L'urbanisation de New York

New York

Brève histoire

Dès la seconde moitié du 17e siècle, New York a connu une croissance très rapide, due à l’arrivée constante de nouveaux immigrants européens. Cette croissance était tellement rapide que New York était la troisième plus grande colonie américaine en 1720. En 1775, la population y était alors de 70 000 habitants. New York a été une possession britannique jusqu’en 1783, année où l’Angleterre a reconnu officiellement la fédération américaine.

Création d’un pôle commercial important

La vie économique et commerciale de New York se développait grâce à la situation géographique avantageuse de la ville. En 1792, pour faciliter les échanges commerciaux et uniformiser les taux, plusieurs marchands se sont réunis sur Wall Street. Cette association faisait de Wall Street le centre du commerce de la ville de New York. Aujourd’hui encore, Wall Street demeure le centre du commerce new-yorkais.


Wall Street au 19e siècle

Le rôle économique et commercial de New York s’est accentué en 1825, grâce à l’ouverture du canal Érié, qui reliait la ville aux Grands Lacs.


Le tracé du canal Érié, longé par des réseaux ferroviaires (cliquer pour agrandir)

Une croissance urbaine incessante

La croissance de New York s’est principalement faite par l’arrivée constante d’immigrants européens. Dès 1830, plusieurs millions d’immigrants arrivaient aux États-Unis. Ils étaient, entre autres, irlandais catholiques, allemands, français et juifs. D’ailleurs, entre 1820 et 1890, ce sont 10 millions d’immigrants reçus aux États-Unis qui sont arrivés à New York. Grâce à ces nouveaux habitants, New York est devenue la plus grande ville américaine en 1820, avec 127 000 habitants.
 
La population de New York évoluait en fonction de ces arrivées d’immigrants. La portion d’habitants new-yorkais nés à l’étranger n’a fait qu’augmenter pendant plusieurs années: en 1840, le tiers de la population était né à l’étranger. En 1855, cette portion dépasse la moitié de la population. Ces immigrants quittaient leur pays d’origine pour plusieurs raisons : la baisse des industries rurales, la baisse de l’artisanat et la commercialisation de l’agriculture. Ils recherchaient alors une vie meilleure en Amérique. Toutefois, la plupart de ces immigrants demeuraient à New York.

Premiers travaux d’urbanisme

Un premier plan d’urbanisme a été dessiné en 1811 par John Rande. Il crée alors un plan de Manhattan : 12 larges avenues croisées par 155 rues perpendiculaires. Manhattan a alors pris le design en quadrilatères qui existe encore aujourd’hui.


Le plan de Manhattan (cliquer pour agrandir)

Impact de l’immigration sur le tissu urbain

Arrivant de plusieurs pays différents, les immigrants créaient des liens entre eux. Ces liens ont forgé des communautés ethniques très serrées. C’est pourquoi les quartiers se divisaient selon les ethnies. La langue principale de ces quartiers n’était pas l’anglais. Ces quartiers d’immigrants se développaient grâce aux sociétés d’entraide (logement et travail) ainsi qu’à la solidarité.

Essor de la deuxième moitié du 19e siècle

Plusieurs facteurs expliquent pourquoi la ville s’est considérablement transformée dans la deuxième moitié du 19e siècle : bouleversements technologiques, économiques et sociaux, tous causés par la révolution industrielle. Rapidement, New York doit conquérir plus d’espace, le développement de la ville est alors fulgurant. L’urbanisation se fait de manière différente dans les villes nord-américaines que dans les villes européennes. En effet, ces villes sont plus jeunes, elles n’ont donc pas à gérer le nouveau développement en accord avec l’existence des plus vieux quartiers, comme ont dû le faire Paris et Londres.
 
En 1850, New York abritait plus de 515 000 habitants, dont 60% ne sont pas nés aux États-Unis. Rapidement, la ville est devenue une métropole dense. Comme toutes les grandes villes industrielles, New York faisait face à des problèmes d’urbanisme (configuration de l’espace, transports, salubrité) et à des problèmes sociaux (questions ouvrières).

Les défis auxquels New York doit répondre

La ville doit accueillir un flux constant de nouveaux arrivants. Ces arrivants décidaient souvent de rester à New York puisqu’il n’y manquait jamais d’ouvriers. New York était alors un chantier constant : construction de nouveaux quartiers, nouveaux bâtiments et nouvelles usines.
 
En 1856, les dirigeants de la ville ont pris conscience des conditions déplorables des quartiers ouvriers. Le plan de la ville ne tenait pas compte de l’arrivée massive d’immigrants et d’ouvriers. Ces derniers s’entassaient alors dans des immeubles insalubres mal aérés, sombres et sans eau courante. Certains habitaient même dans les caves des édifices. À l’époque, il n’y avait pas de réglementation, à la fois sur l’architecture et sur l’espace alloué aux constructions.
 
L'industrialisation progressive de New York n’a pas du tout aidé cette situation puisque les logements des ouvriers étaient souvent situés à côté des abattoirs, des usines, des ateliers et des entrepôts, ce qui n’aidait en rien à leurs conditions. D’ailleurs, plusieurs épidémies se propagent au cœur des quartiers ouvriers à cause de ces piètres conditions de vie.
 
La vie new-yorkaise était également confrontée à une situation violente accentuée par les inégalités sociales et les problèmes de racisme. Entre 1857 et 1863, de nombreuses émeutes violentes et des guerres de gang ont ébranlé les quartiers ouvriers de la métropole. Finalement, les autorités de New York devaient également régler les problèmes de circulation dans la ville. Les rues étaient alors mal pavées, sales et dangereuses pour les piétons. De plus, elles étaient constamment encombrées par les autobus et les tramways.

Les améliorations liées au transport

Plusieurs modes de transport différents ont été implantés à New York afin de faciliter les déplacements dans la ville :

  • Premiers tramways hippomobiles (tirés par des chevaux) dès 1850;
  • Métro aérien dès 1868;
  • Ferrys;
  • Pont de Brooklyn en 1883;
  • Métro sous-terrain dès 1904.

Grands projets d’urbanisme du 19e siècle

L’urbanisme new-yorkais a dû s’inspirer des principes de Haussmann en matière d’organisation, d’aménagement de l’espace et de salubrité. C’est pour cette raison que la ville a décidé de concevoir un immense parc au cœur de la ville. C’est donc en 1857 que les travaux de Central Park débutent. Ces travaux ont duré jusqu’en 1873.


Travaux d’aménagement dans Central Park


Central Park aujourd’hui (cliquer pour agrandir)

En 1860, 800 000 personnes habitaient New York alors que 300 000 autres habitaient Brooklyn, la ville voisine. L’espace manquait et, même si la densité de la ville était déjà élevée, il fallait trouver un moyen de l’augmenter encore. C’est à partir de 1857 que l’on a imaginé un nouveau concept d’immeuble avec le Haughwout Store (ancêtre des gratte-ciel), immeuble de 5 étages, doté d'ascenseurs. À partir de cette année, New York allait se doter de plusieurs gratte-ciel, dont le Flat Iron en 1902.

 
Le Flat Iron (cliquer pour agrandir)

Par contre, les premiers gratte-ciel se sont bâtis de manière anarchique : ils obstruaient les rues et bloquaient la lumière et l’air. C’est pourquoi la Zoning Resolution de 1916 soumettait la construction à certaines règles afin de tenir compte du bien-être du citoyen. En 1882, grâce à Thomas Edison, la ville a été électrifiée. Les rues bénéficiaient d’un éclairage nocturne, les édifices pouvaient être dotés d’ascenseurs, les lignes de tramway et de métros fonctionnaient à l’électricité et la circulation de l’eau courante se faisait partout. De plus, les premières lignes téléphoniques ont été installées dès 1889 dans New York.
 
Finalement, c’est en 1898 que la grande ville de New York, qui s’était étendue dans toute la périphérie, fut regroupée en 5 grands districts: Manhattan, Queens, Bronx, Staten Island et Brooklyn. New York, avec ses 6,5 millions d’habitants devenait la première ville des États-Unis.

Les grands bâtiments érigés au 19e siècle

Le 19e siècle fut également une période consacrée à la construction de plusieurs édifices publics, participant tout autant au prestige de la métropole dont :

  • Le Musée d’art métropolitain en 1870;
  • Inauguration de l’Opéra en 1883;
  • Le Musée d’histoire naturelle;
  • Le Musée de Brooklyn;
  • Le Carnegie Hall.


Le Musée d’art métropolitain


La salle du Carnegie Hall

De plus, c’est en 1886 que la France a offert la Statue de la Liberté à la ville de New York. Cette statue allait devenir le symbole de la réussite sociale, toujours possible dans l’immense métropole. Cette statue accueillait d’ailleurs les nouveaux arrivants dans leur nouveau pays.

 
La Statue de la Liberté

Grâce à sa taille immense, à sa croissance rapide et à sa constante adaptation, New York est devenue la nouvelle référence urbaine : symbole de prospérité et de maîtrise de l’espace urbain.

L’évolution de la population de New York

Année Population
1775 70 000 habitants
1820 127 000 habitants
1860 800 000 habitants
1892 3 millions d’habitants
1910 6,5 millions d’habitants

Les exercices

Les références

Histoire de la ville de New York
New York City
Histoire de New York


  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse