La ville médiévale

Les faubourgs

Un faubourg était un quartier situé en dehors des murs ou au-delà des portes d'une ville.

Les nouveaux quartiers, nommés faubourgs, se situaient près des lieux où se concentraient les activités commerciales, donc à proximité des marchés et des foires, mais aussi près des villes et des fortifications. Les marchands profitaient ainsi de la protection des murs. Plus tard, ces nouveaux quartiers furent réunis au sein des nouvelles enceintes qui étaient plus grandes. Les habitants des faubourgs, les bourgeois, profitaient alors des institutions de la commune.


Plan d’une ville médiévale en plein développement

L’emplacement des villes

Les villes étaient principalement situées près des axes commerciaux : mer, fleuves, grandes routes, etc. Certaines étaient plutôt situées près des territoires agricoles les plus riches; il était alors plus facile d’écouler la production et d’avoir accès aux produits agricoles. Dans ces deux cas, le choix de l’emplacement de la ville était directement motivé par les activités commerciales et l’efficacité des échanges.

Outre ces deux facteurs, certaines villes nées à l’époque gallo-romaine ont tout simplement poursuivi leur évolution puisque les infrastructures, la population et les fortifications étaient déjà sur pied. Finalement, plusieurs villes ont été fondées autour de lieux importants tels que des abbayes, des monastères ou des places fortifiées.

Le nouveau rôle des villes

Graduellement, les villes s’agrandissaient avec de nombreuses nouvelles constructions et un nombre de plus en plus élevé d’habitants. Comme elles assumaient désormais un rôle économique de production de biens et d’échanges commerciaux, elles ont rapidement développé des activités liées aux secteurs secondaire (transformation des matériaux bruts) et tertiaire (vente, commerce, finances).

Les artisans avaient quitté les domaines seigneuriaux pour venir travailler dans les villes. Une nouvelle classe sociale est née de ce mouvement des artisans et des marchands vers les villes : la bourgeoisie. Bien que les bourgeois ne représentaient que 10% de la population totale de la ville, c’était eux qui en assuraient la vitalité économique, politique et sociale. Les villes n’étaient plus seulement le siège du pouvoir, elles étaient également le symbole d’une nouvelle richesse et le coeur de la vie artistique.

La création des universités et des collèges a également contribué à la transformation du visage urbain. Au 13e siècle, marchands, artisans, comtes, évêques, étudiants et mendiants évoluaient au coeur des nouvelles cités.

Trois types de villes

Selon leur taille, leur rôle et leur importance, les villes se divisaient en trois grandes catégories : les petites villes, les capitales de province et les métropoles. Les petites villes étaient celles où avaient lieu les marchés hebdomadaires. Situées plus près des activités agricoles, elles n’abritaient que quelques artisans. Les capitales de province hébergeaient de nombreux marchands et artisans en plus d’accueillir les agents des rois et des princes. Quelques villes de ce type bénéficiaient également de la présence d’un évêque.


Vue de la ville de Carcassonne et de ses fortifications 

Les grandes capitales étaient peu nombreuses, mais leurs activités étaient déjà très variées : commerce, artisanat, finances, etc. La grande diversité des activités en faisait des villes très riches et fortement habitées. D’ailleurs, dès la fin du 13 e siècle, trois villes comptaient déjà plus de 100 000 habitants, soit Paris, Venise et Milan.


Plan de la ville de Paris, autour de 1225 (cliquer pour agrandir)

Une nouvelle apparence pour les villes

Graduellement, certaines villes ont gagné en importance. De plus, les marchands dont les ventes étaient prospères ont pu se faire construire de grands châteaux à l’intérieur des fortifications. Afin d’organiser le développement urbain, les quartiers se spécialisaient et chaque type d’activité artisanale avait sa section dans la ville. Par exemple, les étals des bouchers étaient situés à l’écart pour éviter que le sang de la viande se répande partout.

La création des universités a mené à la création de collèges. Les groupes religieux, en plus de fonder les lieux d’éducation, créaient de nouvelles églises et couvents. Les risques d’attaques ennemies étaient encore présents, d’autant plus que certains habitants des villes représentaient de riches proies dignes d'intérêt. C’est pourquoi chaque ville se dotait d’une forte enceinte de pierre et d’un bon système de défense.


Représentation des nouvelles enceintes de la ville entourant l’ancienne ville et les faubourgs 

Les fortifications et le château

Les villes sont toutes protégées par de grands murs qui entourent les habitations et protègent les citadins des attaques ennemies et des malfaiteurs. Ces murs sont également formés de tours et de créneaux. On y trouvait également des salles de garde. Toutes les rues qui menaient à l’intérieur de la ville étaient protégées par des portes qui se refermaient la nuit ou en cas d’attaque. De plus, plusieurs de ces portes ne se franchissaient que lorsque le pont-levis était abaissé. En fait, tout y est construit en fonction de la défense de la ville. Les soldats y trouvaient des endroits spécialement conçus pour attaquer les envahisseurs sans être vulnérables. Chaque ville prenait des dispositions afin de rendre ses fortifications les plus puissantes possibles.


Carcassonne : les fortifications et le château au centre de la ville
 
En plus d’empêcher les attaques, les fortifications faisaient en sorte que les endroits pour entrer ou sortir de la ville étaient limités, ce qui permettait un meilleur contrôle des nouveaux arrivants et l'imposition d’une taxe d’entrée en ville pour les commerçants. Quant au château, il dominait la ville et ajoutait de la force aux murailles. En cas d’attaque, le château servait également de refuge à la population de la ville.
 
Certaines enceintes urbaines étaient immenses et incluaient même des terres agricoles. Les habitants de la ville ne dépendaient donc pas des approvisionnements externes pour subvenir à leurs besoins. Les villes qui ne possédaient pas de terres agricoles dans leur enceinte devaient conserver de bonnes relations avec les seigneurs des terres environnantes.

Les chantiers

Les travaux de construction et les chantiers occupaient souvent des terrains entiers dans la ville. Que ce soit pour la construction ou l’entretien des bâtiments, les villes comportaient souvent un immense chantier nécessaire à l'édification des châteaux, des fortifications, des portes, de la cathédrale, des palais, etc.

Les habitations urbaines

Les bourgs et les faubourgs hébergeaient les artisans et les marchands. Les petites maisons et ateliers remplissaient donc les rues et les places de la ville protégée. Dès le 13e siècle, les constructions en pierre remplaçaient les édifices en bois ou en torchis qui étaient trop fragiles et trop peu résistants en cas d’incendie.

Un bourg est une agglomération rurale moins importante que la ville où se tient ordinairement le marché des villages environnants. On parle généralement de bourg pour désigner une cité de taille intermédiaire entre le village et la ville. 
D’ailleurs, à cette même époque, divers travaux d’urbanisme tentaient d'encadrer le développement urbain. Ces premiers règlements d’urbanisme visaient à espacer les îlots bâtis, à faire paver les rues, à gérer la distribution de l’eau et à se départir des ordures. Ces premiers règlements d'urbanisme visaient également à mettre en valeur les monuments, qu’ils soient religieux (églises, cathédrales, palais épiscopaux, couvents) ou profanes (beffrois, hôtel de ville, places publiques).

Les maisons des classes supérieures

Les riches commerçants, les comtes et leur famille disposaient de grandes maisons à plusieurs étages. Ces maisons comprenaient plusieurs pièces spécialisées : cuisine, garde-robe, salle d’études, salles de réception, chapelle privée en plus des écuries et des tours. De plus, des jardins ornaient l'extérieur.


L’intérieur de la maison d’une famille riche

La richesse de la famille se voyait également par les éléments contribuant au confort de la maison tels que des foyers, des cheminées et des vitres. De plus, les conditions hygiéniques étaient supérieures dans ces maisons grâce au puits filtrant, au système d’évacuation des eaux usées et des latrines. Ces maisons étaient également richement décorées. Cette décoration s’inspirait des maisons italiennes : pavements multicolores, fresques peintes sur les murs, peintures qui ornaient les plafonds et les meubles. La plupart de ces décorations reproduisaient le blason familial.

Les maisons des classes populaires

Beaucoup plus petites que les maisons des commerçants, celles des classes populaires frôlaient l’insalubrité : pièces exiguës et mal aérées dont l’éclairage était assuré par des lampes à huile de mauvaise qualité et par des chandelles en graisse d’animal.
 
Les artisans séparaient généralement leur maison en deux pièces distinctes au rez-de-chaussée. La pièce donnant sur la rue servait d’atelier et de boutique alors que la pièce du fond était réservée à la vie familiale. Les pièces du haut étaient généralement occupées par les chambres et les ateliers d’artisans professionnels tels que des orfèvres (fabricants de bijoux).


Un atelier d’artisan servant également de boutique

Les exercices

Les références

Les constructions urbaines


  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse