Russie tsariste

Les premiers tsars russes

Le mot tsar est un dérivé du mot césar, titre qui était traditionnellement réservé à l’empereur de Byzance. Le titre de tsar confère au dirigeant un statut similaire à celui d’empereur.
Plusieurs souverains ont joué le rôle de tsar entre 1547 et 1917, dont Ivan IV et Alexis 1er.

Ivan IV

Le premier souverain russe à être couronné tsar est Ivan IV, en 1547. Le règne d’Ivan IV est marqué par une expansion du territoire vers l’est. Surnommé Ivan le Terrible, le premier tsar gère le pays de manière despotique. C’est d’ailleurs Ivan IV qui instaure le régime de servage sur les terres. Ce régime fait en sorte que les propriétaires profitent des serfs (paysans) qui sont à leur service.


Ivan IV

Ivan le Terrible a divisé le pays en deux et a même forcé le déplacement des populations, ce qui a engendré de nombreux problèmes dans le pays. La fin du règne d’Ivan IV a également généré une période trouble : faux tsars qui prennent le pouvoir, révoltes populaires, invasions étrangères, etc.

La dynastie Romanov prendra le pouvoir en 1550 et le gardera jusqu’à la fin de l’époque tsarine.

Alexis 1er

Au 17e siècle, Alexis 1er est au pouvoir. C’est lui qui publie le premier code imprimé de la Russie en 1648. Ce code confirme le fonctionnement du servage en reconnaissant la supériorité et le pouvoir que la noblesse exerce sur les serfs et les paysans. Ce code fixe ainsi les règles sociales qui marqueront le régime tsariste. Toutefois, ce code aura des répercussions négatives puisqu’il entraînera de nombreuses révoltes paysannes. Le règne d’Alexis 1er est aussi marqué par des troubles sociaux causés par des différends religieux entre les réformateurs et les traditionalistes.

La Russie au 18e siècle

Le 18e siècle en Russie est marqué par de nombreuses transformations (transformations du territoire et transformations sociales). Les deux tsars les plus marquants de ce siècle sont Pierre le Grand et Catherine II. Leur règne respectif sera entrecoupé d’une période singulière : le printemps des tsarines.

Pierre le Grand (1672-1725), tsar de 1682 à 1725

Le règne de Pierre le Grand est marqué par les efforts acharnés du tsar de rapprocher la Russie de l’Europe. Le but de Pierre le Grand était d’européaniser la Russie afin que ce pays soit considéré comme un état européen parmi les autres. Pour y parvenir, Pierre le Grand a augmenté considérablement le pouvoir autocratique du tsar. Suivant le modèle de la France instauré par Louis XIV, Pierre le Grand désire donner l’illusion d’un État centralisé et civilisé.
 
Depuis longtemps, la Russie fonctionne avec un régime patriarcal : sur tous les plans, le pouvoir est marqué par le respect de l’autorité paternelle, même en politique. Ce patriarcat influence les relations entre le tsar et ses sujets, entre le père et ses enfants, entre le propriétaire et ses esclaves, bref entre les supérieurs et les inférieurs. Pierre le Grand n’a pas inventé cette structure patriarcale, mais l’a certes renforcée.


Pierre le Grand

Afin d’européaniser le pays, ce tsar a dû imposer plusieurs réformes par la force et le sang. Tous les éléments des réformes avaient pour principal but d’augmenter la force et le pouvoir du tsar et de doter la Russie d’institutions semblables à celles qui existaient déjà en Europe : armée régulière, hiérarchie bureaucratique, industries, écoles, académies, sénat, collèges administratifs, école de cartographie, etc. Pierre le Grand désire ainsi donner un nouveau visage à l’autocratie grâce à des outils politiques plus modernes et efficaces.
 
Toutes ces modifications sont surtout possibles grâce aux communications régulières établies avec l’Europe et aux liens maritimes nouvellement créés. Tout au long de son règne, Pierre le Grand visite les grandes villes européennes dans lesquelles il explore les structures et recrute pour combler des postes dans sa nouvelle armée. C’est grâce à cette nouvelle armée que Pierre le Grand peut lancer la Russie dans de nombreuses conquêtes territoriales qui vont donner à son pays une situation politique importante. C’est également Pierre le Grand qui fonde une toute nouvelle ville en juin 1730 Saint-Pétersbourg. Cette nouvelle capitale allait surtout servir de lien avec l’Europe.


Le palais de Petrdvoret, construit à la demande de Pierre le Grand (cliquer pour agrandir)
Source
 
L’ouverture sur l’Europe ne se fait pas uniquement grâce aux idées militaires ou commerciales. En effet, les idées européennes influencent également l’éducation et la culture. Pierre le Grand utilise des textes et fait des choix politiques pour mettre en valeur les nouvelles idées et propager de nouvelles pratiques. En ce qui concerne l’éducation, le tsar rend obligatoire l’instruction pour tous les fils de nobles et de prêtres et fonde quelques écoles élémentaires.
 
Il importe les idées européennes en Russie grâce à la traduction de nombreux textes littéraires et formels. En effet, en plus des textes issus de la littérature, il fait traduire des ouvrages sur l’histoire, la géographie, la politique, l’économie, la navigation, la science militaire, l’agriculture, la linguistique, etc. Certaines traductions visent à faire connaître la réforme russe au reste de l’Europe alors que d’autres visent à faire découvrir l’Europe à la Russie. Pierre le Grand peaufine les procédés d’imprimerie qu’il utilisera comme un outil de propagande, ce pourquoi il encouragera, entre autres, la création de la Gazette russe de Saint-Pétersbourg.

Le printemps des tsarines (de 1725 à 1762)

Cette époque est marquée par une succession rapide de dirigeants majoritairement féminins. La mort de Pierre le Grand suscite une grave crise sur le plan de la succession puisqu'il n’avait pas eu le temps de nommer son successeur avant de mourir. Cette période historique porte le nom de printemps des tsarines.

Catherine 1re (1683-1727), tsarine de 1725 à 1727

À la mort de Pierre le Grand, c’est d’abord Catherine 1re, veuve du défunt tsar, qui prend le pouvoir. Pendant ses deux ans de règne, elle tente de poursuivre la modernisation de la Russie amorcée par Pierre le Grand.

Pierre II (1715-1730), tsar de 1727 à 1730

Le règne de Pierre II ne sera que de courte durée. De plus, lorsqu’il est désigné tsar, il est encore trop jeune pour gouverner réellement. C’est pourquoi il laisse des membres de la noblesse prendre les décisions à sa place. Pendant qu’il est au pouvoir, plusieurs décisions sont prises afin de renforcer le contrôle du tsar sur les magistrats et d’augmenter le rôle du Sénat dans les décisions politiques. Il meurt à 15 ans de la petite vérole.

Anna Ivanovna (1693-1740), tsarine de 1730 à 1740

Anna Ivanovna, nièce de Pierre le Grand, deviendra impératrice à la mort de Pierre II. Par contre, au début de son règne, elle doit faire face à quelques nobles qui désirent la forcer à se plier à leurs exigences. Ces exigences impliquaient surtout de limiter le pouvoir du tsar.
 

Anna Ivanovna
 
Anna Ivanovna a fait fi de ces exigences et a mis en place un pouvoir autocratique. Ne gérant pas les affaires politiques par elle-même, elle les délègue à quelques ministres qui instaurent un régime de terreur. Les conseillers d’Anna Ivanovna proviennent, pour la plupart, de l’étranger.

Ivan VI (1740-1764), tsar de 1740 à 1741

Après la mort d’Anna Ivanovna, on proclame le jeune Ivan VI comme le nouveau tsar. Âgé de quelques mois à peine, le jeune tsar ne gouverne pas. La régence est laissée à l’ancien ministre d’Anna Ivanovna. Cette régence ne durera pas longtemps et sera reprise par la mère d’Yvan VI. Un peu à la manière d'Anna Ivanovna, la mère d'Yvan VI s'inspire des régimes allemands pour régner et ce sont surtout les ministres qui gèrent le pays. Un coup d’État, perpétré en 1741, enlève Yvan VI et sa mère du pouvoir. Le public préfère une dirigeante moins allemande et plus russe. Ivan VI est envoyé en prison jusqu’en 1764 où un nouveau coup d’État tente de le remettre au pouvoir. Ivan VI meurt pendant cette tentative, assassiné par les geôliers.

Un géôlier est une personne qui surveille des prisonniers, il est un gardien de prison.

Élisabeth 1re de Russie (1709-1761), tsarine de 1741 à 1762

Élisabeth est la tsarine que les dirigeants ont choisi de mettre sur le trône en remplacement d’Ivan VI. Fille de Pierre le Grand et de Catherine 1re, elle gère le pays dans un contexte plus calme. C’est Élisabeth 1re qui amorce un mouvement d’ouverture à la culture française.


Élisabeth 1re
 
À sa mort, un nouveau problème de successeur se pose, car Pierre III est assassiné. Le problème de succession se règle avec l’arrivée au pouvoir de Catherine II.

Catherine II (dite Catherine de Russie) (1729-1796), tsarine de 1762 à 1796

Dernière tsarine de l’histoire de la Russie, Catherine II a eu un long règne fortement influencé par la culture française. D’ailleurs, la tsarine a entretenu, tout au long de sa vie, une correspondance avec Voltaire. Se présentant comme l’amie des philosophes, elle a voulu donner une image d’ouverture et de changement à son pays. Pourtant, cette image s’est propagée surtout grâce à la propagande. Dans la réalité, le règne de Catherine II fut très dur puisque la vie du peuple russe était très difficile. Plusieurs révoltes ont été arrêtées par le sang.
 
Pendant ses 33 ans de règne, Catherine II a usé de favoritisme pour positionner les gens qu’elle voulait aux postes importants. Le but de cette tsarine était d’égaler l’Occident. Elle instaure l’impôt sur les biens ecclésiastiques, fonde une banque et une société économique, introduit la culture de la pomme de terre en Russie, ouvre de nouveaux hôpitaux et réussit à attirer de nombreux étrangers.
 
Pour faciliter la gestion du pays, Catherine II divise le pays en 50 gouvernements eux-mêmes divisés en districts. Ces gouvernements sont complétés par des institutions judiciaires et financières. En 1785, Catherine II crée de nouveaux pouvoirs puisqu’elle permet à la noblesse de former des assemblées provinciales et à la bourgeoisie d’organiser les municipalités. Par contre, les paysans semblent oubliés puisqu’ils n’obtiennent rien dans cette réforme.


Catherine II
  
La tsarine élabore un plan complexe pour structurer l’éducation nationale : asiles, petites écoles, grandes écoles et universités. Concrètement, elle aura réussi à fonder quelques écoles secondaires, à créer un corps de cadets et à fonder l’Académie russe. Elle a également  travaillé très fort pour développer la littérature russe. C’est pourquoi elle a écrit de nombreux textes : textes politiques, contes, comédies, opéras, articles de journaux et récits de l’Histoire russe.
 
Son règne n’a pas fait l’unanimité. Ses décisions concernant la division du pouvoir a suscité le mécontentement du peuple et du clergé. Ce mécontentement s'est aggravé lorsque la peste a éclaté au sein de la population. De plus, avec les nombreuses guerres visant l'expansion du territoire, les coffres de l’État étaient de plus en plus vides. Malgré cela, Catherine a réussi à étendre considérablement le territoire de la Russie et à faire connaître ce pays en Europe.
 
Le règne de Catherine II a été suivi par celui de Paul 1er. Le fils de Catherine II a été tsar durant 3 ans et est mort lors d’un coup d’État.

La Russie du 19e siècle et la fin du tsarisme

Alexandre 1er (1777-1825), tsar de 1801 à 1825

Le jeune fils de Catherine II, Alexandre 1er, était le successeur que la tsarine avait souhaité. Le règne d’Alexandre 1er est souvent associé à celui de Napoléon puisque les deux dirigeants ont régné presque simultanément. Ils sont d’ailleurs reconnus pour avoir mené plusieurs guerres et batailles l’un contre l’autre.


Alexandre 1er

Élevé à la française, Alexandre 1er élabore un projet de constitutionnalisation. Il souhaite également accorder de nouveaux droits au Sénat. Alexandre développe, à partir de 1814, une crise mystique qui le fait se convertir à une sorte de méthodisme, la Société biblique, sous l'influence de la baronne von Krüdener. Il conserve le pouvoir jusqu’à sa mort en 1825. Quelques personnes doutent de cette mort et ont élaboré une théorie du subterfuge. Certains allèguent en effet qu’Alexandre 1er se serait exilé après avoir fait croire à sa mort. Pourtant, rien de cela n’est prouvé.
 
Un évènement est également venu perturber la fin du règne d’Alexandre 1er. La révolte des décembristes met en scène un groupe de gens manifestant pour avoir une réelle constitution. Le 14 décembre 1825, un groupe d’officiers poussent leurs hommes à la révolte. À la suite de ces évènements, 36 personnes sont condamnées : 5 sont exécutées et 31 sont envoyées aux travaux forcés.

Nicolas 1er (1796-1855), tsar de 1825 à 1855

Nicolas 1er est couronné après cette période d’instabilité marquée par la révolte des décembristes et le décès du tsar dans des circonstances plutôt étranges. Dès le début de son règne, il craint une nouvelle révolution, c’est pourquoi il est très conservateur et gouverne en gardant un grand contrôle sur le peuple.
 
Il instaure un système de censure dans lequel il surveille les activités et les écrits des intellectuels et des universitaires, il contrôle les entrées d’œuvres étrangères, il limite les sorties du territoire russe, il instaure une forte police politique, il interdit l’enseignement de la philosophie et du droit constitutionnel et il lègue un fort pouvoir centralisateur à l’Église orthodoxe. Son principal combat sera de s’opposer violemment aux mouvements nationalistes et révolutionnaires qui ont lieu ailleurs en Europe. On peut dire que c'est la Russie de Nicolas 1er contre toutes les révolutions.


Nicolas 1er

Nicolas 1er prend également ses distances par rapport à l’Occident en mettant en valeur le génie national et les vertus du peuple russe. Son régime politique est très répressif et sa politique étrangère est intransigeante, autocrate, nationaliste et orthodoxe. La fin de son règne est ponctuée par la défaite de la Russie contre la coalition formée par l’Empire ottoman, la Grande-Bretagne et la France.

Une vie pour le tsar, par Mikhaïl Glinka

Une vie pour le tsar est un opéra russe qui fut composé par Mikhaïl Glinka en 1836. Cet opéra s'inspire fortement de la légende d'Ivan Soussanine, un héros national russe. Cette légende fut utilisée par les tsars à des fins de propagande.

Alexandre II (1818-1881), tsar de 1855 à 1881

À la suite de cette grande défaite, le nouveau tsar, Alexandre II, instaure une politique de réformes. Il commence, entre autres, par abolir la politique du servage pour ensuite développer les libertés locales (élection d’assemblées de province ayant des pouvoirs locaux réels).


Alexandre II

Il réorganise aussi l’institution judiciaire de manière à ce qu’elle soit plus indépendante du pouvoir du tsar. Il rend l’enseignement accessible à toutes les classes sociales et allège la censure de la presse et de l’édition. Par contre, Alexandre II est assassiné par des révolutionnaires en 1881, après avoir survécu à plusieurs tentatives de meurtre.

Alexandre III (1845-1894), tsar de 1881 à 1894

Alexandre III a adopté une politique très différente de celle de son père, Alexandre II. Après l’assassinat de ce dernier, Alexandre III fait un retour à une politique autocratique et met fin aux réformes et aux révolutions. Afin de s’assurer qu’aucune révolution ne sera de nouveau tentée, Alexandre III applique de nombreuses mesures répressives : souhait de rétablir le servage, limitation des pouvoirs des institutions créées par son père, orthodoxie forcée des territoires conquis, surveillance accrue des intellectuels, etc.


Alexandre III

Malgré ces décisions répressives, le règne d’Alexandre III se fait dans la paix puisqu’aucune guerre majeure ne survient. Le tsar effectue même un nouveau rapprochement avec la France et signe des traités. C’est pourquoi Alexandre III est parfois surnommé le pacificateur.

Nicolas II (1868-1918), tsar de 1895 à 1917

Suivant la ligne de pensée de son prédécesseur, son père Alexandre III, Nicolas II conserve une politique traditionnelle. Profitant des bonnes relations établies entre la France et la Russie, Nicolas II participe à la première Convention mondiale sur la paix. Là où Nicolas II va vouloir étendre son pouvoir sera dans l’Extrême-Orient, endroit où la Russie se verra forcée de capituler. Le peuple, mécontent de cette défaite, participera à des mouvements révolutionnaires qui mèneront à la révolution de 1905.


Nicolas II

Une manifestation d’ouvriers se terminera par une répression sanglante exercée par les policiers. Cette répression, au lieu d’amortir les mouvements révolutionnaires, va lancer le pays dans une période d’instabilité : hausse de la répression, forts mouvements de grève. Au même moment, la révolution industrielle exige de plus en plus de travailleurs, tous recrutés chez les paysans. Ces paysans, qui participent fortement à l’économie du pays, ne sont pas reconnus et en sont de plus en plus mécontents.
 
Le mouvement de révolte augmente encore plus avec la Première Guerre mondiale dans laquelle sont envoyés principalement des paysans et des ouvriers. Ce sont près de 2 millions de paysans russes qui ne survivront pas à la guerre. Le mouvement révolutionnaire continue de s’étendre dans toute la Russie tandis que les dirigeants sont occupés par le conflit mondial. La tension populaire monte et les actes de mutinerie liés à la révolution ne cessent d’augmenter. Le tsar n’a d’autre choix que d’abdiquer le 2 mars 1917. Quelques mois plus tard, en juillet 1918, le tsar et sa famille sont assassinés, c’est la fin du régime tsariste. Vladimir Lénine prend le pouvoir.

Saint-Pétersbourg

La ville de Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand. Fortement influencé par la culture européenne, le tsar désirait doter la Russie d’une capitale similaire aux grandes villes européennes.

La construction de la ville

Fondée près de la mer à l’ouest du pays, la ville est au centre d’une région facilement inondable. C’est pourquoi le sol de Saint-Pétersbourg est gorgé d’eau. Toutefois, Pierre le Grand a réussi à créer la ville telle qu’il l’avait imaginée. Il a aussi réussi, en obligeant quelques 40 000 ouvriers, à faire construire l’église Saint-Samson en 1709. Ces envois forcés d’ouvriers continuent au cours des 3 années suivantes. Autour de 1714, la population de Saint-Pétersbourg s’élevait déjà à 150 000 habitants tandis que la ville comprenait 34 500 constructions différentes. Pour assurer cette forte population, Pierre le Grand offre des constructions gratuitement au peuple et ordonne aux nobles de s’établir dans sa future capitale.


Plan de Saint-Pétersbourg au milieu du 18e siècle (cliquer pour agrandir)

Description de la ville

Par sa situation géographique, Saint-Pétersbourg occupe une place importante dans le commerce, et ce, malgré les risques d’inondation. Outre les activités commerciales, Pierre le Grand a développé une ville dans laquelle les monuments et les établissements publics sont grandioses : architecture impressionnante, décoration riche, belles places publiques, présence d’œuvres d’art, etc. Le style architectural est plus influencé par la culture européenne que par la culture russe.

Saint-Pétersbourg, une nouvelle capitale ?

En fondant cette nouvelle ville, Pierre le Grand avait réellement l’ambition d’en faire la nouvelle capitale de la Russie. Dans les faits, cette ville ne fut la capitale qu’entre 1712 et 1718. Après la chute du régime tsariste, Lénine a nommé Moscou comme capitale.
 
D’ailleurs, Saint-Pétersbourg n’a pas toujours conservé le même nom au cours de l’histoire. Tout d’abord, au cours de la Première Guerre mondiale, la ville fut rebaptisée Petrograd. Après la mort de Lénine, en 1924, la ville a encore une fois changé de nom pour s’appeler Leningrad. Ce nom lui est resté jusqu’en 1991, année pendant laquelle Saint-Pétersbourg a repris son nom original. Aujourd’hui, on surnomme Saint-Pétersbourg la Venise du Nord en raison des nombreux ruisseaux et canaux qui se situent au cœur de la ville.
 
Le centre historique de Saint-Pétersbourg a été ajouté en 1990 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce centre historique inclut de nombreux canaux, pas moins de 400 ponts, de nombreuses constructions élaborées sous les ordres de Pierre le Grand ainsi que le musée de l’Ermitage.


Vue panoramique de Saint-Pétersbourg à la fin du 19e siècle

Le musée de l’Ermitage

L’un des monuments les plus imposants de Saint-Pétersbourg est le musée de l’Ermitage. Composé de 5 bâtiments historiques, l’Ermitage se situe tout près du port de Saint-Pétersbourg et à proximité de la rivière Neva.


Les bâtiments du musée de l’Ermitage, vus de la rivière

Le bâtiment principal de l’Ermitage est le palais d’Hiver, ancienne résidence des tsars pour la saison froide, qui a été construit entre 1754 et 1762 sous les ordres de la tsarine Élisabeth. Tous les bâtiments de l’Ermitage ont été construits entre le 18e et le 19e siècles et ont tous été conçus par les meilleurs architectes européens du moment. L’Ermitage reflète ainsi une architecture parfois baroque, parfois néoclassique.


Façade avant du palais d’Hiver

Pendant le règne de Catherine II, la ville de Saint-Pétersbourg était réellement une capitale culturelle importante, car la tsarine en avait fait la cité des arts. Pour ce faire, elle avait fait aménager une nouvelle section qu’elle a elle-même surnommée l’Ermitage. Dans cette nouvelle salle dont elle se servait pour recevoir ses invités, elle exposait une imposante collection de tableaux.


L’intérieur du musée de l’Ermitage

Le but premier de Catherine II en achetant plusieurs collections d’œuvres d’art était surtout de décorer le palais d’Hiver. Rapidement, en raison du nombre de plus en plus imposant d’œuvres de qualité, le palais est devenu une galerie d’art. C’est Alexandre 1er qui a désigné officiellement l’Ermitage comme musée impérial. Aujourd’hui, le musée de l’Ermitage est le plus grand attrait touristique et artistique de Saint-Pétersbourg. Les 5 bâtiments regroupent environ 400 salles d’exposition contenant, au total, quelques 3 millions d’œuvres d’art, ce qui en fait l’un des musées de peinture les plus célèbres du monde.
 
La collection de l’Ermitage est fort impressionnante puisqu’elle réunit des œuvres de l’âge de pierre, de l’Antiquité orientale, de l’Antiquité grecque, de l’Antiquité romaine, de la Renaissance italienne, des œuvres des 18e, 19e et 20e siècles, des objets provenant des palais impériaux de Russie, des collections accumulées par les anciens empereurs russes, des objets de l’art islamique, des objets de l’art russe, etc. Les peintres les plus connus sont exposés à l’Ermitage, dont Léonard de Vinci, Raphaël, Michel-Ange, Monet, Renoir, Van Gogh, Picasso, etc.


L’une des salles d’exposition de l’Ermitage

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’armée d’Hitler s’est attaquée à la ville de Saint-Pétersbourg, menaçant de tout détruire. Afin de protéger les œuvres du musée de l’Ermitage, les employés du musée avaient transporté les collections dans les caves pour les mettre à l’abri. Certaines œuvres avaient été envoyées à l’extérieur de la ville. Bien que les bâtiments aient été sévèrement abîmés pendant le siège de la ville, les collections sont restées intactes. Depuis, les dégâts causés par les obus et les bombes ont été réparés.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse