Les rébellions des Métis

L'achat de l'Ouest

Les soulèvements des Métis découlent de la vente de la Terre de Rupert au Canada en 1868. Appartenant auparavant à la Compagnie de la Baie d'Hudson, cette terre était habitée par environ 75 000 personnes, comprenant des Métis, des Blancs, des Amérindiens et des Inuits.


La Terre de Rupert, vendue en 1868 pour 1,5 million de dollars
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Le mécontentement des Métis provient du fait que leurs terres ont été vendues à des gens de l'Est sans qu'ils en aient été avertis. Ils font connaître leur mécontentement aux arpenteurs du gouvernement qui arrivent dans la région de la rivière Rouge pour diviser les terres en lots carrés, un tout nouveau système de division des terres pour les Métis qui sont habitués au système français, le rang. Les Métis souhaitent se défendre et demandent à Louis Riel de les représenter.

Rébellion de la rivière Rouge (1869-1870)

En décembre 1869, Louis Riel forme un gouvernement provisoire qui sera reconnu par le gouvernement fédéral avec lequel il souhaite négocier pour faire reconnaître les droits des Métis et créer une province pour eux.


Le gouvernement provisoire des Métis (cliquer pour agrandir)
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Certains pro-canadiens s'opposèrent au gouvernement provisoire des Métis. Ceux-ci souhaitaient une annexion sans aucune condition de leur territoire au Canada. C'est le cas notamment de Thomas Scott, un Canadien d'origine irlandaise. Il fut recruté par le gouvernement pour aller arpenter les terres sur lesquelles vivaient les Métis de la rivière Rouge. Lui et d'autres personnes furent arrêtées par les hommes de Louis Riel. Scott fut jugé et condamné à mort.


Louis Riel (cliquer pour agrandir)
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Cet événement va avoir des répercussions importantes en Ontario où la population est majoritairement anglophone. Riel sera vu comme un traître et comme celui qui freine le développement de l'Ouest canadien. Néanmoins, les discussions entre les Métis et le gouvernement canadien aboutirent à un accord qui fit entrer officiellement le Manitoba dans la Confédération canadienne en 1870. Considéré comme le père du Manitoba, Louis Riel fut obligé de s'exiler aux États-Unis à cause de la mort de Thomas Scott. Pendant son exil, Riel fut tout de même élu à trois reprises à la Chambre des communes, mais il n'y est jamais allé.

Rébellion du Nord-Ouest (1885)

Après la création du Manitoba en 1870, les Métis ont commencé à se déplacer vers l’ouest, en Saskatchewan actuelle. Les terres appartenaient déjà au gouvernement fédéral, mais n’étaient pas développées. Les Métis s'y sont alors installés. Ils ont commencé à envoyer des pétitions au gouvernement pour obtenir des titres de propriété officiels. Ces titres leur assureraient le droit de conserver les terres. Le gouvernement n’a envoyé aucune réponse. Les Métis ont commencé à s’inquiéter.

En 1882, des arpenteurs exploraient leurs terres et les Métis ont de nouveau craint de perdre leurs terres. Leur mécontentement était élevé puisque le gouvernement ne leur offrait toujours pas leurs droits de propriété. Au même moment, des fermiers blancs attendent aussi leurs titres. Ces fermiers se sont unis pour former la Settler’s Union, et ont demandé la formation d’une province.

En 1885, les Métis et les fermiers de la Settler’s Union ont envoyé une pétition commune au gouvernement. Les Métis sont alors de nouveau dirigés par Louis Riel, revenu de son exil aux États-Unis. Les deux groupes exigent de recevoir leurs titres de propriété et la formation d’une nouvelle province dans leurs territoires. Ils attendent deux mois avant de recevoir la réponse du gouvernement, qui refuse leurs demandes.

Louis Riel veut forcer le gouvernement à agir. Un groupe de Métis attaque alors la gendarmerie. La bataille se termine par la victoire des Métis. C’est le début de la Rébellion du Nord-Ouest.


La bataille de Fish Creek, l'une des victoires des Métis (cliquer pour agrandir)
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John A. Macdonald est inquiété par la situation et craint une alliance entre les Métis et les Amérindiens. Il envoie alors des troupes armées par le train. Les Amérindiens ne prennent pas part au combat puisqu’ils demeurent neutres. Les chefs amérindiens et les soldats craignent tout de même un soulèvement chez les Amérindiens touchés par la famine.

Louis Riel est isolé dans son combat. L’association de fermiers a refusé de prendre les armes et ne le soutient plus. Les Amérindiens, sur qui Riel comptait, ne se joignent pas à lui. Les soldats et les Métis ont combattu durant quatre jours au bout desquels les Métis ont abandonné. Plusieurs prennent la fuite aux États-Unis, Louis Riel est fait prisonnier. Les soldats emprisonnent tous ceux qui sont liés à la rébellion.

Louis Riel subit un procès. Son cas suscite d'importants appuis au Québec. Jugé pour haute trahison, accusation alors passible de la peine capitale, Louis Riel émet des discours passionnés durant son procès. La défense tente de plaider pour l’aliénation mentale. Riel a été jugé coupable, mais le jury demandait d’annuler la peine de mort. Louis Riel a été condamné à la pendaison. La mort de Riel a mis fin aux revendications des Métis, mais entraîne une nouvelle confrontation entre Canadiens français et Canadiens anglais.

Les exercices

Les références

Louis Riel, défenseur du peuple métis - Archives de Radio-Canada
La rébellion de la rivière Rouge
La Rébellion du Nord-Ouest
Les rébellions des Métis


Mise à jour : 17 octobre 2012
Matière(s) : histoire
Niveau(x) : secondaire 3, secondaire 4
  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse