Mouvements démographiques au Bas-Canada

Immigration britannique au Bas-Canada

Au début du 19e siècle, les îles britanniques (Angleterre, Irlande et Écosse) ont connu de mauvaises récoltes. De plus, ces îles connaissaient les débuts de la révolution industrielle. Les villes, surpeuplées, ne pouvaient accueillir tous les paysans qui désiraient quitter les campagnes. Plusieurs habitants ont alors pris un bateau vers l'Amérique du Nord où ils espéraient fuir la crise économique et agricole et avoir une vie meilleure.


Embarquement vers l'Amérique
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Durant cette période, le Bas-Canada a connu la plus grande vague d'immigration depuis l'arrivée des loyalistes. Amorcée dès 1815, l'immigration britannique a atteint son sommet dans les années 1830. Au total, ce sont 500 000 immigrants qui sont arrivés au Canada entre 1815 et 1840.

Par exemple, en 1830, 50 000 immigrants sont arrivés au Canada et ils étaient 66 000 en 1832. Dans les années qui ont suivi (entre 1833 et 1837), le Canada accueillait un peu plus de 20 000 nouveaux immigrants par an. Certains de ces immigrants s'installaient à l'ouest au Haut-Canada, mais plusieurs ont choisi de rester au Bas-Canada. Comme les navires arrivaient à Québec, plusieurs immigrants décidaient de rester dans la région. On estime que les deux tiers de ces immigrants étaient des Irlandais. Plusieurs immigrants provenaient aussi de l'Écosse. Plus de 30 000 Écossais sont arrivés au Canada entre 1770 et 1870, formant ainsi 14% de l'immigration britannique au Canada.

L'épidémie de choléra

Au même moment, une épidémie de choléra sévissait en Europe et en Asie. L'Angleterre est frappée par la maladie à partir de 1831. Parmi les Anglais et les Irlandais qui embarquent vers l'Amérique du Nord, certains arrivent fiévreux à Québec en 1832. Quelques jours plus tard, on note les premiers décès liés au choléra. En très peu de temps, la maladie se propage jusqu'à Montréal et jusqu'au Haut-Canada. La maladie frappe encore plus rapidement dans les villes où l'absence d'installations sanitaires (égouts, collecte de déchets) contamine l'eau et collabore à la contagion. Les journaux avertissent la population de l'épidémie, mais les médecins sont débordés et ne savent pas comment freiner la maladie. En peu de temps, le choléra a fait 9 000 morts au Canada, la plupart au Bas-Canada. L'Angleterre est accusée de négligence dans sa politique d'émigration. Un évêque canadien accuse même les Britanniques de vouloir tuer les Canadiens en provoquant l'épidémie.


L'épidémie de choléra à Québec
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Après l'épidémie, plusieurs actions ont été prises pour éviter qu'une pareille situation se répète. C'est ainsi que Grosse-Île, une île située à 50 kilomètres de Québec, est devenue une station de quarantaine qui accueillait les immigrants. Ces derniers devaient y passer en moyenne 6 jours (le temps de vérifier leur état de santé) avant de pouvoir entrer à Québec. S'ils étaient malades, ils évitaient ainsi de contaminer la population du continent. De plus, des hôpitaux et des postes de soins ont été établis le long du Saint-Laurent pour faciliter les soins de santé. Pour financer toutes ces mesures, une taxe sur l'immigration a été créée. L'immigration au Canada n'a pas cessé. La plus grande vague d'immigration irlandaise a eu lieu après la Grande Famine d'Irlande (1845-1849).


Station de quarantaines à Grosse-Île
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La Grande Famine de 1845-1849

En 1840, l'Irlande était l'un des pays les plus densément peuplés de l'Europe. La population était formée d'une grande quantité de paysans. Ces derniers étaient assez pauvres et se nourrissaient principalement de pommes de terre. Ils cultivaient des légumes et de la viande, mais exportaient ces produits. En 1845, un champignon s'est attaqué aux tubercules des pommes de terre, ruinant ainsi la récolte. Ce champignon s'est attaqué aux récoltes des années suivantes (jusqu'en 1849), provoquant la Grande Famine en Irlande. Les paysans n'avaient plus assez de nourriture pour survivre et n'avaient plus assez d'argent pour payer leur dû aux propriétaires. Le chômage dans les villes était très élevé et les soupes populaires n'arrivaient pas à répondre à la demande. La population était ruinée, affamée et malade. Pour fuir ces conditions pénibles, des milliers d'Irlandais ont quitté leur pays pour aller en Amérique. L'émigration était leur seul espoir.


Immigrants entassés dans les cales des bateaux destinés au transport du bois
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Près de 2 millions d'Irlandais ont quitté leur pays durant la Grande Famine. Dès 1845, le Canada a servi de poste d'accueil à ces émigrés, qui avaient traversé l'Atlantique dans des conditions éprouvantes. Plusieurs ne survivaient pas à la traversée ou arrivaient malades au poste de Grosse-Île. Entre 25 000 et 30 000 Irlandais arrivaient chaque année à partir de 1845. En 1847, les immigrants étaient tellement nombreux que les installations d'accueil sur l'île étaient insuffisantes. Près de 100 000 Irlandais sont arrivés à Grosse-Île au cours de l'été 1847. Les navires devaient attendre et plusieurs Irlandais souffraient de maladies graves. Bon nombre d'entre eux n'ont pas survécu à l'attente, à la faim et aux maladies.


Inspection d'un médecin à bord d'un navire avant d'aborder Grosse-Île

Évolution de la population du Bas-Canada

L'immigration n'est pas la seule raison des changements démographiques survenus au Bas-Canada au début du 19e siècle. La population augmentait aussi considérablement grâce au taux de natalité très élevé chez les Canadiens et au taux de mortalité inférieur à celui de natalité.

Au début du 19e siècle, la population du Bas-Canada s'élève à environ 215 000 habitants. La population augmente rapidement pour atteindre 335 000 personnes au Bas-Canada en 1815, dont environ 10% habite en ville. Les terres cultivables commencent à se faire rares et l'immigration britannique accentue la surpopulation dans les régions cultivables, accentuant la crise agricole. Plusieurs habitants des milieux ruraux n'ont pas une terre assez rentable. La pauvreté augmente dans les milieux ruraux. Certains paysans commencent à quitter le Bas-Canada vers les États-Unis.

En 1831, le Bas-Canada abrite 510 000 personnes. En 1832, la ville de Québec compte 28 000 habitants tandis que la ville de Montréal en compte 27 000. En incluant les villes de Québec, Montréal, Trois-Rivières, Sorel et Saint-Hyacinthe, la population urbaine constitue un peu plus de 12% de la population. La majorité (environ 75%) de la population est francophone, et ce, malgré les vagues d'immigration anglophone. La population anglophone est plus concentrée dans les villes. À Québec, elle représente 40% de la population tandis qu'elle en constitue le tiers à Montréal. Les francophones des villes ont l'impression que la culture francophone est en danger. Cette impression contribue à la naissance du nationalisme canadien.

En 1851, après les grandes vagues d'immigrations irlandaises, la population du Bas-Canada s'élève à plus de 890 000 personnes, dont 75% est francophone. La population urbaine s'élève à plus de 113 000 habitants, soit près de 13% de la population.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse