Le gouvernement Duplessis (1944-1959)

L'après-guerre au Canada et au Québec

Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l'économie du Québec et du Canada vit une période de croissance : les industries ont besoin de main-d'oeuvre, les services municipaux et sociaux se développent. La relance économique touche tous les secteurs : industries, commerce, services.

La demande d'appareils électroménagers, de voitures et de biens courants crée une hausse de production et une baisse de chômage. Entre 1946 et 1956, le nombre d'emplois au Québec passe de 357 000 à 446 000. Le salaire moyen est en hausse. Certaines femmes, arrivées sur le marché du travail au cours de la guerre, refusent de quitter leur emploi après le retour des hommes de la guerre.

Les villes et les régions éloignées profitent de cette prospérité. Le secteur tertiaire (le secteur des services) est en plein essor dans les grandes villes comme Montréal. Les conditions de vie des citadins s'améliorent grâce à de meilleurs soins médicaux. Le taux de mortalité infantile diminue également.

Les régions plus éloignées profitent aussi du développement des industries liées aux matières premières: mines, forêts, pâtes et papiers, hydroélectricité, etc.

Par contre, à la fin de la guerre, le Québec manque d'infrastructures: routes, réseau de transport d'électricité, centrales électriques. Le nombre d'écoles est insuffisant et le réseau de santé n'est pas adéquatement équipé. Le gouvernement de Duplessis va tenter de résoudre quelques-uns de ces problèmes.

Au Canada, l'État continue de prendre plus d'initiatives sur le plan social : pensions de vieillesse pour tous les Canadiens âgés de 70 ans et plus (dès 1951), assurance-hospitalisation (1957), etc. 

Le gouvernement fédéral gère de plus en plus les affaires sociales puisque la plupart des provinces n'ont pas les ressources financières nécessaires pour mettre sur pied de tels programmes. Les provinces plus riches, dont l'Ontario et le Québec, n'apprécient pas lorsque le gouvernement se mêlent aux tâches accordées aux provinces. Les provinces jugent que le gouvernement fédéral tente de restreindre l'autonomie des provinces.

Les régions minières et pétrolières connaissent un essor, de même que les villes industrielles (Toronto, Edmonton, Calgary). Les transports au Canada sont facilités par l'ouverture, dès 1954, de la Voie maritime du Saint-Laurent. Les Grands Lacs sont reliés au fleuve Saint-Laurent grâce à un réseau d'écluses et de canaux.

Les canaux construits au cours du 19e siècle sont réaménagés afin de pouvoir accueillir de plus grands navires. Entre 1949 et 1962, le Canada investit également dans la création d'un réseau routier en construisant 8 000 kilomètres pour la route Transcanadienne.


L'aménagement de la Voie maritime du Saint-Laurent
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Le mouvement ouvrier canadien s'organise mieux, malgré qu'il y ait encore plusieurs conflits. En 1945, le constructeur Ford refuse la formation d'un syndicat à l'usine de Windsor. Le juge, finalement, contraint l'entreprise à reconnaître le syndicat.

En 1956, un nouveau syndicat apparaît : le Congrès du Travail du Canada, issu de la fusion entre le Congrès des métiers du Canada et le Congrès canadien du travail. Au Québec, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) reste indépendante.

La population canadienne augmente rapidement : la population passe de 12 millions en 1946 à 18 millions en 1961.

Entre 1946 et 1959, le Canada accueille en moyenne 140 000 immigrants par année. Les régions ne profitent pas toutes autant de la prospérité économique. Des disparités importantes existent entre les provinces du centre et les Maritimes et entre les villes et les campagnes. En 1949, le Canada accueille une nouvelle province. En effet, Terre-Neuve, à la demande de Londres, se joint à la Confédération.

Sur le plan international, le Canada jouit d'une plus grande influence. Son rôle lors de la Deuxième Guerre mondiale et son partenariat économique avec les États-Unis lui donnent une importance relative.

En 1945, le Canada obtient un siège à l'Organisation des Nations Unies (ONU). En 1946, le gouvernement canadien crée un nouveau poste : le secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Au début de la Guerre froide, le Canada siège à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Les soldats canadiens participent à plusieurs missions, dont la guerre de Corée. Les Casques bleus sont aussi envoyés en mission de paix dès 1956.

 Voici un vidéo concernant les années de l'après-guerre :


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Le gouvernement de Duplessis: entre tradition et modernité

Maurice Duplessis accède au pouvoir pour la première fois en 1936. Il sera toutefois défait en 1939, après avoir déclenché lui-même les élections. Il est de nouveau élu en 1944 et reste au pouvoir jusqu'à sa mort, en 1959.

À chacune des élections (1948, 1952, 1956), il réussit à convaincre les électeurs de voter pour son parti, l'Union nationale. Au pouvoir, Duplessis garde le contrôle sur ses ministres. Il n'hésite pas à promettre des projets (la construction d'une école, d'un hôpital, etc.) qui se réaliseront si le comté vote pour son parti aux élections.


Maurice Duplessis
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Duplessis agit en faveur de la tradition sur certains points:

  • Il valorise les valeurs catholiques et encourage le capitalisme.
  • Les investisseurs étrangers ne le dérangent pas puisqu'ils participent à la vie économique du Québec.
  • Il laisse le contrôle de la santé et de l'éducation à l'Église. Cette dernière est quelque peu dépassée par cette lourde tâche, surtout à cause de la forte hausse de la population.

Tout au long de ses mandats, Duplessis travaille en étroite collaboration avec l'Église, mais ne laisse pas les membres du clergé lui dicter sa conduite. Il blâme également l'interventionnisme de l'État fédéral. Selon lui, l'état ne doit pas trop intervenir pour laisser libre cours à l'initiative privée.

D'un autre côté, Duplessis fait entrer le Québec dans la modernité en instaurant le programme d'électrification rurale et en créant un réseau de distribution d'électricité important. Il fait aussi naître le sentiment nationaliste chez les Canadiens français en défendant l'autonomie provinciale.

Opposition au traditionalisme et au conservatisme

Certains mouvements se sont organisés pour s'opposer au traditionalisme et au conservatisme de la société québécoise des années 1930. Parmi eux, il y a des groupes féministes militant pour les droits des femmes (notamment le droit de vote). Cette opposition provient également du milieu universitaire. Certains membres du clergé, comme le frère Marie-Victorin, vont militer pour la démocratisation de l'accès à l'éducation universitaire et aux connaissances scientifiques. À l'époque, l'université était réservée à l'élite.


Le frère Marie-Victorin (cliquer pour agrandir)
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Marie-Victorin était auteur et professeur de sciences à l'Université de Montréal. Il est l'auteur de La Flore laurentienne et fondateur du Jardin botanique de Montréal en 1931.

L'affirmation nationale

Même si le nationalisme canadien-français est un élément essentiel de la Révolution tranquille, il s'exprimait déjà durant l'après-guerre. Duplessis accorde une importance capitale à l'autonomie provinciale. Il craint que le gouvernement fédéral s'approprie les pouvoirs provinciaux. C'est d'ailleurs au nom de l'autonomie provinciale que Duplessis a refusé l'aide fédérale pour le financement des universités en 1951. Ses discours sont souvent teintés par la peur de la soumission au gouvernement canadien.

Le 21 janvier 1948, le gouvernement de Duplessis offrait au Québec son drapeau national. Le fleurdelisé était officiellement adopté. Les lys représentent les liens entre le Québec et la France (Jacques Cartier a été le premier à introduire la fleur de lys en Amérique), la croix blanche représente la foi catholique du peuple. Dès que le fleurdelisé a été adopté, il a remplacé l'Union Jack britannique qui flottait au Parlement. Duplessis a proposé un drapeau (qui sera adopté seulement en 1965) pour le Québec puisque le Canada ne possédait pas encore son propre drapeau.


Le fleurdelisé, drapeau officiel du Québec

Toujours dans le but de conserver l'autonomie provinciale, Duplessis a mis sur place les impôts provinciaux en 1954. En fait, les impôts provinciaux pour les sociétés existaient déjà depuis 1932. Par contre, durant la guerre, le gouvernement provincial avait offert ses impôts au fédéral. Le Québec a repris le contrôle des impôts pour les sociétés en 1947, en échange d'une baisse des impôts fédéraux.

En 1954, la Loi de l'impôt provincial permettait au gouvernement du Québec de prélever des impôts sur le salaire des particuliers. Maurice Duplessis trouvait que ces impôts favoriseraient une meilleure gestion des dépenses de la province. Dès lors, les résidents du Québec ont commencé à remplir deux déclarations de revenus annuellement. Pour défendre l'autonomie provinciale, il met en valeur la langue française et les traditions, la religion catholique et le caractère distinctif du Québec dans le Canada.

Duplessis propose également de mettre sur pied la Délégation générale du Québec en France. Cette dernière permettrait au Québec de se représenter en France, entre autres, indépendamment du gouvernement fédéral. La Délégation générale du Québec à Paris a officiellement ouvert ses portes en 1961, sous le gouvernement Lesage.

Le développement des régions

Le développement des régions ne s'appuie plus autant sur la colonisation et l'exploitation agricole. Durant la période de l'après-guerre, la proportion de la population qui vit de l'agriculture n'est que de 11 %.

L'agriculture profite aussi des innovations techniques et de la mécanisation. Moins de gens travaillent sur des terres qui produisent plus. En 1944, le gouvernement crée le ministère de l'Agriculture. Ce dernier est responsable de l'électrification rurale, du drainage des terres et du Crédit Agricole. Pour protéger les agriculteurs, le gouvernement met sur place l'Office des marchés agricoles en 1956 qui doit surveiller et améliorer la mise en marché des produits.

Le développement économique des régions est facilité par leur électrification. En 1945, le gouvernement de Duplessis amorce l'électrification rurale. Le gouvernement accorde 12 millions de dollars au Québec pour lui permettre de profiter de l'électricité. Entre 1945 et 1955, les fermes électrifiées passent de 19 % à 90 %.

Rapidement, les centrales hydroélectriques déjà en place se révèlent insuffisantes. La centrale électrique de Beauharnois est refaite en 1948, mais les besoins en nouvelles centrales sont criants. Pour organiser le développement hydraulique, le gouvernement crée, en 1945, le ministère des Ressources hydrauliques.


Les fermes éloignées profitent aussi de l'électrification
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Hydro-Québec, société d'État fondée en 1944, construit sa première centrale, Bersimis 1. Cette centrale, située sur la rivière Betsiamites, est la première centrale installée dans le Québec nordique. Située au nord de Forestville, la centrale annonce le développement de la Côte-Nord. Une seconde centrale est inaugurée un peu plus tard sur la même rivière: Bersimis 2.

Dans les années 1950, Hydro-Québec s'est aussi installée en Abitibi en achetant des centrales. La société d'État a mis au point de nouvelles technologies pour faciliter le transport de l'électricité sur de longues distances. C'est la première compagnie à avoir implanté des lignes de haute tension de 315 kilovolts, sur une distance de 600 kilomètres.

Hydro-Québec a permis au Québec de développer son expertise en production et en transport d'électricité. Cette expertise a porté fruits lors des grands travaux sur les rivières Manicouagan et des Outardes, projets annoncés dès 1959 .

Les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ont aussi profité des travaux en hydroélectricité. Les centrales sur la rivière Mitis étaient insuffisantes et les liens entre la Côte-Nord et la Gaspésie n'étaient pas fiables. Finalement, des lignes entre Lévis, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie ont permis d'électrifier adéquatement ces deux régions.

Le développement des régions ne s'est pas fait uniquement avec l'électrification. Les mines et l'exploitation forestière ont favorisé le développement des régions éloignées. Par exemple, en 1948, la compagnie Quebec Iron and Titanium (QIT) voyait le jour dans la région de Havre-Saint-Pierre. Cette compagnie était la première compagnie québécoise à extraire du minerai. Depuis, la compagnie a pris un nom francophone : Québec Fer et Titane (QFT), toujours en exploitation au nord de Havre-Saint-Pierre.

La communication de masse : la télévision

La télévision a été créée en 1952. La même année, le nouveau média suscite la création de chaînes télévisuelles. Les Canadiens français découvrent alors les téléromans, le Téléjournal et la diffusion de joutes sportives. La télévision est tellement populaire que, en 1956, plus de la moitié des foyers possède leur propre appareil. Grâce à la télévision, il est possible de rejoindre et de toucher rapidement une grande partie de la population. La télévision participe à l'essor des médias de masse. Les publicistes profitent de cet avantage et la télévision devient un moyen rapide pour convaincre les consommateurs.

Dès 1949, Radio-Canada emprunte 4 500 000 $ pour créer des chaînes de télévision à Montréal et à Toronto. Le 25 juillet 1952, Radio-Canada diffuse en direct la première émission au Canada, une partie de baseball. Une chaîne voit le jour le 6 septembre 1952 à Montréal, CBFT propose une programmation bilingue aux téléspectateurs. En août 1952, Radio-Canada commence à diffuser des émissions jeunesse. À Montréal, on compte déjà 7500 postes de télévision.


Un appareil de télévision vers 1958

D'autres émissions marquent la population : les parties des Canadiens de Montréal, le couronnement de la reine Élisabeth II, la Famille Plouffe, le Téléjournal, le Survenant, les Belles histoires des pays d'en haut. Une émission culturelle, Rolande et Robert, fait découvrir des artistes du Québec.

En 1955, une station s'implante à Jonquière. Les régions éloignées de Montréal créent leur propre station, dont Chicoutimi et Magog. Les chaînes locales permettent de proposer une programmation personnalisée à la population et d'éviter l'influence grandissante des chaînes américaines. La télévision participe à l'expression de la culture, de l'identité canadienne-française et met en valeur les talents d'ici.

Mouvements féministes et syndicaux

Mouvements pour les droits des femmes

Les femmes ont acquis de nouveaux droits durant la guerre. En 1940, les femmes du Québec ont obtenu le droit de vote pour les élections provinciales. Le Québec est alors la dernière province du Canada à accorder le droit de vote aux femmes. Pour obtenir ce droit, des groupes de femmes, comme les suffragettes (guidées par Thérèse Casgrain) ont dû exercer des pressions importantes sur le gouvernement. Lorsque la loi accordant le droit de vote aux femmes a été en vigueur, plusieurs groupes s'opposaient encore à la nouvelle loi, dont le clergé.

Les mouvements féministes vont prendre plus d'importance entre 1945 et 1960. Les femmes revendiquent le droit de travailler, au même titre que les hommes. Elles refusent de retourner à la maison après la guerre. Au même moment, les médias (journaux, radio, télévision) faisaient la promotion de la parfaite femme au foyer (épouse, ménagère, mère).


Thérèse Casgrain
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En 1944, des allocations familiales sont versées par le gouvernement fédéral. Au Québec, le chèque est émis au nom du père de famille tandis que dans les autres provinces, il est émis à la mère de famille.

Thérèse Casgrain
se bat afin que le chèque soit émis à la mère. Thérèse Casgrain, impliquée dans un parti socialiste (CCF) dès 1946, devient la première femme-chef de parti politique en 1951.

Dans les années 1950, des méthodes de contraception sont connues, mais demeurent encore taboues.

En 1954, les femmes obtiennent le droit de divorcer, au même titre que les hommes en cas d'adultère. Auparavant, les hommes pouvaient demander le divorce en cas d'adultère alors que la femme devait prouver que la maîtresse habitait sous le même toit qu'elle.

Dès 1955, les femmes mariées peuvent réclamer de l'assurance-chômage et, en 1956, les femmes peuvent officiellement exercer la profession de notaire.

Mouvements syndicaux

Les syndicats se font de plus en plus entendre. En 1949, un conflit de travail éclate à Asbestos. Les mineurs de l'amiante réclament de meilleures conditions de travail, un meilleur salaire et surtout de meilleures protections contre les risques liés à la santé dans les mines d'amiante. Duplessis appuie les patrons, mais les 5000 mineurs (d'Asbestos et de Thetford Mines) n'abandonnent pas. Le conflit dure 4 mois.

Tous les mouvements syndicaux appuient la cause. Des denrées sont envoyées aux grévistes pour les aider. Comme la grève est jugée illégale, Duplessis envoie les policiers, ce qui fait grimper la violence au sein des mineurs. C'est dans ce contexte que le gouvernement a imposé la Loi contre les émeutes qui stipule que la police peut arrêter n'importe qui ne se trouvant ni chez lui ni à son travail. Un évêque a d'ailleurs ouvertement appuyé les grévistes, ce que Duplessis n'a pas apprécié.


Manifestants à la grève de l'amiante
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Policiers lors de la grève de l'amiante
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Le conflit de 1949 offre une occasion pour Maurice Duplessis de prendre une position radicale par rapport aux syndicats. Dans tous les conflits de travail, Duplessis se montre favorable à l'employeur, au nom du respect de l'ordre social. Les syndicats au cours du règne de Duplessis se présentent comme l'opposition au régime duplessiste et s'impliquent pour améliorer le sort des travailleurs.

La Confédération des travailleurs catholiques du Canada a adopté une posture plus militante après la guerre et était moins proche des groupes religieux. L'époque est marquée par plusieurs grèves, dont celle de l'Alliance des professeurs de Montréal en 1949.

En 1952, la Fédération des unions industrielles du Canada voit le jour. La fédération fusionne avec la Fédération provinciale du travail du Québec pour former la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ).

Tous les syndicats luttent contre le gouvernement de Duplessis, mais plus spécifiquement contre les lois qui limitent les mouvements syndicaux. Ces mouvements désirent une plus grande intervention de l'État dans les mesures sociales.


Comme les services du secteur tertiaire se développent, les syndicats liés à ce secteur le font aussi. En 1946, 26,5 % des travailleurs du secteur tertiaire sont syndiqués. En 1960, ils sont 29,6 %.

Mais l'époque n'a pas été seulement marquée par des conflits et des oppositions entre les syndicats et le gouvernement. C'est en effet durant cette période que les travailleurs ont obtenu la semaine de travail de 5 jours et de 40 heures. Les vacances payées ont également été établies au même moment. Les travailleurs du Québec ont pu aussi profiter de l'instauration du salaire minimum.

Mouvements démographiques

Au cours des années de l'après-guerre, la population augmente rapidement. Les naissances sont plus nombreuses, la mortalité infantile diminue et le nombre d'immigrants accueillis au Canada et au Québec est en hausse.

Durant la période de l'après-guerre, le Québec a accueilli 400 000 immigrants, arrivant principalement de l'Europe (Italie, Grèce, Portugal, Grande-Bretagne). La population canadienne-française représente encore 80 % de la population du Québec. La population anglophone est plus multiethnique.

Dès la fin de la guerre, le Canada est parmi les premiers à accueillir les juifs. Montréal et Toronto accueillent d'ailleurs des orphelins juifs.

Contrairement à la période de la crise économique, le Canada a un grand besoin de main-d'oeuvre qu'il comble par l'immigration. En 10 ans, le Canada a accueilli 2 millions d'immigrants. Avec les débuts de la Guerre froide, le Canada ferme ses portes aux immigrants du Bloc de l'Est.


Arrivée d'immigrants hollandais à Montréal en 1947
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Orphelins juifs arrivant au Canada
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La politique d'accueil change aussi puisque le gouvernement n'encourage plus autant la colonisation des milieux ruraux, comme c'était le cas au début du 20e siècle. Beaucoup d'immigrants sont qualifiés et sont des professionnels, ils s'installent donc dans les centres urbains.

L'arrivée massive d'immigrants de plusieurs cultures différentes stimule les demandes par rapport aux droits de la personne. Les nouveaux immigrants critiquent les mesures discriminatoires. Le gouvernement doit donc réagir en adaptant les droits de la personne et en limitant la discrimination vis-à-vis la couleur, la nationalité, la religion, et ce, en ce qui a trait à l'emploi, à l'éducation, au logement, etc.

Après la guerre, durant les années 1950 et jusqu'en 1965, le Québec a connu une forte hausse de natalité. On a surnommé le phénomène le baby-boom. Le baby-boom est marqué par les naissances retardées par la crise économique et par la guerre ainsi que par un plus grand nombre de mariages chez les jeunes adultes. Durant cette période, on a compté 1,5 million de naissances au Canada.
En 1960, 479 000 naissances ont eu lieu au Canada.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse