Historique du développement industriel au Québec

Développement industriel au Québec

L’industrialisation du Québec s’est faite principalement en deux phases. Dans chacune d’elle, le développement industriel fut un facteur de développement économique, démographique et social, causant par conséquent une forte augmentation de l’urbanisation. Ce développement industriel est fortement lié à l’industrialisation des États-Unis. Après ces deux phases où les industries se sont implantées et développées, l’essor s’est poursuivi jusque dans les années 1930, période de la crise économique.

 
Montréal en 1830, avant le début de l’industrialisation

Première phase d’industrialisation

Au milieu du 19e siècle, la société québécoise est encore une société rurale dont la majeure partie des habitants habitent à la campagne. En effet, en 1851, seulement 15% de la population québécoise vit dans les villes. À l’époque, le Québec n’abrite que deux grandes villes, Québec et Montréal. Ces villes ne sont alors que très peu développées.
 
1850 marque alors un tournant pour la société québécoise. Non seulement c’est à cette période que l’agriculture est modernisée, grâce à la machinerie agricole, c’est aussi à ce moment que le développement industriel de Montréal s’amorce. Dans les régions, l’agriculture commerciale va graduellement s’imposer pour finalement remplacer l’agriculture de subsistance. Plusieurs raisons justifient le développement industriel rapide que Montréal a connu.


Montréal en 1870 : au cœur de l’évolution industrielle (cliquer pour agrandir)

Ce développement repose sur les innovations techniques (chaîne de montage, machines à vapeur, électricité), mais aussi sur le développement des voies de transport. À cette époque, les chemins de fer au Québec et au Canada sont en plein essor, rendant ainsi accessibles des régions et facilitant les communications et le commerce. De plus, le Canal Lachine est totalement réaménagé pendant cette période. La proximité du Saint-Laurent et le réaménagement du Canal Lachine vont favoriser le transport de marchandises par bateau.

 
Le transport par bateau à Montréal (cliquer pour agrandir)

Plusieurs banques et compagnies d’assurance sont fondées et ouvrent leurs portes à Montréal. La présence d’institutions financières, dont la Banque de Montréal, fondée en 1817, va favoriser la mise sur pied de projets industriels grâce au recours au financement. Les industries présentes à Montréal profitent alors de voies de transport rapides et efficaces ainsi que d’une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse. L’énergie hydraulique est en plein essor, permettant aux industries d’alimenter leurs usines à faible coût. L’efficacité de la production est alors décuplée par tous ces facteurs. L’industrialisation est commencée.
 
Les premiers secteurs à se développer seront liés aux matières premières : bois, fer et meuneries. On voit aussi apparaître des manufactures de chaussures.

Deuxième phase d’industrialisation

L’industrialisation se poursuit alors de manière plus rapide : la demande de produits usinés augmente. Le marché canadien se développe, de nouvelles terres sont colonisées grâce aux chemins de fer, l’urbanisation amorcée continue de prendre de l’ampleur. L’industrie montréalaise se diversifie, en plus des secteurs créés dans la première phase, vont s’ajouter les secteurs du textile, des vêtements, de l’alimentation, de l’acier et du tabac. Certaines usines montréalaises se lancent également dans la production de matériel lourd relié au transport. Voyant sa population accroître rapidement, la ville se voit obligée d’implanter des services nouveaux : tramways électriques, cueillette de déchets, réseaux d’aqueducs, égouts, service de police, service de pompiers, etc. Ces services étaient devenus essentiels considérant la densité de population en croissance constante. À l’époque, la moitié de la production industrielle se fait à Montréal. La nouvelle grande ville regroupe alors près du quart de la population québécoise.


Un tramway électrique sur la rue Sainte-Catherine (cliquer pour agrandir)

La ville de Québec va aussi connaître un développement industriel. Ailleurs dans le Québec, de nouvelles petites villes commencent à naître près des rails des chemins de fer. Ces nouvelles villes doivent alors organiser leur développement et commencer à offrir des services à ses citoyens. L’urbanisation se fait alors sentir dans toute la province, tout comme l’industrialisation qui stimule le développement de certaines régions. Au début du 20e siècle, on compte alors 36% de la population québécoise qui vit dans les milieux urbains.

 
Tableau présentant la population urbaine et la population rurale du Québec, entre 1900 et 1930 (cliquer pour agrandir)

Ce développement favorise l’émergence d’une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie. Toutefois, comme les avoirs et les compagnies sont américains ou britanniques, on retrouve très peu de Québécois dans cette nouvelle classe aisée.
 
Par ailleurs, la vie en ville n’est pas toujours aisée. Les conditions des ouvriers sont plus qu’ardues. À cette époque, la semaine de travail compte 60 heures obligatoires. Le salaire d’un ouvrier ne suffit même pas à subvenir aux besoins de sa famille. C’est pourquoi les femmes et les enfants se verront également contraints d’aller travailler à l’usine à des salaires dérisoires. Le travail est dangereux, les usines sont malsaines, les risques d’accident sont élevés et il n’y a pas d’assurance. Les seules ressources sur lesquelles les ouvriers peuvent compter sont les œuvres de charité. Les conditions de vie dans les quartiers ouvriers laissent alors à désirer : insalubrité, épidémies, mortalité infantile et risques d’incendie élevés. Il existe des syndicats de travailleurs, mais ils sont américains ou canadiens-anglais; peu d’ouvriers québécois sont syndiqués. À cette époque, les Québécois constituent déjà un groupe social différent par sa langue, sa religion et sa culture. Très peu de Québécois se retrouvent du côté du patronat, ils composent plutôt la masse ouvrière.

L’essor économique se poursuit

Les industries sont déjà bien implantées dans les villes québécoises et la province profite de l’essor économique américain. L’économie du Canada et du Québec se développe simultanément grâce aux investissements et au marché américains. La population canadienne profite d’une vague d’immigration de l’Europe de l’Est, de la création de deux nouvelles provinces et des innovations techniques.


Le Canal Lachine en 1896, toujours très utilisé comme voie de transport (cliquer pour agrandir)

Montréal se développe de plus en plus comme une métropole, rassemblant plus de 35% de la population urbaine. L’industrie montréalaise est florissante : les usines déjà implantées augmentent leur chiffre d’affaires et de nouvelles usines sont implantées. On assiste ainsi à la création des usines Angus, qui vont devenir l’un des ateliers de production de locomotive à vapeur les plus gros en Amérique du Nord.

 
Vue à l’intérieur de l’usine Angus (cliquer pour agrandir)
  
Pendant la Première Guerre mondiale, les femmes acquièrent le droit de vote au Canada et vont remplacer les hommes dans les usines. Le taux de population à vivre dans les villes grimpe jusqu’à 50%.
 
Dans le reste du Québec, l’industrialisation se fait sentir dans de nouvelles régions : la Mauricie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean où les industries forestières et minières se développent considérablement. En effet, de nouvelles industries sont fondées à proximité des ressources naturelles (bois, cuivre, amiante, aluminium). Le développement hydroélectrique participe également à l’industrialisation avec l’implantation de nouveaux barrages en Mauricie, au Lac-Saint-Jean et en Outaouais.
 
Les gens qui profitent de cette économie florissante sont généralement tous des canadiens-anglais. Encore peu de Québécois accèdent à des postes bureaucratiques. Par contre, les conditions de vie dans le secteur agricole et dans les milieux ouvriers ont tendance à s’améliorer. Des mouvements de solidarité canadiens-français se forment. À l’époque, les syndicats ouvriers sont catholiques.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse