Société canadienne vers 1820

Caractéristiques de la société canadienne vers 1820

La majorité de la population du Bas-Canada est francophone. Par contre, les immigrants proviennent surtout d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande. Ces immigrants décident souvent de demeurer dans le Haut-Canada ou dans la région de Montréal (dans le Bas-Canada). Dans les deux Canadas, la population augmente rapidement. En 1820, il y a environ 500 000 personnes qui habitent au Canada, dont 375 000 vivent au Bas-Canada. 

Mode de vie de la société canadienne vers 1820

En campagne

90% de la population vit en campagne. Ce sont des familles composées de plusieurs enfants. Plus il y a d’enfants, plus il y a de l’aide pour la culture puisque tout le monde participe aux travaux de la terre. 
En plus, les femmes s’occupent des travaux domestiques (comme filer la laine, tisser les tissus, confectionner les vêtements) et des soins aux enfants. Les hommes cultivent la terre, font les travaux de construction, coupent les arbres et travaillent le bois.
 
L’alimentation n’a pas beaucoup changé depuis l’époque de la Nouvelle-France. L’aliment de base est le pain. Les colons cultivent beaucoup de choux, d’oignons, de navets, de carottes et de fèves. Ils cueillent des bleuets, des fraises et des framboises. Le menu est complété souvent par du porc, de la volaille, du poisson ou du gibier. Le sirop d’érable fait toujours partie de leur alimentation. Ils conservent leurs aliments dans des caveaux (construction de pierre au niveau du sol) ou dans des endroits où ils entreposent de la glace. Une autre méthode de conservation est de fumer ou de saler les viandes.  

En ville

En 1820, les moyens de transport sont très peu développés. La population qui vit en ville demeure près de son lieu de travail parce que les déplacements ne sont pas toujours faciles. Les citadins (ceux qui habitent les villes) ne pratiquent pas l’agriculture. Ils travaillent dans les ports, dans les commerces et dans les carrières. D'autres sont artisans. Les plus aisés travaillent comme notaire, avocat, médecin ou marchand.
 
En ville, les maisons sont souvent construites en pierre ou en brique. Ces matériaux sont utilisés pour éviter que le feu s’étende d’une maison à l’autre lors des incendies. Les maisons sont construites très proches les unes des autres. Il n’y a pas d’eau courante dans les maisons, ni d’égoût, ni de services pour ramasser les ordures. Comme il n’y a pas d’électricité, ce sont des lampes à l’huile qui éclairent les rues. Les villes les plus importantes du Bas-Canada sont Québec, Montréal et Trois-Rivières.

Occupation du sol de la société canadienne vers 1820


Territoire du Canada et des possessions britanniques vers 1820 (cliquer pour agrandir)
 
Au Bas-Canada, la population habite surtout près des cours d’eau importants : les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent. La ville principale du Haut-Canada est York (qui s’appelle aujourd’hui Toronto) située sur les rives du lac Ontario. Les loyalistes s’installent aussi en bordure des Grands Lacs et de la rivière Outaouais.

Au début des années 1800, des gens, surtout des loyalistes, commencent à développer la région des Cantons-de-l’Est (aussi appelée Estrie aujourd’hui). Comme son nom l’indique, les terres y sont divisées en cantons plutôt qu’en seigneuries. Les Anglais divisent leurs terres en cantons. Plutôt que d’avoir la forme d’un long rectangle, les cantons ont une forme plutôt carrée. Il n’y a pas de seigneur qui dirige ni de cens ou de rente à payer comme dans le régime seigneurial français.


Ville de Saint-Eugène (1992) cliquer pour agrandir)
 
Les Canadiens français ont le choix de vivre dans un canton ou dans une seigneurie.

Territoire occupé (atouts et contraintes) vers 1820

Les endroits habités au Bas-Canada et au Haut-Canada sont des lieux faciles d’accès puisqu’ils sont situés au bord des lacs ou des cours d’eau. Les seigneuries et les cantons se trouvent sur des terres fertiles. Les villes et villages du Haut-Canada et du Bas-Canada se situent dans trois principales régions vers 1820 : les basses-terres du Saint-Laurent, les Appalaches et le Bouclier canadien.

Régions physiographiques du Québec Basses terres du Saint-Laurent Appalaches Bouclier canadien

Localisation

Au sud du Québec

Au sud-est du Québec
Très grand territoire qui s'étend au nord du Québec

Relief


Plaines

Montagnes et vallées

Plateaux rocheux


Climat
Étés chauds
Hivers froids
Beaucoup de précipitations
Étés chauds
Hivers froids
Beaucoup de précipitations
Sud : étés chauds, hivers froids
Nord : étés frais, hivers très froids
Plus de précipitations en hiver

Végétation

Forêts de feuillus ou forêts mixtes

Forêts mixtes ou
Forêts boréales au sommet des montagnes
Forêts mixtes ou forêts boréales ou forêts subarctiques (petits conifères)



Atouts

Terres fertiles
Plusieurs lacs et rivières
Forêts
Proximité du fleuve Saint-Laurent
Proximité du golfe du Saint-Laurent et de l’océan Atlantique
Plusieurs lacs et rivières
Forêts
Terres fertiles
Sols riches en métaux

Forêts
Sols riches en métaux
Plusieurs lacs et rivières
 
L’avantage d’avoir des forêts dans son milieu de vie est que cela permet de fournir du bois et des produits provenant des animaux comme la viande, le cuir et les fourrures.

La présence de grands cours d’eau dans une région permet de se déplacer sur de longues distances.  L’eau répond aussi aux besoins des colons (boire, laver, etc.). Les colons habitant près des cours d’eau peuvent pratiquer la pêche. L’eau est aussi une force qui peut être utilisée par l’homme, pour activer les moulins, par exemple.

Réalités culturelles de la société canadienne vers 1820

Les vêtements sont fabriqués avec des matériaux que les colons trouvent facilement comme la laine de mouton grise. Les femmes s’en servent pour confectionner des pantalons, des gilets, des jupes ou des robes. Souvent, les hommes ajoutent une grande ceinture de couleur à leurs vêtements, alors que les femmes peuvent ajouter un châle en laine. Comme chaussures, les colons portent des mocassins ou des bottes de cuir de bœuf. Quand il fait froid, les colons portent un long manteau à capuchon et une tuque.

Les plus riches ont des vêtements faits dans des tissus provenant d’Europe. Le style des vêtements est différent. Les hommes portent un habit et un chapeau haute-forme en feutre. Les femmes portent des grandes robes amples et des bijoux.
 
Les loisirs aussi sont différents selon le mode de vie et la culture des gens. En campagne, les divertissements ont surtout lieu en famille ou entre amis ; ils dansent, chantent ou jouent. Les anglophones font davantage de sports comme la crosse, le curling ou la raquette. La glissade et la randonnée sont des activités répandues dans l’ensemble de la population. Les citadins peuvent voir des spectacles de cirque, les riches peuvent aller dans des bals.

Activités économiques de la société canadienne vers 1820

La fourrure : Cette activité économique est beaucoup moins pratiquée. Quelques compagnies situées loin de la population continuent le commerce de la fourrure.

La pêche : Le commerce de la pêche se concentre surtout vers les acheteurs canadiens.
 
La sidérurgie : Il y a quelques fonderies dans la colonie qui transforment le fer en différents produits.
 
L’agriculture : La majorité des habitants du Haut-Canada et du Bas-Canada pratiquent l’agriculture. Par contre, ce sont les colons du Haut-Canada qui font de meilleures affaires avec le commerce du blé par exemple. On cultive aussi les pommes de terre, des céréales comme l'avoine, les pommes, etc.
 
L'élevage : Certains agriculteurs élèvent des animaux pour leur viande ou leur utilisation : moutons, porcs, chevaux, bœufs, etc.
 
Le bois : Le commerce du bois devient l’activité économique la plus importante du Bas-Canada vers 1820. Une grande partie de ce bois est envoyé en Angleterre. L’Angleterre ne peut plus acheter son bois en Europe, alors le Canada lui fournit le bois dont le pays a besoin. Le bois est utilisé pour la construction de bateaux, pour la construction de tonneaux et pour faire des planches.

Plusieurs emplois sont reliés au commerce du bois : les bûcherons coupent les arbres dans les chantiers, les draveurs transportent le bois sur les rivières, les travailleurs qui transforment le bois dans les scieries et l’industrie de la construction de bateaux. Certains travailleurs sont des artisans qui produisent des meubles, des tonneaux, des objets de fer, des souliers ou des objets de cuir. D’autres travailleurs sont commerçants : ils apportent les produits à la ville et les vendent.
 
Les banques : Comme il y a de plus en plus de commerces, les hommes d’affaires ont besoin d’un endroit pour placer leur argent et pour en emprunter. Les banques apparaissent tranquillement dans les grandes villes.
 
Les activités portuaires : Avec les nouvelles technologies qui permettent de voyager plus loin vers le Haut-Canada, les bateaux transportent plus de marchandises. Les transporteurs ont besoin d’endroits pour entreposer leurs produits et de main-d’œuvre pour remplir et vider les bateaux.
 
Il faut noter que les propriétaires et les dirigeants des compagnies sont surtout des anglophones.

Réalités politiques de la société canadienne vers 1820

L’Acte constitutionnel de 1791 instaure le système parlementaire au Canada. Dans un système parlementaire, la population vote pour choisir la personne qui les représentera. Ce même système est toujours en vigueur en 1820. Il n’y a qu’un seul gouverneur général pour le Haut-Canada et pour le Bas-Canada. Le Haut-Canada et le Bas-Canada ont chacun une Chambre d’assemblée, un Conseil législatif et un Conseil exécutif.

Gouverneur général

Il représente le roi. Il est choisi par le roi. Il choisit les membres du Conseil législatif et du Conseil exécutif. Il a le dernier mot pour décider si une loi est acceptée ou refusée (droit de veto).

Conseil législatif

Ses membres étudient les lois proposées par la Chambre d’assemblée. Ils acceptent ou refusent ces lois.
Les membres du Conseil législatif sont choisis par le gouverneur général. Les anglophones y sont plus nombreux que les francophones.

Conseil exécutif 

Le Conseil exécutif s’occupe des finances de la colonie. Les membres du Conseil exécutif transmettent les lois et les font appliquer (le conseil exécutif exécute les lois). Les lois sont écrites en anglais, mais elles peuvent être traduites en français. Les membres du Conseil exécutif sont choisis par le gouverneur général. Les membres sont surtout des personnes influentes dans la colonie (marchands, seigneurs, etc.). Les anglophones y sont plus nombreux que les francophones.

Chambre d’assemblée

Elle propose des sujets de lois et les présente au Conseil législatif. Les lois sont proposées au Conseil législatif si la majorité est d’accord. Le français et l’anglais sont utilisés dans les discussions et les débats.
Les membres de la Chambre d’assemblée sont élus par la population. Les membres ne reçoivent aucun salaire pour leur travail à la Chambre d’assemblée. Les membres de la Chambre d’assemblée sont surtout des francophones puisqu’il y a plus de Canadiens français que de Canadiens anglais dans la colonie vers 1820

Les électeurs 

Conditions pour être électeur :

  • Homme ou femme;
  • Avoir au moins 21 ans;
  • Être propriétaire;
  • Être citoyen britannique;
  • Ne pas être un criminel.

Pour chaque député à la Chambre d’assemblée, il n’y a qu’un seul lieu pour voter, même si le territoire est très grand. Le bureau de scrutin (où l’on vote) est ouvert pendant quelques jours. Le bureau de scrutin n’a pas un horaire précis. Il ferme quand une heure s’est passé et que personne n’est venu voter.
Le vote se fait à voix haute devant une personne qui prend en note le vote. Même si la population anglophone est moins nombreuse, les anglophones ont plus de pouvoir car ils sont plus nombreux à occuper les postes importants.


Schéma du fonctionnement politique vers 1820 (cliquer pour agrandir)

Moyens de transport de la société canadienne vers 1820

Le premier bateau à vapeur navigue sur le fleuve Saint-Laurent entre Montréal et Québec en 1809. En 1820, il y a encore peu de bateau à vapeur. Les gens se déplacent surtout en bateaux à voile.

Il y a beaucoup plus de routes vers 1820. Le chemin du Roy et d’autres nouvelles routes permettent à la population du Bas-Canada de se déplacer en calèche, en voiture à cheval ou en carrioles. Pour traverser les petits cours d’eau, on construit des ponts. L’hiver certaines routes sont tracées sur les cours d’eau gelés pour passer d’une rive à l’autre. On les appelle des ponts de glace. Le premier chemin de fer du Canada est inauguré en 1836. Il relie les villes de La Prairie (dans la banlieue sud de Montréal) et Saint-Jean-sur-le-Richelieu.

Voies de communication de la société canadienne vers 1820

La population canadienne utilise la poste pour communiquer entre elle ou à l’extérieur du pays. Le Bas-Canada est de plus en plus desservi par le service postal. En 1817, les lettres et colis font le trajet entre Montréal et Québec à tous les jours de la semaine sauf le vendredi et le dimanche. Il y a aussi un service entre Québec et le Haut-Canada deux fois par semaine et entre Québec et les États-Unis à toutes les semaines.
 
À partir de 1836, l'arrivée du chemin de fer rendra le service postal encore plus rapide. La population du Bas-Canada est aussi informée par les journaux. Les anglophones peuvent lire le Quebec Mercury ou le Montreal Gazette alors que les francophones ont le journal Le Canadien.

Techniques et outillage de la société canadienne vers 1820

Les canaux 

Ce sont des cours d’eau artificiels, construits à côté de l’obstacle à franchir, un rapide ou une chute par exemple. Les bateaux naviguent sur ces cours d’eau artificiels pour contourner l’obstacle, puis ils retournent sur le cours d’eau naturel.


Le canal Lachine, peu de temps après sa construction
Source

Un canal important au Canada est le canal de Lachine (dans la région de Montréal) qui permet de contourner les rapides de Lachine. Sa construction s’étend entre 1821 et 1825. Avec l’ouverture du canal de Lachine les bateaux peuvent se rendre facilement jusqu’au Haut-Canada, ce qui n'était pas possible avant la construction du canal. Par la suite, plusieurs autres canaux sont construits dans le Haut-Canada et le Bas-Canada. 

Les écluses 

On utilise une écluse quand un bateau doit passer à un endroit où le niveau d’eau change. Par exemple, un bateau navigue sur un fleuve où le niveau de l’eau est bas. Quand il arrive près d’un lac, le niveau d’eau du lac est beaucoup plus haut.  Donc, le bateau devra prendre l’écluse. Le bateau entre d’abord entre deux portes. Entre les deux portes, le niveau de l’eau est le même que sur le fleuve. Une fois la porte fermée entre le bateau et le fleuve, on laisse entrer l’eau dans l’écluse pour faire monter le niveau de l’eau. Quand le niveau de l’eau est le même dans l’écluse que dans le lac, on ouvre la porte entre le bateau et le lac et le bateau peut poursuivre son chemin.  


L'écluse du Canal Rideau, vers 1830

La même chose se produit à l’inverse, c’est-à-dire pour aller d’un endroit où le niveau d’eau est élevé à un endroit où le niveau d’eau est bas.

Influences de personnages et d’événements sur l’organisation sociale et territoriale vers 1820

Pierre Bédard

Il fonde un journal pour les francophones appelé le Canadien et défend la liberté d’expression. Il est un homme politique au Bas-Canada. Il est chef du parti politique appelé le parti Canadien.

Monseigneur Jean-Jacques Lartigue

Né à Montréal, il est  le premier évêque de Montréal.

James McGill

Il est né en Écosse. Il fait fortune avec le commerce de la fourrure. Il s’implique dans la vie politique au Bas-Canada. À sa mort, il laisse quelques terres et un montant d’argent pour former une université (l’université McGill). C'est l'une des premières universités du Canada.

John Molson

Homme politique du Bas-Canada, John Molson est né en Angleterre et s’établit à Montréal en 1782. Il ouvre la brasserie Molson à Montréal en 1786 (qui existe toujours aujourd’hui). Il fait construire le premier bateau à vapeur utilisé au Bas-Canada. Il offre le transport aux personnes et aux marchandises entre Montréal et Québec en bateau à vapeur. Il travaille aussi dans le commerce du bois et finance la construction du premier chemin de fer. Il est président de la Banque de Montréal à partir de 1826.

Les exercices

Les références

  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse