Rome : ville patrimoniale

Rome est la capitale de l’Italie et est la ville la plus peuplée du pays, avec plus de 2,7 millions d’habitants. Cette ville est également le centre de la chrétienté, là où les papes habitent et règnent.
 

La ville de Rome (cliquer pour agrandir)
 
La région de Rome jouit d’un climat méditerranéen, les étés sont chauds et secs alors que les hivers sont sans gel.
 

Carte géographique de Rome et des régions avoisinantes (cliquer pour agrandir)
 
Rome se situe dans une plaine entre deux régions volcaniques, dans une province agricole. La région a longtemps été une vaste plaine humide et marécageuse. Ce sol a parfois limité le développement sous-terrain de Rome (par exemple, le réseau du métro n’est pas aussi complexe qu’il aurait pu l’être).  L’humidité stagnante de la région a également causé de nombreuses maladies infectieuses dans l’histoire, dont la malaria.

Situation géographique

La ville est entrecoupée par le Tibre, fleuve se jetant dans la mer Tyrrhénienne. Rome ne se trouve pourtant pas à même les rives de cette mer, elle s’est plutôt développée à 25 kilomètres de la mer.  Cette position était pourtant fort avantageuse puisque l’accès à la mer était tout de même aisé, mais la cité était toutefois à l’abri des attaques de pirates.
 

La ville de Rome (cliquer pour agrandir)
 
C’est sur la rive gauche du Tibre que Rome est née. De petits villages avaient été construits sur les 7 collines près du fleuve. Le positionnement en hauteur sur ces collines se voulait surtout stratégique : le site était ainsi beaucoup plus facile à défendre.

Histoire

Les origines de Rome sont tout de même assez difficiles à retracer. De nombreuses légendes se contredisent et ne sont pas toujours en concordance avec les découvertes archéologiques que l’on fait sur le site. 
 
La légende la plus connue date d’une longue tradition orale, écrite par l’historien Tite-Live. Cette légende raconte l’histoire de Romulus et Rémus, deux jumeaux qui voulaient fonder une ville au pied du mont Palatin (l’une des sept collines). Malheureusement, une dispute éclata entre les frères pour déterminer qui allait fonder la nouvelle cité. Ce fut Romulus qui gagna ce privilège. Par contre, alors que Romulus travaillait à creuser ses tranchées pour la fortification, Rémus s’amusa à traverser cette tranchée.  Fâché, Romulus aurait tué son frère en affirmant que plus personne n’oserait traverser les limites de sa ville sans permission. Selon cette légende, la fondation de Rome daterait de 753 av. J.-C. Toutefois, des traces de colonies installées sur les collines ont été retrouvées, datant du 10e siècle av. J.-C. 
 
Malgré plusieurs zones d’ombre quant aux débuts de Rome, un fait est admis par les archéologues et les historiens : au 7e siècle av. J.-C., une colonie de plusieurs petits villages installés sur les collines se sont associés pour devenir la Fédération des sept collines.
 
Depuis cette époque, Rome s’est continuellement développée, évoluant avec les périodes historiques, les régimes politiques et les nombreux dirigeants. Notamment, une immense enceinte de 115 kilomètres de long a été construite autour de la cité au cours de l’Antiquité. Or, elle a été détruite pour être reconstruite plus tard, suite à l’invasion des Gaulois. D’ailleurs, Rome a toujours été la capitale de l’Empire romain, de l’Antiquité à nos jours. Selon les dirigeants et les empereurs, la ville a été maintes et maintes fois réaménagée. L’événement le plus marquant de l’histoire de Rome fut l’immense incendie qui ravagea une bonne partie de la ville en 64, à l’époque de Néron
 
Les Romains de l’Antiquité avaient inventé beaucoup de systèmes modernes pour l'époque pour construire des édifices, des routes et des aqueducs. La grandeur de cette civilisation a laissé de nombreuses traces dans la ville qui contribuent aujourd’hui à l’affluence touristique. L’urbanisme moderne a dû et doit encore intégrer ces bâtiments historiques qui font partie du patrimoine mondial.
 
De l’empire antique jusqu’au 19e siècle, l’Italie sera morcelée. Pourtant, la plupart des intellectuels et des philosophes garderont en mémoire la civilisation unie de l’Empire romain et espèrent qu’un jour leur pays revête de nouveau cette image. Le mouvement du Risorgimento (nom italien qui signifie à la fois renaissance et redressement) est un mouvement philosophique issu des idées liées au siècle des Lumières, siècle des révolutions et des innovations. Inspirée par la Révolution française, l’Italie espère également devenir un pays libre, indépendant et uni.
 
Au départ, ce mouvement était plutôt un mouvement philosophique et artistique visant à donner une plus grande place à l’Italie dans les domaines des arts et de la culture. Le Risorgimento exprimait donc ses idées dans la littérature et la philosophie. Au 19e siècle, le mouvement idéologique prendra un tournant plus politique et économique. Les idées étaient les mêmes, mais visaient désormais l’autonomie politique et économique d’une Italie véritablement unie. Ce mouvement politique donna lieu à des idées plus extrêmes et radicales. Ce sont finalement les plus modérés qui réussirent à faire de l’Italie un pays uni en 1860. Le but était littéralement d’assurer la reconstruction morale et matérielle du pays.

Patrimoine urbain romain

Rome n’a jamais véritablement pris soin de ses bâtiments historiques, c’est pourquoi plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui plus abîmés que s’ils avaient été entretenus. De plus, une bonne partie a été détruite par le temps et au cours des diverses périodes de développement de la ville. Depuis 1980, les vieux quartiers de Rome contenant encore les vestiges de la civilisation romaine font partie de la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces sites sont dorénavant tous protégés et les administrateurs de la ville doivent respecter les codes de cette protection. Plusieurs bâtiments sont concernés par cette préservation, dont voici les exemples les plus importants.

Le Colisée

Cet immense amphithéâtre elliptique doit son nom à la grandiose statue de l’empereur Néron (le Colossus) qui était situé juste à côté. La statue n’y est plus aujourd’hui. Le Colisée mesure 188 mètres de long sur 156 mètres de large, ce qui lui confère une circonférence de 527 mètres. L’arène à l’intérieur de l’édifice mesure, quant à elle, 86 mètres par 54 mètres. L’amphithéâtre est composé de quatre étages, ce qui l’élève donc à 48,5 mètres de hauteur.
 

Le Colisée de Rome (cliquer pour agrandir)
 
Ce lieu servait pour les cirques, les luttes entre les gladiateurs et les exécutions. Tous ces événements étaient vraiment populaires et attiraient toujours des foules immenses issues de toutes les classes sociales. D’ailleurs, de nombreux escaliers étaient disséminés partout dans la construction afin que le stade puisse se remplir et se vider rapidement. Les sièges étaient numérotés et assignés aux spectateurs en fonction de leur statut social : plus les gens étaient importants, plus leurs sièges étaient bien situés.
 
La construction du Colisée s’est faite entre 70 et 80. Rome est l’une des dernières villes de l’empire à avoir eu son amphithéâtre. Toutefois, son inauguration a été fêtée en grand : pendant plus de 100 jours, les citoyens étaient invités à assister à des spectacles et à des cirques. Pendant ces 100 jours, plus de 5 000 fauves et 2 000 gladiateurs ont été tués.
 
Après la chute de l’Empire romain, le Colisée fut abandonné et les spectacles du cirque n’y avaient plus lieu. Le Colisée aurait pu être en meilleur état aujourd’hui s’il n’avait pas été touché par trois tremblements de terre : en 455, en 1231 et en 1255. Ces séismes ont détruit des pans complets du Colisée. Certaines pierres ont même servi à la construction de plusieurs palais autour de l’amphithéâtre après ces secousses.
 
Au Moyen Âge, le Colisée devint une grande carrière de pierre. C’est à cette époque que les gradins, les planchers et la façade furent passablement abîmés. Ce n’est qu’au 15e siècle que la première demande de protection de l’édifice sera faite, bien que des mesures ne soient alors pas mises en application en réponse à cette requête. En fait, c’est au même moment qu’une chapelle est construite au cœur du Colisée et qu’on aménage un Chemin de Croix autour de celui-ci. 
 

L'intérieur du Colisée (cliquer pour agrandir)

Les premiers travaux de restauration ne commencent qu’au 19e siècle, quand des fouilles archéologiques systématiques seront organisées. Les principales réalisations de cette restauration auront été la remise sur pied et le relèvement de l’enceinte du bâtiment ainsi que la découverte de toutes les infrastructures souterraines. Dans les années 30, les travaux se sont poursuivis avec la restauration des gradins et des sous-terrains. Aujourd’hui, le Colisée est protégé, mais a tout de même été abîmé par le passage du temps, de ses occupants et des tremblements de terre. On peut dire que le tissu urbain s’est développé autour du Colisée, puisque des édifices plus récents le côtoient de part et d’autre.

Le Forum

Le Forum était au centre de la cité et représentait le cœur des activités politiques, économiques et religieuses. L’utilisation de cet espace public date de l’époque durant laquelle les limites de l’Empire romain étaient également les limites du monde connu. Au Forum, le point de départ des rues était indiqué à l’aide de colonnes de bronze. 
 
Le Forum était aménagé dans une petite plaine plutôt marécageuse, qui avait été asséchée à l’époque grâce à un système d’égouts. C’était alors le lieu où passaient tous les savants, les poètes, les généraux et les empereurs. L’emplacement était excellent pour y faire des discours à la population. Puisque plusieurs personnes passaient couramment par le Forum, de nombreux commerces et des brasseries s’y trouvaient également, pour faire du Forum le lieu de rassemblement par excellence de la Rome antique.  Après la chute de l’Empire romain, le forum a été laissé à l’abandon, il servait même de champ de pâturage pour les vaches au cours du Moyen Âge.
 

Le Forum (cliquer pour agrandir)
 
Les premières fouilles archéologiques ne datent que de la fin du 18e siècle. C’est à ce moment que le site fut protégé et que l’on s’assura que les vestiges des temples encore en place soient mieux conservés, dont un portail de temple et un pan de 3 colonnes.

Le Vatican

Couvrant un territoire total de 0,5 km2, le Vatican est le plus petit état indépendant du monde, gouverné par le pape. C’est là où toutes les décisions relatives à l’Église chrétienne sont prises. L’histoire du Vatican ne commence de manière marquante que bien après la naissance du christianisme. Environ 800 personnes y vivent en 2011, incluant la centaine de gardes suisses assurant la sécurité des lieux. Toutefois, le Vatican accueille plus de 6 millions de pèlerins et de touristes chaque année.


Plan de la Cité du Vatican (cliquer pour agrandir)

Avant la construction du complexe de la Cité du Vatican, le site était dédié à un cirque et à la tombe de Saint-Pierre. Dès 313, l’idée de construire une basilique sur le site même de la tombe de Saint-Pierre est née. Après la construction de cette basilique, ce sont des habitations et finalement un monastère qui furent construits.

Au 6e siècle, le pape a fait aménager une petite résidence épiscopale ainsi qu’un hospice pour accueillir les nombreux pèlerins qui affluaient déjà à l’époque. Le site a continué à se développer avec la construction d’un palais impérial et d’une nouvelle résidence pontificale. Toutefois, comme le Vatican était situé à l’extérieur des fortifications de Rome, le site a été pillé à quelques reprises. C’est pourquoi, au 9e siècle, on y a construit des remparts de pierre qui protégeaient les lieux.
 
Le 12e siècle a été marqué par de nouveaux travaux et surtout par le titre de résidence officielle du Saint-Siège, incluant la papauté d’Avignon en France. Il faut préciser qu’avant cela, les papes siégeaient également à Avignon. À partir du 12e siècle, la forteresse fut peu à peu transformée en palais. Le pape Sixte décida de construire une autre chapelle, ce qui se fit entre 1473 et 1484. La réalisation de la peinture à l’intérieur de la chapelle fut confiée à Michel-Ange, qui réalisa son œuvre la plus accomplie et la plus connue : le plafond de la Chapelle Sixtine. C’est encore à l’intérieur de cette chapelle que se déroule l’élection des nouveaux papes.

 
La place Saint-Pierre (cliquer pour agrandir)


La grande basilique date du 16e siècle, avec son dôme (conçu par Michel-Ange) et ses colonnades.  L’obélisque qui y trône provient du temple de Néron. En fait, tous les lieux et bâtiments de la Cité du Vatican sont des trésors artistiques, culturels et historiques, incluant des œuvres des plus grands artistes de la Renaissance italienne. C’est pourquoi la Cité du Vatican fait également partie de la Liste du patrimoine de l’UNESCO depuis 1982. Non seulement le lieu est une partie du patrimoine historique et artistique, mais il est surtout le lieu principal du patrimoine catholique. La place Saint-Pierre accueille plusieurs pèlerins lors des grands-messes annuelles données par le pape. Le musée du Vatican est probablement le plus précieux au monde.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse