Les grands lacs africains : région touristique

La région des grands lacs en Afrique se situe au centre-est du continent. Les pays faisant partie de cette grande région géographique sont la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie. Seuls le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda sont complètement à l’intérieur de cette région. Les autres pays mentionnés ne font que partiellement partie de cette zone.
 

La région des grands lacs africains
 
La présence de plusieurs grands lacs n’est pas le seul élément géographique distinctif de ces pays. En effet, dans l’ensemble du secteur, le sol est accidenté et plusieurs collines composent le paysage de ces pays.
 
De plus, cette région se caractérise par une densité de population très élevée. Bien que cette région soit composée de plusieurs pays, toutes les langues et dialectes usuels de chacun de ces pays proviennent d’une même langue. Il n’y a donc pas tant de différences culturelles majeures entre toutes ces populations. De plus, l’organisation politique en petits royaumes caractérise plusieurs d’entre eux. Malheureusement, la stabilité politique n’est pas encore acquise. Plusieurs conflits majeurs, en particulier au Congo et au Rwanda, ont marqué d’une manière violente et sanglante les dernières années (guerres civiles, génocides, rébellions, dictatures).

Les grands lacs africains

Les grands lacs africains font partie d’un réseau de lacs, c’est-à-dire qu’ils sont tous interreliés. Tous les lacs se situent à l’est du continent.
 

Le réseau des grands lacs africains (cliquer pour agrandir)
 
Le réseau de lacs contient les lacs suivants : Victoria, Tanganyika, Albert, Édouard, Kivu et Malawi. Par contre, selon certains, seuls les lacs Victoria, Albert et Édouard font véritablement partie du système des grands lacs, puisque ce sont eux qui se jettent dans le Nil. Les autres lacs ne constituent pas la source du Nil, puisqu’ils se jettent dans le fleuve Congo.

Le lac Victoria

Le lac Victoria est le plus grand lac d'Afrique et le quatrième plus grand au monde. Avec une superficie d'un peu plus de 68 000 kilomètres carrés, il est aussi grand que l’Irlande. Ce lac se caractérise par sa forme presque circulaire.
 

Le lac Victoria
 
D’une profondeur moyenne de 40 mètres, il ne dépasse pas les 82 mètres de profondeur, ce qui en fait un lac relativement peu profond. Il est habité par plus de 450 espèces de poissons. Géologiquement, le lac se situe entre deux endroits où il y a eu un effondrement des plaques tectoniques. Cette grande cassure dans la plaque tectonique du continent est appelée le rift africain.
 
La géographie observée de chaque côté du lac change radicalement. Tandis qu’à l’est le climat est marqué par une longue saison sèche, à l’ouest le paysage est plutôt montagneux avec plusieurs petits lacs cachés dans les collines. Le lac Victoria est bordé à la fois par la forêt tropicale d’un côté et la savane plus sèche de l’autre.
 
Toutes ces spécificités ont fait progressivement augmenter la popularité touristique des lieux. Par contre, le lac Victoria est menacé par la pollution et par l’introduction de nouvelles espèces de poissons plus commerciales. Le niveau d’eau n’a jamais été si bas et la diversité des espèces n’est plus aussi importante. De nombreuses actions doivent être entreprises dont la limitation de la pêche pour assurer la survie du lac et le développement durable du tourisme et des industries qui y sont reliés.

Le lac Tanganyika

Le lac Tanganyika est lui aussi en lien avec le rift du continent africain. De taille plus petite que le lac Victoria, il mesure 650 kilomètres de long sur 80 kilomètres de large. Par contre, il est beaucoup plus profond puisqu’il s’enfonce jusqu’à 1470 mètres, ce qui lui confère le statut de deuxième lac le plus profond du globe. Tout comme le lac Victoria, le lac Tanganyika héberge environ 400 espèces de poissons.
 

Le lac Tanganyika
 
Malheureusement, le développement démographique rapide cause actuellement des dommages irréparables au lac et à ses berges : surpêche, pollution et déforestation sont les principales menaces auxquelles devront s’attaquer les groupes de sauvegarde. Le tourisme de la région participe également à la dégradation du milieu naturel.

Le lac Albert

Le lac Albert est le lac le plus au nord du réseau des grands lacs africains. Il est le plus poissonneux de la région. Le lac donne sur le tout début du Nil des montagnes, dans le Soudan. Le lac est bordé par un marécage, une chaîne de montagnes et plusieurs villages. Il occupe le septième rang des plus grands lacs d’Afrique, avec ses 5 270 kilomètres carrés.

 
Les plans d’eau fraîche, dont le lac Albert, sont essentiels à la survie des hippopotames

Le lac Édouard

Le lac Édouard fut l’un des lacs découverts par Henry Morton Stanley. La vie animale est foisonnante, à la fois dans le lac et dans les périphéries (poissons, chimpanzés, éléphants, lions, etc.). D’ailleurs, cette faune est protégée étant dans les limites de deux parcs nationaux. L’accès à l’eau étant capital pour les animaux de la région, le lac Édouard est l’abreuvoir de la plupart d’entre eux, dont les hippopotames qui ont l’habitude d’aller s’y prélasser. Malheureusement, la population d’hippopotames tend à diminuer depuis quelques années, ce qui déséquilibre l’ensemble de l’écosystème.
 

La présence des parcs nationaux abritant tous ces animaux exotiques contribue grandement à l’attraction des touristes dans ce secteur

Le lac Kivu

L’origine du lac Kivu n’est pas tectonique, mais plutôt volcanique. La dimension du lac est de 2 700 kilomètres carrés. Récemment, des gisements de méthane ont été découverts dans les profondeurs du lac. Des recherches sont actuellement en cours, dans le but de déterminer s’il est possible d’utiliser ces gisements pour produire de l’électricité.
 

Le lac Kivu (cliquer pour agrandir)
 
Le lac Kivu est malheureusement associé au génocide rwandais, puisque plusieurs corps des victimes y ont été jetés. La région demeure toutefois le foyer touristique majeur du Congo, avec sa géographie particulière et sa faune qui ressemble à celle du lac Édouard. Les berges du lac Kivu se trouvent d’ailleurs dans les frontières d’un parc national.

L’industrie touristique des grands lacs africains

La naissance de l’industrie touristique de la région n’a pu se faire qu’après le passage des explorateurs autour des grands lacs. Ces explorations commencèrent surtout au 19e siècle avec notamment, deux explorateurs majeurs.

Les premiers explorateurs autour des grands lacs

David Livingstone

David Livingstone est né en 1813 en Écosse, dans une famille plutôt pauvre. Très tôt, il désire étudier pour devenir missionnaire. Ceux-ci étaient affiliés à des mouvements religieux et leur mandat était de convertir les indigènes africains au christianisme, comme les colons français l’avaient fait en Amérique du Nord. Il part donc comme missionnaire au Botswana où il réussit à convertir certains indigènes. Par contre, le goût de partir à la découverte de ce continent mystérieux et encore inconnu l'habite. À partir de ce moment, il investit beaucoup plus de temps et d’énergie dans l’exploration que dans la conversion.
 
Il s’implique également énormément pour contrer l’industrie esclavagiste en Afrique. Selon lui, le commerce et la civilisation ne peuvent que mieux se porter si on s’abstient de pratiquer l’esclavage. Son but était alors de fournir les cartes les plus précises du continent pour favoriser un meilleur échange entre le peuple occidental et le peuple africain. Il fait la découverte des chutes Victoria en 1855, ce qui stimule encore plus son désir de pousser plus loin l’exploration. Il part alors à la recherche de la source du Nil. On perd par contre sa trace au cours de cette expédition. Il cesse la correspondance et on le croit disparu, jusqu’à l’intervention du prochain explorateur.

Henry Morton Stanley

Cet explorateur est né en 1841, sous le nom réel de John Rowlands. Il changea de nom lors d’un de ses voyages en Amérique où il prit le nom d’un de ses patrons, un marchand américain. Il fut principalement journaliste, mais il effectuait fréquemment des voyages. Il fut envoyé par le patron du journal pour lequel il travaillait, en Afrique, pour retrouver l’explorateur David Livingstone, dont on avait perdu la trace. Stanley l’a retrouvé en 1871, sur une île près du côté est de l’Afrique. Sa rencontre avec Livingstone fut marquante : ce dernier lui donna le goût de poursuivre l’exploration du continent africain. Malheureusement, Livingstone ne put accompagner Stanley bien longtemps puisqu’il est mort en 1873.
 
C’est à Stanley que l’on doit la découverte et l’exploration des grands lacs africains. Il fut également le tout premier explorateur à traverser tout le continent africain d’est en ouest.
 
Il établit même un poste administratif au Congo et y bâtit une résidence en 1877. Ce bâtiment a contribué au développement du pays et fait partie de son patrimoine historique. Par contre, il fut laissé à l’abandon. Le bois a pourri, a été rongé par les termites et a finalement brûlé dans un feu de brousse. Les visiteurs qui se rendent à l’emplacement de cette résidence n’y trouveront que quelques pierres et autres morceaux de métal, sur un terrain envahi par les herbes. Stanley a permis à l’Occident de découvrir de nouvelles régions. Après ses voyages, les dirigeants développent de manière plus soutenue la colonisation en Afrique. C’est alors que les pays riches du nord gèrent ces nouveaux territoires et les organisent en pays.

Le tourisme aujourd’hui

Le tourisme africain ne s’est jamais développé aussi fortement que dans les autres continents. Les guerres civiles et le bas taux de développement de la région n’incitent pas les touristes à choisir cette destination. Ce n’est que tout récemment que les autorités gouvernementales africaines ont réalisé à quel point l’essor touristique pouvait collaborer au développement économique de leur pays. En 2005, le continent africain a connu la plus haute augmentation du flux touristique. Par contre, ce n’est pas tous les pays qui en bénéficient.
 
Compte tenu des conflits politiques qui surviennent constamment dans la région des grands lacs africains, le tourisme tend à écoper de cette situation. L’instabilité politique a souvent pour effet de rendre les touristes méfiants. Certains attraits naturels permettent toutefois de maintenir l’intérêt des touristes pour la région.

Attraits touristiques de la région

Les safaris

La popularité du continent africain est surtout liée à la présence d’animaux sauvages de la savane et de la forêt tropicale comme les éléphants, les chimpanzés, les lions, les zèbres, les girafes et les hippopotames. Autrefois, ces safaris consistaient surtout en une période de chasse où les carcasses des prédateurs étaient les plus beaux trophées. Depuis plusieurs années, les campagnes de sensibilisation pour la vie des animaux et le risque d’extinction de plusieurs espèces ont radicalement transformé la nature et la fonction des safaris africains. En effet, aujourd’hui, ces safaris ne se destinent plus aux chasseurs, mais bien aux amants de la nature qui désirent observer ces animaux exotiques dans leur milieu naturel.


À partir de la camionnette, il est possible, avec un peu de chance, de photographier les félins
 
Les guides, qui connaissent parfaitement le territoire exploré ainsi que les habitudes des espèces, organisent les déplacements et informent les observateurs quant au mode de vie de la faune. Les cinq animaux les plus populaires dans ce genre d’expéditions sont également parmi les plus difficiles à observer : l’éléphant, le rhinocéros, le lion, le léopard et le buffle. Ces animaux représentent également les mammifères les plus craints de la savane africaine.
 

Des lions, vedettes des safaris
 
Outre ces prédateurs, il est également possible de voir des girafes, des zèbres, plusieurs espèces de singes et d’oiseaux. La région congolaise est également peuplée par les nombreux gorilles, où de nombreux sanctuaires pour les protéger dans leur environnement naturel ont été mis sur pied.

La steppe du Serengeti

Un site très prisé pour les safaris africains est sans doute la plaine du Serengeti, en Tanzanie. Caractérisée par un climat tropical, la steppe du Serengeti présente un paysage unique avec sa vaste plaine de savanes entourée de plateaux volcaniques.
 

Zèbres et gnous dans la steppe du Serengeti (cliquer pour agrandir)
 
Plusieurs troupeaux d’herbivores vont y paître pendant la journée, au grand plaisir des visiteurs qui peuvent ainsi facilement les observer. Le rythme de la région est marqué par une forte saison sèche précédée d’une longue saison de pluie intense. Afin de mieux protéger l’environnement et la vie sauvage, la steppe du Serengeti est devenue un parc national. D’ailleurs, depuis 1981, ce parc fait partie de la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en tant que patrimoine naturel. La popularité du tourisme au Serengeti a malheureusement tendance à diminuer au profit de l’Afrique du Sud, en raison des infrastructures d’accueil moins luxueuses en Tanzanie.

La tribu des Massaïs

Traditionnellement, les Massaïs forment une tribu nomade qui élevait leurs troupeaux dans les collines du Kenya et de l’Ouganda. Ce peuple avait des cérémonies et des croyances qui leur étaient propres. Par exemple, ils ont la conviction qu’un dieu leur a confié son bétail duquel ils se doivent de prendre soin. C’est pourquoi ils tuent très rarement les animaux, mais se nourrissent plutôt d’une partie de leur sang et de leur lait.
 
Malheureusement, leur mode de vie a passablement changé lors de l’arrivée des explorateurs et des colons britanniques. En effet, ces derniers s’appropriaient le territoire, transformant l’environnement et imposant un nouveau système politique. Les autorités britanniques les ont même expulsés de leur territoire. Les Massaïs vivent maintenant principalement dans une réserve et sont progressivement en train de se sédentariser.
 
On peut vraiment parler d’acculturation dans le cas des Massaïs, causée autant par la colonisation que par le tourisme. En effet, les Massaïs vivant près des grands hôtels ont fait de l’accueil des touristes un de leur moteur économique, au détriment de leurs us et coutumes. Cette acculturation présente tout de même certaines conséquences positives puisque, de nos jours, les Massaïs valorisent l’éducation des jeunes.
 

Les Massaïs (cliquer pour agrandir)
 
La tribu est toutefois vulnérable à la folklorisation dans laquelle les touristes la confinent. Ils pratiquent maintenant leurs danses traditionnelles, motivés par l’argent des visiteurs et non pour les fonctions religieuses de ces danses. Ils portent également encore leurs costumes rouges traditionnels.

Le mont Kilimandjaro

Vénéré par les Massaïs, le mont Kilimandjaro est la montagne la plus élevée de tout le continent africain. Le Kilimandjaro est en fait un ensemble composé de trois volcans éteints dont le plus haut sommet s’élève à 5 895 mètres d’altitude. Malgré sa position géographique, tout près de l’équateur, son sommet est tellement élevé qu’il est recouvert de neiges éternelles. Le Kilimandjaro représente un défi de taille pour les alpinistes qui entreprennent son ascension. Plusieurs abandonnent faute d’oxygène ou par fatigue et certains y laissent même leur vie. Le nombre de touristes qui vont au Kilimandjaro a toutefois doublé entre 1986 et 1997. Le paysage autour du Kilimandjaro est très impressionnant. Cet ensemble montagneux est isolé au cœur de la steppe africaine, la montagne est donc visible de loin.
 

Le paysage entourant le mont Kilimandjaro
 
Le site du Kilimandjaro est protégé des invasions touristiques et du développement du tourisme de masse. En effet, l’ensemble de la montagne et ses forêts font partie, depuis 1987, de la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce statut contribue également à la protection des animaux menacés de disparition qui vivent dans la forêt. Les principaux dangers pour le Kilimandjaro sont les changements climatiques qui pourraient faire fondre les glaces éternelles. Des prévisions scientifiques estiment d’ailleurs que d’ici 2020, les glaciers du Kilimandjaro pourraient avoir complètement fondu, ce qui changerait radicalement le visage et l’écosystème de la région.


Le glacier au sommet du Kilimandjaro

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse