Colonisation par l'Europe de nouveaux territoires au 19e siècle

Colonisation, impérialisme et colonialisme

Au moment où les pays d’Europe se sont industrialisés, il ne restait plus beaucoup de traces des empires coloniaux des 16e et 17e siècles. Par contre, les grandes puissances européennes se sont lancées à nouveau dans de vastes entreprises d’expansion coloniale au 19e siècle.

La colonisation, c'est l'action de transformer un pays ou une région en colonie.
Le but de ces nouveaux grands empires coloniaux étaient de contrôler les échanges commerciaux à l’échelle de la planète, posséder les ressources naturelles et les matières premières des pays non industrialisés et exposer leur richesse et leur puissance face aux autres empires coloniaux. De plus, les populations des territoires colonisés leur assuraient un marché aux nombreuses marchandises produites dans les usines.

L'impérialisme est la politique d'un pays qui cherche à conserver ou à étendre sa domination sur d'autres peuples ou d'autres territoires.

On définit les grands empires par rapport au territoire. Un empire est donc l’ensemble des pays ou des territoires qui sont sous le contrôle d’une autorité centrale. Cette autorité centrale, la métropole, gère et occupe plusieurs territoires, les colonies.
 
Ces métropoles optaient pour une politique impérialiste, c’est-à-dire une politique visant à étendre leur domination dans le monde, au détriment des autres États. Cette domination pouvait alors être autant militaire, économique, culturelle que politique. Dans cette définition, la colonie est soumise à sa métropole. On appelle également l’impérialisme du 19e siècle, le colonialisme, puisque la domination s’effectuait surtout sur des territoires conquis et colonisés. Le but des grandes puissances était principalement de constituer d’immenses empires coloniaux.

Le colonialisme est une doctrine politique qui préconise ou cherche à justifier l'exploitation d'une colonie, d'un territoire ou d'un État par un État étranger.

Les diverses formes de la colonisation

Le contrôle exercé par la métropole pouvait par contre s’exercer de diverses manières, selon le but de l’empire sur un territoire donné. De manière générale, on peut faire la distinction entre les colonies de peuplement et les colonies d’exploitation.

Dans les colonies de peuplement, la métropole désirait non seulement contrôler le territoire, mais également le peupler et collaborer à son développement industriel et technique. Dans les colonies d’exploitation, la métropole exerçait surtout un pouvoir économique puisque le but était principalement de s’approprier les ressources naturelles de la colonie au nom de la métropole. Le territoire colonisé pouvait tout simplement être annexé, ce qui était de la colonisation dans sa plus simple acceptation : peupler le territoire, gouverner le territoire et contrôler les ressources naturelles.
 
Lorsque les métropoles optaient pour un protectorat, l’administration de la colonie se faisait grâce à l’intermédiaire des pouvoirs locaux préexistants. Toutefois, la plupart des décisions étaient prises indirectement par la métropole. Les territoires de type dominion étaient exclusivement des colonies de peuplement. Dans certains cas, les colonies avaient tout de même la possibilité de gérer par elles-mêmes leur territoire et leurs ressources.

Un dominion est un mot d'origine anglaise qui désigne un État autonome au sein de l'Empire britannique. Le Canada a été l'un des dominions de l'Empire britannique.
Un protectorat est un État soumis à un certain contrôle par un État plus puissant. L'État protecteur s'occupe des relations extérieures, de la sécurité et parfois une partie de l'administration. L'État protégé garde une certaine autonomie, ce qui différencie le protectorat de la colonisation.
Dans d’autres cas, les métropoles ne voulaient pas nécessairement exercer un contrôle économique ou politique. C’est pourquoi plusieurs d’entre elles ont créé des zones d’influence dans lesquelles les intérêts étaient partagés entre les empires et les structures déjà en place.

Les causes de cette vaste entreprise coloniale

L’expansion démographique des colonies de peuplement peut s’expliquer de plusieurs manières : la population augmentait et plusieurs individus ont préféré migrer vers des pays neufs, comme la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, le Canada et l’Australie. Dans d’autres cas, l’expansion démographique s’explique également par la volonté d’étendre le territoire. Les empires étaient également motivées pour des causes liées à l’industrialisation. En effet, la forte demande de matières premières justifiait la recherche de nouvelles ressources naturelles. Plusieurs industriels désiraient également étendre leur marché et dénicher de nouveaux débouchés.

La philosophie de l’impérialisme

En partie à cause de leur supériorité technique, les pays européens et les Européens en général jugeaient que leur civilisation était supérieure. Ce jugement explique pourquoi plusieurs Européens ont développé des théories autour de la supériorité de l’Homme Blanc, ce qui explique également la naissance des idées et idéologies racistes. Cette idée de supériorité se voulait également une justification de l’entreprise coloniale : les Européens imaginaient alors se vouer à une mission civilisatrice.
 
Dans les faits, l’emprise des métropoles était très forte et concernait la politique et l’économie. De plus, plusieurs humains ont été largement exploités pour leur travail pendant cette période. Leurs tâches dans les mines, les plantations ou dans les entreprises ferroviaires étaient plus souvent qu’autrement du travail forcé, voire de l’esclavage.

Les débats autour de la colonisation

Plusieurs débats ont eu lieu sur le type d’administration à mettre en place dans les colonies. Alors que certains pays, comme la France, optaient plutôt pour une politique d’assimilation, le modèle britannique visait plutôt l’association.

Dans une politique d’assimilation, les colons nient le peuple autochtone, ses cultures, ses traditions et sa langue pour l’amener au même niveau de civilisation. Dans une politique d’association, la métropole respecte les traditions et laisse le peuple se gouverner. Ces questionnements avaient surtout lieu dans les colonies de peuplement puisque dans les colonies d’exploitation, les métropoles se contentaient généralement de mettre en place des structures favorisant les échanges commerciaux : ports, routes, chemins de fer, monnaie officielle, etc.

Par contre, l’un des débats qui avaient lieu dans les colonies d’exploitation concernaient la mise en valeur du territoire. Les métropoles avaient alors la possibilité de seulement exploiter les ressources en place ou de développer des infrastructures qui permettraient au territoire de se développer d’avantage.

Les grands empires coloniaux

Au 19e siècle, plusieurs puissances européennes se sont lancées dans la colonisation. Ce fut le cas pour l’Angleterre, la France, l’Allemagne, la Belgique et la Hollande. Par contre, il ne fait pas de doute que la France et l’Angleterre étaient alors les puissances les plus fortes de l’époque. D’ailleurs, ces deux empires contrôlaient, à la fin du siècle, plus du tiers de la surface du globe.


Carte des grands empires coloniaux au 19e siècle

L’expansion coloniale a été très concentrée sur continent africain. En effet, c’est au cours du 19e siècle que les Européens ont commencé à s’y installer et à explorer ce continent.

L’Empire anglais

En 1900, l’Empire britannique couvrait 33 millions de kilomètres carrés et abritait quelques 450 millions de personnes, ce qui représentait à l’époque, le quart de la population mondiale.


L’Empire britannique est représenté en rose sur cette carte (cliquer pour agrandir)

La base de cet empire reposait sur la très grande force économique et industrielle accumulée depuis le début de la révolution industrielle. Il faut tout de même rappeler que l’Angleterre a été le premier pays à s’industrialiser. Les intérêts britanniques étaient plutôt axés sur les réserves de coton et de pétrole ainsi que sur l’acier.

Les colonies de peuplement de l’Empire britannique

Les colonies de peuplement avaient tous le statut de dominion, chacune d’elle avait alors son propre gouvernement. Ces colonies étaient le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. L’Empire britannique a également pris possession de l’Afrique du Sud, prenant ainsi le pouvoir auparavant détenu par la Hollande.

Les colonies d’exploitation de l’Empire britannique

Plusieurs colonies d’exploitation appartenaient aux Britanniques, et ce, sur tous les continents. En Amérique, le pouvoir anglais s’étendait jusqu’à la Guyane et au Honduras britannique. En Afrique, l’Empire britannique s’était emparé de plusieurs territoires : Égypte, Soudan, Somalie, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Zambie, Rhodésie, Nigéria, Ghana, etc. Finalement, la plus grande colonie d’exploitation britannique était sans doute l’Inde.


L’Empire britannique en Inde en 1856

En plus de ces territoires, l’Angleterre possédait plusieurs concessions commerciales en Chine ainsi que plusieurs relais servant de ports et de lieux de commerce.

L’Empire français

En 1900, l’Empire français était un peu plus petit que l’Empire anglais : 11 millions de kilomètres carrés, regroupant 50 millions d’habitants. Il était toutefois l’empire le plus puissant après la Grande-Bretagne,


L’Empire français au 19e siècle (cliquer pour agrandir)
Source

Les bases de l’empire colonial ont été posées par Louis-Philippe et par Napoléon III. D’ailleurs, la colonisation de l’Algérie a débuté dès 1830. C’est toutefois pendant la IIIe République que la véritable expansion coloniale s’est faite. Dans la plupart des colonies françaises, l’administration était faite par des gens de la métropole avec l’aide de quelques cadres autochtones. Toutefois, ces cadres avaient un pouvoir réellement limité.

Les colonies françaises

Les principales colonies de peuplement de l’Empire français ont été dans le Maghreb, au nord de l’Afrique, avec des possessions comme l’Algérie, le Maroc et le Tunisie. En Afrique, la France possédait surtout des colonies d’exploitation un peu partout sur le continent : Mauritanie, Mali, Niger, Haute Volta, Tchad, Sénégal, Côte d’Ivoire, Dahomey, Congo, Gabon, Centre d’Afrique, Madagascar et Somalie. En Asie, la France a occupé plusieurs régions du Viet-Nam, le Cambodge, le Laos ainsi que plusieurs comptoirs en Chine. L’Empire français s’étendait également dans d’autres régions du monde comme la Guyane, les Antilles, Saint-Pierre et Miquelon, Inde, Polynésie-Française, Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides.

Les autres empires coloniaux

Dès 1880, plusieurs autres pays se sont lancés dans de vastes entreprises de colonisation. Voici les données principales liées à chaque pays.

  • La Belgique a pris possession du Congo;
  • L’Espagne a implanté des colonies au Sahara et en Guinée espagnole;
  • Le Portugal s’est implanté en Angola, au Mozambique, à Goa et à Macao;
  • Les Pays-Bas ont pris la Guyane, l’Indonésie et la Nouvelle-Guinée;
  • L'Italie s’est approprié la Libye, la Somalie et l’Érythrée;
  • L’Allemagne a contrôlé le Togo, le Cameroun et le sud-ouest africain, en plus de posséder quelques comptoirs en Chine;
  • La Russie a entrepris des campagnes de colonisation vers l’est, mais s’est vite heurtée avec le Japon.

De nouveaux empires

À l’époque, il faut également tenir compte de deux nouveaux empires de plus en plus forts : le Japon et les États-Unis. Le Japon, sorti de sa période de réclusion, s’ouvre sur le monde et s’industrialise rapidement. Les États-Unis sont également de plus en plus présents sur la scène internationale. En plus de coloniser les Philippines, les États-Unis sont industrialisés à la grandeur de leur territoire. Ce sont les Américains qui entreprennent la construction du Canal de Panama, dont ils contrôlent le territoire.


Le Canal de Panama relie l’océan Pacifique et l’océan Atlantique (cliquer pour agrandir)
Source

À partir de cette époque, les États-Unis n’ont que renforcé leur ambition d’agir sur la scène internationale. Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, ce pays n’a cessé d'accroître sa puissance. Assez tôt, les États-Unis se positionnent en défaveur du colonialisme. Les Américains critiquent l’attitude de supériorité des colons européens. De plus, lorsque les territoires étaient colonisés par les puissances européennes, les États-Unis ne pouvaient pas y créer de nouveaux marchés. Malgré ces nouveaux empires, la domination européenne sur l’ensemble de la planète a perduré jusqu’en 1939, grâce à sa puissance économique, culturelle, historique et colonisatrice.

Les impacts de la colonisation

Les rivalités entre les puissances

Étant donné que chaque pays désirait contrôler le plus de territoires et le plus de ressources naturelles, de fortes tensions se sont développées au fil des ans. Alors que l’Angleterre était définitivement l’empire le plus puissant au début de la colonisation, l’Allemagne a lentement pris cette position. L’industrialisation en Allemagne était de plus en plus forte et le pays avait de grandes quantités de marchandises à écouler.
 
Toutefois, les tensions n’étaient pas limitées aux puissances européennes. De nouveaux joueurs politiques (Japon, États-Unis) étaient dans la course et ne manquaient pas de faire valoir leur puissance. Plusieurs conflits ont d’ailleurs éclaté au 19e siècle et avant la Première Guerre mondiale. Certaines tensions ont d’ailleurs causé, en partie, l’éclatement du premier conflit mondial.

La domination des métropoles sur les colonies

Bien que les métropoles donnaient les moyens matériels et techniques de se développer et de s’industrialiser, ces métropoles imposaient également leurs valeurs et leurs produits. Cette domination se faisait sur tous les aspects (politique, économique et culturel) et tendait à effacer ou nier les valeurs et les traditions locales. De plus, dans les colonies d’exploitation, les nouveaux dirigeants privilégiaient la culture et l’exploitation des matières premières, au détriment des cultures de subsistance des paysans. Comme les Européens étaient convaincus d’amener les bienfaits de la civilisation dans ces territoires, les pratiques n’étaient pas remises en question. Plusieurs missions religieuses ont également pris part aux activités colonisatrices, afin de convertir la population locale.

L’acculturation

Peu importe la politique de colonisation adoptée par la métropole, l’appropriation des terres a bouleversé la culture de la colonie. Le cadre traditionnel était brisé par l’arrivée massive des étrangers, des industries et des sites d’exploitation. Pourtant, dans bien des cas, c’était ce cadre traditionnel qui assurait la solidarité des peuples autochtones.

L'acculturation est un processus par lequel un groupe un individu assimile une culture différente, qui lui est étrangère.

Après la colonisation, les habitudes, les modes de pensée ne sont plus les mêmes. De plus, toutes les croyances religieuses traditionnelles avaient été ébranlées par les missions religieuses. Bien des colonisés étaient d’ailleurs déchirés entre l’acceptation de l’influence occidentale et l’attachement à la tradition. Ils ne pouvaient prendre les nouvelles technologies sans perdre leurs coutumes.

Le travail forcé

Dans plusieurs colonies, les autochtones étaient exploités par les colons. Plusieurs autochtones africains étaient même des esclaves. Cette exploitation des colonisés par les colonisateurs a créé de grandes inégalités sociales. La bourgeoisie se limitait bien souvent aux colonisateurs alors que les autochtones servaient de masse ouvrière à rabais.

Urbanisation rapide

Les colons européens ont souvent créé des centres à des endroits plus ou moins développés par les peuples autochtones. Autour de ces points pourtant, il y a eu rapidement urbanisation. Ces nouvelles villes étaient souvent situées près des ports, des plantations ou des ressources naturelles (mines, pétrole, etc.)

Des pays encore en voie de développement

Les empires coloniaux ont vraisemblablement réussi à étendre les territoires urbanisés et industrialisés. Toutefois, l’entreprise coloniale ne se souciait guère du développement efficace et durable du territoire. Les métropoles ne développaient que les aspects qui leur rapportaient. C’est pourquoi plusieurs pays colonisés à cette époque sont encore considérés comme des pays en voie de développement. Les techniques ont été importées, mais pas les structures sociales qui permettraient un développement réel et durable. Ceci est encore plus vrai dans les anciennes colonies d’exploitation puisque les colons ne s’intéressaient qu’aux ressources naturelles.
 
Tous ces impacts ont causé les nombreux mouvements anticolonialistes et ont suscité la volonté de décolonisation, apparue dès la fin de la Première Guerre mondiale et plus fortement encore à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse