Conséquences de la Conquête

La Conquête


Carte de l'Amérique du Nord en 1759 (cliquer pour agrandir)

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Après la capitulation des Français à Montréal en 1760, les Britanniques ont pris le contrôle de la Nouvelle-France. La guerre de Sept Ans n'étant toujours pas terminée en Europe, les militaires géraient la colonie sans implanter une structure politique complexe : le sort de la Nouvelle-France n'était pas encore fixé.

Durant les années qui ont suivi, les Britanniques ont mis en place une nouvelle structure politique qui a modifié le fonctionnement de la colonie. Les Britanniques devaient également gérer la population canadienne, francophone et catholique. La période a été marquée par plusieurs changements politiques qui ont eu une influence sur l'administration de la colonie et sur la population.

Changements politiques et évènements majeurs du début du régime britannique

Le Traité de Paris de 1763 a mis officiellement fin à cette guerre. De plus, le sort de la Nouvelle-France était réglé : l'Angleterre prenait possession du territoire, sauf pour la Louisiane qui appartenait à l'Espagne. Le Canada devenait une possession britannique et les Canadiens étaient des sujets de la couronne d'Angleterre. En réaction au nouveau régime, les Amérindiens, dirigés par Pontiac, se révoltent et prennent les armes contre les autorités britanniques.

Pour éviter des troubles semblables, lors de la Proclamation royale, les autorités britanniques prévoient leur laisser un territoire indien, où la colonisation européenne est interdite. Ce faisant, ils attirent la colère des Treize colonies qui souhaitaient étendre leur territoire vers l'ouest. La région la plus peuplée de l'ancienne Nouvelle-France (les rives du Saint-Laurent) devient la Province of Quebec et est administrée par un gouverneur. Le nord du territoire est réservé à la traite des fourrures.


Carte de l'Amérique du Nord après la Proclamation royale de 1763 (cliquer pour agrandir)
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Sentant monter la colère chez les Américains et souhaitant éviter qu'elle n'atteigne la population canadienne, le roi d'Angleterre émet une nouvelle loi. L'Acte de Québec vient modifier de nouveau le territoire, la Province of Quebec est plus grande, au détriment du territoire amérindien. Ce nouveau territoire a permis à Montréal de se développer comme métropole du commerce de la fourrure.

Peu de temps après, l'Empire colonial britannique a été secoué par une révolte qui s'est transformée en guerre. En effet, les Américains se sont soulevés pour obtenir leur indépendance. La Révolution américaine a eu des impacts sur le Canada puisque les troupes américaines ont envahi le territoire durant quelque temps. Par la suite, le traité de Versailles a reconnu l'existence des États-Unis d'Amérique, dont le nouveau territoire a fait diminuer celui de la Province of Quebec.

Administration et commerce

Dès 1763, après la Proclamation royale, un gouverneur est nommé par le roi d'Angleterre pour administrer la Province of Quebec. James Murray fut donc le premier gouverneur du régime britannique. Recevant des directives précises pour favoriser l'assimilation des Canadiens à la culture anglophone, il ne les mettra pas toutes en application. Pour faciliter la gestion de la colonie et de la majorité francophone (formant 95% de la population), James Murray opte pour une politique de conciliation. Son successeur, Guy Carleton, convainc même les autorités britanniques d'offrir des concessions aux Canadiens. Ces concessions territoriales, culturelles et administratives sont incluses dans l'Acte de Québec.

Pendant ce temps, des Britanniques se sont installés sur le territoire. Le roi et le gouvernement britannique avaient prévu une immigration massive au Canada. Toutefois, cette immigration peinait à arriver: si les Français rechignaient à venir s'installer sur un territoire plutôt hostile (guerres, climat rigoureux, pas de plantations, etc.), les Britanniques vont faire de même. La plupart des Britanniques retournent dans le sud.

Les Britanniques présents étaient surtout à Montréal, là où ils avaient pris le contrôle du commerce des fourrures, seule activité véritablement lucrative en Nouvelle-France. Laissé à l'abandon durant la guerre de la Conquête, le commerce a tranquillement repris avec l'arrivée des marchands britanniques. Après l'Acte de Québec, Montréal est devenue une ville commerciale importante, au coeur du réseau de transport des fourrures (près des Grands Lacs, du Mississippi et du fleuve St-Laurent).


Carte de l'Amérique du Nord après l'Acte de Québec de 1774 (cliquer pour agrandir)
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Dès les débuts du régime britannique, les autorités ne reconnaissent plus le régime seigneurial. Les terres sont dès lors divisées en cantons (townships).

Culture et volonté d'assimilation

Lorsque les Anglais prennent le contrôle de la Nouvelle-France, plus de 60 000 personnes habitent le long du fleuve Saint-Laurent. Cette population est francophone et catholique. Les nouveaux administrateurs sont anglophones et protestants. Les deux cultures devront pourtant cohabiter. Les instructions officielles du roi lors de la Proclamation royale planifient l'assimilation du peuple canadien. Plusieurs moyens sont mis en place en 1763. Le régime seigneurial n'est pas reconnu, de même que la religion catholique et la hiérarchie du clergé. Il ne devient plus possible de nommer un évêque ou de gérer les paroisses. Par ailleurs, grâce au Serment du Test, les Canadiens sont exclus de toutes les tâches administratives et politiques. Ils sont également exclus des activités commerciales.

De plus, le gouvernement anglais rejette le système juridique français pour mettre en place les lois britanniques. Simultanément, l'Angleterre encourageait les colons à s'établir au Canada, de manière à rendre la population canadienne minoritaire au sein des Anglais. Par toutes ces actions, le roi souhaitait que les Canadiens délaissent leur religion et leur langue pour adopter le mode de vie britannique. Pourtant, les Canadiens demeuraient fortement majoritaires et ne cédaient pas aux pressions d'assimilation. C'est pourquoi les gouverneurs Murray et Carleton ont adopté des politiques conciliantes.

Après l'Acte de Québec, les Canadiens retrouvent certains droits : pratiquer la religion catholique, reconnaissance de la hiérarchie de l'Église catholique, retour du droit civil français, etc.

Démographie

Le traité de Paris offrait l'occasion aux Canadiens qui le désiraient de retourner en France. Très peu de familles ont quitté le territoire. Dans leur politique d'assimilation, les Britanniques auraient souhaité que plus de familles quittent. De même, des immigrants britanniques sont arrivés sur le territoire, mais l'immigration n'a pas été aussi massive que ce que le roi d'Angleterre l'aurait souhaité.

La plus grande arrivée de Britanniques sur le territoire canadien a eu lieu après la Révolution américaine. Plusieurs colons britanniques ne souhaitaient pas l'indépendance des Treize colonies et désiraient affirmer leur loyauté à la couronne britannique. Ces colons furent surnommés les loyalistes. Ces derniers ont migré massivement vers le Canada et les provinces maritimes après la guerre. En tout, plus de 43 000 loyalistes ont quitté les États-Unis, dont 8 000 qui se sont installés dans la Province of Quebec.


Carte de l'Amérique du Nord après le Traité de Versailles de 1783

Cette arrivée massive a changé la démographie de la colonie et a contribué à certains changements : nouvelles écoles anglaises, églises protestantes, hôpitaux, etc. Les Canadiens et les loyalistes devaient partager le même territoire, jusqu'à l'Acte constitutionnel de 1791. La population de la Province of Quebec était maintenant composée par trois peuples bien différents : les Canadiens (issus des colons français), les Britanniques et les Amérindiens. Ces trois peuples ont influencé le fonctionnement et l'évolution du territoire.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse