Les débuts de la fédération canadienne

Colonisation de l'Ouest et les Métis

La création du Manitoba

En 1869, la Compagnie de la Baie d’Hudson vend la Terre de Rupert au gouvernement fédéral. Géré par le Canada, le territoire serait plus facile à coloniser et à administrer. L’expansion vers l’ouest sera possible.

Le territoire à l'ouest de l’Ontario est alors habité par des Amérindiens et des Métis. Ces derniers craignaient que la colonisation leur fasse perdre leur territoire et leurs droits de chasse.

Louis Riel, jeune métis ayant étudié à Montréal, devient le porte-parole des Métis. Il se porte alors à la défense de leurs droits territoriaux. Lorsqu’un groupe d’arpenteurs commencent à travailler près de leur territoire, les Métis sont inquiets. Un petit groupe, mené par Riel, force les arpenteurs à cesser leur travail.


Les Métis vivaient près de la rivière Rouge

Louis Riel commence ainsi un mouvement de protestation contre la colonisation de l’ouest. Le 2 novembre 1869, 120 Métis armés ont pris possession de Fort Garry, un poste de traite et un centre administratif. En protestant contre la colonisation, Riel veut protéger la langue, la religion et les droits territoriaux des Métis. Il souhaite ainsi obtenir la garantie que ces éléments seront respectés lorsque le territoire sera réellement intégré au Canada.

Riel dirige alors un gouvernement provisoire métis. Il souhaite établir un rapport de force qui pousserait le gouvernement fédéral à négocier.

En avril 1870, des négociations ont eu lieu entre les Métis et le gouvernement. Parmi les demandes des Métis, on trouvait :

  • L’amnistie des chefs métis;
  • L’établissement d’un gouvernement responsable du Manitoba;
  • Accepter les écoles séparées (pour préserver la religion des Métis);
  • Réserver des terres pour les Métis.


Louis Riel et ses conseillers

En mai 1870, l’accord du Manitoba est signé. Le Dominion du Canada compte une nouvelle province. Les conditions des négociations sont acceptées.

Louis Riel n’est pourtant pas amnistié. Il part en exil aux États-Unis, jusqu’en 1873. L’année de son retour, il sera élu à la Chambre d’assemblée, mais il en sera expulsé par la suite, car il est accusé du meurtre d'un représentant du gouvernement.


Les premiers colons commençaient déjà à arriver à la fin des années 1860

La création de la Colombie-Britannique

En 1858, une nouvelle colonie britannique était fondée à l'ouest du continent, la Colombie-Britannique. La région a d’ailleurs connu une ruée vers l’or à la même époque. Au début de la colonisation, 75 000 Autochtones peuplaient la région.

En 1867, la colonie comptait 40 000 habitants, dont 30 000 Amérindiens. Ces derniers avaient péri lors d’une épidémie de variole.


Les premiers colons en Colombie-Britannique

Les représentants de la colonie ont amorcé des négociations pour entrer dans la Confédération dès 1870. Ils demandaient qu’une route soit créée entre le lac Supérieur et le Pacifique.

Les représentants du gouvernement fédéral ont plutôt proposé de construire une ligne de chemin de fer entre ces deux points. La Colombie-Britannique est ainsi entrée dans le Canada en 1871, à la condition que le chemin de fer transcontinental soit construit. Ce dernier, le Canadien Pacifique, fut achevé en 1885.


Le Canada en 1871 (cliquer pour agrandir)
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Création des réserves et Loi sur les Indiens

Dans la constitution de 1867, le gouvernement fédéral devenait responsable du sort des Autochtones.

En 1869, la Loi sur les Indiens a été adoptée, suivie en 1876 par la Loi sur les sauvages. Ces lois forcent les Amérindiens à vivre sur les réserves.

Cette mesure a mené la sédentarisation des Autochtones, dont plusieurs vivaient encore selon un mode de vie nomade. Les enfants amérindiens sont obligés de fréquenter les écoles des Blancs.

En dehors des réserves, les Amérindiens n’ont aucun droit de vote, tandis qu’à l’intérieur des réserves leur droit de vote se limite à l’élection du conseil de bande. Les Métis sont exclus des réserves, mais n’ont pas de droits à l’extérieur de celles-ci. La loi exclut également les femmes autochtones mariées à des Métis ou à des Blancs. Elles sont alors en marge de la société et sont exclues des réserves.

Ces mesures avaient pour but d’isoler les Amérindiens dans les réserves et de les forcer à adopter un mode de vie européen. Les réserves ont été fondées afin de libérer un territoire convoité par les colons.

Dans les Plaines, 1,5 million de colons se sont établis entre 1867 et 1899 sur les territoires des Amérindiens. Le gouvernement a signé plusieurs traités avec les communautés autochtones pour échanger des fournitures et des droits de chasse et de pêche contre leurs terres.

Au même moment, la disparition du bison dans les Plaines a provoqué la famine chez les Amérindiens. Un nouveau traité, le Traité n°6 a été signé lors de la famine. Les Amérindiens ont réussi à obtenir un vaste territoire de 325 000 kilomètres carrés. De plus, le gouvernement s’est vu obligé de fournir de la nourriture aux Autochtones en cas de famine et des médicaments en cas d’épidémie.

Après l’application de toutes les lois votées par le gouvernement, les Autochtones ont perdu leurs territoires, leur mode de vie et leurs points de repère. N’ayant plus de territoires, les communautés autochtones des réserves se sont grandement appauvries et dépendaient de l’État.

Les autres provinces du Canada

Outre les provinces qui ont formé le Canada en 1867, le Manitoba s’est joint en 1870 et la Colombie-Britannique en 1871. L’Île-du-Prince-Édouard faisait partie du Canada dès 1873.

En 1905, l’Alberta et la Saskatchewan se joignaient à la fédération. Cette union permettait au territoire canadien d’unir la Colombie-Britannique au reste. L’Atlantique et le Pacifique étaient officiellement unis par le même pays. En 1949, Terre-Neuve s’est jointe à la fédération.


Le Canada en 1905
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Enjeux politiques aux débuts de la fédération

Deux éléments importants ont marqué les premières années du Dominion du Canada.

La deuxième phase d'industrialisation, vers 1900, a provoqué le développement de nouvelles industries, dans des régions plus éloignées des premiers centres industriels. Le type d'industries a aussi changé grâce à l'exploitation des ressources naturelles et à l'utilisation de l'électricité pour alimenter les usines. Le gouvernement attirait alors les investisseurs américains pour développer les nouvelles industries. La deuxième phase d'industrialisation a également poursuivi les transformations sociales déjà amorcées : urbanisation, syndicalisation. Les femmes ont également commencé à se regrouper pour faire valoir leurs droits.

Au début du 20e siècle, le Canada a participé activement à la Première Guerre mondiale. L'organisation politique de l'époque faisait en sorte que le Canada était officiellement en guerre aussitôt que la Grande-Bretagne l'était, puisque le Canada faisait partie de l'Empire britannique. La participation canadienne à la guerre a permis au Canada de se forger une armée plus puissante et d'augmenter son autonomie politique face à la Grande-Bretagne . La Grande Guerre a eu des impacts sociaux en territoires canadiens: les femmes étaient plus nombreuses dans les usines et les Canadiens français ont développé leur nationalisme lors de la crise de la conscription.


Soldats canadiens lors de la Première Guerre mondiale
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En bref, la fin du 19e siècle et le début du 20e ont été marqués par des transformations majeures au Canada. Tant l'économie que la société et la politique ont été touchées par le développement industriel. C'est également au cours de cette période que le Canada a plus affirmé ses pouvoirs politiques et économiques face à la Grande-Bretagne.

Les exercices

Les références

Mise à jour : 27 septembre 2012
Matière(s) : histoire
Niveau(x) : secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse