Constantinople (Moyen Âge)


Plan de Constantinople (1422), par Cristoforo Buondelmonti (cliquer pour agrandir)
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Une situation géographique avantageuse

L’histoire de la ville de Constantinople (anciennement Byzance) est longue. Cette grande ville est en effet passée aux mains de différents empires. Par le contrôle de cette seconde ville en importance après Rome, les conquérants pouvaient bénéficier de ses richesses et de son commerce florissant. Cette force commerciale, Constantinople la doit à sa position géographique très avantageuse.

Les routes maritimes et terrestres autour de Constantinople

La ville était située sur une péninsule dans le détroit de Bosphore. Ce passage fait le lien entre la mer Noire et la mer de Marmara. Cette mer intérieure donne accès à la mer Égée, puis à la Méditerranée.


Situation géographique de Constantinople

Vers l’est, les routes partant de Constantinople pouvaient se rendre tant au Moyen-Orient qu’en Asie (Inde, Chine, etc.).

Position avantageuse pour le commerce, la défense et l'expansion du territoire

Située à la frontière entre l’Orient et l’Occident, Constantinople pouvait profiter des richesses de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe. Elle jouait également un rôle commercial important puisque les marchandises destinées au marché européen devaient d’abord transiter par Constantinople.

En plus de constituer une artère stratégique pour les relations commerciales, la position géographique de Constantinople lui conférait une grande force militaire. En effet, son emplacement sur une péninsule du détroit de Bosphore faisait en sorte qu’elle pouvait se défendre plus facilement sur tous les fronts.


La forteresse de Yoros était située au point de rencontre du Bosphore et de la mer Noire (cliquer pour agrandir)
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Pour les mêmes raisons, la position de Constantinople favorisait l’expansion du territoire. Les troupes pouvaient en effet se diriger facilement vers toutes les régions. La position géographique de Constantinople explique donc pourquoi cette ville fut si riche et si puissante. C'est d'ailleurs ce qui suscita la convoitise des pays périphériques.

Histoire et évolution de la ville 

La fondation de Byzance par les Grecs

Les premiers habitants à avoir fondé une ville à cet endroit furent des colons grecs en 667 av. J.-C. Nommée en l’honneur d’un roi, la ville de Byzance s’est développée rapidement grâce aux avantages que lui assurait sa position; elle était à la fois en Europe et en Asie, naviguant tant en Méditerranée qu’en mer Noire. Très convoitée, elle fut maintes fois pillée et détruite par divers envahisseurs. La prospérité de Byzance reposait sur la présence des marchands, des commerçants et des nombreux comptoirs d’échange.

Byzance dans l’Empire romain

Au 4e siècle, Byzance appartenait à l’Empire romain. Les invasions barbares avaient toutefois contribué à réduire la dimension que cet empire pouvait avoir aux siècles antérieurs. L’arrivée de Constantin 1er comme empereur a amené une nouvelle période de stabilité pour l’empire. Le nouvel empereur a d’ailleurs décidé de nommer Byzance comme étant la nouvelle capitale de l’empire. Déjà une grande ville et forte d’une histoire de 1000 ans, Byzance s’imposait par sa position géographique en facilitant les passages entre l’Europe et l’Asie.
 
Le développement de Byzance qui suivit et la présence des fonctionnaires les plus riches de l’empire contribuèrent à déplacer le centre de l’Empire romain vers l’est. Rome perdait peu à peu son influence et son prestige. Les habitants de la ville jouissaient pratiquement des mêmes privilèges que les habitants de Rome : exemption d’impôts, distribution gratuite de froment, création d’un sénat. À la mort de Constantin, la ville fut rebaptisée Constantinople en son honneur.

Constantinople et la montée du christianisme

Au moment où Constantin choisissait Byzance comme capitale, le christianisme s’imposait de plus en plus en Europe. Constantin fut d’ailleurs le premier empereur romain à s’y convertir. La nouvelle Rome devint alors une ville presque exclusivement chrétienne et dans laquelle les temples païens étaient plutôt rares. La nouvelle capitale annonçait également la nouvelle identité religieuse de l’Empire romain. La ville se développait en intégrant la culture grecque et romaine à la nouvelle culture chrétienne. Constantinople devint rapidement le nouveau centre de l’Empire romain et le centre de la religion chrétienne.

Constantinople : capitale de l’Empire romain d’Orient

En 395, l’Empire romain fut divisé en deux : l'Empire romain d’Orient à l’est et l'Empire romain d’Occident à l’ouest. Constantinople poursuivit son développement en étant reconnue comme capitale de l’Empire romain d’Orient.


Plan de Constantinople pendant l’Empire romain d’Orient (cliquer pour agrandir)

Au 6e siècle, Constantinople ne comptait pas moins d'un million d’habitants. Cette période est considérée comme l’apogée de Constantinople. C’est d’ailleurs à cette époque que l’empereur Justinien y fit construire la basilique Sainte-Sophie, chef-d’oeuvre de l’art byzantin.


L’intérieur de la basilique Sainte-Sophie (devenue un musée en 1935)
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Les attaques des Arabes

Byzance s’est rapidement trouvée sur le chemin de l’expansion de l’Empire arabe. L’armée arabe a plusieurs fois tenté de prendre possession de la grande ville. L’armée byzantine devait alors défendre ardemment la ville. Byzance était d’ailleurs fortement protégée par ses murs et ses enceintes. Ceux-ci n’ont pas empêché, en 674, l’armée arabe d’assiéger la ville. Résistant pendant quatre ans au siège, la ville a réussi à faire fuir les Arabes en 678. L'arme byzantine, le feu grégeois, mélange très inflammable que les Byzantins lançaient sur les navires arabes, permit de repousser l'ennemi.
 
En 717, l’armée arabe a de nouveau tenté de prendre possession de la ville. Cette fois, les Arabes n'ont tenu le siège qu’un an avant de rebrousser chemin, leur défaite étant encore une fois attribuable au feu grégeois, mais aussi à la peste et à la famine.

Une nouvelle opulence pour Byzance

Entre le 9e et le 12e siècles, Byzance a connu une forte période de croissance. Cette croissance est fortement liée à la hausse d’activités commerciales en Europe. Le grand commerce ayant repris à la même époque, les Byzantins profitaient des échanges entre les Européens et le reste de l’Orient. Byzance était alors parcourue par les marchands italiens et arabes qui y circulaient avec des chargements d'épices et de soie.


Pièce de monnaie de Constantinople au 11e siècle, sous le règne de l'empereur Manuel 1er Comnène (cliquer pour agrandir)
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Byzance au Moyen Âge

En 1082, les Byzantins conclurent un accord commercial avec les Vénitiens. En échange de la levée des tarifs douaniers, Venise garantissait son aide militaire en cas de menace ou de guerre. 

La menace turque

Sous la menace de l’armée turque dont le territoire prenait de plus en plus d’expansion, Byzance a entrepris de nouer des liens plus forts avec les pays occidentaux. C'est d'ailleurs son appel à l'aide dans le but de se défendre contre les Turcs qui a entraîné les premières croisades. Les marchands vénitiens et génois ont profité de la situation pour s’emparer du contrôle du commerce. Cette action, éveillant la frustration des Byzantins, a occasionné un grand massacre dans le quartier italien de Byzance en 1182.

Les croisades

La première croisade populaire survint à Byzance en 1096. Les croisés furent fort impressionnés devant le spectacle qu’offrait la plus belle ville du monde de l’époque. Plusieurs croisades ont suivi, mais celle qui a eu le plus d’impact sur Byzance fut sans doute la quatrième. En effet, en 1203, plusieurs chevaliers se mirent en route vers la capitale byzantine et prirent le contrôle de la ville. Plusieurs croisés italiens participaient d’ailleurs à cette opération afin de se venger du massacre de 1182. Des chevaliers venant de partout en Europe ont aidé les Vénitiens en échange du transport qui leur avait été offert.


La Prise de Constantinople par Eugène Delacroix
 
Les croisés ayant pris possession de la ville n'hésitèrent pas à la piller et à l’incendier. La population fut également massacrée. Les Byzantins n’ont pu reprendre possession de leur ville qu’en 1261 grâce à l’appui de l’armée génoise, ennemie de l’armée vénitienne. 

La montée de la menace ottomane

Pendant ce temps, la menace ottomane se faisait plus forte, menace qui planait alors que la ville était déjà affaiblie par les nombreuses croisades. Toutefois, l’Empire byzantin persistait à refuser l’aide de l’Occident. D'autre part, les pays occidentaux montraient une certaine ambivalence à prêter main forte à Byzance. Préféraient-ils aider la capitale à combattre les musulmans ou préféraient-ils encore avoir le plaisir de voir la ville orthodoxe tomber et perdre de son influence ? Byzance a donc combattu seule devant le puissant Empire ottoman. La ville est rapidement prise et envahie.


Le siège de Constantinople en 1453

Byzance aux mains de l’Empire ottoman

C’est en 1453 que Byzance s'est retrouvée contrainte à baisser les armes devant l’armée ottomane. La ville fut alors envahie et les musulmans amorcèrent l’islamisation de la ville en transformant d’abord la basilique Sainte-Sophie en mosquée. La nouvelle capitale ottomane, rebaptisée Istanbul, demeura le centre du commerce oriental. L’Empire ottoman, fort de cette victoire, avait même tenté de poursuivre son expansion en Europe en assiégeant Vienne.


Plan d'Istanbul et du faubourg de Galata (cliquer pour agrandir)
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Pendant le 16e siècle, Istanbul est le coeur du développement de l’art ottoman. La mosquée de Soliman le Magnifique et la Mosquée bleue témoignent de ce renouvellement culturel. De plus, la culture ottomane développa fortement les ponts et les aqueducs.


La Mosquée bleue

Le déclin de l’Empire ottoman

L’Empire ottoman maintint sa puissance jusqu’au 18e siècle, période durant laquelle plusieurs troubles et guerres civiles l’affaiblirent. D'autre part, les puissances de l’Occident se montraient prêtes à attaquer cet empire devenu vulnérable de par ses maux intérieurs. Les pays occidentaux prirent possession d’Istanbul et entreprirent de moderniser la ville entre 1861 et 1922 : électricité, gares, chemin de fer, etc. Plusieurs voyageurs pouvaient désormais visiter cette ville historique avec l’arrivée de l’Orient Express.


Istanbul à la fin du 19e siècle

C’est en 1923 que la ville fut officiellement renommée Istanbul, nom qu’elle porte encore aujourd’hui, mais c'est Ankara qui devint la capitale de la Turquie.


Vue sur Ankara aujourd’hui

La capitale de l’Empire byzantin

Les débuts de l’Empire byzantin

Au début de l’Empire byzantin, les villes fonctionnaient exactement comme dans l’Empire romain. La situation changea quelque peu avec la montée de plus en plus forte du christianisme. La religion prit d’ailleurs une place de plus en plus importante dans l’Empire byzantin. Par exemple, la monnaie n’était plus frappée avec les symboles impériaux, mais plutôt avec des symboles chrétiens : visage du Christ, visage de la Vierge, croix, etc.

Organisation politique, économique et sociale

L’empereur gouvernait selon les principes de la foi chrétienne. Il se considérait même comme un représentant de Dieu sur terre auquel on devait respect et obéissance. D’un autre côté, plusieurs empereurs ont perdu leur pouvoir sous prétexte qu’ils ne respectaient pas suffisamment les dogmes et les valeurs du christianisme. Économiquement, le jeune Empire byzantin était très stable, comme en témoignait sa monnaie dont la valeur n’a pas diminué avant le 11e siècle. Cette économie prospère s’appuyait sur les échanges, le commerce du blé, le commerce de la soie, etc.


L'Empire byzantin au 5e siècle (cliquer pour agrandir)

Au même moment, la société connaissait un essor démographique. La croissance était constante pendant tout le 4e et le 5e siècles. Par contre, cette augmentation a été freinée au 6e siècle en raison de nombreuses catastrophes naturelles et de l’invasion des Perses.

Vie intellectuelle

La vie intellectuelle était importante : la culture grecque était conservée et valorisée. D’ailleurs, les Byzantins avaient entrepris de réunir le plus d’oeuvres littéaires et philosophiques grecques qu’il était possible d'en retrouver. Ils ont d’ailleurs fondé une immense bibliothèque à Byzance. Ce lieu de culture assurait la survie des valeurs, des connaissances et des textes grecs.
 
L’empire comptait également plusieurs grandes écoles, dont quelques-unes étaient spécialisées dans certains domaines. D'importantes écoles, dont celles de Byzance, d'Alexandrie, d'Antioche, de Beyrouth, d'Edesse et d'Athènes existent toujours. L’éducation des enfants étaient constituée principalement des connaissances provenant des Grecs, de l'histoire des Pères de l’Église (qui remplaçait la philosophie antique) et de l'histoire des Saints.

Vague d’invasions

Entre le 6e et le 7e siècles, l’Empire byzantin fut envahi à plusieurs reprises par les Italiens, les Slaves et les Perses. Ces derniers avaient d’ailleurs réussi à prendre possession de plusieurs villes et régions : Antioche, Syrie, Palestine, Égypte, Asie Mineure. C’est d’ailleurs à la suite de ces attaques que l’Empire arabe s’en est pris aux deux empires déjà affaiblis par les guerres.

L’Empire byzantin au Moyen Âge

L’empereur Héraclius a entrepris plusieurs réformes visant à modifier l’organisation et l’administration de l’empire. Parmi ces réformes, il édifia notamment de nouvelles mesures de défense, de contre-attaque et de recrutement. C’est également pendant le règne de Héraclius que l’unité religieuse fut atteinte dans l’empire. En effet, tous les Byzantins étaient dorénavant orthodoxes. Sans perdre l’influence grecque, les intellectuels byzantins ont eu le désir d’analyser la culture antique tout en demeurant bons chrétiens.
 
Les attaques des Arabes sur Byzance ont toutes été repoussées par les armées. Au 9e siècle, l’empire a connu une nouvelle période de développement. Cette fois, les armes, la diplomatie et les missions de christianisation assurèrent une meilleure situation à l’Empire byzantin. L’empereur Basile II réussit d’ailleurs à reprendre possession de plusieurs territoires. Au 10e siècle, le territoire de l’Empire Byzantin retrouva l'étendue qu'il avait eue au 7e siècle.

Le fonctionnement de l’empire

Les finances de la ville reposaient sur les nombreux impôts qui assuraient des rentrées d’argent suffisamment importantes. Les fonctionnaires étaient généralement bien formés dans le but d'accomplir correctement leurs tâches.
 
L’agriculture était également très productive. Les communautés de paysans cultivaient le blé, la vigne et l’olivier. Certains faisaient aussi l’élevage de moutons et de chèvres. Malgré des techniques plus rudimentaires, leurs méthodes étaient tout à fait adaptées au climat. C’est pourquoi les paysans réussissaient à avoir suffisamment de récoltes pour en vendre les surplus.
 
Byzance contrôlait encore le commerce de manière très active. Les marchands contrôlaient tant les voies vers la Russie que celles menant à l’Italie. La capitale était alors une ville aux nombreuses richesses qui attiraient les éléments les plus riches de la société, ce qui a incité plusieurs artisans à confectionner des produits de luxe : orfèvrerie, soierie, ivoire, textile, etc.
 
Au 9e siècle, les intellectuels byzantins ont commencé à regrouper leurs connaissances dans les encyclopédies. Plusieurs livres de connaissances ont alors été rédigés. À la même époque, l’hagiographie, c'est à dire l'écriture de la vie des Saints, était également en plein essor.

La chute de l’Empire byzantin

En 1056, de nouvelles réformes ont eu lieu dans l’empire, faisant en sorte que les soldats de l'armée devinrent moins nombreux. Plusieurs luttes internes liées à la succession ont également éclaté au sein de l’empire. Les invasions turques ont alors commencé au sein de l’empire. Les armées n’étant pas capables de les repousser, la population perdait espoir. Les défaites s’ajoutaient aux guerres civiles.
 
Un nouveau dirigeant, Alexis, réussit à repousser les envahisseurs grâce à des réformes amorcées en 1081. Le 11e siècle est alors marqué par une reprise économique renforcée par le commerce avec les Italiens. Le schisme de 1054 met toutefois fin aux bonnes relations entre l’Empire byzantin et l’Occident, jusqu’à ce que l’empire demande de l’aide pour ralentir les invasions turques. L’Empire byzantin dut toutefois repousser de trop nombreuses invasions. Pendant que les Byzantins se défendaient, les marchands européens prenaient le contrôle du commerce.
 
Toujours sous la menace des Turcs, les Byzantins demandèrent de nouveau de l’aide à l’Occident. Après l’échec de la croisade de 1396, l’Empire byzantin a vainement tenté de combattre les Ottomans jusqu’à la défaite de 1453. Lorsque les Ottomans prirent Byzance, les Occidentaux n’eurent plus accès aussi facilement aux marchandises de l’Orient. Cette situation fut l’une des causes des grandes explorations.


Entrée des Turcs après leur victoire


L’Empire ottoman à différentes périodes (cliquer pour agrandir)

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse