Le fait français aujourd'hui au Québec

Cette fiche contient des informations pour les jeunes de niveaux primaire et secondaire. Par conséquent, elle est divisée en deux sections : la première étant destinée aux élèves du primaire et la deuxième destinée aux jeunes du secondaire.

SECTION POUR LES ÉLÈVES DU PRIMAIRE

Les traces de la société de la Nouvelle-France aujourd’hui

La société française en Amérique du Nord a beaucoup changé depuis la fondation de la Nouvelle-France.  Même si la Nouvelle-France n’existe plus, le Québec a conservé plusieurs traces de cette époque :

  • L’utilisation de la langue française au Québec est un héritage de la Nouvelle-France que l’on remarque à tous les jours;
  • La majorité de la population parle français et le gouvernement vote des lois pour protéger cette langue;
  • L’importance de la religion catholique dans l’histoire du Québec est un autre héritage de la société de la Nouvelle-France. On le remarque par la présence des nombreuses églises et par le nom des rues. On peut penser à tous les endroits dont le nom commence par Saint ou Sainte.


L’Hôtel-Dieu de Québec

La société de la Nouvelle-France a également amené en Amérique du Nord certaines communautés religieuses qui y sont toujours. Ces religieux ont fondé des institutions qu’on utilise encore aujourd’hui comme l’Hôtel-Dieu de Québec (un hôpital) fondé par les Augustines ou le Collège de Montréal (une école secondaire privée) fondé par les prêtres de Saint-Sulpice.

Si l'on regarde le paysage quand on se promène en ville ou en campagne, on peut aussi observer des traces du régime français. Le régime français est une expression qu’on utilise pour parler de l’époque où la France avait tous les pouvoirs sur la Nouvelle-France.

Quand on voit les champs cultivés et qu’ils ont la forme de longs rectangles, c’est une pratique de l’agriculture qui a été apportée ici par les Français.


La division des terres en rangs (2008, Beauce (Québec). Photo de Frédéric Blanchet. Don.) (cliquer pour agrandir)

Le nom des lieux, des ponts, des routes rappelle aussi l’époque de la Nouvelle-France.

Le pont Jacques-Cartier à Montréal, le chemin du Roy qui longent le fleuve Saint-Laurent, l’île d’Orléans ou la ville de Carignan (nom du régiment militaire Carignan-Salières).


Le pont Jacques-Cartier à Montréal (2003, Brossard. Photo de Frédéric Champoux)

Plusieurs villes fondées par des Français à l’époque de la Nouvelle-France sont toujours présentes.  Pensons à Tadoussac, Québec, Trois-Rivières et Montréal.


Tadoussac (2005, Tadoussac (Bas-Saint-Laurent). Photo de Benoît Lettre. Vue depuis le sommet de la colline)

Certains bâtiments construits à l’époque de la Nouvelle-France ont survécu au temps. C’est le cas du moulin à vent de Vincelotte (photo ci-dessous) situé à Cap-Saint-Ignace (dans la région de Chaudière-Appalaches) qui a été construit en 1690-1691. Un autre exemple est le Calvaire d’Oka (dans la région des Laurentides) bâti entre 1740 et 1742 (un calvaire est un ensemble de bâtiments religieux).


Moulin à vent de Vincelotte

SECTION POUR LES ÉLÈVES DU SECONDAIRE

Historique du français au Québec

Le français de la Nouvelle-France

L'histoire du français au Québec commence avec la colonisation. À l'époque, la France a pris possession du territoire et administrait sa colonie, la Nouvelle-France. Dès lors, le français fut la langue de l'administration, des militaires, de l'Église et des commerçants. Les colons qui arrivaient ne provenaient pas tous des mêmes régions de la France. Ils parlaient probablement une grande variété de Français. À l'époque, chaque région de la France avait un dialecte particulier, avec des variations importantes d'une région à l'autre. Par contre, la langue de l'administration était utilisée par le roi et la noblesse. Les colons qui s'installaient en Nouvelle-France étaient tout de même en mesure de se comprendre, malgré les différents accents et les différences dans les dialectes régionaux.

En Nouvelle-France, les contacts avec les marchands, les religieux et les militaires ont collaboré à l'uniformisation de la langue. De plus, à l'école, les enfants apprenaient le français de l'administration. Selon les témoignages de l'époque, le français de la Nouvelle-France et celui de la France étaient très semblables. Les premières variations entre les deux manières d'utiliser le français étaient surtout liées au vocabulaire. En effet, les colons du Canada employaient plusieurs mots tirés des langues amérindiennes ou encore du lexique lié à la marine.

Le français après la Conquête

Lors de la Conquête, la situation a évolué rapidement. Le français presque pareil à celui de la France a évolué sous l'influence de l'anglais. Il faut rappeler que l'administration, l'affichage et les communications officielles se faisaient en anglais. De plus, les Canadiens n'avaient plus autant de contact avec la société française. Au même moment, la France connaissait des bouleversements politiques majeurs qui ont considérablement modifié la langue et sa prononciation. Dès lors, les observateurs commençaient à constater de plus grandes différences entre le français des Canadiens et celui des Français. Ces différences étaient dues à trois causes: l'influence de l'anglais, la perte de contact avec l'ancienne métropole et les réformes linguistiques importantes en France qui ne se rendent pas au Canada. À cette époque, nombreux sont ceux qui prédisent la disparition du français au Canada.

Malgré tout, les Canadiens ont continué à parler leur langue et la première constitution canadienne, en 1867, protégeait la langue du Québec. Dès lors, l'identité canadienne ne se limitait pas aux francophones. C'est à ce moment que les appellations "canadiens-français" et "canadiens-anglais" sont apparues. Avant cela, le terme "Canadiens" désignait uniquement les habitants francophones. L'administration anglophone souhaitait angliciser les francophones tandis que les francophones souhaitaient avoir autant de pouvoir politique et économique que les anglophones.

Affirmation de la culture québécoise depuis la Révolution tranquille

Cette lutte linguistique s'est poursuivie durant plusieurs années pendant lesquelles l'anglais s'était imposé comme langue influente. La situation a changé de manière plus importante lors de la Révolution tranquille. Cette époque marquait un essor majeur dans l'affirmation de la culture québécoise, et donc, de la langue française. Durant cette période, les canadiens-français ont opté pour le terme "Québécois" et exprimaient leur spécificité culturelle et linguistique au travers la littérature, le théâtre, le cinéma, la chanson et la télévision. Plusieurs oeuvres artistiques importantes et marquantes ont vu le jour durant la Révolution tranquille.

Le français était mis en valeur dans les arts et la population manifestait un sentiment national plus fort, mais l'anglais demeurait encore la langue dominante dans la société, la politique, l'économie, les affaires et le commerce. Les francophones devaient adopter l'anglais pour travailler ou se contenter de postes moins prestigieux.

L'affirmation de la culture québécoise passe ainsi en grande partie par l'affirmation linguistique et c'est pourquoi les politiciens québécois commencent à s'intéresser à cette question. Plusieurs politiciens s'avouent inquiets face à la situation du français au Québec. Non seulement la langue est peu utilisée dans le monde des affaires, mais l'affichage commercial ne se faisait qu'en anglais et la plupart des immigrants inscrivaient leurs enfants dans les écoles anglaises.


Affichage commercial à Montréal, tout en anglais (cliquer pour agrandir)
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Lois linguistiques

Les commissions scolaires ont été les premières à réagir à la situation en créant un règlement qui obligerait tous les nouveaux immigrants à fréquenter les écoles francophones en 1968. Ce règlement a suscité de vives réactions. Les immigrants revendiquaient le droit de choisir l'école qu'ils souhaitent pour leurs enfants, tandis que des nationalistes québécois profitaient de l'occasion pour défendre la culture et la langue du Québec. Dès lors, plusieurs projets de lois et nouvelles lois furent créés afin de satisfaire la population et d'assurer la défense du français.

Par exemple, la loi 63, la Loi pour promouvoir la langue française au Québec, fut adoptée en 1969. Cette loi laissait le libre choix pour la langue d'enseignement, mais obligeait les écoles anglophones à enseigner le français à ses élèves.

Par la suite, en 1974, le premier ministre Robert Bourassa a adopté la loi 22 après avoir fait les constats suivants: le français n'était pas la langue de travail, il était utilisé seulement par des francophones et il demeurait une langue marginale. La loi 22 proposait donc de faire du français la seule langue officielle du Québec. Ainsi, cette loi faisait en sorte que les communications, l'administration, les entreprises, le monde des affaires et l'affichage devaient se faire en français.


Robert Bourassa
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Quelques années plus tard, en 1977, Camil Laurin proposait la Charte de la langue française. Aussi surnommée la loi 101, cette charte voulait affirmer la prédominance du français au Québec pour tous les habitants. Par cette loi, on souhaitait alors fermer les écoles anglaises aux immigrants, exiger des certificats de francisation dans les entreprises et faire du français la langue commune de tous les Québécois. Depuis son entrée en vigueur, la loi 101 a connu quelques modifications pour assouplir ou changer certains aspects.


Camille Laurin
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En 1998, il y eut la Commission des États généraux sur la situation et l'avenir du français au Québec pour évaluer la situation après l'application de ces lois. Suite à la commission, le gouvernement a créé le Conseil supérieur de la langue française. Plusieurs actions furent également mises en application : augmentation du nombre d'heures de cours de français au secondaire, faire du français une matière préalable à l'obtention du diplôme d'études secondaires, imposer un examen de français pour tous les enseignants (quelque soit la matière enseignée).

Parallèlement à ces moyens légaux mis en place pour assurer la défense du français, plusieurs parents souhaitent aussi que leurs enfants puissent communiquer efficacement en anglais. C'est ainsi que le gouvernement a décidé d'offrir un meilleur enseignement de l'anglais.

Pendant toutes ces années, le français a continué son évolution au Québec. Les Québécois ne parlent plus le même français que les Français, mais l'influence de l'anglais est moins prononcée. En général, la langue des Québécois a un vocabulaire plus riche et une prononciation moins marquée qu'au cours du 19e siècle. Malgré une prononciation différente, les Québécois utilisent un français plus près du français international qu'au cours des siècles précédents. Le français du Québec n'est pas considéré comme une langue différente du français européen, mais comme une variété nationale. Rappelons tout de même que les règles et les codes grammaticaux sont les mêmes.

L'histoire du français au Québec rappelle que les canadiens-français ont, depuis la Conquête, représenté une minorité francophone dans un continent anglophone.

Les organismes linguistiques au Québec

Outre les lois, des organismes de défense du français ont été créés par le gouvernement. C'est le cas de l'Office québécois de la langue française (OLF). Cet organisme gère d'abord les plaintes et les commentaires par rapport à l'application de la loi 101. De plus, il offre des programmes de francisation pour les entreprises, met à la disposition de la population des outils de références linguistiques sur son site Internet, offre un service d'aide téléphonique et gère deux bibliothèques.

Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) a un rôle à jouer auprès des ministres. C'est en effet cet organisme qui offre des conseils aux ministres par rapport à l'application de la loi 101.

Les exercices

Les références
Section primaire :

Mise à jour : 07 août 2012
Matière(s) : histoire, géographie
Niveau(x) : primaire 1, primaire 2, primaire 3, primaire 4, primaire 5, primaire 6, secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse