Enjeux territoriaux à Montréal : logement, déplacements et gestion des déchets

Comme toutes les grandes villes du monde, Montréal doit faire face à des défis considérables pour parvenir à assurer une qualité de vie acceptable pour tous les citoyens et les travailleurs. Montréal étant sur une île, l’espace pour abriter les résidents, les services publics et les commerces peut manquer assez rapidement. C’est pourquoi le territoire de la métropole tend à s’étendre de plus en plus, en créant des banlieues en périphérie. Les principaux enjeux auxquels la ville doit faire face actuellement sont : le déplacement sur le territoire, le logement des citadins et la gestion des déchets.

Le déplacement sur le territoire urbain

Rares sont les personnes pour qui le lieu de travail et le lieu d’habitation est le même. En général, un déplacement est nécessaire. Chaque jour, des milliers de travailleurs et d’étudiants doivent effectuer un déplacement pour se rendre à leur lieu de travail ou d’études. Or, plusieurs résidents des banlieues travaillent à Montréal, principalement près du centre-ville. C’est une situation qui engendre une série de problèmes dans les transports.

Couronnes et centre-ville

Il est possible de définir le territoire montréalais en imaginant des cercles concentriques. Si le cercle du centre est le centre-ville de Montréal, le second pourrait représenter le secteur le plus dense de la périphérie du centre-ville. Il y aurait par la suite le reste de l’île de Montréal. Dès que l’on sort de l’île de Montréal, on entre dans les couronnes. La couronne nord de Montréal regrouperait Laval, Mascouche, Terrebonne, Repentigny et Deux-Montagnes, alors que la couronne sud regrouperait Longueuil et les autres banlieues de la rive sud, dont Saint-Constant, Varennes, Boucherville et Brossard.
 

Densité de la population à Montréal (cliquer pour agrandir)
 

Montréal et ses couronnes (cliquer pour agrandir)

La congestion automobile

Ces gens qui se déplacent à la même heure et vers le même lieu créent des congestions sur les routes. Le transport devient alors plus lent et plus stressant pour tous ceux qui se déplacent en voiture. Les jours de semaine, le matin et le soir, aux heures de pointe, de nombreuses artères routières sont congestionnées : il y a trop de voitures pour la capacité de la voie. En plus de produire énormément de gaz à effet de serre, la congestion causée par la circulation des voitures augmente le bruit, les polluants dans l’air et les risques d’accident.
 
Les principaux points de congestion lors des heures de pointe se situent surtout sur les différents ponts de Montréal, plus précisément : le pont Jacques-Cartier, le pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine, le pont Pie-IX et le pont Charles-de-Gaule. Sur l’île de Montréal, de nombreuses artères sont tout aussi accaparées par les voitures : le boulevard Pie-IX, le boulevard Papineau et toutes les rues du centre-ville, notamment le boulevard René-Lévesque. L’autoroute 40, l’autoroute Ville-Marie, l’autoroute Bonaventure et l’autoroute Décarie sont également congestionnées à l’heure de pointe.


Image des principaux points de congestion à Montréal. Chaque carré blanc représente un lieu fréquemment congestionné. (cliquer pour agrandir)

Le smog

Comme bien des grandes villes, Montréal est parfois sous l’emprise du smog. Le smog est une brume de couleur jaunâtre qui surplombe toute la surface de la ville. Il est constitué d’abord et avant tout de différents polluants issus de la consommation, de la population, des voitures, des usines, etc. C’est un phénomène relié aux grandes villes où la densité de la population et les activités économiques amènent une plus grande production de polluants tels que l’ozone, le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone. Ce sont ces polluants qui, sous l’impulsion de la chaleur, se condensent pour donner un énorme nuage jaune et dense sur la ville. La poussière qui se trouve dans l’air s’amalgame à l’eau et au brouillard.


Smog à New York (cliquer pour agrandir)
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C’est pourquoi le smog est plus fréquent lors des journées chaudes ou humides : l’humidité dans l’air augmente les possibilités de formation d’un nuage de smog. L’utilisation massive de la voiture pour effectuer les déplacements urbains est l’une des causes du smog. Il est donc important de trouver d’autres moyens de transport pour se déplacer de la banlieue à la ville ou à l’intérieur même de celle-ci.

Le transport en commun

Toute agglomération urbaine doit offrir un service de transport en commun pour favoriser les petits déplacements sans voiture et pour permettre aux résidents qui ne possèdent pas de voiture (incluant les étudiants, les aînés, les plus pauvres) de se déplacer aisément. Il y a divers types de transports en commun possibles dans une ville : l’autobus, le métro, le tramway et le train de banlieue pour ne nommer que ceux-ci. Chaque moyen présente des avantages et des inconvénients.
 
L’autobus (187 circuits de jour et 23 de nuit, pour la Société de Transport de Montréal (STM) en 2012) permet des trajets plus souples et des arrêts plus nombreux, mais le service peut être un peu plus lent. Par contre, il arrive que certains autobus (les express) aient leur voie réservée avec moins d’arrêts sur leur parcours. En plus des circuits offerts par la STM, de nombreux circuits reliés à d’autres compagnies de transport (reliées à l’Agence métropolitaine de transport, AMT) font le lien avec la ville de Montréal, à partir de certaines banlieues (Laval, Terrebonne, Repentigny, Brossard).
 
Le métro va plus rapidement, mais il offre moins d’arrêts que l’autobus. Le coût de construction et d’utilisation du métro est beaucoup plus élevé. À Montréal, il y a, en 2012, 68 stations réparties sur quatre lignes. Chaque ligne dessert une zone différente, incluant Longueuil sur la rive sud et, depuis 2007, Laval sur la rive nord.
 

Plan actuel du métro (cliquer pour agrandir)
 
Le train de banlieue vise surtout à diminuer la congestion automobile en heures de pointe. Sa rapidité et son confort en font un transport en commun très agréable à utiliser. Il y a actuellement 5 lignes de trains de banlieue à Montréal. Chacune part du centre-ville pour se diriger respectivement vers Deux-Montagnes, Saint-Jérôme, Saint-Hilaire, Candiac et Rigaud. D’autres projets de développement de trains de banlieue sont envisagés pour relier Mascouche, Repentigny ou encore Brossard. De façon générale, les trains de banlieue utilisent des emprises ferroviaires déjà existantes, ce qui diminue le coût de la construction.


Plan du train de banlieue montréalais (cliquer pour agrandir)
Source
 
Montréal n'a pas de réseau de tramway pour le moment. Il faut savoir qu'un tel réseau a existé entre 1861 et 1959, avant l'arrivée du métro. De nombreux projets existent pour réintroduire un réseau de tramway à Montréal. Les avantages du tramway sont nombreux : il peut fonctionner à l'électricité, comme le métro, mais offrir un service en surface, comme les autobus. De plus, son coût de construction est nettement moins élevé que celui du métro. Lorsqu'un nouveau tramway est mis en place, l'aménagement urbain est réorganisé de manière à favoriser l'espace accordé aux piétons, par exemple par des rues piétonnières, au détriment de l'accessibilité aux voitures. 


Photo de l’un des derniers tramways à avoir roulé à Montréal
 

Exemple du tramway de Montpellier, un tramway plus moderne, laissant plus de place aux piétons et moins aux automobilistes
 
De nombreux défis se posent maintenant pour toutes les compagnies de transport, notamment la STM et l’Agence métropolitaine de transport (AMT). Elles doivent s’adapter à l’étalement du territoire urbain pour mieux desservir les banlieues. Elles ont aussi à intégrer les nouvelles technologies dans leur développement (train électrique, nouvelle génération de tramway, autobus plus écologique) et assurer un transport efficace et confortable pour attirer plus d'utilisateurs.
 
Dans le cœur de la ville, le principal défi est d’accorder plus de place aux transports en commun : voies réservées, circuits express efficaces, etc. Il ne faut pas non plus oublier les qualités écologiques du transport en commun : développement durable et diminution des émissions de gaz à effet de serre par rapport à la voiture.

Transport alternatif

Voyager en transport en commun à l’extérieur des heures de pointe ou dans le sens inverse de la circulation n’est pas toujours facile. C’est pourquoi il faut tenter de trouver d’autres alternatives à l’utilisation de la voiture. Avec l’inévitable réchauffement de la planète, l’augmentation de la pollution et l’épuisement prochain des combustibles fossiles (pétrole, charbon), il est favorable de choisir des moyens de transport favorisant un développement durable.
 
En plus des initiatives personnelles qui peuvent être prises (marcher, utiliser le transport en commun, effectuer ses déplacements en bicyclette), de nombreux organismes offrent des moyens de transport alternatifs et plus écologiques, comme le covoiturage ou la location occasionnelle d’une voiture. Il est possible de combiner ces moyens qui contribuent tous à diminuer la quantité de voitures sur la route ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.
 
Pour stimuler l’utilisation de ces méthodes, la ville devra se doter de moyens concrets : aménagement de rues piétonnières dans le centre-ville, création de véritables voies cyclables isolées de la chaussée utilisée par les voitures, incitation au covoiturage.

Le logement

Montréal est une ville dont la densité de population tend à augmenter. Pour parvenir à offrir un logement à tous ces gens, la quantité d’habitations doit être suffisante.
 
Comme les familles sont moins nombreuses et que chaque famille demande un plus grand espace qu’auparavant, il peut être difficile de trouver un appartement convenable. C’est pourquoi l’on parle de crise du logement à Montréal : les appartements sont trop chers, trop vieux et insuffisants pour la demande. Depuis les débuts de la crise du logement, le prix des appartements a grimpé en flèche, surtout près des stations de métro et des quartiers populaires offrant bon nombre de services. Par contre, si l’on compare la situation de Montréal à celle d’autres villes, le prix des logements reste ici beaucoup plus bas qu’ailleurs.
 
Au Québec, il existe un organisme qui s’occupe des logements : la Régie du logement. C'est la Régie qui fixe les règles qui donnent forme aux contrats (baux) entre les locataires et les locateurs (propriétaires). Chaque bail doit respecter certaines normes et conditions. Si le bail n’est pas respecté par le locataire ou le propriétaire, il est possible de faire intervenir la Régie du logement pour corriger la situation. C’est également la Régie qui peut fixer le prix des logements, l’augmentation annuelle du loyer ou encore faire inspecter un appartement pour en vérifier la salubrité.

La gestion des déchets

L’incinération et l’enfouissement

La taille importante de la population de Montréal implique une production de déchets phénoménale. Le traitement des déchets doit être géré intelligemment afin d’éviter la contamination de l’air et des cours d’eau. On ne fait pas qu’enterrer les déchets sans vérifier l’impact que les dépotoirs pourraient avoir sur l’environnement ou sans prendre de moyens pour diminuer leurs effets négatifs. De plus en plus, les centres de gestion des déchets se dotent de technologies permettant une diminution des impacts écologiques.
 
Certaines initiatives permettent ainsi de donner un caractère plus écologique à la gestion des déchets.
 
Le trou de la carrière Miron a longtemps servi de dépotoir. Les milliards de tonnes déchets qui s’y décomposent produisent des biogaz qui sont aujourd’hui captés et convertis en énergie. Nos déchets d’antan fournissent maintenant de l’électricité. De plus, la captation des gaz diminue considérablement les odeurs qui se dégagent du dépotoir.
Il y a quelques années, les déchets de Montréal étaient incinérés, c’est-à-dire brûlés jusqu’à ce qu’il n’en reste que des cendres. On peut imaginer la quantité de polluants que cette méthode envoyait dans l’air. La façon de procéder a donc été changée. Aujourd’hui, les méthodes employées tendent vers une approche beaucoup plus écologique et plus près du développement durable.

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. (MDDEP)

La récupération et le recyclage

Il y a certaines matières qui peuvent être récupérées ou recyclées. La récupération consiste à trouver une nouvelle utilité à un matériau.
 
Réutiliser le bois d’une table abîmée pour concevoir un autre objet.
Le recyclage est quelque peu différent. Il s’agit en effet de prendre une matière et de la reformer en un autre objet.
 
On peut recycler un vieux pneu; on le fait fondre et la substance ainsi obtenue entre dans la fabrication d’un tapis.
Plusieurs matières sont recyclables : le bois, le papier, le plastique, le verre, notamment, sont généralement recyclables. Il est donc important de les mettre dans le bac prévu pour la collecte de matières recyclables afin de donner une seconde vie à la matière et ainsi diminuer le besoin en nouvelles matières.

Le compostage

Un moyen efficace de réduire la quantité de déchets produits est le compostage. Il s’agit de trier les déchets biodégradables des autres, de les combiner avec de la terre à l’intérieur d’un bac à compost. Les insectes dans la terre vont alors décomposer les aliments et en faire du compost : un engrais extrêmement efficace et naturel.
 
Par contre, ce n’est pas tout le monde qui peut avoir un bac à compost. Certaines villes ont opté pour une collecte municipale des matières compostables. L’établissement de ce type de collecte municipale est le prochain gros défi de Montréal en matière de gestion des déchets.

Les écocentres et les écoquartiers

Les écocentres recueillent les vieux appareils électroménagers et électroniques afin de donner une seconde vie aux pièces qu’il est possible de réutiliser ou pour revendre ces appareils.
 
Les écoquartiers fournissent quant à eux une panoplie d’informations sur l’environnement et l’écologie. Ce sont ces centres qui fournissent les bacs à recyclage, certains vendent même des bacs à compost. Il est également possible d’y apporter les vieilles piles usagées afin qu’elles ne se retrouvent pas dans les centres d’enfouissement. De plus, ces organismes gèrent les déchets domestiques dangereux qui ne peuvent se retrouver dans les mêmes sites d’enfouissement que les déchets ordinaires (peintures, solvants, etc.).

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse