L'exploitation forestière en Colombie-Britannique

Situation géographique et les forêts de la Colombie-Britannique

L’exploitation forestière fait grandement partie de l’économie de la Colombie-Britannique. Avec un territoire couvert à près de 68% par des forêts, il est tout à fait compréhensible que les industries forestières aient tiré parti de cette région. D’autant plus que la Colombie-Britannique contient l’une des seules forêts pluviales au climat tempéré. Les arbres qui poussent dans ce type de forêt sont tout à fait propices pour le commerce du bois.


Carte présentant les climats et les reliefs de la Colombie-Britannique

Le climat et la végétation de la côte Ouest

La côte ouest de la Colombie-Britannique borde l’océan Pacifique et jouit du climat maritime de l’Ouest.  Celui-ci est caractérisé par des hivers très doux, toujours au-dessus de 0°C. À cet endroit dans l’océan Pacifique, un courant marin chaud passe et contribue à la température plus chaude tout au long de l’année. De plus, les précipitations y sont abondantes: entre 1200 et 1300 millimètres de pluie tombent chaque année sur cette région. Le paysage côtier est marqué de hautes montagnes qui plongent dans l’océan. C’est la chaîne Côtière qui part de près de Vancouver pour se rendre au Yukon, sur une distance de 1600 kilomètres. Ces montagnes ont été formées pendant la dernière période glacière et sont encore surmontées de pics pointus.
 
Des glaciers, certains étant encore présents, couvraient une partie du continent lors de l’ère glacière. Ces glaciers étaient très lourds et ont profondément marqué le paysage lors de leur passage. En effet, ces masses de glace ont creusé d’immenses vallées abruptes et profondes. Avec le temps, ces vallées se sont remplies d’eau de mer, formant ainsi ce que l’on appelle des fjords.
 
La végétation qui recouvre le paysage de la chaîne Côtière de la Colombie-Britannique est l’une des seules forêts humides jouissant d’un climat tempéré. En effet, la plupart des forêts humides sont dans les zones tropicales, comme la forêt amazonienne du Brésil. La forêt de la côte ouest de la Colombie-Britannique représente une zone unique d’une superficie de 250 kilomètres carrés. Cette forêt pluviale est peuplée de nombreux conifères dont la présence est surtout attribuable aux précipitations abondantes. Ces précipitations vont permettre aux conifères de pousser rapidement et d’atteindre des tailles impressionnantes, tant en hauteur qu’en diamètre du tronc. Les arbres qui peuplent la forêt de la côte ouest sont majoritairement des sapins, des épinettes et des pruches.
 
Dans la forêt, la sorte d’arbres la plus impressionnante est sans doute le sapin de Douglas, qui est plutôt une espèce de cèdre en dépit de son nom. Cette espèce de conifère peut atteindre 100 mètres de hauteur et plusieurs mètres de diamètre. Certains arbres peuvent même vivre jusqu’à 800 ans. Le tronc du Douglas peut être très droit et rigide. Il peut donc facilement être utilisé comme bois d’œuvre et  matériau de construction, en particulier pour la construction des bateaux. C’est une essence réputée pour son absence de nœuds, sa durabilité, la facilité avec laquelle on peut le travailler (pour visser, clouer et coller) et sa solidité puisqu’il se brise difficilement. Le sapin de Douglas va faire partie des arbres les plus coupés dans le secteur. Toutefois, c’est précisément cette espèce qui est majoritairement replantée dans les secteurs déboisés et pour la sylviculture de production. D’ailleurs, le sapin de Douglas a été implanté dans plusieurs autres régions, en France par exemple.

 
Un sapin de Douglas (cliquer pour agrandir)

Le climat et la végétation de l’intérieur du continent

En s’éloignant des rives de l’océan, le climat et le paysage changent : c’est le début de la cordillère de l’Ouest ou des montagnes Rocheuses, selon l’appellation. Cette grande chaîne de montagnes traverse la Colombie-Britannique et l’Alberta. C’est le climat de montagne qui prévaut sur ces régions, caractérisé par des précipitations plus faibles (environ 400 millimètres de pluie par année), des étés frais et des hivers longs et froids. Les sommets des montagnes sont parfois enneigés pendant toute l’année.

La végétation de montagne, quant à elle, contient des feuillus et des conifères. Cette végétation tend par contre à changer en fonction de l’altitude, puisque plus haut dans les montagnes, c’est la toundra, les roches et la neige qui vont recouvrir le sol. La proximité du climat maritime de l’ouest va également modifier le climat de montagne. Vers l’ouest, plus près de l’océan, les précipitations sont plus élevées ce qui fait qu'il y aura plus de conifères au pied des montagnes. Vers l’est, près du climat sec des Prairies canadiennes, dans les vallées chaudes et sèches, il sera plus probable de trouver des cactus et des herbes.

L’industrie forestière de la Colombie-Britannique

L’exploitation forestière en Colombie-Britannique représente environ 33% de toute l’exploitation forestière du Canada, ce qui en fait la province ayant la plus grande part du marché canadien. L’économie de la province dépend fortement de la rentabilité de cette industrie. Le type de bois trouvé dans la région privilégie l’industrie des matériaux de construction : charpentes, meubles, bateaux, etc. Ce n’est pas un bois convenable pour les usines de pâtes et papiers.
 
L’efficacité de l’exploitation forestière varie beaucoup d’une région à l’autre de la province. De manière générale, l’industrie est plus efficace à l’intérieur des terres que le long du littoral. En effet, les arbres sur les flancs des montagnes le long du littoral sont plus difficiles d’accès et coûtent donc plus cher. L’exploitation des forêts à l’intérieur des terres représente pour sa part 60% de toute l’industrie de la province. Les revenus de l’industrie du bois d’œuvre peuvent atteindre environ 14 milliards de dollars, annuellement. Environ 80 000 emplois dépendent directement de l’exploitation forestière en Colombie-Britannique.
 
L’industrie du bois d’œuvre vit actuellement une double crise qui doit remettre en question tant les lois du commerce que les modes d’exploitation. En effet, avec l’arrivée de la mondialisation, les compagnies forestières canadiennes doivent se battre férocement avec les compagnies des autres pays, en particulier les États-Unis. De plus, cette compétition entre les compagnies se répercute dans la politique et dans les lois. Les décisions des gouvernements doivent alors être en accord à la fois avec la vitalité économique de la région et des nombreux employés qui dépendent de cette industrie et en accord avec l’environnement. Actuellement, les compagnies forestières exploitent les terres, non pas en fonction de la durabilité de la ressource, mais surtout en fonction de la rentabilité et de la compétitivité de l’entreprise.
 
Le débat actuel ne doit plus être seulement politique et économique, mais aussi, et surtout, environnemental. Les utilités naturelles des forêts ne peuvent que participer au ralentissement des changements climatiques. C’est pourquoi de nouveaux types d’exploitation forestière doivent prendre le dessus. Voici les divers modes d’exploitation forestière, tel qu’ils sont concrétisés actuellement en Colombie-Britannique.

La déforestation

Malheureusement, plusieurs sections de forêt ont été littéralement rasées par la machinerie lourde des compagnies forestières, et ce, jusqu’au début des années 1990. Non seulement ces coupes à blanc nuisent à l’écosystème et à la biodiversité de la région, mais en plus, ce genre de coupe n’assure pas du tout la pérennité de la ressource. De plus, lorsque ces coupes à blanc sont effectuées sur les flancs des montagnes, l’érosion des montagnes se fait beaucoup plus rapidement.

Cette érosion peut elle-même causer une nouvelle zone de déforestation causée cette fois par le vent ou les sols qui s’écroulent. D’ailleurs, les compagnies forestières ont été pendant longtemps la cible des groupes environnementalistes qui appelaient au boycottage des produits issus de ces coupes à blanc. Même si les mentalités commencent à changer, la coupe à blanc est encore pratiquée par plusieurs entreprises, parce que la réglementation n’est pas suffisamment forte et parce qu’il n’y a pas de surveillance assez soutenue.
 

Les traces d'une coupe à blanc (cliquer pour agrandir)

Le développement forestier durable et la sylviculture

Depuis quelques années, les groupes écologiques mettent suffisamment de pression pour commencer à faire changer les choses.
 
Il existe plusieurs formes de certifications qui indiquent que la compagnie forestière gère sa forêt et sa coupe en fonction de l’environnement et des communautés, dont la FSC (Forest Stewardship Concil). Les règles associées à la certification FSC sont très strictes. L’exploitation doit se faire en respectant le plus possible la nature. Les sols ne doivent pas être abîmés par des machines lourdes, les arbres doivent être mieux sélectionnés et les coupes doivent éviter de couper des arbres trop vieux. La biodiversité de la faune et de la flore doit toujours être mise en valeur par les coupes et non détruite. Dans certains secteurs, les arbres coupés vont même être récoltés en hélicoptère afin d’éviter de marquer le sol fragile. De plus, l’exploitation de la forêt doit aussi respecter les communautés autochtones.

L’exploitation selon les normes FSC n’est toutefois pas la plus avantageuse économiquement puisqu’il en coûte près de 20% de plus pour exploiter la forêt et que certaines forêts ne sont alors exploitées qu’à 20% de leur capacité. Pourtant, ce sont des normes qui assurent la longévité de la ressource et la durabilité de l’industrie.

Par contre, les normes reliées au FSC ne sont pas les mêmes partout. La certification ne dépend pas des mêmes facteurs ni de la même qualité de travail. Les normes dépendent surtout du type de forêt, des règlements de la région et des agences locales qui représentent le groupe FSC. De plus, certaines compagnies peuvent recevoir le sceau FSC, même si seulement 1% de leur exploitation respecte vraiment les normes, alors qu’elles peuvent très bien faire des coupes massives partout ailleurs. Certains groupes de la Colombie-Britannique ont obtenu la certification FSC.

La sylviculture s’inscrit tout autant dans le mouvement privilégiant le développement durable et la responsabilisation des compagnies forestières. Celles-ci sont dorénavant responsables de toutes les facettes de l’exploitation forestière, incluant la sylviculture sous toutes ses formes. La sylviculture ne consiste pas uniquement à planter des arbres, attendre qu’ils deviennent matures et procéder à une nouvelle coupe.  Une gestion beaucoup plus attentive et un aménagement beaucoup plus précis doivent se faire en fonction de l’utilité de la forêt. Ces modes de gestion doivent non seulement favoriser la survie des arbres, mais aussi celle du tourisme et des emplois. 
 
Avec son climat favorable aux arbres immenses de bonne qualité, la Colombie-Britannique joue un rôle important dans l’approvisionnement en bois auprès de plusieurs groupes. Plusieurs programmes de sylviculture et de développement forestier durable sont actuellement en projet, notamment grâce aux communautés autochtones.

Les activités en milieu forestier et le récréotourisme

Dans les forêts bien gérées et les forêts aménagées en lieux touristiques, il est possible de pratiquer plusieurs activités de plein air. D’ailleurs, l’une des forêts modèles se trouve justement en Colombie-Britannique. La forêt McGregor, au centre de la Colombie-Britannique, fait partie du réseau des forêts modèles et vise à promouvoir une gestion saine, écologique et rentable de la forêt. Les gestionnaires proviennent de divers groupes dont des amateurs de plein air, des écologistes et des dirigeants d’entreprises. En dehors des forêts modèles, l’industrie récréotouristique des activités en forêt dépend grandement des parcs nationaux et des réserves fauniques. Plusieurs parcs nationaux se situent en Colombie-Britannique.

 
Carte des parcs nationaux en Colombie-Britannique (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse