Les conquêtes de l'Angleterre en Amérique

L'Empire britannique, de la même manière que l'Empire français, a pris plus de temps avant de se lancer dans la colonisation de peuplement en Amérique. Le retard des Britanniques s'explique de la même manière que celui des Français : les Anglais étaient beaucoup plus motivés à contourner le continent pour trouver la route vers le Pacifique qu'à occuper et peupler ce continent.

Les premiers établissements britanniques en Amérique qui perdurent sont établis en 1608 à Jamestown en Virginie. Un groupe d'anglicans y établissent une exploitation agricole. Cette exploitation a rapidement mis en pratique la culture de grandes plantations en ayant recours à des esclaves.

Les colonies de peuplement et les religions

Les premiers immigrants britanniques en Amérique vont s'installer dans les colonies de peuplement dans le but de fuir leur pays. En effet, certains groupes religieux étaient persécutés en Europe. Ces gens quittaient leur pays pour vivre leur religion en toute liberté.

Après les anglicans en Virginie, ce furent les puritains qui s'installèrent à Cape Cod dès 1620. Ce sont également des puritains qui vont créer le Massachusetts. Jusqu'en 1640, cette région ne va accueillir que des puritains. Alors que la région de Jamestown se consacre à l'agriculture, la région dirigée par les puritains va plutôt se consacrer au commerce.

Le puritanisme désigne un mouvement du protestantisme de la fin du 16e siècle au début du 17e siècle. Les puritains sont des personnes qui adhèrent à ce mouvement.

Domination anglaise dans un espace restreint

Rapidement, l'anglais s'impose. Les Britanniques deviennent le groupe majoritaire. L'espace de la Nouvelle-Angleterre est un espace restreint, mais la domination est forte. D'ailleurs, les immigrants britanniques s'emparent rapidement des territoires que possédait auparavant la Hollande.

Distinctions entre les colonies du nord et celles du sud

Jusqu'en 1642, les nouvelles colonies se développent grâce à la forte immigration. Assez tôt, des différences marquées se créent entre les colonies plus au nord et celles plus au sud. Les nouvelles colonies du nord sont fortement marquées par la religion : puritains et quakers. Ces colonies fonctionnent avec un système théocratique intolérant. La vie spirituelle est riche. C'est dans les colonies du nord que la première université ouvre ses portes : en 1636, l'Université de Harvard est officiellement fondée.

Un quaker est un membre d’un mouvement religieux protestant répandu surtout aux États-Unis.

Les colonies plus au sud ont vraiment une structure politique, religieuse, économique et sociale très différente. En fait, ces colonies sont essentiellement agricoles. Les plantations de tabac et de sucre exigent rapidement une main-d'oeuvre abondante. Dès 1620, ces colonies ont recours au commerce triangulaire pour obtenir suffisamment d'esclaves. Très tôt, ces colonies constituent une société basée sur l'esclavage. Tous les profits vont directement aux grands propriétaires agricoles.


Les 13 colonies : en rose, les colonies du nord; en orange, les colonies du sud et en jaune, les anciennes colonies hollandaises (cliquer pour agrandir)
 
Il est important de préciser qu'environ 523 000 esclaves noirs ont été envoyés dans les colonies d'Amérique du Nord, ce qui représente environ 4,6% des 11 millions esclaves envoyés dans toutes les régions de l'Amérique.

L'immigration variée et rapide change la Nouvelle-Angleterre

En 1664, la Nouvelle-Angleterre prend possession des colonies hollandaises. Ces nouveaux territoires donnent accès au Nouveau Monde pour les immigrants irlandais et écossais. En fait, plusieurs immigrants irlandais, écossais et allemands arrivent en Nouvelle-Angleterre. Les nouveaux arrivants s'installent dans l'arrière-pays et défrichent des nouvelles terres. Après 1680, plusieurs sources d'immigration augmentent continuellement la population de la Nouvelle-Angleterre. En effet, ces nouvelles arrivées ne sont plus majoritairement anglaises. 
 
L'évolution de la population de la Nouvelle-Angleterre a été rapide. En 1690, cette population s'élevait à 250 000 individus. Dès 1760, cette même population s'élevait à environ 1,6 million, tandis qu'elle dépassait déjà les 2,5 millions en 1775

L'administration de la Nouvelle-Angleterre

Dès les débuts de la Nouvelle-Angleterre, les colonies profitent d'une grande autonomie administrative par rapport à leur métropole. Les colonies mettent rapidement en place un gouvernement local, une assemblée législative et des règles démocratiques. Assez tôt, les habitants de la Nouvelle-Angleterre se sont montrés méfiants face aux administrateurs en provenance de la métropole. 

La colonisation britannique et les Amérindiens

Les relations entre les colons britanniques et les Amérindiens ont évolué avec le temps. De pacifiques qu'elles étaient au début de l'histoire de la Nouvelle-Angleterre, elles se sont lentement détériorées.

Des premiers contacts pacifiques à la détérioration des liens

Les premiers contacts ont d'abord été pacifiques. Les Anglais s'alliaient aux Amérindiens pour s'adapter plus facilement au climat et aussi pour développer des relations commerciales avec eux.

Pourtant, ces relations ont changé radicalement. En effet, bien peu de temps après la création de la Nouvelle-Angleterre, les colons britanniques considéraient désormais les Amérindiens comme des concurrents à la possession des terres. Les Anglais désiraient contrôler cette partie du territoire américain et la présence des Amérindiens représentait un obstacle important à la réalisation d'un tel objectif. De plus, la majorité des Amérindiens étaient les alliés des Français. Aux yeux des Anglais, les Amérindiens constituaient donc un double ennemi.

L'alliance avec les Iroquoiens

Les Anglais, profitant de la guerre entre les Iroquoiens et les Algonquiens, se sont alliés aux Iroquoiens. De cette manière, ils nuisaient à la fois aux nations amérindiennes et aux Français. Pourtant, les Anglais ont continué à être en conflit avec les autres nations autochtones. À la suite des nombreux conflits, les autres nations, plus petites et moins fortes, ont lentement disparu du territoire.

Lorsque les colons prenaient possession d'une nouvelle région en massacrant des groupes d'Amérindiens, ils propageaient l'idée que ce progrès de la colonisation se faisait pour la gloire de Dieu. Par contre, si les Amérindiens remportaient une bataille, les colons accusaient ceux-ci de tuerie.

La perception que les Britanniques avaient des peuples amérindiens

Selon les Anglais, les autochtones étaient des créatures infernales, sans pudeur et sans dieu. Les nouveaux arrivants britanniques se confiaient ainsi une mission sacrée : conquérir le territoire du malin. Selon eux, ce territoire leur était assigné par la providence. Il n'y avait pas de place pour les Amérindiens. Les massacres et les maladies qui accablaient les Amérindiens en formaient la principale preuve.

Les effets néfastes de l'expansion du territoire sur les Amérindiens

Lentement, la progression des colons dans les régions forestières a créé de nombreux conflits avec les nations autochtones qui y séjournaient. Les colons ne tenaient pas les promesses qu'ils faisaient aux Amérindiens et les armes des autochtones s'avéraient totalement inutiles face aux armes des Européens.

L'expansion du territoire britannique a causé une forte baisse du gibier dans les régions de chasse. Les Amérindiens se voyaient donc obligés de choisir entre les guerres ou la famine et entre les guerres ou l'exil vers les contrées vierges de l'ouest. Pour les Britanniques qui réalisaient que ces peuples ne se soumettraient ni à leur présence ni à l'esclavage et qu'ils seraient incapables de vivre en harmonie avec eux, la solution privilégiée était l'extermination.

Les Amérindiens ont pratiquement vécu un génocide. Les survivants ont tous été intégrés dans des réserves amérindiennes. Dès 1806, il y a eu plusieurs déportations systématiques : les Amérindiens se trouvant sur les terres américaines ont tous été expatriés vers l'ouest, ce qui fait que, en 1836, il ne reste aucun Amérindien dans tout l'est des États-Unis.

Quelques années plus tard, en 1862, les Américains ont offert des terres agricoles aux familles non amérindiennes sur les terres qui appartenaient auparavant aux Amérindiens. En 1871, les Américains ne reconnaissaient toujours pas les nations amérindiennes. Ils reconnaissaient les individus, mais pas les cultures et les nations. Le but était de transformer ces Amérindiens en fermiers afin qu'ils s'intègrent mieux au nouveau pays.

Les exercices

Les références

Les grands empires coloniaux et l'Amérique


  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse