Description de la société canadienne vers 1750

Caractéristiques de la société canadienne en Nouvelle-France

La population est très nombreuse en 1745, soit 65 000 personnes. Il y a presque autant de femmes que d’hommes. La majorité de la population est née en Nouvelle-France.

Plusieurs familles ont été fondées par des engagés ou des militaires. Les engagés venaient travailler la terre pour des propriétaires. Les militaires sont arrivés à partir de 1665 pour assurer la paix et la protection des habitants. Le premier groupe de militaire à s’installer en Nouvelle-France s’appelle le régiment Carignan-Salières. Certains engagés et les militaires ont décidé de demeurer en Nouvelle-France après la durée de leur travail. Par exemple, plus de la moitié des militaires du régiment Carignan-Salières (environ 700 sur 1200) ont choisi de demeurer en Nouvelle-France et de fonder une famille.

On sait que les femmes sont peu nombreuses en 1645. Pour fonder des familles avec les nombreux hommes célibataires, des orphelines arrivent en Nouvelle-France entre 1663 et 1673. On les appelle les Filles du Roi parce que leur voyage est payé par le roi. Il n’y a plus de guerre entre les Amérindiens et les colons ni entre les nations amérindiennes elles-mêmes. Ils ont tous signé un traité de paix en 1701.

Mode de vie de la société canadienne en Nouvelle-France

En 1745, il y a toujours des coureurs des bois qui parcourent la forêt avec les Amérindiens à la recherche de fourrures. Il y a aussi des explorateurs qui découvrent de nouveaux territoires. Ces deux types de personnes ont un mode de vie nomade.

Les autres colons qui décident de cultiver la terre ont une maison plus confortable qu’en 1645. La maison compte plus d’une fenêtre. Les fenêtres sont plus souvent faites de petits carreaux de vitre. On retrouve dans la maison une chambre, une pièce principale (qui sert de salon, de cuisine et de salle à manger), un foyer en pierre ou un poêle en fonte. Il y a aussi quelques meubles qui sont fabriqués en Nouvelle-France.
 
Menu très varié :
  • produits laitiers (lait, crème, beurre);
  • fruits et légumes;
  • viandes;
  • beaucoup de produits faits avec de la farine de blé comme le pain.
L’arrivée d’animaux provenant d’Europe permet de diversifier encore plus le menu : cochons, chèvres, vaches, moutons, poules.
 
Rôle de l’homme :
  • cultures des champs;
  • récoltes;
  • travaux de construction et d’entretien;
  • fabrication de meubles;
  • réparation d’outils.
Rôle de la femme :
  • récoltes;
  • fabrication de tissu;
  • jardins;
  • cuisine;
  • confection de vêtements.

Occupation du sol de la Nouvelle-France

Les villes sont plus développées en 1745.  Il y a de moins en moins d’agriculture dans les villes. Plusieurs personnes vivent des services offerts à la population : marchands, artisans, aubergistes, etc. Les écoles et les hôpitaux se trouvent aussi dans les villes. Les maisons sont beaucoup plus rapprochées. Pour éviter les incendies, des murs un peu plus hauts que ceux de la maison sont construits de chaque côté et on interdit les maisons de bois.
 
Le territoire de la Nouvelle-France fonctionne sous le régime seigneurial. Le régime seigneurial est une forme de distribution des terres que l’on remarque surtout en campagne. Le roi donne un grand territoire à une personne, appelée seigneur, qui sera propriétaire de la terre que l'on appelle une seigneurie.
 

Vue aérienne de champs et d’un village de la région de Kamouraska

Le seigneur reçoit sa terre gratuitement du roi. Il est obligé de donner une terre à quelqu’un qui lui en fait la demande. Le seigneur doit absolument demeurer sur sa seigneurie. Il se fait souvent construire un manoir, une maison beaucoup plus grande et plus luxueuse que les autres colons. Il doit aussi construire un moulin que les colons pourront utiliser pour moudre leur blé. Les seigneurs doivent s’assurer du bon fonctionnement des terres qui sont sous leur autorité.
 
La seigneurie est divisée en plusieurs terrains qui sont cultivés par différents colons. Les colons qui cultivent la terre d’un seigneur sont aussi appelés des censitaires. Pour demeurer sur la seigneurie, les colons doivent :

  • construire une maison;
  • cultiver la terre;
  • participer aux travaux nécessaires au bon fonctionnement  de la seigneurie (ces travaux s’appellent la corvée);
  • donner une partie du blé moulu au moulin au seigneur;
  • payer un montant d’argent à chaque année au seigneur (c’est le cens);
  • payer une rente, qu’ils payent en argent ou avec des produits de la ferme. 

La rente et le cens forment la redevance, c’est ce qu’un colon doit payer pour avoir le droit d’utiliser sa terre. Le régime seigneurial a aussi une façon particulière de découper les terres. Les terres de chaque censitaire ont la forme d’un rectangle pas très large, mais très long. Les rectangles étroits permettent au plus grand nombre possible de colons d’avoir sa terre sur le bord du fleuve (ou d’un cours d’eau).

Les routes qui vont dans la même direction que le cours d’eau sont appelées des rangs. Les routes qui relient les rangs sont appelées des montées. La route qui longe le fleuve s’appelle le chemin du Roy. Sur la seigneurie, il y a aussi une église (ou une chapelle) et quelques artisans.

Territoire occupé (atouts et contraintes) par la société de la Nouvelle-France

Le territoire conserve ses atouts et ses contraintes de 1645. Les nombreuses explorations vers les Grands Lacs et le fleuve Mississippi agrandissent le territoire. L’avantage d’un territoire plus grand est la plus grande quantité de ressources disponibles, comme les fourrures. Par contre, même si de nouvelles villes sont fondées et que plus de terres sont cultivées, les colons demeurent surtout près du fleuve Saint-Laurent. Dans cette situation, il est plus difficile de protéger les autres parties de ce grand territoire.  C’est ce qui explique qu’on construise des forts pour faire la traite des fourrures.


Illustration du territoire de la Nouvelle-France vers 1745


Le fort Michilimackinac a été construit sur les berges qui bordent les lacs Michigan et Huron. À l'époque, ce fort servait à la traite des fourrures. Sur l'image, on voit la reconstitution du fort.

Réalités culturelles de la société canadienne en Nouvelle-France

Les communautés religieuses s’occupent de l’éducation (écoles), des soins de santé (hôpitaux) et des gens pauvres ou démunis.

Activités économiques en Nouvelle-France

Il s’ajoute de nouvelles activités économiques au commerce de la fourrure et à l’agriculture. Avec les intendants Talon et Hocquart, la Nouvelle-France commence à construire des bateaux qui sont utilisés en Amérique et en Europe. Les bateaux sont fabriqués avec le bois qui est abondant dans les forêts. Cette industrie crée d’autres types d’emploi reliés à la construction de bateaux comme la fabrication de voile ou de matériaux pour leur construction.
 
1670 : Les bateaux sont surtout utilisés en Amérique du Nord.
1730 : Les bateaux sont aussi utilisés en France.
 
Il y a aussi des artisans qui travaillent, entre autres, le cuir, les métaux et le bois pour faire des produits dont la population a besoin. Il est moins nécessaire de faire venir les objets d’Europe. Par exemple, les colons cultivent le lin pour faire des vêtements ou ils utilisent la laine des moutons. Le métal est aussi travaillé en plus grande quantité avec l’ouverture des forges du Saint-Maurice (près de Trois-Rivières). D’autres personnes font de la bière (brasserie) ou des vêtements (chapeaux, chaussures, etc.).

Réalités politiques de la société de la Nouvelle-France

À partir de 1663, ce n’est plus la compagnie des Cent-Associés ou la compagnie des Habitants qui dirige la colonie. Avce les compagnies, la Nouvelle-France était une colonie comptoir, c’est-à-dire qu’elle servait surtout à faire le commerce des fourrures. La Nouvelle-France devient une colonie de peuplement dirigée par un gouvernement royal de 1663 à 1760. Le roi de France est toujours la personne qui a tous les pouvoirs sur la Nouvelle-France en 1745. Le roi souhaite que plus de personnes demeurent en Nouvelle-France. Les personnes qui l’aident à diriger la colonie sont le gouverneur général et l’intendant. Ces deux personnes représentent le roi en Nouvelle-France. Les deux demeurent à Québec, auprès des gens qui dirigent la colonie.

Le gouverneur général s’occupe surtout des questions qui concernent les militaires et des relations avec les Amérindiens. La tâche de l’intendant est de faire augmenter la population, développer les activités économiques, donner des terres et assurer la justice en Nouvelle-France. 
 
Le conseil souverain s’occupe que la justice et les lois soient respectées. Ce sont des hommes nommés par le roi. Le gouverneur général, l’intendant et l’évêque font partie du conseil souverain avec d’autres personnes. Les capitaines de milice sont des colons qui protègent les autres colons et font respecter les décisions de l’intendant.

Moyens de transport de la société de la Nouvelle-France

Avec l’ouverture de routes, il est maintenant possible pour les colons de se déplacer en calèche (roues en dessous) ou en carriole (ski en dessous qui glissent sur la neige). Ces véhicules sont souvent tirés par des chevaux. Le printemps est une période difficile pour se déplacer parce que les rues sont boueuses avec la fonte des neiges. Ni les roues de la calèche ni les skis de la carriole ne peuvent empêcher le véhicule de se prendre dans la boue.
 
Des sentiers en forêt et des routes de terres battues permettent de se déplacer d’une seigneurie à l’autre. Les colons se déplacent toujours sur les cours d’eau avec des chaloupes et ils prennent le bateau pour aller en Europe. L’hiver, les cours d’eau gelés deviennent des ponts de glace, puisque les colons peuvent traverser de l’autre côté en marchant sur la glace.

Voies de communication de la société de la Nouvelle-France

Les voies de communication demeurent les mêmes que les moyens de transport puisqu’on transmet l’information par écrit ou en personne.  Les personnes et les lettres voyagent par les mêmes moyens de transport.

Techniques et outillage de la société de la Nouvelle-France

Les colons tentent de fabriquer des objets en Nouvelle-France pour ne plus avoir à attendre qu'ils arrivent de France. Certains animaux sont amenés d’Europe ce qui permet de les utiliser pour faire le travail dans les champs ou pour le transport (chevaux, bœufs).

Pour l’agriculture, les colons utilisent le bœuf et la charrue, la faux et le faucille (outils coupant pour les récoltes), la pioche et la bêche (outils pour creuser la terre) et le fléau (outil pour séparer les grains des plants de céréales). Le moulin transforme les céréales en farine. Les moulins fonctionnent avec la force du vent ou avec le courant de l’eau. Les femmes font des tissus avec le lin qu’elles cultivent et avec la laine des moutons.

Influence de personnages et d’événements sur l’organisation sociale et territoriale

Jean Talon



Il est le premier intendant de la Nouvelle-France entre 1665 et 1672. Il fonde un chantier naval pour construire des bateaux en Nouvelle-France. Il fait venir des animaux de France pour les colons (bœufs, chevaux, moutons) et finance des expéditions d’exploration à travers l’Amérique du Nord pour agrandir le territoire et avoir ainsi plus de ressources. Il aide également à démarrer l’industrie qui fabrique des produits faits de cuir.
 
Il trouve différents moyens pour augmenter la population :

  • Il fait venir les Filles du Roi pour que les soldats célibataires puissent se marier et s’établir en Nouvelle-France.
  • Il encourage les familles de 10 enfants et plus en leur donnant de l’argent;
  • Il offre des terres gratuitement.
  • Il invite les soldats à s’établir en Nouvelle-France après y avoir travaillé en leur offrant une terre ou une seigneurie, de l’argent et de la nourriture.
  • Il invite des hommes à venir travailler en Nouvelle-France pour trois ans (ces hommes s’appellent des engagés). Après ces trois ans, ils peuvent recevoir une terre gratuitement.

Les exercices

Les références

Mise à jour : 13 juillet 2012
Matière(s) : histoire, géographie
Niveau(x) : primaire 1, primaire 2, primaire 3, primaire 4, primaire 5, primaire 6, secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse