plantes utilisées dans les traitements contre le cancer.

L’exploitation forestière

Une conquête difficile en Amazonie

En raison de la densité de la végétation amazonienne, la colonisation fut très difficile. C’est pourquoi la région a un faible taux de population, même après plus de 5 siècles de colonisation. L’exploitation forestière a surtout commencé lorsque les dirigeants ont voulu créer de nouvelles terres agricoles dans la région. Certains groupes avaient tenté de pratiquer l’agriculture, mais sans succès. Même en incendiant une petite section de la forêt et en faisant la culture sur les cendres fertiles, au bout de cinq ou dix ans, la terre redevenait aussi pauvre.

L’exploitation du latex

Les premières exploitations dans la forêt amazonienne se sont faites lors de la deuxième moitié du 19e siècle. Aux limites de la forêt amazonienne, c’est le domaine de l’hévéa. Avec la sève de cet arbre, on extrait le latex qu’on transforme par la suite en caoutchouc. Le marché du caoutchouc a connu un énorme boom au 19e siècle
 
C’est pourquoi la ville de Manaus s’est considérablement développée à cette époque. Manaus est la capitale de l’État d’Amazonas au Brésil. La ville se trouve au cœur de la forêt amazonienne. Bien qu’elle ait été fondée en 1669, son plus grand développement a été pendant cette période d’exploitation du latex. Malheureusement, les pays asiatiques ont aménagé des plantations d’hévéas et le lieu du commerce du latex de Manaus a considérablement perdu de son importance après la Première Guerre mondiale.
 

La ville de Manaus (cliquer pour agrandir)
 
Aujourd’hui, la ville peuplée par 1,8 million d’habitants survit surtout grâce aux industries de l’électronique et au commerce. D’ailleurs, c’est à Manaus que les échanges entre les groupes indigènes vivant dans la forêt et les citadins s’effectuent.

La route transamazonienne

Dans les années 1970, les généraux au pouvoir décident de mettre en branle un immense projet de route pour relier le Pérou au Brésil. La route transamazonienne devait traverser tout le continent d’est en ouest, sur une distance totale de 5 600 kilomètres. Le trajet initial de la route était parallèle au fleuve et le longeait un peu plus au sud. Le but du projet était d’atténuer l’isolement de la région et de stimuler le développement économique et démographique de l’Amazonie. Les responsables avaient prévu offrir des terres aux autochtones, en aménageant des bandes de terre agricole de 10 kilomètres de large, de chaque côté de la route.

 
Photo de la route transamazonienne

Pour y arriver, il fallait non seulement du temps et de l’argent, mais il fallait aussi raser toute une bande de la forêt amazonienne. C’est pourquoi des groupes environnementaux et les communautés autochtones se sont opposés à la réalisation de ce projet. Malgré tout, environ 3 000 kilomètres ont été achevés. L’idée initiale était de développer des petites villes agraires à tous les 30 kilomètres le long de la route. Malheureusement, environ 8% seulement des colons installés sur ces nouvelles terres y étaient encore en 1974.

La déforestation

Le projet de la route transamazonienne a enclenché le processus de déforestation. En 1989 seulement, 10% de la forêt avait disparu. La route transamazonienne a causé une immense cicatrice défigurant le paysage. En 1999, seulement les deux tiers de la forêt étaient encore intacts. L’une des causes de la déforestation est l’agriculture. En fait, ce ne sont pas les petites cultures familiales qui causent la déforestation, mais plutôt toutes les cultures des multinationales qui rasent des pans complets de la forêt pour y élever des bovins ou y faire pousser du soya. Après avoir tenté de faire de l’agriculture, les gens se sont peu à peu rendu compte que le sol était trop pauvre.


Une section de la forêt a complètement été rasée pour laisser place à un champ de soya ou un terrain d’élevage de bétail (cliquer pour agrandir)
 
Outre l’agriculture, l’exploitation forestière représente l’une des autres causes de la déforestation. Environ 75 millions de mètres cubes de bois sont coupés annuellement. Le taux de déforestation augmente d’environ 25% par année. Une bonne partie du territoire, soit 23 000 kilomètres carrés appartient d’ailleurs aux compagnies forestières. Dans les années 1970, 13 millions d’hectares de forêt ont été brûlés pour l’agriculture ou coupés pour l’industrie forestière. Seulement en 1988, ce sont 10 millions d’hectares qui ont subi le même sort, ce qui équivaut à un terrain de football par seconde. Toutes ces coupes ont été effectuées sans précaution ni pour la faune, ni pour la flore et encore moins pour les groupes indigènes. Même si la végétation repousse rapidement après une coupe, celle-ci est moins variée et abrite moins d’espèces animales.
 
Les autres causes de la déforestation sont les incendies, les mines et les infrastructures. L’industrie minière est effectivement responsable d’une bonne partie de la pollution et des substances chimiques présentes dans l’eau de l’Amazone. La déforestation massive et non régulée de la forêt amazonienne peut causer plusieurs conséquences environnementales : diminution de la biodiversité, extinction de plusieurs espèces animales et végétales, déséquilibre climatique. Certaines hypothèses émettent d’ailleurs l’idée que cette déforestation pourrait être l’une des causes des changements climatiques. Par contre, cette hypothèse n’a pas encore été prouvée scientifiquement.


Zones de déforestation au Brésil (cliquer pour agrandir)

En plus des conséquences environnementales, la déforestation a de graves répercussions démographiques. 20 millions d’habitants vivent au cœur de la forêt, dont certains sont tellement isolés qu’ils ne sont même pas conscients de la présence de groupes colonisateurs. Ces individus risquent non seulement d’être chassés de leur environnement, mais risquent également d’être exposés à des virus provenant des autres communautés qui pourraient leur être mortels. D’ailleurs, le taux de la population non indigène a augmenté de 900% entre 1955 et 1985. Lors de l’arrivée des premiers colons portugais, au 16e siècle, la communauté autochtone était de 5 à 7 millions d’individus. Aujourd’hui, cette communauté contient environ 250 000 habitants.


Évolution des élevages de bovins (cliquer pour agrandir)

Solutions pour un développement forestier durable

Depuis le début des activités économiques participant à la déforestation, les mouvements écologistes et les groupes autochtones tentent de manifester leur désaccord et de proposer des pistes alternatives plus écologiques et meilleures pour la survie de la forêt, des espèces animales et végétales et celle des communautés autochtones.

Les réserves écologiques

La forêt demeure malgré tout le principal moteur économique de l’Amazonie. Le Brésil a créé des réserves écologiques pour protéger certains secteurs de la forêt amazonienne. Ces réserves écologiques vont surtout servir à étudier ce milieu peu connu et unique au monde. Malgré cela, les limites d’exploitation n’ont pas été modifiées, ni les habitudes de coupe. Certaines compagnies forestières ont tout de même reçu la certification FSC.

 
Aires actuellement protégées au Brésil (en vert) (cliquer pour agrandir)

Le projet agroécologique de la transamazonienne

En 1996, un projet a été lancé pour promouvoir des pratiques agricoles durables et une meilleure gestion des ressources forestières. Le projet agroécologique de la Transamazonienne est issu d’une collaboration entre plusieurs groupes de chercheurs et d’environnementalistes. Leur but premier est de favoriser des pratiques agricoles saines et durables pour les quelque 40 000 familles qui vivent en Amazonie. Ce projet visait également à diminuer la déforestation causée par la construction de la route transamazonienne et par l’élevage extensif de bovins.

Les projets d’agrosylviculture

Ces projets visent à promouvoir des cultures simultanées combinant la sylviculture et l’agriculture, comme une culture d’arbres conjuguée avec un élevage de bovins. Ces cultures mixtes permettraient une meilleure gestion de la ressource tout en assurant une meilleure durabilité des sols. Plusieurs projets de ce genre ont eu lieu à Manaus, mais ils demeurent encore difficiles à mettre en œuvre. Plusieurs types d’agrosylviculture sont testés : reboisement, culture de fruits exotiques, culture d’hévéa, etc.

Les activités récréatives en milieu forestier

La forêt dense et vierge de l’Amazonie est difficile à découvrir par soi-même. La végétation touffue qui se régénère rapidement empêche la création de sentiers pédestres, sans oublier la température équatoriale et le taux d’humidité très élevé. Il existe toutefois des entreprises touristiques pratiquant un tourisme durable qui proposent des visites sur le fleuve et des safaris d’observation de la faune sauvage.  Certaines visites sont également possibles dans les réserves écologiques. Dans tous les cas, les visiteurs ont besoin de guides pour découvrir les richesses de la forêt amazonienne.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse