La société en Nouvelle-France vers 1645

Caractéristiques de la société de la Nouvelle-France

Il n’y a pas beaucoup de Français qui viennent en Nouvelle-France au début du 17e siècle. En 1645, il y a environ 1000 habitants en Nouvelle-France. La majorité de ces colons vivent à Québec. Ce sont presque seulement des hommes qui habitent en Nouvelle-France, car le travail est difficile physiquement et les conditions de vie sont ardues. 

La majorité des objets que les colons utilisent proviennent de France puisque personne ne les fabrique en Nouvelle-France. Il est donc difficile de trouver des produits comme des tissus et des outils. Quand les colons les commandent, ces produits prennent du temps à arriver parce qu’ils sont transportés par bateau à partir de l’Europe. La traversée de l’océan Atlantique prend quelques mois, les bateaux ne font pas de livraison l’hiver et ils ne peuvent apporter qu’une petite quantité d’objets. La vie en Nouvelle-France peut être dangereuse à cause des conflits entre les Amérindiens et les Européens ou entre les nations amérindiennes. Il y a plusieurs périodes de guerre vers 1645 en Nouvelle-France.


Carte de la Nouvelle-France, vers 1645 (cliquer pour agrandir)
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Mode de vie en Nouvelle-France

Il y a deux façons de vivre en Nouvelle-France :

  1. Certaines personnes décident de vivre selon le mode de vie des Amérindiens, c'est-à-dire dans la nature. On appelle ces gens des coureurs des bois. Ils sont nomades, car ils n’ont pas un lieu précis où vivre. Ils explorent le territoire, font le commerce des fourrures et apprennent la culture amérindienne.
  2. D’autres personnes choisissent de construire une maison et de défricher la terre (enlever les arbres pour avoir un champ qu’ils peuvent cultiver). Ce sont des personnes sédentaires, car ils décident de demeurer à un endroit précis. 
Les colons commencent une nouvelle vie : la terre n’est pas prête à être cultivée, ils ont très peu de biens (des meubles, par exemple) et les habitudes de vie, comme trouver la nourriture, sont très différentes de la France.
 
Les maisons sont faites de troncs d’arbres. Entre chaque tronc, on y étend du mortier (un mélange de boue) pour fermer toutes les ouvertures. Il y a un foyer avec une cheminée pour cuisiner et pour chauffer la maison. Une ouverture sert de petite fenêtre pour laisser entrer la lumière. Elle n’est pas recouverte de vitre, mais plutôt de papier ciré. Le toit est en pente pour empêcher la neige d’y rester.  Une étable et une grange peuvent aussi être construites sur le terrain d’un colon pour y ranger les outils, les aliments et les animaux, s’il en a.
 
Menu des colons :
  • Viandes et poissons provenant de la chasse et de la pêche (frais ou fumés pour les conserver longtemps);
  • Légumes (poireaux, carottes, navets, choux, pois, citrouilles);
  • Fruits (pommes et prunes);
  • Céréales comme le blé, l'avoine et l'orge (pour faire la cuisine, de la farine, du pain, etc.);
  • Fines herbes pour assaisonner.
  • Aliment de base : pain
Boissons :
  • Lait
  • Bouillon
  • Bière
  • Vin
Les colons ont gardé l’habitude de manger plusieurs aliments qu’ils mangeaient en France. Ils ont d’ailleurs apporté des semences pour cultiver des fruits, des légumes, des céréales ou des herbes qui ne poussaient pas naturellement en Nouvelle-France. Cependant, les Amérindiens ont aussi appris aux colons français à manger de nouveaux aliments comme le maïs, les courges, les haricots, les fruits sauvages (fraises, bleuets, framboises) et le sucre d’érable.
 
Les vêtements sont confectionnés dans des tissus comme le lin, le chanvre ou la laine. Les styles ressemblent aux vêtements portés en Europe. Les hommes portent des pantalons et les femmes des jupes ou des robes. Les Amérindiens leur montrent à chausser des mocassins. L’hiver, ils portent des tuques, des chapeaux qui couvrent les oreilles et le cou et des manteaux appelés capots.
 

 
Reconstitution des costumes à l’époque de la Nouvelle-France (cliquer pour agrandir)
 
Rôles des femmes :
  • Confection de vêtements;
  • Travaux agricoles;
  • Éducation des enfants;
  • Travaux ménagers;
  • Préparation des repas.
Rôles des hommes :
  • Fabrication des meubles;
  • Coupe du bois;
  • Agriculture;
  • Construction.

Occupation du sol en Nouvelle-France

Trois petites villes sont fondées : Québec (1608), Trois-Rivières (1634) et Montréal (1642). Les autres établissements sont des comptoirs pour la traite des fourrures. Les comptoirs de traite servent principalement à faire des échanges pour le commerce de la fourrure avec quelques bâtiments comme des maisons, un magasin général et une chapelle.

Le long du fleuve Saint-Laurent, le territoire commence à se développer. Il est divisé en seigneuries. C’est un vaste territoire rectangulaire, pas très large, mais très long, sur le bord de l’eau. Le propriétaire y construit sa maison et offre d’autres parties de sa terre à des colons pour qu’ils la défrichent et la cultivent. Une partie des récoltes vont au seigneur (le propriétaire de la terre) et l'autre partie revient au paysan.

Territoire occupé (atouts et contraintes) par la société de la Nouvelle-France

Un inconvénient pour les nouveaux colons est la rigueur de l’hiver. En effet, les hivers sont très froids, longs et il y a beaucoup de neige. De plus, pendant l’hiver, les cours d’eau gèlent, ce qui empêche les déplacements sur une longue distance par canot. Les colons ne sont pas habitués aux moustiques, ce qui crée un autre souci.
 
L’avantage, c’est que la nature est généreuse :
  • Les sols sont fertiles et les précipitations sont abondantes, ce qui est favorable à l’agriculture.
  • Les forêts offrent de nombreux arbres et plusieurs différentes espèces d’animaux.
  • Les nombreux lacs sont purs et remplis de poissons. Les colons profitent de ces nombreux cours d'eau pour les récoltes, la pêche et leur utilisation de tous les jours (boire, laver).  

Réalités culturelles de la société de la Nouvelle-France

Les nouveaux habitants de la Nouvelle-France sont des gens aventureux qui désirent trouver une vie meilleure en Amérique. Les premiers habitants sont des explorateurs, des commerçants, des colons qui veulent posséder une terre et des engagés qui viennent défricher la terre d’autres personnes. Ils parlent français et pratiquent la religion catholique.

Les colons se regroupent pour faire des fêtes lors des soirées. Les événements importants, qui sont surtout des événements religieux, sont soulignés comme Noël, le Jour de l’An, la Saint-Jean-Baptiste, les mariages et les baptêmes. Les colons fêtent comme ils l'ont appris en France.

Même si les colons français reprennent surtout le mode de vie qu’ils avaient en France, ils prennent quelques habitudes que les Amérindiens leur ont apprises. L’inverse est aussi vrai : les Amérindiens prennent aussi des techniques des Français. Ils s’influencent sur la façon de se nourrir, de se vêtir et même de se divertir.

Un autre groupe important qui arrive en Nouvelle-France est formé par les religieux. Plusieurs raisons les amènent dans la colonie : pour convertir les Amérindiens à la religion catholique, pour enseigner, pour offrir des soins de santé, pour permettre aux colons de pratiquer leur religion et pour réconforter les Français.

Plusieurs communautés religieuses viennent s’établir en Nouvelle-France. Les communautés religieuses regroupant les hommes s’occupent de l’éducation des garçons et elles convertissent les Amérindiens. Les trois principales communautés chez les hommes sont les Jésuites, les Sulpiciens et les Récollets. Chez les femmes, les Ursulines, les Hospitalières de Saint-Joseph et la Congrégation Notre-Dame font partie des communautés qui sont très présentes en Nouvelle-France. Elles enseignent aussi aux enfants et soignent les malades.

Activités économiques en Nouvelle-France

Le commerce de la fourrure est la principale activité économique en Nouvelle-France. Pour s’approvisionner en fourrures, les Européens font du troc, c'est-à-dire qu’ils échangent des fourrures contre des produits provenant d’Europe comme des fusils, des couteaux, des chaudrons, des tissus et des couvertures. 

 
Reconstitution d’un poste de traite, un lieu où se faisaient les échanges avec les Amérindiens pour le commerce de la fourrure
 
Par la suite, les Européens vendent les fourrures en Europe. Pour faciliter les échanges, les Européens font des alliances avec les Amérindiens : les Français sont alliés avec les Hurons, les Abénaquis et les Micmacs. Les Anglais sont alliés avec les Iroquois. La pêche est aussi une activité économique des Français en Nouvelle-France, mais beaucoup moins importante. Les colons qui demeurent en Nouvelle-France pratiquent surtout l’agriculture.

Réalités politiques en Nouvelle-France

La Nouvelle-France est une colonie, ce qui signifie que c’est un territoire qui appartient à la France. La Nouvelle-France est dirigée par le roi, même s’il reste en France. La compagnie des Cent-Associés qui fait le commerce de la fourrure dirige la colonie en Nouvelle-France à partir de 1627. En échange, elle doit favoriser le développement de la colonie en augmentant sa population. Elle partage le commerce et le développement de la colonie avec la Compagnie des Habitants à partir de 1645.

Un gouverneur représente le roi en Nouvelle-France. Il est juge, commandant militaire et doit aussi s’assurer d’avoir de bonnes relations avec les Amérindiens. Il prend les décisions importantes concernant les guerres et le commerce et il applique également les décisions du roi.

Moyens de transport utilisés en Nouvelle-France

Pour se rendre en Nouvelle-France à partir de la France, il faut plusieurs jours, même des mois de bateaux à voile. En Nouvelle-France, en plus de la marche, les colons se déplacent en canots, surtout pour les longues distances. Si les voyageurs rencontrent un obstacle en canot, ils font du portage sur le bord de l’eau, ce qui signifie qu'ils transportent leur canot et leurs bagages le long de la rive. Une fois l’obstacle passé, les voyageurs remettent le canot à l’eau et poursuivent leur chemin. 

Les lieux de rencontres des cours d’eau (appelés confluents) sont souvent les endroits où l’on fait du commerce. Les postes de traite sont construits près des confluents parce qu’ils permettent de rejoindre des coureurs des bois ou des Amérindiens provenant de différents endroits. Les colons ont aussi appris à marcher avec des raquettes l’hiver. 


Un coureur des bois (cliquer pour agrandir)

Les coureurs des bois se déplacent fréquemment, c'est pourquoi leur habillement est différent de celui des colons.

Voies de communication en Nouvelle-France

Les colons communiquent en personne ou par écrit. Les nouvelles voyagent donc à pied ou par bateau. Les voies de communication dépendent des moyens de transport.

Techniques et outillage de la société de la Nouvelle-France

Sur la terre, les colons ont des haches pour défricher, des houes pour retourner la terre et des bœufs pour travailler la terre et transporter des charrettes. Les colons français travaillent le bois pour, entre autres, faire des meubles. Pour faire ces travaux de menuiserie, ils utilisent différents outils comme un rabot, une cognée, une herminette et un maillet.

Personnages influents sur l’organisation sociale et territoriale

Jacques Cartier

Il est Français. Il prend possession du territoire de la Nouvelle-France au nom du roi de France. Il fait trois voyages en Amérique dont le premier en 1534, date à laquelle on associe la découverte du Canada. 

Samuel de Champlain

Il est Français. Il fonde la ville de Québec en 1608. Le but de ses voyages : explorer le territoire, dessiner le territoire et l’emplacement des cours d’eau, étudier le sol et la nature. Il aide à établir le commerce de la fourrure. Il fait des alliances avec des nations amérindiennes. 

Sieur de Laviolette

Il fonde la ville de Trois-Rivières et y fait la traite de fourrure dans un fort en bois. 

Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve

Il fonde Ville-Marie avec Jeanne Mance. Il veut que Ville-Marie (Montréal) soit un lieu pour enseigner la religion catholique aux Amérindiens. 

Jeanne Mance

Elle fonde Ville-Marie (Montréal), avec Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve. Elle fonde le premier hôpital de Montréal, l’Hôtel-Dieu. Elle soigne des malades et trouve d’autres sœurs prêtes à soigner des malades. 

Marie Guyard

On l’appelle aussi Marie de l’Incarnation. Elle fonde à Québec la communauté religieuse appelée les Ursulines. Les Ursulines enseignent aux Amérindiennes et aux jeunes filles.

Étienne Brûlé

Il est un des premiers coureurs des bois. Il vit comme les Amérindiens et apprend leur langue et leurs habitudes de vie. Il crée des liens avec eux. Il est le premier Européen à visiter les Grands Lacs et le premier à visiter le pays des Hurons. 

Jean de Brébeuf

Il fait partie de la communauté religieuse des Jésuites. Il est missionnaire chez les Montagnais et les Hurons, où il leur enseigne la religion catholique. Il est martyrisé par les Iroquois, les ennemis des Montagnais et des Hurons. 

Louis Hébert

Il est né en France et est le premier agriculteur de la Nouvelle-France. 

Robert Giffard

Il est le premier seigneur de la Nouvelle-France et sa seigneurie se trouve près de Québec.

Les exercices

Les références

Mise à jour : 07 août 2012
Matière(s) : histoire, géographie
Niveau(x) : primaire 1, primaire 2, primaire 3, primaire 4, primaire 5, primaire 6
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse