La deuxième phase industrielle

Alors que la première phase d’industrialisation marquait le début des grandes industries et du travail avec des machines, la seconde révolution industrielle s’est plutôt faite autour des nouvelles technologies énergétiques. Le monde du travail était déjà considérablement modifié par la première révolution industrielle : travail en usine, répartition des tâches, machines à vapeur, etc. La société était également transformée : urbanisation, nouveaux transports, campagnes et villes facilement accessibles, développement d’un nouveau capitalisme, nouvelles classes sociales, etc. La seconde phase de l’industrialisation a poussé plus loin les progrès scientifiques et technologiques et a également mis en place des méthodes de travail encore plus axées sur l’efficacité et la rentabilité.

Les principales innovations techniques

Plusieurs domaines ont continué à progresser lors de cette deuxième révolution industrielle : sidérurgie, électricité et chimie.

Sidérurgie

Cette période industrielle constitue l’époque axée sur le développement de nouveaux alliages de métal. Ces nouveaux alliages ont favorisé l’émergence des bâtiments à structure métallique (permettant la construction des gratte-ciel, principalement aux États-Unis), la construction navale s’est concentrée sur les bateaux à coque métallique (les navires à vapeur ont alors pris plus d’importance que les navires à voiles), la construction automobile bénéficiait également de nouveaux métaux plus appropriés, tout comme l’industrie aéronautique, en plein essor autour de la Première Guerre mondiale.

L’électricité

L’électricité a découlé d’un long processus d’inventions et de découvertes, amorcé en 1800. Toutefois, à la fin du 19e siècle, de nouvelles inventions ont permis d’utiliser efficacement cette énergie : la dynamo en 1871 et la lampe d’Edison en 1879. L’électricité est ainsi devenue la base d’un nouveau système technique, modifiant à la fois le fonctionnement des industries et la vie quotidienne. Par exemple, dès 1880, des réseaux d’éclairage public ont été mis en place dans les grandes villes : New York, Paris, Londres. L’électricité est d’ailleurs le symbole de cette époque. C’était aussi l’élément vedette des expositions universelles de la fin du 19e siècle.
 
En plus de pouvoir fournir un éclairage nocturne aux rues des villes, l’électricité a mené à l’invention du moteur électrique. Cette dernière invention permettait ainsi le transport du courant électrique grâce aux transformateurs (1890) et aux lignes de haute tension (1908). Le transport d’électricité devenu possible, les villes et les industries pouvaient dorénavant être plus loin des sources d’énergie. De plus, le moteur électrique peut produire de l’énergie mécanique à partir d’une alimentation électrique (utile pour alimenter les machines des usines), mais il peut également produire de l’électricité à partir d’une énergie mécanique (utile pour produire de l’électricité par un mouvement, par exemple, l’électricité hydraulique).
 
Concrètement, le moteur électrique a également favorisé une meilleure organisation dans les usines puisqu’il était possible d’alimenter individuellement chaque machine, contrairement aux complexes réseaux de courroies et d’engrenages nécessaires pour relier les machines à la machine à vapeur. L’énergie électrique a donc diminué la perte d’énergie due au frottement des courroies, favorisé une meilleure organisation du travail, augmenté les profits des industries. Dans les transports urbains, l’électricité a permis de nombreuses innovations telles que le tramway électrique et le métro électrique. L’électricité a donc favorisé l’urbanisation.


Salle de dynamos d’une usine de production de tramways au début du 20e siècle (cliquer pour agrandir)

Le secteur chimique

La seconde phase industrielle s’est également faite dans le secteur scientifique. En effet, plusieurs nouveaux procédés chimiques ont été élaborés au cours de cette période. Ces nouveaux procédés ont favorisé l’essor de nouveaux types d’engrais, d’explosifs, de colorants synthétiques et des matières plastiques. À la base, les recherches sur le plastique visaient surtout à créer des substituts aux matières en pénurie. Rapidement toutefois, le plastique a été développé pour des usages propres. Par exemple, c’est à cette époque que le celluloïd a été inventé. Cette pellicule servait alors à la photo et au cinéma.
 
La principale innovation possible grâce au développement du secteur chimique est sans doute le pétrole. Le pétrole est d’ailleurs la cause de la véritable révolution des transports qui a eu lieu à l’époque. Au milieu du 19e siècle, le pétrole était déjà raffiné et servait à l’éclairage à l’huile ainsi qu’à d’autres produits dérivés tels le goudron, l’essence et les solvants. Le pétrole, tout comme le transport d’électricité, favorise la délocalisation puisque le pétrole est facile à transporter.
 
Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle que l’extraction massive de pétrole a commencé et c’est au tournant du 20e siècle que les premières campagnes de prospection ont eu lieu au Moyen-Orient. Le plus grand producteur de pétrole a été les États-Unis, qui produisaient 70% du pétrole dans le monde, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.

Une révolution dans les transports

L’automobile

La seconde révolution industrielle est réellement l’ère de la voiture. Le pétrole extrait et raffiné plus facilement permettait l’émergence de ce nouveau type de transport. La première voiture de production industrielle a été fabriquée par Carl Benz en 1886.


Premier modèle de voiture usinée, par Benz, en 1886 (cliquer pour agrandir)

De plus, la conception du moteur à explosion, entre 1865 et 1885, a rapidement servi aux automobiles. À la même époque, de nombreuses améliorations étaient apportées aux voitures construites : meilleure fiabilité, nouveau confort grâce aux pneumatiques et aux chambres à air, mise en place d’un système de freinage et installation d’une boite de vitesses synchronisée.


Voiture Benz grandement améliorée en 1901 (cliquer pour agrandir)


Schéma d’un moteur à explosion (cliquer pour agrandir)

L’industrie automobile, la rationalisation du travail et les impacts dans les autres secteurs industriels

C’est également l’industrie de la voiture qui a influencé les méthodes de travail en usine. En effet, grâce aux idées de Taylor et à la chaîne de montage de Ford, la production massive de voitures était possible. De plus, la chaîne de montage assurait la standardisation des produits. Rapidement le principe de chaîne de montage est appliqué aux autres usines : chaussures, montres, rasoirs, etc. L’offre entretient une demande constante : c’est le début de l’ère de la consommation et de l’essor des services commerciaux dont la publicité.

Les transports maritimes

En plus de coques métalliques, le transport maritime a profité de la construction de deux canaux facilitant les grands voyages en mer : le Canal de Suez en 1869 et le Canal de Panama en 1914.


Le Canal de Suez relie la mer Rouge à la mer Méditerranée (cliquer pour agrandir)
Source

Les transports urbains

Avec l’exode rural qui se poursuivait, de nombreux transports en commun ont été mis sur pied afin d’assurer plus facilement les transports des citadins dans les villes de plus en plus grandes. C’est pourquoi chaque grande ville se dotait d’omnibus, de tramways ou de métro.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse