La conquête de la Nouvelle-France

Les relations entre la Nouvelle-France et les Treize colonies

Les relations avec les colonies britanniques se sont envenimées lorsque les Britanniques se sont sentis encerclés par les colons français. La Nouvelle-France empêchait l'étalement des colonies britanniques vers l'ouest et ce fut l'un des enjeux principaux des guerres intercoloniales. De plus, les Anglais souhaitaient s'approprier des zones de pêche des Français. Les tensions entre les colonies étaient par contre plus liées aux guerres entre les métropoles qu'aux enjeux coloniaux. C'est pourquoi les guerres intercoloniales sont survenues aux mêmes moments que les guerres en Europe. En Europe, les pays souhaitaient surtout s'opposer à la politique d'expansion de Louis XIV. Une première guerre a opposé les nations européennes, mais les positions sont restées les mêmes à la fin de la guerre.

Une autre guerre fut celle de la succession d'Espagne. À la fin de la guerre, en 1713, la France concédait certains territoires à la Grande-Bretagne. Par le traité d'Utrecht, la France cédait l'Acadie, le bassin de la baie d'Hudson et renonçait aux revendications territoriales à Terre-Neuve. La France conservait le territoire actuel du Nouveau-Brunswick et du l'Île-du-Prince-Édouard.

Les colons anglais, qui se sentaient coincés par la Nouvelle-France, n'avaient toutefois peu à craindre. En effet, ils étaient plus nombreux et profitaient d'une plus grande densité de population. De plus, leurs colonies étaient mieux organisées. À la veille de la guerre de Sept Ans, la force de la France résidait dans ses alliances avec les Amérindiens. En résumé, les relations entre la Nouvelle-France et les colonies britanniques sont teintées par la concurrence territoriale et commerciale. Toutefois, les conflits n'éclatent que lorsque les métropoles sont en guerre.

La guerre de Sept Ans et la défaite de la Nouvelle-France

La guerre de Sept Ans a débuté en Europe et opposait deux alliances : la Prusse, la Grande-Bretagne et Hanovre contre l'Autriche, la Saxe, la France, la Russie, la Suède et l'Espagne. Comme cette guerre opposait des puissances coloniales importantes, la guerre s'est répercutée dans les colonies. En Amérique du Nord, la guerre de Sept Ans opposait la Nouvelle-France et les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Chaque parti profitait aussi de ses alliances avec les nations amérindiennes.

Les forces de la Nouvelle-France comptaient sur l'appui du gouverneur, le Marquis de Vaudreuil, et sur le général Montcalm. Le premier était canadien tandis que le second était français. Pour Vaudreuil, l'enjeu de la guerre était de sauver le territoire de la Nouvelle-France. Pour Montcalm, la Nouvelle-France était un champ de bataille comme un autre et sa perte ne serait pas très grave. Les forces britanniques comptaient sur Pitt, qui s'était engagé pour faire la guerre à la France sur ses colonies. Son plan était de prendre Louisbourg et de détruire le territoire. Il était aidé d'un général britannique, Wolfe.

Les deux armées qui s'opposaient en Amérique n'étaient pas de la même force. La Grande-Bretagne avait envoyé une flotte puissante, plusieurs troupes et beaucoup d'équipement vers ses colonies. Les troupes britanniques en Amérique comptaient sur 20 000 colons, 12 000 soldats et 21 000 soldats provinciaux. De son côté, les Canadiens devaient se défendre avec 6 800 soldats et 15 000 miliciens. Les Britanniques souhaitaient attaquer la Nouvelle-France sur trois fronts : le front de l'Ohio (près des Grands Lacs), Louisbourg (à l'entrée du golfe Saint-Laurent) et Québec.


Au début de la guerre de Sept Ans, les Français remportent plusieurs batailles
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Dès les années 1750, les Français avaient solidifié les dispositifs de défense au sud de la colonie. Ils ont chassé les Britanniques à quelques reprises au cours de la guerre. Les défaites des Anglais augmentent leur agressivité face aux Canadiens et aux Français. En 1756, la Grande-Bretagne déclare la guerre à la France pour le contrôle de l'Amérique du Nord, les enjeux de la guerre de Sept Ans en Amérique sont fixés. Les Français réussissent à vaincre les Anglais jusqu'à ce que les forces des Treize colonies s'unissent. Dès lors, les forces britanniques se révèlent plus puissantes que celles de la Nouvelle-France.

Dès 1758, les Français ont commencé à perdre quelques forts dans la région de l'Ohio au profit des Anglais. Le 8 juin 1757, la marine britannique, dirigée par Wolfe, a amorcé un siège sur la forteresse de Louisbourg. Après deux mois de siège, ayant causé la famine, les Anglais ont pris possession du fort le 26 juillet 1757. La France, trop occupée avec ses champs de bataille en Europe, n'avait envoyé aucun renfort à Louisbourg. Plusieurs Français sont déportés en France et les Anglais démantèlent la forteresse.


Le siège de Louisbourg
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Les Anglais poursuivent leur plan et se dirigent vers Québec. En chemin, ils attaquent Gaspé le 4 septembre 1758. En juin 1759, la marine britannique amorce son siège sur Québec, toujours guidée par Wolfe. L'armée est retenue grâce au travail des garnisons, aux falaises et aux murailles. La ville est toutefois bombardée durant deux mois.

Le 13 septembre 1759, en explorant la côte, Wolfe a découvert une petite anse à trois kilomètres des murs. L'armée a escaladé la falaise et s'est dirigée vers les plaines d'Abraham. Montcalm a délaissé sa position pour déclencher une bataille. Celle-ci durera 30 minutes et les deux chefs y seront blessés mortellement. L'armée de la Nouvelle-France a perdu et les Anglais ont pris possession de la ville de Québec. Plusieurs Français se sont enfuis vers Montréal. Certains survivants sont revenus à Québec en avril 1760 et ont réussi à reprendre Sainte-Foy des mains des Anglais. Toutefois, à l'arrivée de la flotte britannique, ils ont de nouveau perdu le contrôle.


La prise de Québec (cliquer pour agrandir)

La flotte britannique se dirigeait vers Montréal. Le 8 septembre 1760, les Français se rendaient et cessaient de combattre. Les Anglais prenaient possession de la Nouvelle-France. Toutefois, les termes ne furent officialisés lors de la fin de la guerre de Sept Ans, lors du traité de Paris, en 1763.


Les Français capitulent à Montréal en 1760

On estime que le dixième de la population canadienne-française a succombé au cours de la guerre qui a permis à l'Angleterre de conquérir la Nouvelle-France. La guerre de Sept Ans, au Canada, est également connue sous le nom de la Conquête ou de Guerre de la Conquête.

Les exercices

Les références

Mise à jour : 07 août 2012
Matière(s) : histoire
Niveau(x) : secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse