L'expansion de l'islam

L’islam est une religion qui a été fondée au 7e siècle en Arabie par le prophète Mahomet. Il s'agit d'une religion monothéiste qui suppose l'existence d'un seul Dieu, Allah. Les dogmes islamiques impliquent une soumission à Allah de la part des fidèles, les musulmans.

Bien que l’islam soit issu des mêmes croyances que le judaïsme et le christianisme, les musulmans ne vénèrent que leur Dieu. Par conséquent, ils ne vouent pas de culte à leur prophète, par opposition au christiannisme qui donne le titre de fils de Dieu à son prophète.
 
Allah est un dieu unique qui ne se divise pas en Trinité comme le Dieu chrétien. En fait, aucun culte ne s'apparente à celui pratiqué par les chrétiens à l'endroit de Jésus. D’ailleurs, les représentations des figures sacrées par image ou par icône ne sont pas permises chez les musulmans.

Croyances et textes sacrés

La révélation de Mahomet

L’islam provient du témoignage de Mahomet qui a reçu la révélation divine transmise par l’Ange Gabriel (l’Esprit divin). Mahomet a ensuite rapporté cette révélation considérée comme la parole de Dieu dans le Coran, texte sacré de l’islam.

Le Coran est formé de 114 sourates toutes divisées en versets. Ce texte est considéré à la fois comme l’acte constitutif de l’islam et sa référence absolue. L’étude du Coran est dans le programme scolaire. Les enfants doivent apprendre à en réciter des passages.


Une page du Coran (cliquer pour agrandir)

Le Coran fait partie d’un ensemble plus grand : le Livre d’Allah. Celui-ci contient toute la parole de Dieu telle que prêchée dans la Torah, dans l’Évangile et dans le Coran.

Les idées et dogmes

L’islam ne se limite pas à la foi et aux pratiques religieuses. La foi islamique implique aussi un mode de vie, un code moral, une culture et une conception de l’État et du système juridique. Les dogmes islamiques se divisent en six catégories : Dieu, les Anges, les Écritures, les Prophètes, le Jugement Dernier et la Prédestination.
 
Dieu détermine tous les éléments contenus dans les cinq autres dogmes qui y sont attachés. Les Anges sont les serviteurs d’Allah et son soumis à son pouvoir. Certains jouent un rôle important dans la vie quotidienne des musulmans, dont les anges gardiens qui notent les actes auxquels les Hommes vont devoir répondre lors du Jugement dernier. Le Jugement Dernier occupe une place importante dans le Coran. À cette occasion, chaque âme devra répondre de ses actes devant Dieu. La Prédestination est une idée centrée sur Dieu (théocentrisme). Cette dernière implique que toute la puissance divine mène l’Homme vers la foi. La défense de l’honneur de Dieu est plus importante que la liberté et la dignité humaines.

Les cultes

Les musulmans doivent accomplir certaines tâches pour manifester leur foi. Ces tâches sont appelées les cinq pilliers : chahada, salat, zakat, saoum et hadj. Le chahada est l’acte de profession de foi en Dieu et en la mission de Mahomet. Le salat est une prière rituelle accomplie six fois par jour en faisant face à La Mecque. La zakat est un don effectué à la communauté. La valeur de l’aumône est établie proportionnellement avec les revenus et les moyens financiers. Le saoum est un jeûne accompli durant le jour pendant tout le mois du ramadan. Le hadj est un pèlerinage vers La Mecque que chaque croyant doit faire s’il en a les moyens financiers et physiques.
 
De plus, certains rituels sont prérequis à l'accomplissement de ces tâches obligatoires. Avant la prière, les musulmans doivent se prêter au wudu, ce qui consiste à se laver les parties exposées (mains, pieds, visage). L’islam impose parfois le devoir d'entreprendre une guerre sainte, un jihad. Tous les hommes adultes doivent obligatoirement y participer afin de propager l’islam dans les territoires non-acquis ou afin de protéger l’islam lorsqu’il est menacé par des non-musulmans. Il y a jihad lorsque les musulmans jugent qu’il est possible d’infliger une défaite aux non-musulmans.

Les lieux de cultes


La Mosquée d’Istanbul
 

Les mosquées ne sont pas confessionnelles, il n’y a donc pas de différence entre les mosquées sunnites et les mosquées chiites. Chaque mosquée accepte tous les musulmans, peu importe leur allégeance.

Le code de vie

Le code moral des musulmans est encadré par des normes qui déterminent ce qui est hallal (bon) et ce qui est haram (défendu par Dieu). Le meurtre, l’adultère, le vol, le jeu, la surconsommation, la corruption, le commérage, la pornographie, la prostitution, les drogues et l’alcool sont considérés comme haram. Les musulmans doivent se garder de commettre des gestes interdits et de participer à des activités ou des loisirs qui encouragent ce qui est haram.

La communauté musulmane

Les musulmans sont les descendants d’Abraham. Or, bien que des origines communes rapprochent l'islam du christianisme et du judaïsme, des différences majeures distinguent ces trois religions monothéistes en raison de la perception de leur prophète respectif.
 
La communauté de l’islam peut être divisée en deux grandes catégories : les chiites et les sunnites.
 
Les chiites, qui représentent entre 10% et 15% de l’ensemble des musulmans, valorisent l’unicité divine, les textes sacrés, le prophète, les cinq obligations fondamentales, le jugement dernier et la résurrection. En général, les chiites doivent respecter le pouvoir politique musulman, même si celui-ci a des pratiques condamnables. De plus, chez les chiites, il y a concordance entre la foi et les actes : seul Dieu peut juger si un homme est croyant. Finalement, dans la pratique chiite, seuls les descendants de la famille du prophète peuvent accéder aux postes de pouvoir.
 
Les sunnites sont majoritaires et regroupent 85% des musulmans. Ces derniers sont issus des groupes qui souhaitaient que le pouvoir ne soit pas transmis de manière héréditaire, mais de manière démocratique. En général, les sunnites refusent l’extrémisme et recherchent la modération dans la foi et la pratique.

Le clergé

L’islam n’a pas le même type de hiérarchie que l’Église catholique et n’a pas de chef ayant la même autorité que le pape. Pourtant, il existe une forme d'organisation cléricale. Cette structure varie entre les chiites et les sunnites.
 
Chez les chiites, un dirigeant spirituel donne des directives précises sur les pratiques religieuses en fonction de son interprétation des dogmes. Cette interprétation est généralement rigoureuse et fondamentale. Cette fonction spirituelle et les pouvoirs autoritaires dont jouit le dirigeant sont légitimés par le fait que le dirigeant s'inscrit dans la lignée des descendants d’Ali, le cousin de Mahomet. Le dirigeant gère les musulmans en attendant le retour du dernier imam qui guidera l'humanité vers la vérité d’Allah.
 
Chez les sunnites, il n’y a pas de leadership religieux aussi rigoureux. La succession du leadership ne se fait pas par ordonnance divine ou par liens familiaux, mais est plutôt une question d’affaire politique nécessitant consensus et élections. Les sunnites sont parfois considérés comme les orthodoxes de l’islam.

La charia

La charia est la loi islamique et canonique qui régit les pratiques religieuses, la vie civile, le comportement social, le droit familial, le statut personnel, la succession des biens, l’organisation judiciaire, etc. La charia est en fait la base du droit civil, commercial et pénal.
 
La loi islamique comprend les lignes directrices importantes des règles concernant tous les aspects de l’existence humaine. Cette loi s’appuie sur l’autorité indiscutable du Coran. Outre les textes du Coran, il y a trois autres sources qui ont donné lieu aux prescriptions de la charia : la sunna, l’aiyas et l’idjmaa.
 
La sunna (coutume) s’appuie sur tous les actes et les jugements exemplaires du prophète MahometL’aiyas (analogie) est en fait le principe qui intervient dans les problèmes non traités dans la sunna et et qui représente l’application des lois. L’idjmaa (consensus) est l’accord établi dans la communauté de croyants. Selon une parole de Mahomet, cet accord ne peut être erroné. 

Histoire et évolution de l’islam

Mahomet : le prophète (570-632)

L’histoire de l’islam commence avec Mahomet, qui est né en 570 à La Mecque. À l’époque, cette ville était la plaque tournante du commerce en Arabie occidentale. C’est autour de 610 que Mahomet aurait reçu les révélations divines. À partir de ce moment, il se considérait comme choisi par Dieu et a commencé à enseigner le message reçu : il n’existe qu’un seul Dieu et l’humanité entière doit s’y soumettre. L’entourage de Mahomet a réagi fortement puisqu’il s’attaquait directement au polythéisme.
 
En 622, Mahomet a émigré à Médine avec des amis. Son exil, également appelé hidjra (hégire), marque le point de départ du calendrier lunaire musulman. À Médine, Mahomet, étant reconnu comme le chef religieux et militaire, contrôlait la région. En 630, son contrôle s’étendait jusqu’à La Mecque.


Aujourd’hui, Médine est une ville importante pour l’islam
 
Mahomet a désigné la Kaaba comme lieu consacré au culte d’Allah. Avant cela, la Kaaba servait de sanctuaire aux idoles païennes. À partir de ce jour, la Kaaba devint un lieu de pèlerinage pour tous les musulmans.


La mosquée de La Mecque envahie par les pèlerins. Au centre de la place, la Kaaba trône.
 
Mahomet est mort en 632. La majorité des tribus arabes étaient déjà converties à l’islam et les bases étaient établies pour fonder une communauté dont la vie était régie par les lois de Dieu. Pour les musulmans, Mahomet est le Sceau des Prophètes, c'est-à-dire le dernier d’une lignée de messagers de Dieu après Adam, Abraham, Noé, Moïse et Jésus. Il a transmis ses connaissances, ses jugements et le contenu de sa révélation dans le Coran et quelques autres textes.

L’islam après la mort de Mahomet (632-1258)

Après la mort de Mahomet, la communauté musulmane a dû élire un successeur au titre de calife. Le premier calife, Abou Bakr (le beau-père de Mahomet) a régné de 632 à 634. Son califat fut principalement marqué par le début d'un mouvement expansionniste qui fut poursuivi jusqu’en 656 par deux autres califes. En 656, le territoire converti à l’islam couvrait l’Arabie, la Palestine, la Syrie, l’Égypte, la Libye, la Mésopotamie et une partie de l’Arménie et de la Perse.


Évolution du territoire converti à l'islam (cliquer pour agrandir)


L'année 656 est marquée par l’assassinat du calife Othman, mort qui a causé un schisme dans l’islam. Des tensions et de violentes oppositions surviennent alors dans les débats concernant la succession d’Othman. Deux branches de la famille de Mahomet se sont divisées, formant ainsi les sunnites et les chiites. D’ailleurs, en 661, les chiites refusaient de reconnaître l’autorité du nouveau calife, un ancien gouverneur syrien.
 
Dès 750, la capitale du califat fut Bagdad. Les années qui ont suivi ont plutôt été marquées par un développement davantage spirituel que géographique : plusieurs œuvres philosophiques, littéraires et scientifiques ont paru. La période qui s'est déroulée entre 750 et 1258 en fut une de rivalités entre les dynasties. Il n’y avait pas d’unité politique dans la communauté musulmane malgré le rêve de former une communauté unie.

La dynastie ottomane (15e siècle au 17e siècle)

La dynastie ottomane fut une puissance mondiale dominante au 15e siècle.  Son influence et son rayonnement perdurèrent jusqu’à la fin du 17e siècle. Les Ottomans étaient en guerre contre l’Empire byzantin et ont tenté de le conquérir à plusieurs moments. En 1453, ayant réussi à prendre possession de la capitale byzantine, Constantinople, l’Empire ottoman a inauguré une période de conquêtes territoriales desquelles firent partie la Syrie, l’Égypte et l’Afrique du Nord. Les Ottomans ont d’ailleurs tenté à deux reprises (1592 et 1683) de prendre possession de territoires européens en assiégeant la ville de Vienne.


Le territoire de l’Empire ottoman en 1683

L’empire a décliné de la fin du 17e siècle jusqu'au début du 20e siècle. Après la Première Guerre mondiale, la Turquie est devenue une république.

L’ère moderne (19e siècle)

En 1801, une alliance entre les Britanniques et les Ottomans a permis d’expulser les Français d’Égypte. Ces derniers s’y étaient installés lors d’une expédition organisée par Napoléon Bonaparte. Cette victoire marque le début de la modernité pour l’islam. Les Ottomans ont alors amorcé une entreprise de réforme en Égypte afin de la libérer des tutelles coloniales. L’empire ottoman a su résister aux puissances étrangères afin de rendre à la communauté islamique la place souhaitée.

Autres entreprises d’expansion

Les Moghols formaient une dynastie musulmane d’origine mongole. En 1526, cette dynastie régnait au nord de l’Inde. Entre la fin du 16e siècle et le début du 17e siècle, la dynastie moghole a atteint son apogée en étalant la culture musulmane en Inde. Cette culture était particulière puisqu'elle était dotée de quelques caractéristiques perses. Cette dynastie a été très influente jusqu’à l’arrivée des colons britanniques qui ont mis fin au sultanat (état grouverné par un sultan) en 1858.


Le territoire des Moghols, en Inde (cliquer pour agrandir)

Les musulmans se sont livrés à des activités commerciales en Indonésie dès le 10e siècle. Au 13e siècle, les musulmans ont propagé l’islam à Sumatra grâce à la création de petits états musulmans. La diffusion de l’islam s’est poursuivie au 16e siècle, plus précisément à Java et vers l’intérieur des terres. Au 19e siècle, l’islam était aux Philippines. Aujourd’hui, les musulmans représentent 85% de la population de l’Indonésie.
 
Une expansion similaire a eu lieu en Afrique. D'abord populaire chez les caravaniers (Berbères et Arabes) au 10e siècle, l'islam se fraya un chemin jusque dans les cours royales, dont celle du Mali. Au 16e siècle, la religion d'Allah jouait un rôle important dans les confréries africaines. Au 19e siècle, plusieurs jihad (guerres saintes) se sont succédé, ayant pour but de débarrasser l’islam des influences païennes. Par la suite, lors de la période de colonisation africaine, les musulmans furent très actifs dans la lutte contre les grandes puissances coloniales. Aujourd’hui, l’islam occupe un rôle important dans l’Afrique postcoloniale, comme au Nigéria, au Sénégal, en Guinée, au Mali et au Niger.

Les nuances des pays musulmans

Aujourd’hui, plusieurs pays sont majoritairement musulmans même s'ils n'ont pas le même régime politique et religieux. Certains pays sont plutôt laïcs (la Turquie par exemple), alors que d’autres, comme l'Arabie Saoudite, sont dirigés par une monarchie absolue qui prône l'application de la loi islamique de façon très stricte.
 
L’Iran est un exemple d'allégeance intéressant. Entre 1925 et 1979, les souverains ont entrepris de vastes initiatives de laïcisation et d’occidentalisation en résistant contre la communauté chiite plus radicale. Par contre, le chah (roi d'Iran) fut forcé de quitter le pays et fut remplacé par une république islamique exerçant son pouvoir par la charia. D’autres pays ont suivi l’exemple de l’Iran en instaurant un régime islamique rigide, dont le Pakistan, le Soudan et l’Afghanistan.


La répartition des musulmans : en vert, les sunnites et en rouge, les chiites

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse