Les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)

Les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) étaient anciennement connues sous le nom de maladies transmises sexuellement (MTS) ou encore maladies vénériennes. Peu importe le nom que l’on leur donne, elles sont principalement transmises lors de relations sexuelles non protégées et sont les plus importantes infections au niveau des organes génitaux.

Quoiqu’il ne soit pas infaillible, le meilleur moyen de protection, excluant l’abstinence, reste le condom (voir la contraception). Bien souvent, les personnes infectées n'ont aucun symptôme ou elles ne les reconnaissent pas, ce qui contribue à la propagation des ITSS. On peut classer les ITSS en trois types.

ITSS parasitaires

ITSS bactériennes

ITSS virales

Les morpions

Contrairement aux autres types d’infections transmises sexuellement (ITS), les morpions sont des parasites et non des bactéries ou des virus. En effet, le morpion est un insecte hématophage (qui se nourrit de sang) spécialement adapté pour les poils pubiens. On le nomme d’ailleurs souvent le pou du pubis (Phtirius inguinalis). Il est le plus souvent transmis lors de contacts physiques intimes (sexuels ou non), mais il arrive aussi que la propagation soit effectuée à partir de vêtements ou de draps souillés puisque le parasite peut survivre jusqu'à deux jours sur les tissus.
 
Les symptômes sont l’inconfort et les démangeaisons. Les morpions sont aussi visibles à l’œil nu, puisque leur taille est proche de celle d’une tête d’épingle et leur couleur est dans des tons de brun pâle. Il est aussi possible de détecter des œufs blanchâtres brillants et de forme ovale accrochés aux poils. Il existe des traitements sous forme de shampoing, de crème ou de lotion disponibles en vente libre. Les traitements doivent être effectués le plus tôt possible afin d’éviter les lésions sur la peau. Il faut aussi limiter la propagation en évitant les contacts intimes et en lavant adéquatement les tissus souillés.


Source

La gale est églament une infection parasitaire hautement contagieuse, mais pas nécessairement liée aux relations sexuelles. Il s'agit en fait d'une maladie de la peau liée à la femelle Sarcoptes scabiei, qui creuse des galeries sous la peau pour y déposer les oeufs. Cet acarien peut infester les replis chauds et humides de la peau, tels que les aisselles, les fesses, l'aine et les parties génitales. Les symptômes sont essentiellement des éruptions cutanées et des démangeaisons et les traitements sont essentiellement les mêmes que pour les morpions.

La gonorrhée

La gonorrhée est une infection bactérienne causée par un gonocoque nommé Neisseria gonorrhoeae.  Cette bactérie infecte les muqueuses des organes génitaux et urinaires. Elle est aussi transmise par contact avec la muqueuse d’une personne infectée. La majorité des personnes atteintes sont les adolescents et les jeunes adultes.
 
Le symptôme le plus associé à la gonorrhée et le plus fréquent chez l’homme est l’urétrite, soit une inflammation de l’urètre que l’on nomme aussi « chaude-pisse ». L’urétrite provoque une sensation de brûlure douloureuse lors de la miction, ainsi qu’un écoulement de pus par le méat urinaire. La femme, pour sa part, ne présente aucun symptôme dans 20% des cas. Dans l’autre 80% des cas, la gonorrhée s’exprimera par les mêmes symptômes que les hommes, par un écoulement vaginal, par un malaise abdominal ou encore par des saignements anormaux de l’utérus.
 
Dans le cas où elle n’est pas traitée, elle peut conduire à la constriction complète des voies urinaires de l’homme, autrement dit que les muscles circulaires autour des voies urinaires sont contractés ce qui fait que les conduits sont fermés. Chez la femme, l’aboutissement de la gonorrhée non traitée est une pelvipéritonite et la stérilité. Heureusement, comme c’est une infection bactérienne, elle peut être traitée par des antibiotiques. Cependant, l’apparition de souches résistantes aux antibiotiques connus est de plus en plus importante.

Lors d’un accouchement, le bébé peut être contaminé et avoir de sérieuses infections aux yeux.

La chlamydia

L’infection à la chlamydia est la plus fréquente au Canada et est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. Le plus souvent, la transmission se fait par un contact sexuel. De plus, environ 30% des gens infectés par la gonorrhée le sont aussi par la chlamydia. Les bactéries nécessitent une cellule hôte pour se reproduire, à l’instar des virus. Une période d’incubation d’environ une semaine se produit avant l’apparition des symptômes. Elle est détectable par des cultures de cellules.
 
Les symptômes sont semblables à ceux de la gonorrhée : urétrite, mictions douloureuses et fréquentes, coït douloureux, écoulement vaginal, douleur abdominale, rectale et/ou testiculaire et irrégularité du cycle menstruel. Chez la femme, la pire des conséquences est la stérilité, alors que chez l’homme, l’infection à la chlamydia s’accompagne d’inflammation articulaire et une infection étendue des organes génitaux. Comme c’est une infection bactérienne, elle peut aussi être traitée par un antibiotique, généralement la tétracycline.

Lors d’un accouchement, le bébé peut être contaminé et soumis à des conjonctivites ainsi qu’à des inflammations respiratoires telles que la pneumonie si la mère est infectée par la chlamydia.

La syphilis

La bactérie responsable de la syphilis est la Treponema pallidum, que l’on nomme aussi tréponème pâle. Cette infection se contracte par les relations sexuelles non protégées. L’infection s’immisce dans la muqueuse intacte comme dans la muqueuse avec lésions.
 
Les symptômes apparaissent en plusieurs phases. D’abord, une phase primaire asymptomatique (sans symptôme) débute seulement quelques heures après que l’infection se soit généralisée. Après deux ou trois semaines, au site d’infection apparaît une lésion nommée le chancre. Chez l’homme, elle est apparente sur le pénis, alors que chez la femme, elle peut être plus difficile à détecter si elle est située dans le vagin ou au niveau du col utérin. Le chancre s’ulcère, forme une croûte et se cicatrise finalement avant de disparaître au bout de quelques semaines.

Sans traitement, d’autres symptômes apparaissent après plusieurs semaines ou quelques mois dans la phase secondaire. L’un des premiers symptômes est une roséole couvrant tout le corps. À cela s’ajoute une fièvre et des douleurs articulaires. Tous ces effets disparaissent cependant après de trois à douze semaines. Si on est chanceux (ou malchanceux d’un point de vue épidémiologique), l’infection entre dans une phase latente. Le dépistage de la syphilis ne peut alors se faire que par un test sanguin. Par la suite, soit l’infection reste latente jusqu’à la mort, soit elle est détruite par le système immunitaire, soit elle entre dans la phase tertiaire. Cette troisième étape de la maladie est beaucoup plus grave. En effet, des lésions sévères se développent sur le système nerveux central, les vaisseaux sanguins, les os et la peau. De nos jours, cette maladie se traite assez bien avec la pénicilline, peu importe le stade auquel la maladie est rendue.

Cette infection peut aussi être congénitale, soit transmise de la mère au bébé lors de l’accouchement. Les fœtus infectés sont généralement morts-nés ou décèdent peu après leur naissance.

L'hépatite B

Le virus de l'hépatite, faisant partie de la famille des Hepadnaviridae, se transmet par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et plus rarement par la salive. Les principales voies de transmission sont les relations sexuelles, le partage d'aiguilles, le tatouage et le perçage corporel. Le virus provoque une inflammation du foie.

Certaines personnes infectées peuvent devenir des porteurs permanents donc pendant toute leur vie, qu'elles aient ou non des symptômes, et peuvent transmettre le virus sans s'en rendre compte. L'hépatite B a une période d'incubation (délai entre l'infection et l'apparition des symptômes) qui varie entre 2 et 6 mois. Parmi les symptômes de l'hépatite B, mentionnons une jaunisse (qui peut durer environ 2 semaines), de la fatigue, une perte d'appétit, des nausées, une urine foncée, des douleurs articulaires et abdominales.

Cette infection ne nécessite généralement pas de traitement puisque les individus résistent naturellement au virus et que celui-ci s'élimine de lui-même. Le virus pour par contre être très agressif (moins de 1% des cas) et alors un traitement aux antiviraux pour être nécessaire. À titre de prévention, un vaccin peut être admnistré.

Encore une fois, cette infection est transmissible pendant l'accouchement. En effet, le bébé est susceptible de contracter le virus au moment de son passage dans le canal génital de la mère.

L'herpès génital

L’herpès génital est causé par le virus Herpes simplex. La transmission s’effectue par contact sexuel, mais aussi par un simple contact avec la peau, et ce, même en l'absence de symptômes.
 
Cette infection peut demeurer latente pendant des mois, voire des années et resurgir brusquement. On peut alors observer à l'endroit de l’infection de petites ampoules. Elles ne sont pas dangereuses pour la santé, mais sont douloureuses et provoquent des sensations de picotement et des démangeaisons désagréables. Fait important à noter, un fois qu'une personne est infectée, le virus reste dans le corps pour toute la vie. Les traitements actuels ne font que réduire les symptômes. Alors que 20 à 30% des adultes ne savent pas qu’ils sont porteurs des anticorps, les autres peuvent être traités par un antiviral, l’acyclovir, qui permet de réduire la fréquence des éruptions et d’en accélérer la guérison. Une bonne hygiène corporelle, consistant à conserver les zones infectés sèches et propres, contribue à prévenir la contamination.

Le virus de l'herpès peut se transmettre de la mère au foetus pendant la grossesse et de la mère au nouveau-né lors de l'accouchement. Un fœtus qui contracterait l’herpès pourrait présenter de graves malformations.

 

Un autre type d'herpès est l'herpès buccal, communément appelé le "feu sauvage". L'herpès buccal se propage par un baiser ou par un partage d'ustensiles ou de serviettes avec une personne infectée. Le virus se manifeste la plupart du temps par l'apparition de lésions autour de la bouche.

 

Le virus du papillome humain (VPH)

Ce virus fait partie de la famille des Papillomaviridae. Le VPH se transmet par contact sexuel direct ou par le contact de la peau avec les verrues. Une fois infecté, le virus est présent dans le corps pour le reste de la vie de la personne infectée. La plupart des personnes infectées ne présentent aucun symptôme. Le virus peut avoir une période d'incubation allant de 3 semaines à 7 mois, voire même quelques années. Le VPH peut causer principalement des verrues qui ont l'apparence d'un chou-fleur (appelées aussi "condylomes"), qui apparaissent essentiellement au niveau de la région génitale. Cependant, ce virus peut mener au cancer du col de l'utérus.

À titre de prévention, il y a présentement un vaccin contre certains types de VPH qui est disponible au Québec. Contrairement aux bactéries, les virus ne peuvent être détruits par des antibiotiques; de plus, il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen médical d’éliminer une infection à VPH. Il est cependant possible de traiter les verrues liées au VPH par une crème ou par différents traitements chimiques qui ne peuvent être faits que par un médecin, comme la cryothérapie, l'électrochirurgie et la thérapie au laser.

Le virus de l'immunodéficientce humaine (VIH) et le sida

Le VIH, ou virus d’immunodéficience humaine, est transmis principalement par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. L'infection par le virus est décelable 3 mois après la contamination et la manifestation de l'infection a lieu habituellement 10 ans après la contamination. On parlera alors du syndrome d'immunodéficience acquise (sida), qui est une maladie est mortelle. Elle s'attaque au système immunitaire et rend l'individu atteint incapable de se protéger contre les bactéries et les virus de n'importe quelle maladie.

Le sida en soi ne provoque pas le décès, mais il affaiblit le système immunitaire de façon à ce que l’organisme d’une personne ne puisse se défendre contre les autres maladies. Les causes de décès des gens atteints du sida sont nombreuses, notamment les infections opportunistes, les cancers, la pneumonie, l’hépatite et les conditions pulmonaire, cardiovasculaire et rénale.

L'infection au VIH est notamment caractérisée par une perte de poids constante, des sueurs nocturnes, la perte d'appétit et la fatigue. Cependant, ces symptômes sont bien souvent liés à d'autres maladies. Le test de dépistage pour le VIH est donc le seul moyen fiable de savoir si une personne est infectée ou non.

Bien que plusieurs médicaments et vaccins soient en développement, aucun n’est actuellement en mesure de se débarrasser du virus. De plus, ce virus est sujet à plusieurs mutations ce qui lui permet de développer rapidement des résistances aux médicaments. C’est pourquoi les traitements actuels visent à retarder l'apparition des premiers symptômes et surtout le ralentissement de la progression du sida avec des antiviraux. On peut penser entre autres à la trithérapie (sur les 3 fronts) qui augmente l’espérance et la qualité de vie, mais ne guérit pas le patient.

Une mère infectée pour transmettre le virus à son enfant pendant la grossesse, lors de l'accouchement ou lors de l'allaitement.

Les exercices

Les références

Pour en savoir plus sur l'hépatite B

Types de ITS-MTS

La digue dentaire


  • MELS
  • Rogers
  • Réunir Réussir
  • Fondation Réussite Jeunesse