L'arrivée des autochtones en Amérique

Il existe plusieurs théories expliquant l’arrivée des autochtones en Amérique. Malgré tout, l’une d’elles retient plus l’attention des historiens. Les théories proposées dépendent des recherches en archéologie : traces et vestiges des humains en Amérique. Avant de décrire ces théories, il faut se rappeler que les territoires étaient très différents de ce qu’ils sont aujourd’hui, principalement à cause de la période de glaciation qui marquait l’époque où les autochtones sont arrivés en Amérique.

La dernière période glaciaire

Pendant des milliers d’années, la Terre a connu de fortes variations climatiques engendrant plusieurs périodes glaciaires. Pendant ces périodes, les températures moyennes étaient plus basses et des calottes glaciaires couvraient d’immenses territoires tant au pôle Nord qu’au pôle Sud. La dernière période glaciaire avait débuté vers -70 000 pour atteindre son apogée vers -18 000, avant de se terminer vers -12 000. Durant l’apogée de la glaciation, les glaciers, épais d’environ 5 kilomètres, couvraient d’immenses territoires : la Sibérie, le nord-est de l’Europe, le Canada, le nord-est des États-Unis, etc.


Carte de la dernière glaciation (cliquer pour agrandir)
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Une partie de l’eau était emprisonnée dans les glaciers, causant ainsi une baisse du niveau des mers. Plusieurs zones actuellement immergées dans l’eau étaient alors accessibles. C’est le cas d’une vaste étendue près de l’actuel détroit de Béring. À l’époque, un pont terrestre reliait les deux continents. Ce pont formait une vaste plaine de près de 1000 kilomètres de large que l’on appelle la Béringie. Le territoire émergé était également plus grand que les côtes actuelles. Plusieurs animaux utilisaient ce lien terrestre entre les continents : bisons, mammouths, chevaux, bœufs musqués, caribous.


Carte géographique montrant le détroit de Béring (cliquer pour agrandir)
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Comparaison entre les côtes actuelles et celles de la Béringie durant la glaciation (cliquer pour agrandir)

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La migration des hommes par le détroit de Béring

En période glaciaire, les terres habitables étaient plus rares et les hommes devaient s’adapter aux températures plus froides. Les peuples de chasseurs-cueilleurs se déplaçaient en fonction des animaux et des ressources. Certaines tribus ont profité du pont terrestre de Béring pour migrer de l’Asie à l’Amérique. Les premiers autochtones sont probablement arrivés il y a 12 000 ans. À ce moment, les glaciers avaient déjà commencé à fondre à certains endroits. La vie reprenait son cours sur ces terrains avec le retour de la végétation et des animaux.

Cette migration constitue la première théorie sur l’arrivée des autochtones en Amérique du Nord. À la recherche de terres habitables, des tribus ont migré vers l’Amérique. Ces tribus chassaient le gros gibier tel que le bison, le mammouth et le caribou. Plusieurs animaux marins vivaient aussi dans la région de la Béringie, les humains pouvaient se nourrir facilement pendant leur migration.

Plusieurs vagues d’immigration se seraient succédées, chaque tribu empruntant une route différente et peuplant ainsi une bonne partie du territoire non couvert par les glaces. D’autant plus qu’à la fin de la période glaciaire, un corridor libre de glace et large de plusieurs kilomètres séparait les deux glaciers qui couvraient l’Amérique. Ce corridor ouvrait ainsi la voie aux territoires situés plus au sud. Il y a 11 000 ans, des hommes étaient déjà établis dans le centre et dans le sud des États-Unis. Un peu plus de 2 000 ans plus tard, des tribus s’étalaient sur toutes les régions du continent américain.


Les migrations de l’Asie vers l’Amérique (cliquer pour agrandir)
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Bien que cette hypothèse soit celle qui est retenue, elle recèle tout de même quelques failles. En effet, si cette migration explique l’arrivée des autochtones en Amérique, tous les groupes autochtones devraient posséder des caractéristiques génétiques et linguistiques similaires, ce qui n’est pas toujours le cas. De plus, les traces de peuplement indiqueraient que la migration du nord au sud du continent se soit faite très rapidement. De plus, certaines traces trouvées laissent croire que des autochtones seraient arrivés sur le continent américain bien avant que la route n’existe. C’est pour cette raison que les historiens ont conçu d’autres hypothèses pouvant expliquer le peuplement de l’Amérique.

Autres routes migratoires possibles

La migration par une route côtière

La seconde possibilité de peuplement propose que certaines tribus aient pu s’installer sur le continent américain après avoir longé en bateau les côtes asiatiques et américaines. Ils auraient ainsi pu se rendre dans le sud des États-Unis sans avoir à traverser une zone occupée par des glaciers. La route ainsi empruntée longerait les côtes de l’Asie, celles de la Béringie et celles du continent américain. Les bateaux utilisés n’avaient pas besoin de naviguer en haute mer puisqu’ils longeaient les côtes. De plus, les hommes pouvaient se nourrir en profitant des animaux marins qui vivaient dans la région.

La route du Pacifique

Une autre hypothèse suggère que certains groupes seraient plutôt arrivés en Amérique après avoir traversé l’océan Pacifique. Des groupes d’humains en provenance de la Polynésie ou de l’Australie auraient pu accoster en Amérique du Sud. Cette hypothèse tentait principalement d’expliquer les traces d’un village au Chili, datant de plus de 15 000 ans, avant même que les premières tribus ne franchissent le détroit de Béring.

La route de l’Atlantique

Cette dernière hypothèse suggère que certains groupes auraient pu migrer en provenance de l’Europe, en traversant l’Atlantique, en longeant les côtes du glacier. Des similitudes génétiques peuvent aussi appuyer cette hypothèse puisqu’un squelette vieux de près de 10 000 ans, d’origine européenne, a été retrouvé en Amérique (dans l’État de Washington).


Carte des routes migratoires possibles entre chaque continent (cliquer pour agrandir)
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Quelle option choisir?

En fait, il est très difficile de répondre clairement à la question du peuplement de l’Amérique puisque les traces sont difficiles à trouver et sont facilement contestables. Toutefois, il est probable que toutes les hypothèses soient justes et que le peuplement de l’Amérique soit issu de plusieurs vagues de migration successives et différentes, ce qui pourrait expliquer des traces de peuplement qui datent de 38 000 ans.

De plus, chaque hypothèse peut s’appuyer sur des preuves tangibles, mais contient également des failles, toutefois, la migration par le détroit de Béring demeure celle qui s’appuie sur un plus grand nombre de preuves, surtout pour les autochtones du nord du continent dont les Inuits, les Algonquiens et les Iroquoiens. On peut toutefois affirmer que les premières occupations d’importance datent d’un peu plus de 12 000 ans et que le peuplement de la vallée du Saint-Laurent s’est fait il y a 12 000 ou 8 000 ans. Dans tous les cas, l’Amérique était déjà peuplée depuis longtemps lorsque les premières civilisations complexes sont apparues en Europe et en Asie.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse