La fondation de la Nouvelle-France

Les premiers établissements français

Lorsque les explorateurs français se sont approprié des territoires sur le nouveau continent, ils souhaitaient d'abord découvrir un passage vers les richesses de l'Asie. La Nouvelle-France ne devait être qu'une étape à franchir afin de poursuivre le chemin menant à l'Asie. D'ailleurs, Cavelier de La Salle avait conféré à sa seigneurie le nom de « La Chine » en l'honneur de son obsession : trouver la Chine.

La France poursuivait aussi d'autres objectifs :

  • propager la foi chrétienne au sein de la population autochtone;
  • augmenter le prestige du royaume;
  • exploiter les ressources du nouveau territoire.

Pour atteindre ces objectifs, les explorateurs français devaient s'établir aux endroits stratégiques du territoire. L'histoire de la Nouvelle-France a commencé lors du premier voyage de Jacques Cartier pendant lequel il a pris possession de Gaspé au nom du roi de France. Il nomme d'ailleurs ce territoire le Canada, nom désigné par les Amérindiens.


Cartier plante une croix à Gaspé.
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Tadoussac

Dès 1598, le commerce des fourrures commence en Nouvelle-France. Le marquis de La Roche-Mesgouez obtient d'ailleurs le monopole de ce commerce et est nommé lieutenant général du Canada, de Terre-Neuve et du Labrador. Le tout premier poste de traite (lieu protégé où s'effectuaient les échanges de fourrures contre d'autres produits) fut fondé deux ans plus tard, en 1600. Ce premier poste de traite était situé à l'emplacement actuel de la ville de Tadoussac. Pendant trente ans, Tadoussac fut le seul port maritime du fleuve Saint-Laurent capable d'accueillir des bateaux à fort tonnage. Généralement, le trajet vers Québec se faisait en barque.


Le poste de traite Chauvin à Tadoussac (photo non datée)
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Au début du 17e siècle, Samuel de Champlain participe à plusieurs voyages en Amérique. N'ayant pas de rôle officiel à bord, il dessine plusieurs cartes et effectue des tâches de géographe. Son premier voyage, effectué en 1603, le mène à Tadoussac. Il explore également le fleuve Saint-Laurent, le Saguenay et la rivière Richelieu. En 1604, Champlain fait partie d'un groupe qui passe l'hiver à l'île Sainte-Croix dans les Maritimes. L'hiver est difficile et peu de colons survivent.

Port-Royal

Au cours de l'été 1605, un établissement est fondé à Port-Royal (en Nouvelle-Écosse), ce qui marque la naissance de l'Acadie. On offre par la suite le monopole des fourrures à Pierre Dugua de Mons à la condition qu'il établisse une colonie. Après des débuts difficiles, l'entreprise fonctionne relativement bien. Quelques années plus tard, l'établissement est toutefois incendié par un Anglais de la Virginie. Durant son séjour à Port-Royal, Champlain a exploré et cartographié l'Acadie et la côte atlantique. Il crée une carte représentant le territoire entre le Cap-Breton et le sud de Cape Cod.


Carte dessinée par Champlain en 1616 (cliquer pour agrandir)
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Québec

De retour en Amérique en 1608, Champlain, officiellement nommé lieutenant, souhaite créer un nouvel établissement sur le fleuve Saint-Laurent. Comme un poste de traite est déjà en place à Tadoussac, il songe à s'y établir. Toutefois, il juge que le cap Diamant constitue un lieu plus facile à défendre. Il fonde alors l'habitation de Québec au pied du cap. Constituée de trois maisons, d'un magasin et d'une cave, l'habitation se situait à l'emplacement actuel de l'église Notre-Dame-des-Victoires, sur la Place-Royale. Les hivers sont toujours difficiles pour les colons et plusieurs souffrent du scorbut. Champlain poursuit ses explorations à l'intérieur des terres.

Au cours de l'été de l'année 1609, il remonte le Richelieu jusqu'au lac qui porte aujourd'hui son nom. Là, il aide les Hurons et les Algonquins à affronter les Iroquois. Cette bataille constitue le premier affrontement avec des Amérindiens pour Champlain. La victoire de l'alliance (Hurons, Algonquins, Français), facilitée par les armes des Européens, va faire des Iroquois les ennemis de la Nouvelle-France. À partir de ce moment, les Hurons vont faire appel aux Français pour vaincre les Iroquois.


La bataille de Champlain en 1609 (cliquer pour agrandir)

Lorsque les colons français participent aux guerres amérindiennes, les marchands (qui font aussi partie des expéditions) jugent que les expéditions ne sont pas profitables. En effet, ces marchands cherchent à exploiter les ressources du continent et à faire des profits. En 1617, la première famille de colons, la famille de Louis Hébert, arrive en Nouvelle-France pour s'approprier, défricher et cultiver une terre près de Québec. Dès 1627, la colonisation et le développement de la Nouvelle-France sont confiés à la Compagnie de la Nouvelle-France (Compagnie des Cent-Associés). Cette compagnie est un regroupement de marchands dont le but est d'exploiter les fourrures. Le roi leur confie aussi le mandat de coloniser le territoire. La création de la compagnie marque aussi l'instauration du régime seigneurial en Nouvelle-France.

Trois-Rivières et Montréal

En 1634, un nouveau poste de traite des fourrures est inauguré à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, à l'emplacement actuel de Trois-Rivières. Le commerce devient rapidement prospère. En 1642, la ville de Montréal est fondée par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Dès 1615, Champlain avait émis l'idée d'une nouvelle ville sur les rives du fleuve, ville qui devrait être située le plus possible à l'intérieur des terres. Or, les rapides de Lachine, situées à la hauteur de Montréal, bloquent le passage des navires et délimitent l'endroit le plus reculé pour y bâtir une ville. Cette ville devait aussi promouvoir le catholicisme sur le territoire de la Nouvelle-France.

Deux colons (La Dauversière et Fancamp) choisissent une île déjà identifiée par Jacques Cartier et baptisée Mons realis (Mont royal). La Société de Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France est créée. Des navires accostent sur l'île et Maisonneuve amorce la construction de palissades de bois près du village amérindien Hochelaga. Le 18 mai 1642, une messe d'inauguration marque les débuts officiels de la nouvelle ville, Ville-Marie. Le nom Montréal sert à désigner l'île sur laquelle la ville se trouve. La même année, Jeanne Mance fonde un hôpital dans la ville : l'hôpital Saint-Joseph (nommé aujourd'hui l'Hôtel-Dieu).


Ville-Marie après sa fondation

La colonisation se poursuit lentement. D'ailleurs, en 1647, une loi force les marchands à emmener un immigrant pour chaque tonne de marchandise. En quelques années, Ville-Marie devient un lieu important pour le commerce des fourrures. En 1653, Maisonneuve revient à Ville-Marie avec Marguerite Bourgeoys, qui fonde une école où elle enseigne aux filles (Françaises et Amérindiennes). Le roi, jugeant que la colonisation pourrait gagner en efficacité, met en place le gouvernement royal en 1663.

Les relations avec les Autochtones

Les relations entre les colons et les Amérindiens ont été influencées par leurs intérêts respectifs. Pour les Français, le but principal des interactions avec les Amérindiens était la conversion. Les colons souhaitaient en effet christianiser les Autochtones. L'éducation des colons et des Amérindiens passe par les congrégations religieuses.

Outre les missionnaires, les Amérindiens sont en contact avec les coureurs des bois. Ces derniers, contrairement aux religieux qui veulent assimiler les Amérindiens, vivent parmi les nations amérindiennes et y apprennent les langues, les techniques et les moeurs. D'ailleurs, plusieurs mariages ont lieu entre des Français et des Amérindiennes. Étienne Brûlé a vécu longtemps avec les Amérindiens et s'est familiarisé à leur territoire, leur langue et leurs habitudes.


Étienne Brûlé (cliquer pour agrandir)

Comme la guerre fait partie de la vie des Amérindiens, ces derniers invitent les Français à participer aux batailles. Les tribus huronnes et algonquines sont loyales aux colons français jusqu'en 1763 puisque ces derniers les aident à combattre les Iroquois. Les Iroquois, dès la première bataille avec Champlain en 1609, sont hostiles aux Français à cause de leur appui aux nations ennemies (les Hurons et les Algonquins) et n'hésitent pas à attaquer ni à tuer des colons. Les Iroquois ont d'ailleurs attaqué Ville-Marie à plusieurs occasions avant la paix, signée en 1655.

En acceptant de participer aux batailles des Amérindiens, les Français s'assuraient d'avoir l'appui des guerriers autochtones qui étaient de bons guides, de bons éclaireurs et qui préparaient de bonnes attaques-surprises. Pour leur part, les Français payaient les vêtements et les munitions aux Amérindiens alliés, en plus de s'occuper de leurs familles pendant les batailles.

Les relations entre les colons et les Autochtones ne se limitent pas aux alliances armées. En effet, les alliances commerciales sont tout aussi importantes. Les Français profitent des connaissances des Amérindiens pour la traite des fourrures. Ils achètent également des fourrures des trappeurs autochtones. En échange, les Autochtones obtiennent des armes et différents produits d'Europe (miroirs, perles, etc.).

Le troc est un bon moyen pour créer des liens commerciaux entre les deux groupes. Les échanges sont satisfaisants durant un certain temps. Rapidement, les Français exigent de plus en plus de peaux de castor tandis que les Amérindiens demandent des objets plus précis (aiguilles, couteaux, chaudrons, armes).


Troc dans un poste de traite (cliquer pour agrandir)

Dès 1618, la France nomme un ambassadeur en Nouvelle-France auprès des Amérindiens. En effet, Jean Nicolet explore le territoire avec des groupes autochtones et tisse des liens avec différentes nations.

La Grande Paix de Montréal (1701)

La concurrence entre Français et Anglais dans le commerce des fourrures a engendré des conflits entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre au 17e siècle. Les Amérindiens ont aussi pris part à ces conflits, en s'alliant avec les Européens. Ils combattaient ainsi d'autres nations amérindiennes et obtenaient l'assistance de leurs alliés européens.


Signature de la Grande Paix de Montréal (cliquer pour agrandir)
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Ces conflits vont s'intensifier à la fin des années 1600. Les Iroquois, alliés des Anglais, vont chercher à faire la paix après plusieurs défaites. À l'été de 1701, les Français et 39 nations amérindiennes signèrent la paix à Montréal. Ce traité instaure une paix durable entre les Iroquois, les Français et leurs alliés. Le représentant de la France est Louis-Hector de Callières.


Copie du traité de paix de 1701 (cliquer pour agrandir)
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Les exercices

Les références

Mise à jour : 10 août 2012
Matière(s) : histoire
Niveau(x) : secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse