Crises économiques et périodes de croissance

Définitions

L'économie, c'est l'administration des biens d'une région ou d'un pays. Les économistes s'intéressent généralement à toutes les facettes qui concernent la production, la répartition, la distribution et la consommation des biens, des services et des ressources.
Les gouvernements adoptent une politique économique qui les aide à régir le système d'échange, à contrôler le marché et à créer des lois visant à éviter les graves crises économiques. De manière générale, les économistes visent la rentabilité et les profits. Pour y arriver, ils planifient l'utilisation des ressources, souvent limitées. Malgré les actions et les lois des économistes et des gouvernements, l'économie fluctue et connaît diverses périodes, alternant entre des périodes de croissance et des périodes de ralentissement. Ces concepts économiques ont été appliqués surtout depuis la Révolution industrielle.


Le cycle économique (cliquer pour agrandir)

Croissance économique

On peut parler de croissance économique lorsque la quantité de biens et de services produits dans un pays a augmenté sur une longue période de temps. Généralement, la croissance économique d'un pays est mesurée chaque année.

On distingue aussi la croissance extensive de la croissance intensive. Lorsque la croissance est extensive, la hausse est due à l'augmentation de la quantité de facteurs de productions (exemple : plus d'usines). Lorsqu'elle est intensive, c'est la productivité qui a augmenté (meilleure gestion, plus d'investissements).
 
En fait, trois facteurs jouent sur la croissance économique : le travail, le capital et les techniques. Une hausse de quantité ou de qualité du travail peut entraîner une croissance économique ; plus d'investissements (capital) ou de meilleures technologies peuvent également y contribuer.

On calcule la croissance économique en comptabilisant le produit intérieur brut (PIB). Le PIB permet de quantifier l'évolution en pourcentage. On compte la croissance économique en tenant compte de l'inflation. Les économistes peuvent alors savoir la valeur réelle de la hausse, sans que le calcul ne soit influencé par les modifications de valeur de la monnaie. Le PIB mesure les richesses créées par le pays pendant l'année donnée.
 
La croissance économique a toutefois des effets pervers puisqu'elle peut occasionner l'épuisement et la raréfaction des ressources. La croissance économique peut susciter une amélioration du niveau de vie, mais ne le garantit pas nécessairement. Par exemple, la croissance économique d'un pays peut être très élevée, mais seul un groupe de la société peut en profiter. Le niveau de vie du reste de la population ne connaîtra malheureusement pas d'amélioration.

Le développement

La croissance économique n'est qu'une des nombreuses facettes du développement économique. Ce dernier constitue l'enrichissement de la population et l'amélioration globale du niveau de vie. Le développement économique se calcule par plusieurs indices : PIB, indice de développement humain (IDH), indice de pauvreté, espérance de vie, développement culturel, développement démographique, etc.

Toutes ces données servent à identifier dans quelle mesure la population peut profiter de la croissance économique.

Récession

Il peut arriver que la croissance économique connaisse un ralentissement, voire une baisse. Lorsque cette baisse est importante et qu'elle dure plus de quelques mois, on parle alors de récession.
Dans ce cas, le PIB va baisser, tout comme le nombre d'emplois disponibles. En période de récession, comme la production et le nombre d'emplois diminuent, le chômage va augmenter, ce qui va entraîner une baisse de consommation. Dans ces moments, la population peut perdre confiance en l'économie et au gouvernement.
 
En fait, tous ces éléments sont interreliés. C'est pourquoi les modifications subies par l'un d'eux vont se répercuter sur le reste.

Une récession peut être causée par une baisse de production ou encore par une catastrophe naturelle.
Le gouvernement peut toutefois intervenir pour tenter de rétablir la situation, stimuler l'emploi et la consommation pour mettre fin à la récession.

Dépression économique

Lorsque la période de récession s'étend sur une période plus longue (quelques années), on parle alors de dépression économique.
Tout comme en période de récession, en dépression économique, la production, les emplois et la consommation connaissent des baisses importantes.

Crise économique

Une crise économique débute souvent par un krach boursier, l'effondrement de la Bourse. Le krach entraîne alors une période de récession ou de dépression : hausse du chômage et des faillites, baisse des salaires et du pouvoir d'achat.

Selon la force de la crise, la situation sociale peut en subir des conséquences fâcheuses : pauvreté, tensions sociales, manifestations, etc.

Relance et reprise économique

Après une période de récession ou de dépression, lorsque l'économie connaît une nouvelle période de croissance, on parle de relance économique (ou de reprise économique).
Cette reprise est généralement plus lente que ne l'a été la crise ou la récession. Lentement, de nouvelles entreprises ou de nouveaux emplois sont créés, causant une baisse de chômage. Les gens vont graduellement reprendre confiance au système, recommencer leurs investissements à la banque ou à la Bourse et relancer la consommation.

Années folles (1920-1929)

Après la Première Guerre mondiale, la population se réjouissait, tant par le retour des troupes, attendu depuis longtemps, que par la forte croissance économique, stimulée par la hausse de consommation causée par la fin de la guerre. Toute la décennie qui a suivi, de 1920 à 1929, la population vivait dans l'euphorie de la paix et dans l'espoir. Les gens recommençaient à vivre, sans rationnement. La mode était au luxe : mode, croisières, arts, musique jazz, danse, etc.


Joséphine Baker, l’une des danseuses étoiles des années 1920

Les années folles furent aussi une période d’émancipation pour les femmes qui s’appropriaient leur corps : maquillage, fumer en public, porter les cheveux courts, etc. Le modèle de la femme garçonne faisait alors sensation. C’est d’ailleurs à cette époque que la femme a commencé à porter le pantalon.

Plusieurs révolutions intellectuelles majeures ont marqué la période. C’est pendant cette décennie que Sigmund Freud expérimentait ses théories sur l’inconscient et la psychanalyse et qu’Albert Einstein révolutionnait la science avec sa théorie de la relativité.


Sigmund Freud

Le modèle économique américain est appliqué partout en Europe. Le système de production industrielle profite de l’organisation du travail de Taylor et les consommateurs profitent des achats et des investissements à crédit.

L’économie américaine durant les années folles

La prospérité des États-Unis était des plus florissantes depuis la fin de la guerre. Un des pays vainqueurs de la Grande Guerre, la production industrielle allait bon train. En fait, la production industrielle américaine représentait 45 % de la production mondiale totale. 40 % des matières premières provenaient des États-Unis. Bref, l’économie américaine constituait 12 % du commerce international. À cette époque, les États-Unis produisaient 51 % de l’acier produit dans le monde et 44 % du charbon.
 
Pourtant, malgré cette croissance jamais vue, les dirigeants américains ont mis en place des mesures protectionnistes de plus en plus importantes, dont les barrières douanières. Au même moment, la xénophobie des Américains poussait les dirigeants à imposer des limites à l’immigration. Dès 1925, la mécanisation de l’agriculture a causé une surproduction. Les petits producteurs agricoles ont connu des baisses de salaires importantes. Plusieurs quittaient les campagnes pour les villes. L’exode rural fut si fort qu’on estime que 60 000 personnes quittaient les campagnes chaque année.
 
La hausse de matériel produit a atteint un sommet en 1925 : les marchés étant déjà saturés, les entreprises avaient des surplus de production. Les exportations permettaient toutefois de vendre ces surplus à l’étranger. L’industrie automobile fut également en surproduction en 1928.

En 1926, la situation économique commençait à vaciller : la croissance était trop rapide, le crédit s’était développé de manière anarchique, les consommateurs et les dirigeants avaient une confiance absolue dans le libéralisme. Le gouvernement n’intervenait pas dans le système économique.
 
La spéculation augmentait sans cesse. Les investisseurs empruntaient pour se procurer des actions à la Bourse. Ils comptaient sur la hausse des prix. En revendant leur action, ils pourraient rembourser leur prêt tout en ayant réalisé des profits.

En 1927, devant le recours croissant au crédit et devant l’exportation des capitaux à l’étranger, les banques n’ont pas eu d’autres choix que d’augmenter les taux d’intérêt. À la veille de la crise économique, tous les éléments étaient en place pour provoquer le krach boursier. Les usines produisaient toutes plus que ce que la population pouvait acheter.
 
Les stocks de produits disponibles grimpaient tandis que la production industrielle chutait, entraînant une baisse des prix et des profits. Les dépenses en construction chutaient, tout comme les ventes d’automobiles. Les autres domaines de production ont rapidement suivi. Pendant ce temps, le commerce extérieur était encore limité par les mesures protectionnistes. Peu à peu, les consommateurs et les institutions financières perdaient confiance et hésitaient à investir de nouveau.
 
Malgré les tentatives du gouvernement de corriger la situation (en imposant des décrets sur les prix et en instaurant des programmes de travaux publics pour maintenir le taux d’emploi), la situation empirait.

Ce fut le cas jusqu’au 24 octobre 1929, jour de l’effondrement de la Bourse de Wall Street.

Crise économique des années 1930

Le jeudi noir (24 octobre 1929)

Face à une baisse de production, les investisseurs commençaient à pressentir que la valeur des actions ne grimperait pas continuellement. C’est pourquoi plusieurs investisseurs mettaient leurs actions en vente. Le nombre d’actions mises en vente a atteint un niveau record le jeudi 24 octobre 1929. Ce jour-là, à la Bourse de Wall Street, près de 13 millions d’actions étaient en vente.

L’offre était immense tandis que la demande était en baisse. Les prix ont chuté rapidement devant la pénurie d’acheteurs. C’est cette journée, dorénavant surnommée le jeudi noir, que la Bourse de Wall Street s’est effondrée.


Les investisseurs se bousculaient à Wall Street

La chute s’est poursuivie dans les jours suivants, semant un vent de panique chez les investisseurs, à un point tel que le mardi 29 octobre 1929, 33 millions d’actions étaient mises en vente.


Échanges boursiers pendant le krach (cliquer pour agrandir)

Pendant une semaine, les actions étaient vendues à des prix dérisoires. Personne ne voulait acheter des actions dont le prix baissait continuellement. Jusqu’à la fin du mois de novembre, les prix chutaient.

La ruine des épargnants et des banques

Les premières personnes à subir le contrecoup de l’effondrement de la Bourse furent les investisseurs. La plupart d’entre eux avaient emprunté pour investir à la Bourse. La vente au rabais de leurs actions ne leur laissait pas suffisamment de fonds pour rembourser les banques. Rapidement, les épargnants étaient ruinés. Puis, ce fut le tour des banques. Les prêts qu’elles avaient effectués ne pouvaient plus être remboursés. Plusieurs banques ont fait faillite.


Les gens se bousculaient également devant les banques (cliquer pour agrandir)

Perdant confiance au système économique, les épargnants ont alors voulu retirer tous leurs avoirs qui restaient encore dans les banques. Ne pouvant pas répondre à toutes les demandes, plusieurs autres banques déclaraient aussi faillite.

Fermeture d’entreprises et hausse de chômage

Les investisseurs et les banques ruinés, la consommation a chuté radicalement, faisant cesser toute la production des entreprises. Toute la production industrielle s’est rapidement effondrée. Les prix des produits usinés et agricoles ont chuté à leur tour. Face à la fermeture des usines, des milliers d’employés se trouvaient sans emploi.

En quelques mois, on ne dénombrait pas moins de 13 millions de chômeurs aux États-Unis, ce qui représentait 25 % de la population active.

Les immigrants étaient plus affectés par la crise

À l’époque, il n’y avait aucune assurance-chômage. Pour survivre, tous ces chômeurs ont dû recourir à la charité publique, comme les soupes populaires.

Chômeurs attendant la charité à Toronto (cliquer pour agrandir)

La société américaine entrait alors dans une dépression économique durable qui a eu ses effets sur tout le monde économique.

Répercussions à l’étranger

Comme la production industrielle américaine occupait une place importante dans les marchés internationaux, la crise américaine s’est rapidement propagée dans tout le monde industrialisé.

En Allemagne, le chômage a frappé la population aussi fortement qu’aux États-Unis, favorisant la montée de la popularité d’Hitler. Il faut rappeler que les pays européens ressentaient encore les contrecoups de la guerre. L’économie de ces pays dépendait de l’aide américaine et de leur production.


La crise s’est répercutée jusqu’en Australie, où les chômeurs se retrouvaient dans les rues (cliquer pour agrandir)

La crise américaine a fait radicalement baisser les exportations. Les pays dont l’économie dépendait de la production américaine furent ruinés. Au même moment, les investisseurs américains rapatriaient les capitaux qu’ils avaient investis à l’étranger. Aussitôt, les banques étrangères furent touchées, provoquant de nouvelles faillites.

Effondrement du système monétaire

À l’époque, la monnaie de référence était l’étalon-or du Royaume-Uni. Par contre, face à toutes ces faillites, la monnaie britannique s’est dévaluée rapidement. Toutes les monnaies dont la valeur était fixée en fonction de l’étalon-or ont également perdu beaucoup de valeur. La dévaluation de la monnaie de référence, la baisse des exportations et la faillite des banques a pratiquement mis fin au commerce mondial.
 
La monnaie de référence fut abandonnée. Le système monétaire international s’effondrait. Les différents pays se regroupaient autour de plusieurs monnaies de référence. Les pays d’Amérique s’allaient autour du dollar américain. La Grande-Bretagne et son empire utilisaient la livre sterling. D’autres pays se rabattaient sur la valeur de l’or. Cette fragmentation a détérioré rapidement tout le réseau de relations économiques.

La Grande Dépression

La crise économique ne se rétablissait pas. Au contraire, plus elle perdurait, plus la situation sociale empirait. Le fonctionnement du crédit fut resserré : l’accès au crédit fut de plus en plus difficile. La consommation, les investissements et la production en ont tous été affectés à la baisse.

Seulement aux États-Unis, 85 000 entreprises ont fait faillite ; 25 % de la population active était encore au chômage et 2 millions d’Américains étaient sans-abri. La crise sociale s’accentuait tout autant : agitation sociale, mécontentement général, suicides, chômeurs qui errent dans les rues, etc.

Manifestation des ouvriers sans emploi à Toronto (cliquer pour agrandir)

Le président américain Hoover a tenté de mettre en place des mesures d’urgence. Mais, le président était convaincu que les affaires reprendraient d’elles-mêmes. Au cœur de la dépression, les élections de 1932 portent Franklin D. Roosevelt au pouvoir.


Franklin D. Roosevelt (cliquer pour agrandir)

Dès son arrivée à la Maison Blanche, il met en branle une série de programmes nationaux, surnommés le New Deal . Ces programmes étaient créés pour réduire les conséquences sociales de la crise.


La signature de l’un des actes du New Deal

De plus, Roosevelt a mis en branle plusieurs chantiers de construction d’infrastructures : routes, barrages hydroélectriques, ponts, etc. Plusieurs de ces infrastructures sont encore utilisées aujourd’hui.


Ouvriers travaillant sur l’un des chantiers ouverts grâce au New Deal

. La fin de la crise

Les causes de la fin de la crise sont assez difficiles à isoler les unes des autres. En effet, alors que le New Deal entrait dans une phase plus active en 1937, deux ans plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclatait.

L’économie de guerre a favorisé un nouvel élan économique. Quelle que soit la réelle cause, le début de la guerre marque la fin de la crise. D’ailleurs, certains pays s’étaient remis de la crise avant même le début de la guerre. Ce fut le cas pour l’Allemagne et l’Italie qui avaient établi de vastes programmes d’armement et de construction nationale. Pour tous les autres pays, la guerre a mis fin à la crise.

Conséquences sur l’économie

La crise économique et son ampleur ont fait en sorte que tout le monde questionnait le modèle capitaliste. La Grande Dépression fut en fait la plus grave crise économique de tout le 20e siècle. Il est vrai que l’industrialisation a mis en place le système capitaliste et le fonctionnement économique et boursier qui s’est écrasé en 1929.
 
De leur côté, les pays communistes ont évité la crise, ce qui leur a servi d’arguments en faveur de ce régime. Après la crise, les gouvernements ont commencé à intervenir dans l’économie pour éviter des effondrements boursiers aussi catastrophiques. Un nouveau modèle fut créé, mettant de côté le libéralisme économique pur. C’est aussi grâce à la crise que les états ont commencé à mettre sur pied des mesures sociales telles que l’assurance-chômage et la sécurité sociale. Depuis, le système capitaliste est plus encadré et mieux structuré par l’État, les institutions et les syndicats.

Débat économique

Encore aujourd’hui, les économistes prônant les interventions gouvernementales dans l’économie affirment que la crise a été causée par l’absence d’intervention. D’un autre côté, ceux qui sont plutôt partisans d’un libéralisme sans intervention expliquent que ce sont les interventions faites à l’époque qui ont provoqué la crise.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse